27 septembre 2011

Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec (2010) de Luc Besson

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-SecDe façon assez surprenante, cette adaptation de la bande dessinée de Tardi est une comédie. L’atmosphère de Paris début de siècle est bien là mais ce n’est pas pour installer un climat d’intrigues souterraines et d’aventures policières. Après un prologue en Egypte inspiré d’Indiana Jones, toute l’histoire tourne autour du ptérodactyle, utilisé assez simplement. Les dialogues ne sont qu’une suite de réparties brillantes, c’est particulièrement net pour le personnage d’Adèle Blanc-Sec qui semble incapable de prononcer une phrase normale. Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec semble ainsi ciblé très jeune, Luc Besson est plus que jamais un grand enfant. Si certains personnages secondaires sont assez réussis (tel Dieuleveult, d’ailleurs très inspiré d’un personnage d’Indiana Jones), la caricature va trop loin pour d’autres (l’inspecteur, le chasseur, etc.) à tel point qu’ils en deviennent pénibles. Le meilleur du film réside dans ses images de synthèse qui sont parfaites : les décors parisiens reconstitués et aussi la séquence avec les momies réveillées. On ne peut pas dire que l’on s’ennuie mais Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec est globalement assez décevant par son côté grand gamin trop marqué.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Louise Bourgoin, Mathieu Amalric, Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Jacky Nercessian
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25 septembre 2011

Winter’s Bone (2010) de Debra Granik

Winter's BoneRee est une jeune fille des montagnes des Ozarks, au centre des Etats-Unis. Elle doit s’occuper de ses deux frères et sœurs, bien plus jeunes, et de sa mère malade. Quand elle apprend que son père a utilisé la maison comme caution pour sortir de prison avant de disparaitre, elle n’a d’autre choix que de se lancer à sa recherche. Rapidement, elle se heurte à la loi du silence… Adapté d’un roman de Daniel Woodrell, Winter’s Bone est un film du cinéma indépendant américain qui s’est fait remarquer par son authenticité et par la force de son interprétation. La jeune Ree parvient à réveiller l’humanité qui semblait avoir fui ce petit monde grangrené par un funeste trafic de drogue.  Le film de Debra Granik nous plonge avec intensité au cœur de ces forêts du Missouri. Malgré le sordide de certaines situations, il ne tombe jamais dans le misérabilisme ou la condescendance. La jeune actrice Jennifer Lawrence est étonnante par le naturel et la puissance de son jeu. John Hawkes, son oncle dans le film, fait aussi une très belle prestation ; il y a également beaucoup de densité dans son jeu tout en gardant une certaine subtilité. Winter’s Bone est prenant, le film nous happe par son intensité et sa profondeur.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jennifer Lawrence, John Hawkes, Kevin Breznahan, Dale Dickey, Garret Dillahunt, Sheryl Lee
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Remarques :
Le sens du titre Winter’s Bone (qui est aussi le titre du roman) ne semble pas évident au premier abord : il n’est jamais question d’os ou d’ossements dans cette histoire. En fait, le sens est dérivé de l’expression « to throw someone a bone » qui signifie « donner de l’aide / un coup de pouce / une maigre compensation / une bouée à une personne plutôt en mauvaise posture ». La jeune Ree avait bien besoin qu’on lui lance une bouée pour rester à flot… et cela se passe en plein hiver, saison symbolique.

12 septembre 2011

Mammuth (2010) de Gustave Kervern et Benoît Delépine

MammuthAyant atteint l’âge de la retraite, Serge part sur sa moto chercher les attestations de travail qui lui manquent, certains employeurs ayant oublié de le déclarer… Mammuth, c’est le nom de sa grosse moto allemande Munch, c’est aussi le surnom du personnage et il lui va bien tant Depardieu est maintenant énorme. Le film est un road-movie décalé, un peu fourre-tout. Il y a de bonnes idées, des personnages hauts en couleur mais mal développés : les rencontres tournent court le plus souvent et on ressent une certaine frustration. Le film finit par tourner en rond, alourdi par une histoire de perte d’un amour de jeunesse dans un accident.
Elle:
Lui : 1 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani, Benoît Poelvoorde, Miss Ming
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21 août 2011

Shutter Island (2010) de Martin Scorsese

Shutter IslandEn 1954, un officier de police fédéral arrive sur l’île de Shutter Island proche de Boston, un asile psychiatrique pénitencier où sont enfermés de dangereux criminels. Il doit enquêter sur une évasion bien mystérieuse… Shutter Island est adapté d’un best-seller de Dennis Lehane sur les traitements psychiatriques opérés sur les criminels dans les années cinquante et sur la paranoïa. L’intrigue est particulièrement bien mise en place, réservant des surprises de taille. Nous sommes constamment déstabilisés, d’abord par certaines images, par le parallèle avec les expériences humaines menées par les nazis, puis par le renversement de nos certitudes. Nous avons l’impression de perdre pied face au labyrinthe mental qui se dévoile peu à peu. La tension est permanente, amplifiée par les images parfaitement maitrisées de Scorsese. Le réalisateur emploie une fois de plus son acteur fétiche, DiCaprio, qui fait ici une très belle prestation, riche et complexe. Shutter Island est un film puissant, assez angoissant mais terriblement prenant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams, Emily Mortimer, Patricia Clarkson, Max von Sydow
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7 août 2011

