5 juillet 2016

The Immigrant (2013) de James Gray

The ImmigrantEn 1921, Ewa et sa soeur Magda ont fui leur Pologne natale pour rejoindre leur tante à New York. A leur arrivée à Ellis Island, Magda est placée en quarantaine car elle est atteinte de tuberculose. Ewa tombe entre les mains d’un souteneur mais elle va tout faire pour sauver sa soeur… The Immigrant est le premier film de James Gray à se situer dans le passé. En revanche, nous restons à New York et le réalisateur garde son acteur fétiche Joaquin Phoenix qui est, une fois de plus, excellent. La surprise vient de Marion Cotillard qui, sous la direction de James Gray, révèle des talents insoupçonnés pour la tragédie, sobre dans son interprétation, avec une réelle puissance de jeu. La déception vient de l’étonnante faiblesse du scénario, avec des scènes étirées, notamment d’interminables numéros de cabaret minable totalement inutiles. Et surtout, James Gray n’a su éviter le piège de l’académisme ; la reconstitution est trop appliquée, les effets de filtre sépia beaucoup trop marqués, tous les lieux sont trop travaillés. Bien qu’il soit brillant, tout ce travail sur la forme engendre une impression d’artificialité qui nous laisse à distance d’un récit dont on finit par se désintéresser.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner
Voir la fiche du film et la filmographie de James Gray sur le site IMDB.

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The immigrant
Joaquin Phoenix et Marion Cotillard dans The Immigrant de James Gray.

Homonyme :
The Immigrant de Charles Chaplin (1917)

Une réflexion sur « The Immigrant (2013) de James Gray »

  1. Mirage de la vie
    The immigrant est le 5ème film de James Gray (5O ans à ce jour) et le dernier de cette première série de films prodigieusement intéressants situés tous à New-York, plus précisément Brooklyn ou le Queens ou le Bronx que le cinéaste connait bien et auxquels il a rattaché le cadre dans des scénarios de fiction mêlant pas mal d’éléments familiaux anciens (une partie de sa famille juive a émigré de Russie dans les années 20 et tout ne fut pas rose). Gray est l’auteur ou co-auteur de presque tous ses scénarios et dialogues, et un filmeur hors pair (images, sons, interprétation), la narration est chez lui primordiale, elle s’accomplit presque tout le temps sur un tempo lent dont chaque noeud se resserre l’un après l’autre
    Il ne craint pas le mélodrame, voire le tragique, façon opératique, viscontienne. La musique y tient une importante partition remarquablement adéquate. Un auteur comme Gray est précieux
    Comme « Lui », mais moins sévèrement, j’étais resté partagé lors de la sortie du film, contrairement aux précédents, sans savoir vraiment à quoi attribuer ce sentiment
    A revoir le film à nouveau sur grand écran je me rends compte à quel point il est harmonieux dans le rythme de sa progression, implacablement profilé vers sa fin
    Une sorte de boucle qui nous serre dès la descente du bateau à l’arrivée de ces deux soeurs émigrantes rêvant à un monde meilleur, libre, eldorado vanté, à l’immigration d’Ellis island et qui ne se desserrera qu’au dernier plan (très beau) dans l’embarquement d’un autre bateau
    Les personnages de Gray sont souvent – toujours – des losers , des perdants du rêve américain et de son ascenseur social : petits mafieux, immigrés, déclassés, pauvres gens, êtres « border line »
    C’est à compter de ce film que Gray va développer, amplifier des parcours obstinés
    Marion Cotillard et Joachin Phoenix (excellents l’un et l’autre) dans la sépulcrale photo de Darius Kondji (film à reconstitution et à costumes des années 20) sont de ceux là, elle surtout, et c’est une première chez Gray qu’un portrait féminin soit le rôle titre vedette (le seul à ce jour) dans un de ses films. L’émigrée polonaise qu’interprète Marion n’a qu’un objectif et elle mettra tout le film à essayer de le réaliser. La même trajectoire obstinée, question de rêve de vie, dont rien ne saurait détourner l’ambition ou la cause, se retrouvera dans les deux films suivants « Lost city of Z » et actuellement à l’affiche « Ad astra » qui nous emmèneront l’un comme l’autre bien loin de New-York, et encore plus loin, permettant à Gray de pousser encore plus loin les limites du rêve, les siennes comme celles de ses personnages

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