17 juillet 2017

Las Vegas parano (1998) de Terry Gilliam

Titre original : « Fear and Loathing in Las Vegas »

Las Vegas parano1971. Le journaliste Raoul Duke, accompagné de son avocat, maître Gonzo, se rend à Las Vegas pour couvrir une course de motos, les 400 miles de Las Vegas. Ils ont emmené avec eux toute une panoplie de drogues les plus diverses et le séjour n’est qu’un long trip halluciné dont ils ne sortent jamais… Las Vegas parano est adapté du roman de Hunter S. Thompson, Fear and Loathing in Las Vegas: A Savage Journey to the Heart of the American Dream (Angoisse et dégoût à Las Vegas – une plongée incontrollée au coeur du rêve américain). Terry Gilliam en fait un film aux apparences de chaos permanent, apparences seulement car il est en réalité totalement maitrisé. Le film est aussi doté de beaucoup d’humour. Sa trouvaille de génie pour faire tenir tout cela est d’avoir placé une narration du héros en voix intérieure. Bien évidemment, cela paraît tout de même un peu long et répétitif et on se prend à en chercher le sens. Les deux héros veulent échapper à la réalité de ce début des années soixante-dix, marquée par la Guerre du Vietnam qui est encore loin d’être terminée ; ils veulent retrouver l’essence du « rêve américain » qui les a fait vibrer. Et Las Vegas représente le rêve américain pour beaucoup alors que c’est en réalité le royaume du faux, tout le contraire de ce qu’ils cherchent si confusément. Les prestations de Johnny Depp et de Benicio del Toro sont remarquables. Le film fut un échec commercial à sa sortie mais a gagné du prestige avec les ans. C’est en tous cas un film unique en son genre.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Johnny Depp, Benicio Del Toro, Tobey Maguire, Cameron Diaz, Christina Ricci, Ellen Barkin
Voir la fiche du film et la filmographie de Terry Gilliam sur le site IMDB.
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Remarques :
* Le véritable Hunter S. Thompson fait une brève apparition dans la scène de flashback du concert de Jefferson Airplane quand Johnny Deep dit se voir plus jeune.
* Avant Terry Gilliam, Martin Scorsese et Oliver Stone avaient tous deux développé un projet d’adaptation du livre de Thompson mais avaient finalement renoncé.

Las vegas Parano
Benicio Del Toro et Johnny Depp dans Las Vegas parano de Terry Gilliam.

Las Vegas parano
Benicio Del Toro, Benjamin A. van der Veen, Cameron Diaz, Craig Bierko et Johnny Depp dans Las Vegas parano de Terry Gilliam.

Las Vegas parano
Christina Ricci et Benicio Del Toro dans Las Vegas parano de Terry Gilliam.

15 juillet 2017

Le Chemin de la gloire (1936) de Howard Hawks

Titre original : « The Road to Glory »

Le Chemin de la gloireFrance, 1916. Sur la ligne de front, le capitaine Laroche dirige sa compagnie assez durement, au prix de pertes humaines importantes. Il est amoureux d’une jeune infirmière. En route pour sa nouvelle affectation, le lieutenant Michel Denet la rencontre sans savoir qu’elle est l’amie de son supérieur. Une fois de plus, le régiment monte en première ligne… Au départ, l’idée de Darryl F. Zanuck était d’adapter le roman de Roland Dorgelès, Les Croix de bois, que le français Raymond Bernard avait déjà porté à l’écran quatre ans plus tôt. Hawks fit engager William Faulkner pour qu’il en écrive l’adaptation avec Joel Sayre et le résultat fut si différent du roman qu’il ne figure même pas au générique (seul l’épisode de la mine vient du roman). Le Chemin de la gloire est un film pacifiste qui montre l’absurdité de la guerre, s’inscrivant ainsi dans son temps (rappelons qu’en 1936, les Etats Unis se déclaraient neutres vis-à-vis du conflit qui s’annonçait en Europe). S’il a pu être parfois comparé aux Sentiers de la gloire de Kubrick, il est de portée bien moindre mais reste assez puissant. Bien que les images soient très réalistes et montrent sans fard la réalité des tranchées et les horreurs de la guerre, le récit peut presque être qualifié de parabole. L’opposition entre les deux hommes est surtout celle de deux conceptions de la vie : l’un vit pour la guerre et l’autre vit malgré la guerre. Le succès fut au rendez-vous à l’époque. Aujourd’hui, il est plutôt mal connu dans la filmographie de Hawks.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Fredric March, Warner Baxter, Lionel Barrymore, June Lang, Gregory Ratoff
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Remarques :
* Certaines séquences de bataille ont été reprises du film de Raymond Bernard, Les Croix de bois (1932).
* Aussi étrange que cela puisse paraître, Howard Hawks avait déjà réalisé un film intitulé The Road to Glory en 1926, il s’agit même de son premier long métrage (L’ombre qui descend en français). Hormis le titre, les deux films n’ont rien en commun

