A Honolulu, Charlie Chan reçoit la visite d’un ami détective de Scotland Yard sur la trace d’un meurtrier en série. Il est hélas tué avoir d’avoir pu lui dévoiler son plan. Charlie Chan prend sa place sur un petit bateau de croisière d’une dizaine de passagers seulement. Il sait que le criminel se trouve à son bord…
Alors que la plupart des autres films de la série utilisent le personnage de Charlie Chan sans être une adaptation directe d’un roman de Earl Derr Diggers, Charlie Chan’s Murder Cruise est adapté du roman Charlie Chan Carries On, déjà portée à l’écran en 1931 sous ce nom, le premier film avec Walter Oland (film aujourd’hui perdu). Il a été cette fois brillamment adapté car le film montre un bel équilibre entre humour et mystère. La distribution comporte d’excellents acteurs comme Lionel Atwill ou Charles Middletown. Cora Witherspoon fait un numéro comique assez (trop ?) poussé. Il est bien difficile de deviner le coupable avant le dénouement qui est un peu complexe à suivre du fait de multiples fausses pistes. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Eugene Forde chroniqués sur ce blog…
(de g. à d.) Robert Lowery, Lionel Atwill, Cora Witherspoon, Charles Middleton, Claire Du Brey, Victor Sen Yung et Sidney Toler dans La Croisière meurtrière (Charlie Chan’s Murder Cruise) de Eugene Forde.
Une femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau du Causse Méjean où subsistent quelques fermes isolées. Les gendarmes n’ont aucune piste et pourtant certaines personnes sont bel et bien liées à sa disparition… Seules les bêtes est l’adaptation d’un roman noir de l’écrivain Colin Niel, publié en 2017 et récompensé par plusieurs prix littéraires. Le scénario adopte la structure du livre, c’est-à-dire de nous faire vivre l’histoire successivement à travers les yeux de plusieurs personnages. L’intrigue paraît d’abord très embrouillée et ne se dévoile ensuite qu’au prix de nouvelles interrogations. Le brouillard ne s’éclaircit que dans le dernier tiers après plusieurs surprises de taille. Plus que jamais, il est important de ne lire ni les critiques qui en racontent beaucoup trop, ni même les résumés. L’histoire se déroule dans le monde agricole, celui d’éleveurs dans dans fermes assez isolées. On se souvient du Harry, un ami qui vous veut du bien (2000) de Dominik Moll ; Seules les bêtes est tout aussi réussi et une petite merveille d’écriture. Elle: – Lui :
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Manuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic, à la brigade des stupéfiants. Lorsque Manuel va être accusé de meurtre, il va devoir se tourner vers son ancien ami… Frères ennemis est un film français réalisé par David Oelhoffen. Il s’agit de son troisième long métrage après Nos retrouvailles (2007) et Loin des hommes (2013, librement adapté d’une nouvelle d’Albert Camus). Il s’agit d’un polar assez singulier dans le sens où le cinéaste s’est attaché à donner une belle épaisseur à ses personnages. Il a pu ainsi s’écarter quelque peu des clichés habituels et enrichir le propos. Il est servi par la très belle prestation des deux acteurs principaux, Matthias Schoenaerts et Reda Kateb qui apportent une indéniable intensité à l’ensemble. La mise en scène est vive et efficace, avec une bonne utilisation de la caméra à l’épaule. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans la demeure cossue d’un notable de province, la maîtresse de maison reçoit des convives pour le week-end. Pierre, médecin brillant et coureur impénitent, est venu accompagné de son épouse effacée ; il se retrouve sous le même toit qu’Esther, son amante. Il y a là également Philippe, écrivain alcoolique, et Marthe, une amie de la famille. Une invitée de dernière minute sème le trouble dans la maisonnée : il s’agit de Lea, une actrice italienne qui a eu une liaison passionnée avec Pierre… Le Grand Alibi est l’adaptation du roman d’Agatha Christie, Le Vallon (The Hollow). Pascal Bonitzer a supprimé le personnage d’Hercule Poirot pour le remplacer par un policier plus « ordinaire ». La mise en place est un peu confuse, les personnages ont des relations particulières entre eux qui ne sont pas toujours faciles à percevoir. Certains personnages ne sont pas très bien définis, d’autres sont un peu trop outrés dans leurs particularités. Le personnage du policier est franchement raté. Malgré ces défauts, le film se regarde sans déplaisir, l’ensemble est assez léger. Le dénouement pourra toutefois laisser le spectateur perplexe. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Pascal Bonitzer chroniqués sur ce blog…
Remarque :
* Ne pas confondre avec : Le Grand alibi(Stage Fright) d’Alfred Hitchcock (1950). Pascal Bonitzer justifie cette appropriation d’un titre existant en arguant qu’il ne s’agit pas d’un bon film d’Hitchcock (!)