Les invités de mon père (2010) de Anne Le Ny

Les invités de mon pèreA quatre-vingts ans, un ancien médecin impliqué dans des causes humanitaires décide d’accueillir chez lui des sans-papiers. Ceux-ci se révèlent être une affriolante jeune femme moldave et sa fille. Les enfants du retraité s’inquiètent… Les invités de mon père est une comédie dont le ressort principal est la caricature d’une certaine gauche aisée qui se donne bonne conscience par certaines actions mais se retrouve rapidement en butte à ses contradictions. Cet aspect du film d’Anne Le Ny est plutôt réussi. Ce qui l’est moins, ce sont ses personnages très typés. On retrouve la difficulté de dépasser le père, la femme sexuellement frustrée, l’homme qui cherche la reconnaissance par l’argent et autres situations psychologiques classiques et balisées qui empêche toute profondeur. Les invités de mon père est interprété avec mesure, tout d’ailleurs semble soigneusement dosé… peut-être un peu trop. Anne Le Ny a déclaré avoir eu le désir de ne porter aucun jugement sur ses personnages.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Fabrice Luchini, Karin Viard, Michel Aumont, Valérie Benguigui, Veronica Novak, Raphaël Personnaz
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23 juillet 2011

Iron Man 2 (2010) de Jon Favreau

Iron Man 2Lui :
La saga inspirée de la bande dessinée Marvel de Stan Lee continue. Voici le 2, bientôt nous aurons le 3… Si le premier volet portait en lui un certain humour qui l’empêchait de se prendre trop au sérieux, ce n’est plus le cas ici. Le scénario est même réduit au maximum pour laisser toute la place à la débauche d’effets spéciaux. Robert Downey Jr. a perdu tout charme, Gwyneth Paltrow fait la potiche, Scarlett Johansson n’a droit qu’à des apparitions inconsistantes. Le film semble ciblé pour un public très jeune comme en témoignent les relations du héros avec les personnages féminins.
Note : 1 étoile

Acteurs: Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Don Cheadle, Scarlett Johansson, Sam Rockwell, Mickey Rourke, Samuel L. Jackson
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4 juillet 2011

Green zone (2010) de Paul Greengrass

Green ZoneLui :
Au lendemain de l’intervention américaine en Irak, un officier a pour mission d’aller inspecter les sites censés cacher des armes de destruction massive. Intrigué de ne jamais rien trouver, il doute de la validité des informations fournies. Outrepassant les ordres de sa hiérarchie, il mène sa propre enquête… Green Zone est adapté du livre d’un journaliste envoyé spécial sur le terrain à cette époque. Il n’est donc pas étonnant que le film de Paul Greengrass dresse un portrait qui semble assez authentique de la confusion qui a suivi l’intervention militaire à Bagdad. Même si les faits sont largement connus aujourd’hui, le film a le mérite de montrer du doigt la manipulation des informations faite par les américains pour justifier la guerre. La fin est plutôt idyllique toutefois, très américaine. Green Zone est à la fois un thriller et un film de guerre que Paul Greengrass mène à un rythme d’enfer avec, comme toujours chez ce cinéaste anglais, un usage immodéré de la caméra à l’épaule.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Matt Damon, Amy Ryan, Greg Kinnear, Brendan Gleeson, Khalid Abdalla
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Remarques :
* Le livre « Dans la zone verte : les américains à Bagdad » (« Imperial life in the Emerald city: Inside Iraq’s green zone ») est signé par Rajiv Chandrasekaran, journaliste américain d’origine indienne. Il a été l’envoyé spécial à Bagdad pour son journal le Washington Post en 2003 et 2004.
* La  Green zone (zone verte) correspondait à une zone sécurisée par l’armée américaine au centre de Bagdad. Le reste de la ville était désignée par le terme de Red zone (zone rouge).

