7 février 2019

Numéro une (2017) de Tonie Marshall

Numéro uneBrillante et volontaire, Emmanuelle Blachey est cadre supérieur du géant français de l’énergie. Elle est approchée par un réseau de femmes d’influence qui se propose de l’aider à prendre la tête d’une entreprise du CAC40, géant de la distribution de l’eau. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction…
Même s’il est présenté ainsi, Numéro une n’est pas tant un film sur le sexisme dans le milieu des dirigeants d’entreprise : seules quelques répliques entrent dans cette catégorie et elles restent dans le machisme très traditionnel. Le sujet est plutôt la lutte de pouvoir qui précède la nomination d’un haut dirigeant d’entreprise, une lutte où tous les coups sont permis. Toutes ces manigances et machiavélismes ne sont guère passionnants, d’autant plus que Tonie Marshall ne fait pas preuve d’une grande originalité : bassesses et moyens de pression utilisés de part et d’autre sont vraiment conventionnels. De plus, elle ne parvient pas dans son scénario à mêler habilement les soucis de sa vie personnelle qui nous paraît tout aussi ennuyeuse. En revanche, la photographie est assez belle (très beaux flous d’arrière-plan).
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Richard Berry, Sami Frey, Benjamin Biolay, Francine Bergé
Voir la fiche du film et la filmographie de Tonie Marshall sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Tonie Marshall chroniqués sur ce blog…

Numéro Une
Emmanuelle Devos dans Numéro une de Tonie Marshall.

27 septembre 2016

Mommy (2014) de Xavier Dolan

MommyDiane, veuve d’une quarantaine d’années habitant la banlieue de Montréal, récupère la garde de son fils Steve, un adolescent difficile souffrant d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), récemment expulsé pour comportement irresponsable et dangereux du centre de rééducation dans lequel il avait été placé peu de temps après la mort de son père… A l’âge de 24 ans, le québécois Xavier Dolan livre son cinquième long métrage, un film qui a enthousiasmé aussi bien la critique que le public et a fini de mettre son auteur au centre de toutes les attentions. Son propos est centré une fois de plus sur la figure maternelle, sujet qui l’inspire inconditionnellement selon ses propres termes. Mommy est étonnamment équilibré, reposant sur trois personnages principaux d’égale importance. La justesse de ton, l’absence d’effets mélodramatiques factices stupéfient le spectateur qui est happé dans un tourbillon d’émotions. Mommy est en outre traversé de fulgurances brillantes. Xavier Dolan a tourné son film en format carré, format courant en photographie mais rarissime au cinéma ; s’il peut réduire les options de composition (notamment pour les très gros plans qui sont de fait toujours centrés), ce format sied particulièrement bien au sujet car il concentre notre attention sur les personnages et nous en rapproche. Et dans une séquence, il élargit le champ pour un très bel effet. Avec ce film, Xavier Dolan est devenu un véritable phénomène, il est vrai qu’il est rare d’assister à l’éclosion d’un jeune réalisateur si talentueux.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Anne Dorval, Suzanne Clément, Antoine-Olivier Pilon
Voir la fiche du film et la filmographie de Xavier Dolan sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Remarque :
Les personnages s’expriment en joual, une variante orale populaire du français québécois.

Mommy
Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon et Suzanne Clément dans Mommy de Xavier Dolan.

Mommy