Le sens du titre est d’ailleurs obscur. Pascal Bonitzer l’explique ainsi : « Le titre s’est imposé à moi, car c’est le paradoxe même sur quoi le film se fonde, si l’on songe à la signification du mot alibi : être ailleurs. » (Le sens de cette explication ne s’est pas imposé à nous, je le crains.)
Pierre Arditi, Anne Consigny et Matthieu Demy dans Le Grand alibi de Pascal Bonitzer.
Susan est galeriste d’art à Los Angeles. Un jour, elle reçoit de son premier mari le manuscrit de son roman, juste avant publication. Restée seule lors d’un week-end, elle entreprend de le lire : c’est le récit d’un homme qui, avec sa femme et sa fille, se fait attaquer par trois voyous sur une route isolée du Texas… Nocturnal Animals est adapté du roman Tony and Susan d’Austin Wright, publié en 1993. Tom Ford est un styliste de mode qui réalise ici son second long métrage après A Single Man (2010). On ne sera donc pas étonné qu’il ait soigné la photographie et l’aspect graphique de son film. L’histoire se déroule dans trois dimensions temporelles : le présent, le passé et le fictionnel. Les allers-retours deviennent vite répétitifs, même agaçants par leur lourdeur. Les allégories et parallèles sont insistants. Tom Ford semble avoir un compte à régler avec l’art moderne, un monde qu’il présente de façon caricaturale, froid, sans âme, sans vie. Le contraste entre cet univers aseptisé et le sordide de l’enquête au Texas est poussé à son maximum. Personnellement, j’ai trouvé le film assez vide et plutôt déplaisant. Ce ne fut pas le cas de tout le monde puisqu’il a été bien reçu aux Etats-Unis, moins bien en France toutefois. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans le train-couchettes Marseille-Paris, la jeune Bambi fait la connaissance de Daniel. Elle le fait entrer subrepticement dans son compartiment qui a une couchette de libre. Le lendemain matin, l’une des voyageuses est retrouvée morte étranglée. L’inspecteur Graziani se met sur l’affaire…
Adaptation d’un roman de Sébastien Japrisot, Compartiment tueurs est le premier long métrage de Costa-Gavras qui avait été auparavant assistant de René Clair, Jacques Demy, Jacques Becker et René Clément. Depuis le tournage de Le Jour et l’heure de Clément, il était devenu très ami avec le couple Montand-Signoret et l’acteur l’aidera beaucoup à monter son premier projet. Le plateau d’acteurs réunis ici est assez impressionnant, y compris dans les tout petits rôles, et c’est presque un jeu pour le spectateur d’aujourd’hui de mettre un nom sur tous les visages. L’histoire est assez brillante dans son idée de base, une belle variation sur le crime parfait, qui nous laisse dans le brouillard pendant la plus grande partie du film avant un dénouement un peu rapide. Le récit prend en outre la peine de bien explorer ses personnages en profondeur. Compartiment tueurs a permis à Costa-Gavras de prouver qu’il était capable de réaliser des productions plus importantes. Le film sera un succès, notamment (ce qui est toujours plus rare pour un film français) aux Etats-Unis. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans les années 1850, un déserteur de la guerre avec le Mexique décide de fuir la civilisation pour aller vivre une vie de trappeur dans les hauteurs des montagnes Rocheuses… Jeremiah Johnson met en scène une partie de la vie de John Johnson, personnage légendaire de l’Ouest américain autour duquel courent plusieurs histoires comme en témoigne son surnom « Johnson le mangeur-de-foie » (1). Comme il le fait souvent, Sydney Pollack aborde cette histoire d’abord de façon réaliste, décrivant les premières difficultés auquel se heurte l’apprenti-mountain man. Mais peu à peu, sans vraiment que le spectateur s’en rende vraiment compte, il glisse vers l’insolite et la légende. Le cinéaste laisse la fin ouverte. Le récit est un assemblage de moments, sans trame narrative forte. Il n’y a qu’assez peu de dialogues, à tel point que Pollack s’amusait à l’appeler son « film muet ». Comme dans Little Big Man, sorti deux ans plus tôt, les indiens sont décrits de façon plutôt neutre, avec leurs rites et leurs coutumes, mais sans complaisance toutefois. Robert Redford, barbu comme il l’a rarement été, semble très à l’aise dans son rôle ; il fait une admirable composition de ce personnage légendaire. La photographie est superbe. Le film a été tourné en Utah, région que Robert Redford connait particulièrement bien : le tournage s’est d’ailleurs déroulé en bonne partie sur des terres lui appartenant. Jeremiah Johnson connut un très grand succès. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le scénario est basé sur les livres :
1. Crow Killer: The Saga of Liver-Eating Johnson de Raymond Thorp et Robert Bunker
2. Mountain Man de Vardis Fisher
* Le montage fut particulièrement long et dura plusieurs mois.