The Road to Glory
June Lang et Warner Baxter dans Le Chemin de la gloire de Howard Hawks.

The Road to Glory
Lionel Barrymore, Warner Baxter, June Lang et Fredric March dans Le Chemin de la gloire de Howard Hawks (photo publicitaire).

14 juillet 2017

Jurassic World (2015) de Colin Trevorrow

Jurassic WorldVingt-deux ans après les évènements de Jurassic Park, le parc d’attraction sur l’île Isla Nublar est florissant mais le public se lasse vite et il faut toujours lui donner plus. Les scientifiques du centre manipulent les ADN pour créer de nouvelles espèces, plus terrifiantes… Le scénario de ce quatrième film de la série ne donne pas dans l’originalité : il est calqué sur celui du premier. Le plus amusant est qu’il se calque aussi sur la problématique des producteurs : montrer des créatures plus grosses, plus méchantes, plus terrifiantes. Nous avons donc de nouveau deux enfants en danger (deux garçons cette fois), des scientifiques apprentis-sorciers malintentionnés et des dinosaures incontrôlables. Le cahier des charges est rempli : on saute sur son fauteuil et l’on a l’impression de sentir l’haleine fétide des prédateurs qui viennent renifler leur petit-déjeuner. La réalisation est de bonne facture, l’ensemble est certes efficace mais n’est en rien magique comme pouvait l’être son prédécesseur. Ceci mis à part, Jurassic World, en tant que bon gros blockbuster, colporte toute l’idéologie hollywoodienne sur la famille mais cela n’a rien d’inhabituel (1). Gros budget, très gros succès au box-office mondial.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Irrfan Khan, Vincent D’Onofrio
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Remarque :
* Sur le plan scientifique : les images du premier Jurassic Park en 1993 correspondaient bien à l’état des connaissances du moment sur les dinosaures. Depuis cette date, ces connaissances ont fortement progressé et Jurassic World ne reflète pas du tout cette évolution (par exemple, on sait aujourd’hui que les vélociraptors n’étaient pas du tout comme on l’imaginait, ils étaient plus petits et avaient des plumes). Le film n’a donc plus d’intérêt sur le plan scientifique.

(1) Le plus surprenant est le passage sur le divorce : au beau milieu du film, le plus jeune garçon, jusque là excité comme une puce et courant dans tous les sens, se met soudainement à pleurer et annonce à son grand frère que leurs parents (qui sont alors à 5000 kms de là) veulent divorcer. Tout le monde tombe des nues, les spectateurs autant que le grand frère qui, sans doute trop occupé avec les filles de son âge, ne s’était rendu compte de rien, le niais. Gros pleurs. Mais cela ne dure qu’à peine une minute et on n’en reparlera plus… Cela devait être dans le cahier des charges.

Jurassic World
On sent qu’il va tirer à côté…! (scène de Jurassic World de Colin Trevorrow).

