28 mars 2020

Un homme et une femme (1966) de Claude Lelouch

Un homme et une femmeAnne, une script-girl, ne parvient pas à oublier son mari, un cascadeur mort dans un accident sur un tournage. Jean-Louis, coureur automobile, est lui aussi veuf. Tous deux ont un enfant en pensionnat à Deauville et c’est là qu’ils se rencontrent…
Claude Lelouch a fait irruption dans le cinéma français avec ce film aux allures de roman-photo sentimental. Il reprendra plusieurs fois par la suite ce type d’histoire simple où les personnages ont une deuxième chance pour trouver l’amour avec un grand A. Il manie la caméra avec grande virtuosité, ne se privant d’aucun effet pour délivrer une image séduisante et empreinte d’un lyrisme appuyé. La musique de Francis Lai fusionne avec le récit, son entêtant « chabadabada » reste lié au film. On peut se laisser séduire ou trouver tout cela bien vide. Le succès populaire fut immense. Palme d’Or à Cannes 1966.
Elle: 4 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Anouk Aimée, Jean-Louis Trintignant, Pierre Barouh, Valérie Lagrange
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Remarques :
* Pour des raisons de budget, Claude Lelouch a tourné son film en partie en noir et blanc (scènes d’intérieur principalement, du fait de la basse lumière) et en partie en couleur.
* Le fils de Trintignant est interprété par le fils de l’homme de radio Gérard Sire, ami du cinéaste. On entend la belle voix de Gérard Sire à plusieurs reprises (lors des retransmissions radio et télévisées).

* Suites :
1) Un homme et une femme, 20 ans déjà de Claude Lelouch (1986) avec les même acteurs. Le réalisateur a lui-même avoué que l’idée de faire ce film était une erreur de sa part.
2) Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch (2019) avec les mêmes acteurs.

 Un homme et une femmeJean-Louis Trintignant et Anouk Aimée dans Un homme et une femme de Claude Lelouch.

15 janvier 2019

Sully (2016) de Clint Eastwood

SullyNew York, janvier 2009. Après avoir réussi l’exploit de poser son avion sur l’Hudson, sauvant ainsi tous ses passagers, le pilote de ligne Chesley « Sully » Sullenberger doit affronter une commission d’enquête. Les premiers éléments recueillis montrent qu’il aurait pu rejoindre son aéroport de départ…
Faire un film sur l’exploit de ce pilote qui fit preuve d’une maitrise extraordinaire et d’une grande sureté de jugement est louable et parfaitement justifié. Mais ce n’est pas vraiment le propos de Clint Eastwood qui semble surtout intéressé à porter une charge sévère contre le principe d’une commission d’enquête. « On ne met pas en doute les paroles de l’homme du terrain » semble-t-il nous dire. Il est un peu dommage que Clint Eastwood n’ait pu rendre hommage à ce pilote sans empâter le propos de sa haine des « technocrates » et d’un certain rejet de toute modernité (simulateurs, données informatiques, …) La partie reconstitution de l’accident est toutefois très bien réalisée et Clint Eastwood sait éviter tout pathos, par exemple en s’abstenant de nous faire vivre le crash par les yeux des passagers.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney
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Sully
Tom Hanks et Aaron Eckhart dans Sully de Clint Eastwood.

29 janvier 2018

Rue de l’Estrapade (1953) de Jacques Becker

Rue de l'EstrapadeFrançoise (Anne Vernon) est une jeune femme pleine de vie et très amoureuse de son mari Henri (Louis Jourdan), pilote automobile, mais lorsqu’elle découvre qu’il a une liaison avec une jeune femme-mannequin, elle fait aussitôt ses valises et part louer une chambre sous les toits… Le succès d’Edouard et Caroline a incité Jacques Becker à tourner, non pas une suite, mais une autre comédie dans le même esprit, avec la même équipe. Le scénario de Rue de l’Estrapade est donc signé de nouveau par la très jeune (et belge) Anne Wademant. Il est assez conventionnel en apparence mais résolument moderne dans les détails. Nous retrouvons aussi le couple d’acteurs formé par Anne Vernon et Daniel Gelin, à ceci près que ce dernier n’a pas le premier rôle masculin donné à Louis Jourdan. Dans cette histoire de couple en crise, les hommes ne sont pas montrés sous leur meilleur jour alors que le personnage féminin fait preuve d’une liberté et d’une modernité rares pour l’époque. Il insuffle aussi beaucoup de fraîcheur à l’ensemble. Anne Vernon a une belle présence à l’écran. Le film est d’une grande perfection formelle et la mise en scène de Jacques Becker est élégante. Ce n’est certes pas son meilleur film mais il n’en est pas moins d’un haut niveau.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Daniel Gélin, Louis Jourdan, Anne Vernon, Jean Servais, Micheline Dax
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Rue de l'estrapade
Anne Vernon et Louis Jourdan dans Rue de l’Estrapade de Jacques Becker.

rue de l'Estrapade
Superbe regard caméra : nous sommes à la place du miroir dans lequel se regarde Anne Vernon qui essaie une robe chez un couturier. Lucienne Legrand et Anne Vernon dans Rue de l’Estrapade de Jacques Becker.

Rue de l'estrapade
Daniel Gélin et Anne Vernon dans Rue de l’Estrapade de Jacques Becker. Daniel Gélin n’apparaît qu’après 45 minutes.

