De nos jours, Pierre est un paysan qui gère seul un troupeau d’une trentaine de vaches laitières sur l’exploitation qu’il a reprise de ses parents. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver… Petit Paysan est un film français réalisé par Hubert Charuel. Il en a écrit le scénario avec Claude Le Pape en s’inspirant de ses parents paysans qui ont vécu la crise de la vache folle dans les années 90 (la maladie dans le film est une maladie fictive mais elle évoque bien entendu la maladie de la vache folle). Il a tourné dans la ferme de ses parents aujourd’hui à la retraite. Tout en dressant avec justesse un portrait du monde paysan, c’est une histoire simple qui parvient bien à nous faire ressentir les sentiments de son personnage principal, même si ses décisions paraissent parfois surprenantes. Swann Arlaud est particulièrement crédible dans son rôle. Très bien accueilli par la presse, le film a reçu trois César, meilleur premier film, meilleur acteur pour Swann Arlaud et meilleure actrice dans un second rôle pour Sara Giraudeau. Elle: Lui :
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Dès le premier regard, Juliette attire Roméo dans ses bras. Le coup de foudre est réciproque, l’amour ainsi partagé donne vite naissance à leur enfant, Adam. Mais alors qu’il va sur ses deux ans, le bébé inquiète ses parents, car il ne marche pas encore et vomit parfois de manière violente et subite. Après constat des symptômes et de plus amples examens, une tumeur est diagnostiquée… La Guerre est déclarée est un film français réalisé par Valérie Donzelli, son deuxième long métrage. Elle en a écrit le scénario avec Jérémie Elkaïm d’après leur propre histoire et ils en interprètent eux-mêmes les rôles principaux, leur propre rôle donc. Le récit est celui du combat qu’ils ont mené jusqu’à la guérison de leur fils. Il ne faut pas avoir peur du sujet car Valérie Donzelli a un talent certain pour éviter toute lourdeur et pour apporter une généreuse touche de légèreté. Son récit devient ainsi une ode à la vie et se retrouve à cheval sur plusieurs genres : ce n’est pas un drame, ce n’est pas une comédie mais il tient un peu des deux. Une belle réussite. Elle: Lui :
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Milla n’est pas une adolescente comme les autres car elle est atteinte d’une grave maladie. Quand elle croise Moses dans le métro, c’est toute sa vie et celle de son entourage qui s’en retrouvent bouleversées… Milla est un film australien réalisé par Shannon Murphy, son premier long métrage. Il s’agit de l’adaptation de la pièce Babyteeth (= dents de lait) de Rita Kalnejais. Malgré la gravité du sujet, le récit ne cherche pas à nous apitoyer, la réalisatrice dit même avoir été attirée par la façon dont l’auteure refuse tout sentimentalisme. L’approche est très originale à la fois par sa construction en petits chapitres avec un titre, et par ses personnages assez surprenants. Tous présentent une indéniable originalité, un petit dysfonctionnement. L’humour est présent par petites touches et le film oscille entre drame et comédie, même les scènes qui auraient pu être difficiles montrent des éléments décalés… et aussi de la délicatesse. Les acteurs tiennent fort bien leur rôle. L’ensemble est assez fort. Une belle réussite pour cette jeune réalisatrice qui a commencé sa carrière au théâtre. Elle: Lui :