30 juin 2011

Robin des Bois (2010) de Ridley Scott

Titre original : « Robin Hood »

Robin des BoisLui :
Signe des temps, le Robin des Bois version 2010 est plus sombre, plus violent, plus triste. Comme le laisse supposer l’affiche du film, nous ne sommes pas là pour rire. Russell Crowe, qui semble échappé de Gladiator, campe un Robin des Bois viril, qui parle peu mais cogne fort. Le sourire enjôleur et le charme délicat d’un Errol Flynn est dépassé, il faut aujourd’hui de l’authentique et un héros dur… Le scénario imagine les évènements qui auraient entrainé le bannissement de Robin Longstride au retour des Croisades, avant qu’il ne devienne Robin des Bois donc. Ridley Scott, que l’on sait amoureux du Moyen-âge, déploie de gros moyens pour donner du sérieux à ses reconstitutions qui effectivement nous apparaissent très réalistes, notamment dans les batailles. Il oublie en revanche de soigner ses personnages, de leur donner de la force (autre que physique…) C’est surtout très net pour les seconds rôles qui sont inexistants. Finalement, son film est assez froid et pas aussi enthousiasmant que ne l’est la légende.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Russell Crowe, Cate Blanchett, Max von Sydow, William Hurt, Mark Strong
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Principales adaptations de la légende de Robin des Bois :
Robin Hood (1912) d’Étienne Arnaud et Herbert Blaché (mari d’Alice Guy)
Robin des Bois (Robin Hood) d’Allan Dwan (1922) avec Douglas Fairbanks
Les aventures de Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood) de Michael Curtiz (1938) avec Errol Flynn
Robin des Bois et ses joyeux compagnons (The Story of Robin Hood and His Merrie Men) de Ken Annakin (1952) avec Richard Todd
Robin des Bois (Robin Hood) film d’animation Disney (1973)
La rose et la flèche (Robin and Marian) de Richard Lester (1976) avec Sean Connery et Audrey Hepburn (variation de type « 20 ans après »)
Robin des Bois: prince des voleurs (Robin Hood: Prince of Thieves) de Kevin Reynolds (1991) avec Kevin Costner
Sacré Robin des bois (Robin Hood: Men in Tights) de Mel Brooks (1993), film satirique
Robin des Bois (Robin Hood) de Ridley Scott (2010) avec Russell Crowe

27 juin 2011

Prince of Persia – Les sables du temps (2010) de Mike Newell

Titre original : « Prince of Persia: the sands of time »

Prince of Persia - Les sables du tempsLui :
Aux confins du vaste empire de Perse, la ville d’Alamut garde secrètement une dague qui possède des pouvoirs de contrôle sur le temps. Dastan, prince adopté, va tout faire pour la protéger. Il est aidé par belle princesse Tamina… Prince of Persia – Les sables du temps est adapté d’un jeu vidéo dont la première version (sur Apple II) a été créée en 1989 (la grande époque). Grosse et coûteuse production, le film des Studios Disney parvient bien à restituer toute la magie visuelle de l’univers oriental ; les décors sont superbes, ce qui nous donne de belles images, que ce soit dans les cités ou même dans le désert. Certaines situations sont inattendues. De quoi nous faire rêver, comme savent le faire les meilleurs films d’aventures. Hélas, on peut regretter que toute cette énergie ne soit au service que des scènes d’action : de belles acrobaties mais la rapidité du montage génère souvent une certaine confusion et on ne peut échapper à une impression de répétition dans les combats.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Jake Gyllenhaal, Gemma Arterton, Ben Kingsley, Alfred Molina
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6 mai 2011

The Ghost Writer (2010) de Roman Polanski

The Ghost WriterLui :
Un jeune écrivain est recruté pour terminer l’écriture des mémoires d’un ex-premier ministre britannique. Il doit prendre la suite d’un autre « nègre » mort accidentellement. Il se rend sur une île au large de Boston où vit l’homme politique. Rapidement, l’entreprise semble plus périlleuse que prévue… The Ghost Writer est adapté d’un livre du romancier et ancien journaliste anglais Robert Harris qui s’empresse de préciser que ce roman ne s’inspire pas de personnage réel. Donc cet ex-premier ministre n’est pas Tony Blair (1)… il s’agit d’une fiction politique. Roman Polanski structure admirablement son film, avec une progression par petites touches, par petits indices, mais très régulière avec une tension qui monte lentement et continuellement. Le rythme est remarquable. Nous sommes baignés avec cet écrivain dans un univers très particulier sur cette île isolée, avec une grande maison moderne et sans âme, presque un univers semi-carcéral. Un huis clos en plein air. Très travaillé, sans fioriture inutile, The Ghost Writer montre une maitrise totale de la mise en scène. Il s’inscrit parmi les meilleurs films du cinéaste.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams, Kim Cattrall, James Belushi, Robert Pugh
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Remarques :
Roman Polanski a terminé la postproduction de The Ghost Writer à distance alors qu’il était en prison puis assigné à résidence dans sa maison en Suisse.

(1) Robert Harris est un ex-journaliste politique de la BBC, supporter de Tony Blair jusqu’à la guerre d’Irak qu’il désapprouvait totalement.