10 juillet 2017

Rain or Shine (1930) de Frank Capra

Rain or ShineMary Rainey est catastrophée. Le cirque qu’elle a hérité de son père est au bord de la banqueroute. Heureusement, son directeur Smiley est un indéfectible optimiste qui a plus d’un tour dans son sac. Il est amoureux de Mary mais celle-ci n’a d’yeux que pour le jeune Bud… Rain or Shine avait connu un franc succès à Broadway en 1928. C’était une comédie musicale mais au moment de le porter à l’écran, le genre n’était plus prisé au cinéma (il faudra attendre 1933 pour que la Warner fasse renatre le genre). Toute la partie musicale fut donc enlevée pour ne garder que la comédie, menée par Joe Cook. Ce comédien, qui vient du cirque et du vaudeville, est peu connu mais c’est un humoriste étonnant. Il parle beaucoup pour faire des démonstrations à ses interlocuteurs qui perdent pied, submergés par ses raisonnements qui n’ont pas de sens. En cela, il rappelle beaucoup Groucho Marx. C’est du grand art. L’analogie avec les Marx Brothers est encore plus forte lorsque l’on considère ses deux acolytes, Tom Howard et Dave Chasen (qui ne parle jamais, tiens tiens…). Tous trois tenaient déjà leur rôle sur scène. De plus, Joe Cook montre des qualités stupéfiantes d’acrobate quand il doit remplacer au pied levé plusieurs artistes du cirque. L’histoire en elle-même n’a pas vraiment d’intérêt : on y retrouve toutefois l’optimisme à la Capra. Sur le plan de réalisation, les extérieurs ont été privilégiés et deux scènes furent coûteuses (la tempête du début et l’incendie). On remarquera également quelques scènes en caméra portée (comme dans d’autres Capra de la même époque). Rain or Shine n’est certes pas un grand Capra mais mérite d’être vu pour les numéros assez hilarants de Joe Cook. Le film connut un grand succès à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Joe Cook, Louise Fazenda, Joan Peers, William Collier Jr., Tom Howard, Dave Chasen
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Remarques :
* Le thème musical Singing in the Rain accompagne les génériques de début et fin. Ce n’est pas exceptionnel toutefois : composé à la fin des années vingt, on retrouve ce thème dans une petite douzaine de films au début des années trente.
* Une version muette et sonore de Rain or Shine a été également distribuée au moment de la sortie internationale. C’est fatalement une version différente, les logorrhées verbales de Joe Cook n’étant pas vraiment adaptées au muet. La fin est également différente.

Rain or Shine
Joan Peers et Joe Cook dans Rain or Shine de Frank Capra.

Rain or Shine
Dave Chasen, Joe Cook et Tom Howard dans le gag du hot-dog de Rain or Shine de Frank Capra. Détail amusant : Dave Chasen arrêtera sa carrière de comédien en 1936 pour créer le Chasen’s sur Beverly Boulevard à Hollywood, un restaurant qui sera fréquenté par de nombreuses stars jusqu’en 1995 et qui abritera même la soirée des Oscars certaines années.

9 juillet 2017

Star Trek: Premier Contact (1996) de Jonathan Frakes

Titre original : « Star Trek: First Contact »

Star Trek: Premier ContactCréatures à la fois organiques et mécaniques formant une seule entité, les Borgs se dirigent vers la Terre pour «l’assimiler». Ils remontent dans le temps pour empêcher le premier contact des terriens avec une civilisation extraterrestre et ainsi changer le cours de l’histoire. Le capitaine Picard parvient à les suivre et compte bien les empêcher d’agir… Star Trek: Premier Contact est assez largement tenu pour être un des meilleurs films Star Trek. Comme l’affirmait Hitchcock, c’est le « méchant » qui donne à un film tout son impact et la Reine des Borg est sans aucun doute l’adversaire le plus marquant de la série (après Kahn, tout de même). Le scénario n’est pas vraiment très riche même s’il se déroule simultanément en deux endroits : sur Terre en 2063 et à bord de l’Enterprise où la chasse aux Borgs a un petit parfum d’Alien. On ne peut échapper aux poncifs hollywoodiens (l’inventeur du warp drive est un grand échalas hirsute qui ingurgite de grandes quantités de gnôle en écoutant du rock & roll, bref un vrai américain version terroir) mais il y a quelques bonnes idées, ne serait-ce que la cause de ce premier contact. Malgré la gravité de la situation, il y a beaucoup d’humour, telle cette scène où la charmante Troi prend une cuite mémorable. A l’instar de Leonard Nimoy une décennie plus tôt, Jonathan Frakes (l’interprète du second Rikes) passe derrière la caméra pour une réalisation certes sans éclat mais adéquate. Le bilan reste positif : Star Trek: Premier Contact est un très bon film de la série.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Patrick Stewart, Jonathan Frakes, Brent Spiner, James Cromwell, Alice Krige
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Star Trek Premier Contact
Retour aux sources : la précédente version de l’Enterprise ayant été crashée (même la maquette était endommagée) dans l’épisode précédent, bienvenue dans l’Enterprise-E au design plus proche de la série originale.