* La chanson du générique est chantée par Tim McIntire.
Stefan Gierasch et Robert Redford dans Jeremiah Johnson de Sydney Pollack.
(1) ATTENTION : cette petite note contient des spoilers. Ne pas lire avant de voir le film.
Le surnom « mangeur de foie » vient d’une légende qui affirme qu’il découpait et mangeait le foie de chaque indien de la tribu des Crow qu’il a tué. Johnson aurait fait perdurer la légende afin de semer la peur chez les Crow : selon certaines croyances indiennes, le foie est un organe nécessaire pour la vie après la mort (dixit Wikipedia). Cette guerre personnelle contre les indiens Crow a débuté après le meurtre de sa femme par un Crow (sans raison particulière et non pas en représailles comme décrit dans le film). La légende dit qu’il aurait ainsi tué plus de 300 Crow en 25 ans avant de faire enfin la paix avec eux. John Johnson a fini shérif d’une petite bourgade du Montana.
* Robert Redford a tourné dans sept films de Sydney Pollack :
1. This property is Condemned (Propriété interdite, 1967)
2. Jeremiah Johnson (1972)
3. The Way We Were (Nos plus belles années, 1973)
4. Three Days of the Condor (Les 3 jours du Condor, 1975)
5. The Electric Horseman (Le Cavalier électrique, 1979)
6. Out of Africa (1985)
7. Havana (1991)
Cela fait plusieurs fois que la jeune Cécile demande à voir le commissaire Maigret. C’est même devenu un sujet de plaisanteries au 36 quai des Orfèvres. Elle se plaint de visites nocturnes de son appartement qu’elle occupe avec sa tante, une femme âgée et acariâtre…
Réalisé sous l’Occupation pour la Continental (société de production contrôlée par les allemands), Cécile est morte est l’adaptation d’un roman de Georges Simenon qui a été décidément très adapté durant cette période. Maurice Tourneur en fait une adaptation très fidèle, sans écart aucun. Le film ne figure pas parmi les films les plus personnels de Maurice Tourneur. L’intrigue est joliment alambiquée. Sur le plan de l’interprétation, Albert Préjean campe un Maigret plutôt crédible, doté de personnalité et de présence. A ses côtés, André Gabriello introduit une note d’humour avec son fameux défaut de prononciation. Les seconds rôles sont bien tenus. Sans être un film remarquable, Cécile est morte se regarde sans ennui. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Le journaliste raconte l’histoire du gangster Phil Regal (Anthony Quinn), qui fait la loi dans son quartier de New York…
Ex-journaliste et scénariste, Maxwell Shane a écrit et réalisé ce film noir à petit budget (et assez rare) d’après une histoire écrite par Léo Katcher. L’histoire est très classique, celle d’un truand très attaché à sa famille mais qui n’est pas, pour une fois, d’origine italienne : il est d’origine slave. Hormis cette originalité, Maxwell Shane ne se montre pas vraiment remarquable, que ce soit sur le plan de l’écriture ou de la réalisation. Le film est néanmoins sauvé par la bonne interprétation du trio d’acteurs principaux. La fin est particulièrement fade. On pourra toutefois remarquer qu’elle s’inscrit dans l’évolution du film noir en ce milieu des années cinquante qui présente souvent les « mauvais garçons » avec compassion : par un étonnant virage final dans le propos, le jeune personnage joué par Farley Granger est ainsi soudainement présenté comme une victime. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Pour trouver un quatrième colocataire, trois amis font passer de véritables entretiens à une série de postulants et s’amusent à leurs dépens. Ils finissent par accepter un homme plus âgé qu’eux et assez mystérieux. Le lendemain de son emménagement, ils ont une très grosse surprise… Petits meurtres entre amis est le premier long métrage de Danny Boyle, tourné juste avant Trainspotting (1996). Le titre français laisse supposer qu’il s’agit d’une élégante fantaisie policière mais il n’en est rien. Il s’agit d’une histoire qui baigne dans le glauque et le cynisme, le tout enrobé d’un humour noir assez dérangeant (a noter que le titre original « Shallow Grave » signifie « enterré peu profond »). Le film débute pourtant sur un rythme assez enlevé, avec un montage rapide et une atmosphère plutôt légère ; les trois amis apparaissent instantanément très antipathiques, toutefois. Et les choses ne s’arrangent guère ensuite. L’humour passe surtout par les dialogues, une série assez soutenue de punch lines, le revers de la médaille étant que la cohérence globale en souffre un peu. Danny Boyle a tourné Petits meurtres entre amis en trente jours avec un budget assez réduit. Le succès fut immense en Grande Bretagne et aussi en France. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)