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Carol, une jeune danseuse, devient brusquement malade, atteinte de poliomyélite. Elle doit renoncer à son métier et intègre un centre de rééducation. Son partenaire danseur et fiancé veut continuer leur relation mais elle pense préférer faire face à la maladie toute seule… Faire face (Never Fear) est un film américain réalisé par Ida Lupino. C’est le deuxième long métrage de l’actrice devenue réalisatrice, le premier qu’elle prend en charge de bout en bout. Elle en a coécrit le scénario en s’inspirant d’un épisode de sa vie quand elle était adolescente, seize ans plus tôt. Elle a tourné son film en décors réels dans l’hôpital où elle a été soignée, certains figurants sont de vrais patients. Le récit nous montre les différentes phases par lesquelles passe la victime, un long parcours de rééducation qui altère la confiance en soi et obscurcit toute vision d’avenir. Le film est ainsi un habile mélange de documentaire et de mélodrame. Si quelques effets peuvent paraitre un peu trop appuyés, la réalisatrice montre une grande sensibilité dans son récit et évite toute mièvrerie. Le film n’eut aucun succès à sa sortie, en grande partie parce que la polio était alors une maladie qui faisait peur. Aujourd’hui, ce virus est considéré comme éradiqué dans de nombreux pays grâce à la vaccination. Elle: – Lui :
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Jean-Pierre Werner, médecin de campagne qui ne vit que pour son travail, est obligé de ralentir son activité pour suivre le traitement d’une tumeur cérébrale. Sans le prévenir, son cancérologue lui envoie le médecin Nathalie Delezia pour l’aider dans sa tâche. Ayant l’habitude de toujours tout faire lui-même, Jean-Pierre n’apprécie guère sa venue… Médecin de campagne est une comédie dramatique française réalisée par Thomas Lilti. C’est son troisième long métrage, le deuxième qui traite du monde médical. Il s’inspire de ses propres souvenirs, des remplacements qu’il a effectués à la fin de ses études de médecine. Considérant que les médecins de campagne sont en voie d’extinction, il a désiré faire un film qui rend hommage à leur travail et à leur rôle social. L’ajout d’une maladie grave touchant son personnage permet non seulement de donner de l’intensité au récit mais aussi d’aborder le thème de la relève. Bien documenté et très authentique, son récit est riche et intéressant. Il n’y a pas cette tension qui marquait son film précédent, Hippocrate, mais notre attention reste entière tout au long de ce film empreint d’un grand humanisme. Elle: Lui :
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Début des années 1990. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean… 120 battements par minute est le troisième long métrage de Robin Campillo. Le réalisateur a rejoint l’association Act Up-Paris en 1992. Il s’est bien entendu fortement inspiré de sa propre expérience mais précise toutefois que le film n’est pas autobiographique. Il a cherché à reconstituer les débats qui animaient leurs réunions hebdomadaires et les actions musclées du groupe. En marge, une histoire d’amour condamné naît entre Nathan et Sean. C’est un film militant, ou plus exactement un film de militant, qui ne remet jamais en cause la stratégie du groupe et laisse dans l’ombre (et même ridiculise) les autres associations oeuvrant dans le même but. Le film a le mérite de nous montrer le vrai visage du sida, ses attaques physiques et ce que signifie être atteint par ce virus. Il joue donc un rôle important dans la prise de conscience de la nécessité de poursuivre les recherches et aide à comprendre la radicalité des membres du groupe. Le film n’est pas sans défaut, le réalisateur étire certaines scènes inutilement mais la force du propos nous les fait oublier. Récompensé à Cannes, 120 battements par minute a été louangé par la critique. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Robin Campillo revient sur le choix du titre de son film, 120 battements par minute : « C’est notamment une référence à la house music de l’époque que j’aimais beaucoup et qui est à 124 battements par minute. Je voulais rendre hommage à cette musique qui accompagnait l’époque. C’était une musique à la fois festive et inquiète, comme la situation vécue par la communauté gay à l’époque. »
Aloïse Sauvage, Arnaud Valois et Adèle Haenel dans 120 battements par minute de Robin Campillo.