Star Trek Premier Contact
Neal McDonough, Jonathan Frakes, Patrick Stewart et Brent Spiner dans Star Trek: Premier Contact de Jonathan Frakes.

Star Trek Premier contact
Alice Krige (la Reine des Borgs) et Brent Spiner dans Star Trek: Premier Contact de Jonathan Frakes.

Star Trek Premier Contact
James Cromwell (l’inventeur déjanté), Jonathan Frakes et Marina Sirtis dans Star Trek: Premier Contact de Jonathan Frakes.

Star Trek Premier Contact
Neal McDonough, Patrick Stewart et Michael Dorn dans Star Trek: Premier Contact de Jonathan Frakes.
(non non, la photo est à l’endroit…)

7 juillet 2017

Gerry (2002) de Gus Van Sant

GerryGerry et Gerry roulent en voiture, sans un mot, dans un paysage rocailleux et désertique. Ils s’arrêtent et continuent à pied sur un chemin de grande randonnée. Plus loin, ils prennent un chemin de traverse et se perdent… Pour écrire Gerry, Gus van Sant et ses deux acteurs sont partis d’un simple fait divers. Le résultat est un film très étonnant où nous suivons les deux personnages dans leur errance silencieuse. Ils ne savent pas où ils vont mais ils avancent avec obstination. Si on ne peut que saluer l’originalité de la forme et les libertés prises avec le cadre traditionnel du récit cinématographique, on peut être déçu par le contenu réel (ou symbolique…) : soit Gus van Sant tombe dans les clichés (thème du double, le chemin, etc.), soit il donne dans l’abscons le plus total (la parabole « j’ai conquis Thèbes », la métaphore du rocher). Là où Gus van Sant réussit le mieux, c’est quand il fait du « Béla Tarr » : comme dans Les Harmonies Werckmeister, il fait de longs plans-séquences de marche, très près des personnages, où il joue avec le son des pas qui développent un rythme hypnotique, une musique propre (Gus van Sant admire Béla Tarr). Visuellement, le désert est assez photogénique dans son dénuement et les accélérés de nuages ont une beauté magistrale. La musique d’Arvo Pärt est aussi très belle. Mais l’ensemble nous laisse sur une impression de vacuité : on aimerait tant que tout cela ait un peu plus de sens (du moins un sens qui nous soit accessible)…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Casey Affleck, Matt Damon
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Gerry
Matt Damon dans Gerry de Gus Van Sant.

Gerry
Le plan le plus extraordinaire du film (à mes yeux) : un plan-séquence de plus de quatre minutes où les deux personnages (on ne voit que leurs visages, parfaitement parallèles) marchent côte à côte avec le son des pas (mixé assez fort) sur le sol caillouteux. Le son développe une musique hypnotique. Les pas sont d’abord synchronisés puis se désynchronisent peu à peu. Superbe. Matt Damon et Casey Affleck dans Gerry de Gus Van Sant.

Gerry
La métaphore (?) du rocher… Le double s’est mis dans une situation d’où il ne peut se libérer seul… Casey Affleck et Matt Damon dans Gerry de Gus Van Sant.