Remarque :
* Rue de l’Estrapade est le premier film avec une chanson de George Brassens, Le Parapluie, chantée ici par Daniel Gélin. Brassens débutait alors, non sans difficulté, sa carrière. Éditée sur disque en même temps que la sortie du film en salle, cette chanson sera distinguée par l’Académie Charles-Cros l’année suivante en obtenant le Grand Prix du disque 1954.

Rue de l'Estrapade
Quand il s’agit de faire de superbes gros plans, Jacques Becker n’est pas manchot ! Daniel Gélin dans Rue de l’Estrapade de Jacques Becker.

Rue de l'Estrapade
Jean Servais dans Rue de l’Estrapade de Jacques Becker. Et paf! un autre regard-caméra : cette fois, nous sommes à la place d’Anne Vernon qui s’avance vers l’énigmatique (et, chose très rare pour le cinéma de cette époque, bisexuel) couturier.

Remarque :
* La rue de l’Estrapade existe bel et bien à Paris dans le 5e arrondissement. Le numéro 7 est bien face au lycée Henri IV. A noter que cette rue doit son nom à un supplice (assez horrible) nommé l’estrapade, qui était infligé à cet endroit au XVIIIe siècle. Est-ce sa proximité sonore avec « escapade » qui a poussé Jacques Becker à choisir ce nom ? (l’estrapade devenant ainsi une escapade ratée…)

9 novembre 2013

L’aigle vole au soleil (1957) de John Ford

Titre original : « The Wings of Eagles »

L'aigle vole au soleilEn 1919, l’officier Frank « Spig » Wead oeuvre pour renforcer le rôle de l’aviation à l’intérieur de la marine américaine. Il persuade ses supérieurs de participer à différentes compétitions pour accroitre le prestige de la Navy. Mais un bête accident va interrompre sa carrière… Avec L’aigle vole au soleil, John Ford rend hommage à son ami Frank Wead, pionnier de l’aviation qui a dédié sa vie à la Marine et qui, handicapé après un grave accident, a écrit des scénarios pour Hollywood. Autant le film est superbe dans sa forme, avec notamment un déroulement admirable du scénario, autant on peut ne pas adhérer totalement au propos militariste et à la nostalgie de Ford pour la vie militaire (où tout se termine par une bonne bagarre). Tous les évènements décrits dans le film se sont réellement déroulés ainsi a précisé le réalisateur qui s’est mis en scène sous les traits de Ward Bond : plusieurs objets utilisés dans cette scène, l’Oscar, la canne creuse, le pipe, le chapeau sont des objets appartenant au réalisateur lui-même. A noter que le discours tenu par Frank Wead aux membres du Congrès de l’époque (début des années vingt) s’adresse également à leurs homologues de 1957. L’aigle vole au soleil est en effet sorti à une époque où l’armée et la marine voyaient leurs crédits diminuer sous la pression d’une aspiration au pacifisme.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: John Wayne, Dan Dailey, Maureen O’Hara, Ward Bond
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Remarques :
* Frank Wead est crédité d’une trentaine d’histoires et de scénarios de 1929 jusqu’à sa mort en 1947 : on peut citer Dirigible de Frank Capra (1931), Hell Divers de George Hill (1931), Airmail de John Ford (1932), Test Pilot de Victor Fleming (1938), The Citadel de King Vidor (1938), They were expendable par John Ford (1945).

* Le film visionné par le petit groupe de producteurs est un extrait de Hell Divers (Les Titans du ciel) de George W. Hill (1931) avec Wallace Beery et le jeune Clark Gable, film dont le scénario est basé sur une histoire réellement écrite par Frank Wead.

* La scène où Frank Wead parle à son orteil a inspiré Tarantino pour Kill Bill.

18 janvier 2013

Restless (2011) de Gus Van Sant

RestlessLe jeune Enoch et Annabel assistent régulièrement et compulsivement à des enterrements. Ils font connaissance. Annabel confie à Enoch qu’elle n’a plus que quelques mois à vivre… Gus Van Sandt aborde dans Restless deux de ses sujets de prédilection : la jeunesse et la mort. Il traite cette histoire avec beaucoup de délicatesse et de fraîcheur. Il lui donne un caractère intemporel et soigne ses images pour traduire la beauté intérieure de ces deux êtres fragiles. Il est bien entendu difficile de ne pas être touché par l’histoire d’une jeune fille condamnée à une mort proche et certaine mais on peut néanmoins trouver ce drame romantique un peu trop naïf et artificiel, regretter que tout semble être fait pour nous émouvoir. Gus Van Sant et le scénariste Jason Lew disent se placer dans le prolongement d’Harold et Maude (1) et de Garden State (2). Beaucoup de critiques ont également fait le rapprochement avec Love Story (3)
Elle: 3 étoiles
Lui : 1 étoile

Acteurs: Henry Hopper, Mia Wasikowska, Ryo Kase
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(1) Harold and Maude d’Hal Ashby (1971) avec Ruth Gordon et Bud Cort.
(2) Garden State de Zach Braff (2005) avec Zach Braff et Natalie Portman
(3) Love Story d’Arthur Hiller (1971) avec Ali MacGraw et Ryan O’Neal.