En 1915, la jeune Andrée Heuschling se présente à la propriété d’Auguste Renoir espérant être embauchée comme modèle. Elle va insuffler une énergie nouvelle au peintre, très éprouvé par la maladie et l’inquiétude d’avoir deux de ses fils partis au front…
Le film de Gilles Bourdos s’inspire d’une biographie romancée écrite par Jacques Renoir, l’arrière-petit-fils du peintre. Ce n’est pas un biopic à proprement parler, le récit se concentre sur la rencontre du peintre avec celle qui sera son dernier modèle. Une place importante est également donnée à Jean Renoir, dont la vocation de cinéaste n’est qu’à peine balbutiante. Gilles Bourdos a trouvé la bonne approche pour nous immerger dans l’univers du peintre et nous associer à son processus de création. La photographie est très belle et l’ensemble est élégant. Michel Bouquet fait une prestation particulièrement remarquable, très crédible dans le personnage. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le tournage a eu lieu au Domaine du Rayol (dans le Var) non loin de la maison de Renoir qui est située à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes).
* Toutes les peintures présentes dans le film ont été réalisées par un brillant faussaire, Guy Ribes, précédemment condamné pour ses copies de grands maitres de la peinture. Ce sont ses mains que l’on voit en gros plan tenir le pinceau.
* Le directeur de la photographie est le taïwanais Mark Lee Ping Bin, connu (entre autres) pour son travail sur In the Mood for Love ou The Assassin.
* Jean Renoir épousera Andrée Heuschling en 1920 et c’est le désir d’en faire une actrice célèbre qui l’orientera vers la mise en scène. Après quelques essais infructueux, son premier grand film Nana (1926) fera découvrir Catherine Hessling au public. Ils se sépareront en 1931 et l’actrice ne tournera pratiquement plus par la suite.
* Le fils aîné, Pierre Renoir, que l’on voit très peu dans le film, sera acteur, à la fois au théâtre (il sera embauché par Louis Jouvet dès 1928) et au cinéma où il apparaitra dans plus de 60 films jusqu’à sa mort en 1952.
* Claude Renoir, le petit dernier, sera céramiste comme son père. Dans les années trente, il sera assistant réalisateur et directeur de production sur les films de Jean Renoir. En 1942, il co-réalisera avec l’acteur René Lefèvre le film Opéra-Musette. (A noter qu’un des fils de Pierre Renoir s’appelle également Claude Renoir (1913-1993) et qu’il fut directeur de la photographie.)
Vincent Rottiers et Christa Théret dans Renoir de Gilles Bourdos.
Vincent Rottiers et Michel Bouquet dans Renoir de Gilles Bourdos.
Le docteur Knock arrive à Saint-Maurice pour reprendre le cabinet du docteur Parpalaid dont la clientèle était plutôt rare. Mais Knock a une autre vision, il est bien décidé à faire entrer ce modeste village dans ce qu’il appelle « l’ère de la médecine »…
Jules Romains a écrit sa pièce Knock ou le Triomphe de la médecine en 1923. Mise en scène et interprétée sur les planches par Louis Jouvet, elle fut plusieurs fois portée à l’écran, dont deux fois par Louis Jouvet. Cette version de 1951 est la plus connue, elle est un peu en deçà de la version de 1933, plus « inquiétante ». Cinématographiquement, il n’y a rien d’exceptionnel ici mais le texte de Jules Romains est un délice de tous les instants, surtout lorsqu’il sort de la bouche de Louis Jouvet. Le docteur Knock est avant tout un manipulateur : la pièce a été écrite à une époque où la publicité nous arrivait des Etats-Unis et l’idée de génie de Jules Romains fut d’appliquer (par humour) le pouvoir de persuasion de la « réclame » à la médecine. Rappelons aussi que l’assurance-maladie universelle n’existait pas en 1923 et c’est pour cette raison que le docteur s’intéresse de si près aux revenus de ses clients. Le docteur Knock fait du marketing. Dans les seconds rôles, on remarquera Pierre Renoir, Jane Marken ou encore le jeune Jean Carmet. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Adaptations de la pièce de Jules Romains : Knock (1925) de René Hervil avec Fernand Fabre Knock (1933) de Roger Goupillières avec Louis Jouvet Knock (1951) de Guy Lefranc avec Louis Jouvet Knock (2017) de Lorraine Levy avec Omar Sy
« Attention, ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ? » Louis Jouvet et Yves Deniaud dans Knock de Guy Lefranc (1951).