6 juillet 2017

La Charge de la huitième brigade (1964) de Raoul Walsh

Titre original : « A Distant Trumpet »

La Charge de la huitième brigadeEn 1883, le jeune lieutenant Matt Hazard est affecté dans un fort isolé de l’Arizona, près de la frontière avec le Mexique où s’est réfugié War Eagle, le dernier chef indien encore en guerre contre le gouvernement des Etats-Unis… Adapté d’un roman de Paul Horgan, A Distant Trumpet est l’ultime réalisation de Raoul Walsh. A l’instar de John Ford, Raoul Walsh a opté sur le tard pour une vision plus empathique vis-à-vis des indiens : ici, ils sont montrés impitoyables, certes, mais aussi victimes des promesses non tenues par les « politiciens de Washington ». Cet antifédéralisme n’a rien d’original, pas plus que le scénario qui est vraiment très classique avec toutefois un triangle amoureux assez bien traité. L’accent est mis sur l’éthique et le sens de l’honneur. Mais c’est dans les scènes d’action que Raoul Walsh montre tout son talent : les mouvements de centaines de chevaux sont aussi impressionnants que photogéniques et les combats nous laissent haletant. Walsh a une maitrise étonnante de l’action rapide. Bien qu’il ait bénéficié d’un bon budget, le réalisateur aux 130 films n’a pas eu droit à des acteurs connus : Troy Donahue manque un peu de charisme mais Suzanne Pleshette a plus de présence. La photographie est assez belle, avec un lieu jamais montré au cinéma (voir ci-dessous). A Distant Trumpet n’est pas un grand Raoul Walsh mais il vient clore honorablement une longue liste de films réalisés sur un demi-siècle.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Troy Donahue, Suzanne Pleshette, Diane McBain, James Gregory
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Remarques :
* Le titre du film rappelle Distant Drums (en français Les Aventures du Capitaine Wyatt) que Walsh a réalisé en 1951 et qui mettait en scène un épisode plus tardif de la guerre contre les indiens.

A Distant Trumpet
Troy Donahue (à gauche) dans La Charge de la huitième brigade de Raoul Walsh.

A Distant Trumpet
Suzanne Pleshette dans La Charge de la huitième brigade de Raoul Walsh.

A Distant Trumpet
Diane McBain (qui a un petit air de Tippi Heddren) dans La Charge de la huitième brigade de Raoul Walsh.

A Distant Trumpet

 

Grand Falls, Arizona
(Photo non tirée du film)  Les spectaculaires cascades d’eaux boueuses sont celles de Grand Falls, Arizona, situées sur le territoire de la réserve indienne de Navajo Nation (en fait assez loin de la frontière mexicaine). Elles sont assez époustouflantes : voir une vidéo touristique… (elles ne sont pas toute l’année comme cela toutefois, le débit peut se réduire à un filet pendant plusieurs mois, la rivière est Little Colorado River).

4 juillet 2017

Out of Africa (1985) de Sydney Pollack

Autre titre français : « Out of Africa – Souvenirs d’Afrique »

Out of Africa - Souvenirs d'AfriqueEn 1914, Karen Dinesen, une jeune aristocrate danoise, rejoint le Kenya (alors colonie britannique) pour y épouser le baron von Blixen, le frère de l’homme qu’elle aimait et qui l’a rejetée. Elle devient ainsi la baronne Karen Blixen et s’applique à faire pousser des caféiers sur les terres de sa ferme. Elle fait la rencontre de Denys Fitch Hatton, un chasseur très épris de liberté… Out of Africa est basé sur les écrits autobiographiques de Karen Blixen (La Ferme africaine publié en 1937). Ce qui est remarquable dans cette belle adaptation de grande ampleur, c’est la façon dont Sydney Pollack a su traiter avec délicatesse et retenue les émotions et donner au récit une dimension philosophique. Il s’inscrit ainsi en marge du cinéma hollywoodien classique qui a toujours une fâcheuse tendance à nous fabriquer de l’épique au kilomètre. Out of Africa est non seulement un émerveillement pour les yeux mais aussi une ode à la Nature, une réflexion sur les rapports humains et touche à la définition de l’humanité.  Les images sont magnifiques et la musique de John Barry donne une dimension supplémentaire au film : la scène du vol en avion est d’une beauté rare, la musique contribuant à nous élever et à nous baigner dans un sentiment de béatitude. Out of Africa est certainement l’un des films les plus parfaits dans son dosage. Le film connut un succès mérité et reçut pas moins de sept Oscars.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Meryl Streep, Robert Redford, Klaus Maria Brandauer, Michael Kitchen, Malick Bowens
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Remarques :
* Le titre Out of Africa (qui était déjà le titre de l’édition anglaise du livre de Karen Blixen, La Ferme Africaine) vient des écrits de l’historien Pline l’Ancien parlant de la prolifération d’espèces animales sur le continent africain : « l’Afrique produit toujours quelque chose de nouveau », expression traduite en anglais par « Out of Africa always something new ».

