A la mort de son mari, bijoutier de renom, Marianne retrouve dans son coffre quelques pierres magnifiques. Elle, qui avait été une courtière active et ambitieuse avant de sombrer dans l’alcoolisme, va chercher à les vendre sans se douter qu’elle va se retrouver confrontée à un passé douloureux… Place Vendôme est un film français coécrit et réalisé par Nicole Garcia, son troisième long métrage. La réalisatrice a manifestement voulu mêler un portrait de femme à une intrigue policière mais la symbiose ne fonctionne pas parfaitement. D’une part, cette histoire de diamants, que des personnes mystérieuses cherchent sans les vouloir vraiment, reste très obscure ; d’autre part, le personnage principal interprété par Catherine Deneuve ne parvient pas à nous émouvoir vraiment et sa démarche reste trop difficile à décrypter. L’idée de placer le personnage interprété par Emmanuelle Seigner comme un alter ego plus jeune de Catherine Deneuve était pourtant une bonne idée mais elle est finalement peu exploitée. Malgré une belle distribution, on reste étranger à cette histoire compliquée. Elle: – Lui :
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En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, officier français de confession juive, est condamné à la déportation à vie pour avoir fourni des documents secrets à l’Allemagne. Le commandant Picquart, promu lieutenant-colonel et chef du deuxième Bureau, découvre que le commandant Esterhazy est en réalité le véritable espion…
L’Affaire Dreyfus a déchiré la France de la Troisième République pendant douze ans, de la condamnation d’Alfred Dreyfus en 1894 à sa réhabilitation pleine et entière en 1906. Etonnamment, le cinéma français n’avait jamais vraiment traité cette affaire : avant ce J’accuse de Roman Polanski, il faut remonter aux reconstitutions « à chaud » de Georges Méliès et de Pathé. Les quelques films qui abordèrent plus profondément le sujet sont étrangers ou des téléfilms.
Roman Polanski désirait depuis longtemps faire un film sur l’Affaire Dreyfus. Il collabore ici à nouveau avec l’auteur britannique Robert Harris (scénariste de Ghost Writer) qui lui a écrit un roman sur mesure. L’originalité de leur approche est traiter l’affaire non pas comme une affaire judiciaire mais comme une histoire d’espionnage. Au prix d’une très légère déformation de la réalité (1), ils ont centré leur récit sur le commandant Picquart. Profondément antisémite, plus par tradition que par conviction toutefois, cet officier va découvrir, une fois promu à la tête des services des renseignements, que toute l’accusation à laquelle il a lui-même participé ne reposait en réalité sur rien. Le déroulement du scénario est parfait, il capte toute notre attention, ce qu’un récit plus traditionnel n’aurait probablement pas réussi à faire. L’atmosphère récréée est forte, notamment dans les locaux du service des renseignements. La réalisation est parfaite, tout est parfaitement dosé. J’accuse est bien le grand film que cette affaire méritait d’avoir. Il a tout de même fallu attendre plus d’un siècle…
Elle: Lui :
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(1) Les principales altérations de la réalité concernent la présence de Picquart à une réunion secrète des soutiens de Dreyfus où sont présents Zola et Clémenceau et la façon dont Picquart tient tête à sa hiérarchie (notamment en quittant la salle d’audition).
Jean Dujardin dans J’accuse de Roman Polanski.
Autres films traitant de l’Affaire Dreyfus:
1899 : L’Affaire Dreyfus, 11 films d’1 minute de Georges Méliès (sur le mode des actualités reconstituées, chaque film reconstituant un épisode de l’Affaire)
1899 : L’Affaire Dreyfus, 8 films d’1 minute produits par la société Pathé frères (réalisateur inconnu) (même mode, tounés moins d’un mois après ceux de Méliès)
1930 : Dreyfus, film allemand de Richard Oswald
1931 : Dreyfus, film anglais de F.W. Kraemer et Milton Rosmer
1937 : The Life of Émile Zola, film américain de William Dieterle avec Paul Muni
1958 : I accuse, film américain de José Ferrer avec José Ferrer
Téléfilms :
1978 :Zola ou la Conscience humaine, film français en quatre épisodes de Stellio Lorenzi (Antenne 2)
1991 : Can a Jew Be innocent? film anglais en quatre épisodes de Jack Emery (BBC)
1991 : Prisoners of Honor, film américain de Ken Russel
1994 : L’Affaire Dreyfus, film français en deux épisodes d’Yves Boisset (France 2)
1994 : Rage et Outrage, film français de George Whyte
1995 : Dreyfus in Opera and Ballet, film allemand en anglais.