Louis Jouvet et André Dalibert dans Knock de Guy Lefranc (1951).
Didier joue du banjo dans un groupe de Bluegrass et vénère l’Amérique. Avec Elise, qui tient un salon de tatouages, ils vivent une relation fusionnelle. On découvre que leur fille Maybelle, âgée de sept ans, est atteinte d’un grave cancer… Alabama Monroe est l’adaptation d’une pièce de théâtre écrite par Johan Heldenbergh et Mieke Dobbels, The Broken Circle Breakdown featuring the Cover-Ups of Alabama, qui a connu un énorme succès en Belgique flamande et aux Pays-Bas. Johan Heldenbergh reprend son rôle à l’écran. C’est à la fois une histoire assez dure sur la maladie et qui fustige les réticences d’origine religieuse sur la recherche médicale (1), et une mise en avant de la musique Bluegrass où les morceaux sont intégrés aux évènements et en sont partie prenante. L’alliance du Bluegrass avec le drame n’est pas totalement incongru (même si les frères Coen avaient plutôt fait l’inverse dans O’Brother). Le réalisateur belge Felix van Groeningen a choisi de déstructurer son récit ; il va hélas beaucoup trop loin dans cette voie, entremêlant passé et même futur au présent, passant allègrement et sans prévenir d’une période à l’autre, ce qui finit par être inutilement perturbant. Belles interprétations de Johan Heldenbergh et de Veerle Baetens, tatouée des pieds à la tête… Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le titre original du film fait référence à un morceau emblématique du bluegrass, Will the Circle Be Unbroken, qui est à la base un hymne religieux et qui est chanté par le groupe au début du film. C’est en quelque sorte un retournement du titre (et par ailleurs, en plus de sa signification de « chute », beaucoup de titres d’instrumentaux finissent par breakdown.
* Formé à l’occasion, le groupe de bluegrass The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band connaît depuis la sortie du film un énorme succès en Belgique. Les ventes de la musique originale du film ont battu tous les records en ce pays.
(1) En 2006, sur des motivations religieuses, George Bush a mis son veto sur les crédits à la recherche médicale sur les cellules souches embryonnaires votés par le Sénat américain. Ce veto a été levé par Obama en 2009.
Veerle Baetens et Johan Heldenbergh dans Alabama Monroe de Felix van Groeningen.
Veerle Baetens et Nell Cattrysse dans Alabama Monroe de Felix van Groeningen.
Johan Heldenbergh et Veerle Baetens dans Alabama Monroe de Felix van Groeningen.
En 1921, Ewa et sa soeur Magda ont fui leur Pologne natale pour rejoindre leur tante à New York. A leur arrivée à Ellis Island, Magda est placée en quarantaine car elle est atteinte de tuberculose. Ewa tombe entre les mains d’un souteneur mais elle va tout faire pour sauver sa soeur… The Immigrant est le premier film de James Gray à se situer dans le passé. En revanche, nous restons à New York et le réalisateur garde son acteur fétiche Joaquin Phoenix qui est, une fois de plus, excellent. La surprise vient de Marion Cotillard qui, sous la direction de James Gray, révèle des talents insoupçonnés pour la tragédie, sobre dans son interprétation, avec une réelle puissance de jeu. La déception vient de l’étonnante faiblesse du scénario, avec des scènes étirées, notamment d’interminables numéros de cabaret minable totalement inutiles. Et surtout, James Gray n’a su éviter le piège de l’académisme ; la reconstitution est trop appliquée, les effets de filtre sépia beaucoup trop marqués, tous les lieux sont trop travaillés. Bien qu’il soit brillant, tout ce travail sur la forme engendre une impression d’artificialité qui nous laisse à distance d’un récit dont on finit par se désintéresser. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)