Out of Africa

Out of Africa
Meryl Streep et Robert Redford dans Out of Africa  de Sydney Pollack.

Out of Africa
Meryl Streep et Robert Redford dans Out of Africa de Sydney Pollack.

3 juillet 2017

Faces (1968) de John Cassavetes

FacesUn quinquagénaire désire quitter sa femme pour une autre femme, une escort-girl qu’il fréquente…Deuxième film de Cassavetes en indépendant, Faces n’est pas vraiment un film facile à aborder. La démarche de Cassavetes est de chercher à appréhender les rapports entre les êtres dans ce qu’ils ont de plus brut. Pour cela, il va les filmer de très près ses personnages, le plus souvent dans des états extrêmes (ébriété, hilarité excessive), dans un grand désordre apparent, accentuant ici et là le caractère imprévisible des comportements, étirant les scènes de façon inhabituelle. C’est une démarche totalement originale et théoriquement intéressante mais la forme est en pratique assez rebutante : caméra à l’épaule, mouvements incessants des personnes, image (16mm gonflée en 35) granuleuse, très mauvais son (heureusement nous avons les sous-titres). Et on peut se demander si le fait de mettre en scène les personnages dans des états assez extrêmes ne force pas à rester en surface : on ne saura finalement que peu de choses, la plupart des dialogues n’ayant aucun intérêt. De par son caractère novateur, Faces connut un succès inattendu à sa sortie et Cassavetes poussera la méthode jusqu’à la limite dans son film suivant, Husbands.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: John Marley, Gena Rowlands, Seymour Cassel
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Remarques :
* Contrairement à son film précédent Shadows, il n’y a que de très peu d’improvisation dans Faces. La méthode de Cassavetes est d’écrire les dialogues et de les affiner en faisant répéter ses acteurs.
* Cassavetes utilise plusieurs caméras simultanément pour filmer de longs plans-séquences.
* Le tournage a eu lieu début 1965.

Faces
Gena Rowlands et John Marley dans Faces de John Cassavetes.

Faces
Seymour Cassel dans Faces de John Cassavetes.

1 juillet 2017

Star Trek: Generations (1994) de David Carson

Star trek: Générations2293. Le capitaine en retraite James T. Kirk est invité avec des journalistes au lancement de la dernière version du vaisseau l’Enterprise. Lors du voyage inaugural, l’équipage reçoit un appel de détresse et tente de porter secours à deux transports de réfugiés pris dans un mystérieux ruban magnétique. L’opération tourne mal… Star Trek : Générations constitue une transition entre la série originale et celle de The Next Generation, dont la série TV venait de s’achever après 176 épisodes (soit plus du double de la série originale). L’histoire débute ici quelques mois après Star Trek VI, puis fait un bond en avant de 75 ans pour se retrouver avec toute l’équipe de Next Generation. C’est une histoire assez complexe mais bien tournée, avec plusieurs intrigues secondaires, donc assez travaillée sur le plan du scénario. Les effets sont en partie confiés à Industrial Light and Magic et des images de synthèse commencent à être utilisées. Le film est généralement plutôt (très) mal jugé. A mes yeux, c’est un film riche et vraiment plaisant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Patrick Stewart, Jonathan Frakes, Brent Spiner, Gates McFadden, Malcolm McDowell, William Shatner
Voir la fiche du film et la filmographie de David Carson sur le site IMDB.

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Remarque :
* Un site internet fut créé fin 1994 pour accompagner la sortie du film. C’est le premier du genre (site internet dédié à un film).

Star Trek Generations
Rencontre improbable (ils sont nés à 80 ans d’écart) entre les capitaines Jean-Luc Picard et James T. Kirk : Patrick Stewart et William Shatner dans Star Trek: Générations de David Carson.

Star Trek Generations
Ruban d’énergie créée par ILM dans Star Trek: Générations de David Carson.


Malcolm McDowell dans Star Trek: Générations de David Carson.

Star Trek Generations