Rédacteur en chef du magazine Elle, Jean-Dominique Bauby se réveille après un long coma sur un lit d’hôpital. On lui explique qu’il a fait un AVC massif qui le laisse affecté du locked-in syndrome, paralysé des pieds à la tête, ne pouvant bouger que son œil et la paupière gauche…
Il est des films dont le sujet peut rebuter. Il faut surmonter cette appréhension et la récompense n’en paraitra que plus satisfaisante : Le Scaphandre et le papillon est en effet un film merveilleux, un récit étonnant et très humain, émouvant mais jamais larmoyant. Il est basé sur le livre que Jean-Dominique Bauby a créé dans sa tête et dicté lettre par lettre pendant les deux années qu’il a passé « enfermé en lui-même ». Matthieu Amalric fait une prestation remarquable, secondé par un beau plateau d’acteurs. Le réalisateur américain Julian Schnabel est plus connu comme peintre néo-expressionniste. Elle: Lui :
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Delphine est l’auteur d’un roman à succès consacré à sa mère et doit se mettre à l’écriture de son prochain. Fatiguée par toutes les sollicitations et fragilisée par ses souvenirs, elle rencontre une jeune femme séduisante, intelligente, intuitive et qui la comprend mieux que personne. Delphine se confie, s’abandonne et fait confiance à cette mystérieuse jeune femme… D’après une histoire vraie est initialement un roman de Delphine de Vigan. Olivier Assayas en a écrit l’adaptation. Cette histoire assez étrange permet à Roman Polanski de mettre en place une de ces atmosphères qu’il affectionne, un climat perturbant où les intentions des personnages restent impénétrables. Eva Green est parfaite pour le rôle, avec son phrasé si particulier et ses changements brusques. C’est la première apparition notable de la fille de Marlène Jobert dans une production française. Le scénario semble un peu inconsistant par endroits, la fin est abrupte. L’ensemble donne un peu l’impression d’avoir été tourné à la hâte (1). Le film n’est pas à classer parmi les grands films de Polanski mais la mise en scène de cette relation entre deux femmes porte bien sa griffe. Le film n’a eu que peu de succès. Elle: Lui :
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(1) Il semble effectivement que ce soit le cas puisque les producteurs voulaient le film terminé pour Cannes 2017. Roman Polanski a notamment dû se passer de ses habituelles séances de répétition.
Emmanuelle Seigner et Eva Green dans D’après une histoire vraie de Roman Polanski.
Emmanuelle Seigner et Vincent Perez dans D’après une histoire vraie de Roman Polanski.
Un médecin californien arrive avec sa femme à Paris pour un congrès. Après s’être rendu compte qu’elle s’était trompée de valise à l’aéroport, sa femme disparaît soudainement. Il est rapidement persuadé qu’elle a été enlevée mais peine à se faire prendre au sérieux par la police ou par son ambassade… La base du scénario et sa mise en place sont assez remarquables : un homme en situation périlleuse dans une ville où il ne connaît personne, dans un environnement plutôt hostile. Dès le départ, nous ressentons l’influence d’Hitchcock et, comme pour appuyer cette impression, Polanski place une scène-clé dans une douche. Comme dans les films du maître du suspense, le développement est marqué par une tension croissante que la musique lancinante d’Ennio Morricone vient souligner. Le Paris que Polanski nous montre rappelle celui du Locataire, en plus hostile ; nous somme loin de l’image touristique de la Ville des lumières. Harrison Ford est parfait, le film repose en grande partie sur ses épaules. Polanski a choisi de lui associer une jeune actrice de 19 ans, Emmanuelle Seigner, qui deviendra sa femme l’année suivante. Elle: – Lui :
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Fatigué après avoir fait passer des auditions toute la journée en vain pour sa pièce La Vénus à la fourrure, un metteur en scène (Mathieu Amalric) voit arriver une actrice (Emmanuelle Seigner) très en retard alors qu’il est resté seul dans le théâtre. Non sans difficulté, il se laisse convaincre de l’auditionner, persuadé qu’elle ne conviendra pas, mais dès les premières lignes sa surprise est grande… La Vénus à la fourrure de Roman Polanski est adapté d’une pièce de l’américain David Ives, variation autour du livre homonyme de Sacher-Masoch. C’est un huis clos comme Polanski les affectionne, où un jeu subtil et ambigu va s’installer entre les deux seuls personnages et qui va nous tenir en haleine pendant plus de 90 minutes. Le début est toutefois un peu difficile, le personnage de l’actrice étant particulièrement pénible de vulgarité (chewing-gum compris) mais, heureusement, tout change lorsque l’audition commence réellement (en fait, il faudrait revoir ce début après avoir mieux compris le personnage). Le reste est un délice, d’une écriture parfaite, où les rapports de domination/soumission vont s’installer très lentement pour mieux de renverser ensuite, où la vie réelle s’immisce dans la pièce (à moins que ce soit l’inverse). Ce jeu de manipulation est troublant, sans cesse surprenant, parfois déroutant mais aussi fascinant. Emmanuelle Seigner est assez merveilleuse dans son rôle très complexe, personnage aux multiples facettes, qui joue avec les apparences, qui est toujours plus que ce que l’on attend. Mathieu Amalric est moins éblouissant, il faut dire que son personnage est finalement beaucoup plus simple. A noter que l’on peut certainement voir dans son personnage le cinéaste lui-même. La Vénus à la fourrure est une belle réussite de Roman Polanski, un des ses meilleurs films sans aucun doute, un des ces films dont on se dit que lui seul pouvait faire si brillamment. Elle: – Lui :
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Au milieu de copies uniformément navrantes, un professeur de français remarque une dissertation étonnante par la qualité de son écriture et qui se termine par les mots « à suivre ». Il va aider son jeune auteur à poursuivre … Librement adapté de la pièce espagnole de Juan Mayorga, Le Garçon du dernier rang, Dans la maison est une belle variation sur le processus de création. Au travers de l’apprentissage d’un jeune élève par son professeur, François Ozon en décrit habilement le processus, les tâtonnements, les tentations. Il souligne aussi, bien entendu, cette frontière mouvante entre réalité et invention qui ballote selon les désirs, cette tentation de fantasmer le réel. Il joue aussi avec la notion de normalité et de son image par le regard porté par l’adolescent sur la famille d’un de ses amis. C’est également, dans une certaine mesure, une réflexion sur le cinéma. Un peu moins intéressante, car finalement assez commune, est sa vision très critique de l’art conceptuel qu’il place en à-côté, pour apporter une note d’humour. L’interprétation est parfaite. Pour une fois, Luchini ne fait pas du Luchini et joue avec une retenue qui lui va bien. La prestation du jeune Ernst Umhauer est, elle aussi, assez remarquable. Dans la maison est un film élégamment tourné, très satisfaisant. Elle: Lui :
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