Un musicien, un peu dépressif, reçoit des cassettes vidéo de sa maison vue de l’extérieur, puis de l’intérieur avec lui et de sa femme. Le couple prévient la police qui n’a pas d’explication. Dans une soirée, il est abordé par un homme mystérieux qui prétend être dans sa maison au même moment… Lost Highway est un film franco-américain réalisé par David Lynch. Il en a écrit le scénario avec l’écrivain Barry Gifford dont il avait déjà adapté Sailor et Lula. L’histoire s’inspire en partie de l’affaire O. J. Simpson, l’arrestation d’un homme niant avoir commis un meurtre. Comme pour Twin Peaks, le récit comporte de nombreuses zones d’ombre qui peuvent dérouter. C’est un film qui se ressent plus qu’il s’analyse. L’atmosphère est un peu hypnotique, nous poussant à accepter des notions aussi déconcertantes que le dédoublement de la personnalité. S’il comporte certains clichés du film noir ou (dans une moindre mesure) du film d’horreur, c’est pour mieux les retourner. La critique tant française qu’américaine fut déroutée par le film. Avec le temps, le film a heureusement été réévalué ; on peut le voir comme un prélude à Mulholland Drive. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 notes, moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Dans la ville imaginaire de Twin Peaks, située dans le nord-est de l’État de Washington, le cadavre de Laura Palmer, une lycéenne aimée de tous, est retrouvé emballé dans un sac en plastique sur la berge d’un lac. L’agent du FBI Dale Cooper est envoyé sur place pour mener l’enquête… Twin Peaks est une série américaine créée par Mark Frost et David Lynch. Phénomène télévisuel, cette série mythique n’a connu originellement que deux saisons : 8 épisodes dans la première (1990), 22 dans la seconde (1990-1991). Le premier épisode, le pilote de 90 minutes, est le plus célèbre. C’est lui qui met en place les personnages et l’atmosphère empreinte de mystère avec un soupçon de mysticisme et de surnaturel qui fit tout le succès de la première saison. David Lynch a réalisé les deux premiers épisodes avant de partir sur d’autres projets, notamment le tournage de Sailor et Lula. Mark Frost a alors mis en place une équipe de scénaristes, ce qui explique la baisse d’intérêt lors de la seconde saison (malgré, ou à cause de, l’introduction répétitive de nouveaux personnages). Devant l’effritement des audiences, la chaîne ABC a exigé de Mark Frost qu’il révèle le nom du tueur en milieu de saison (épisode 7 de la saison 2) alors que David Lynch avait toujours bien précisé que la série perdrait tout intérêt si le nom du tueur était dévoilé. Ce fut effectivement le cas. David Lynch mis toutefois un point d’honneur à terminer la série en beauté avec un ultime épisode resté mythique, dans la fameuse Chambre rouge. En osant tout, Twin Peaks a révolutionné la série télévisée ; après elle, tout était possible. Revoir la série, 35 ans après, est amusant car tous les personnages nous reviennent en mémoire dès les premières minutes, preuve qu’ils sont particulièrement marquants (revus ici : toute la saison 1 + 2.1, 2.2, 2.7, 2.22). Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Michael Ontkean, Kyle MacLachlan et Russ Tamblyn dans Mystères à Twin Peaks (Twin Peaks) de David Lynch.
Remarques : Episodes réalisés par David Lynch : Pilote 1.1, épisodes 1.3, 2.1, 2.2, 2.7 et 2.22. Episodes coécrits par David Lynch : Pilote 1.1, épisodes 1.2, 1.3, 2.1, 2.22.
Une vidéo a été commercialisée en Europe sous le titre Qui a tué Laura Palmer? (titre original : Twin Peaks) : il s’agit du pilote dans une version plus longue de 20 minutes qui clôt l’affaire. On l’appelle parfois le « pilote international ». Cette fin alternative avait été conçue pour le cas où la chaine de télévision ABC ne commanderait pas la série. On y voyait Bob, le manchot et la Chambre rouge avec le nain dansant.
1947, Hercule Poirot s’est retiré à Venise et n’accepte aucune nouvelle affaire. Son amie écrivaine à succès l’entraine toutefois à une séance de spiritisme dans un palazzo prétendument hanté avec l’intention de prouver qu’il s’agit d’une escroquerie. Il y parvient mais des phénomènes étranges se produisent… Mystère à Venise est un film britannique réalisé par Kenneth Branagh. Le réalisateur adapte pour la troisième fois un roman d’Agatha Christie, ici La Fête du potiron (Hallowe’en Party) paru en 1969, mais il s’agit d’une adaptation très libre écrite par son scénariste habituel Michael Green. L’histoire est devenue un film d’horreur au détriment de l’intrigue policière en elle-même. Une fois encore, le réalisateur s’attache beaucoup plus à la forme et dose très mal ses effets qui nous paraissent alourdis. S’il parvient à créer une atmosphère angoissante qui met mal à l’aise, il n’éveille pas notre intérêt. Le dénouement est en outre bien décevant. L’interprétation est assez terne, peu inspirée. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Kenneth Branagh chroniqués sur ce blog…
Michelle Yeoh dans Mystère à Venise (A Haunting in Venice) de Kenneth Branagh.Rowan Robinson et Kenneth Branagh dans Mystère à Venise (A Haunting in Venice) de Kenneth Branagh.
Dans la forêt de Yoshino vit Tomo, garde forestier taciturne. Il habite à proximité de la vieille Aki, aveugle. Tous deux vivent simplement, en symbiose avec cette forêt. Un jour, ils voient arriver une Française, Jeanne, à la recherche d’une plante médicinale nommée « Vision ». Cette plante, qui n’apparaît que tous les 997 ans, serait apte à guérir l’homme de tous ses maux…
Après deux films tournés dans des décors urbains (Les Délices de Tokyo et Vers la lumière), Naomi Kawase revient à son sujet de prédilection, la nature. La réalisatrice japonaise a une vision mystique de la nature :
« La forêt a un pouvoir mystique et mystérieux. Lorsque l’on y pénètre, on peut perdre tout repère temporel et glisser vers le passé. […] J’ai voulu observer une nouvelle fois ce que nous apprend le fait d’être plongé dans la nature. Comme dans mes oeuvres précédentes, j’ai souhaité saisir les choses que l’on enfouit, perdues au fond de notre mémoire.»
Hélas, le propos est très simpliste, plus ésotérique que métaphysique ; la réalisatrice montre un attrait pour les sciences occultes et les pouvoirs cachés qui culmine dans un épilogue « explicatif » assez délirant. Il n’y a finalement que peu de contenu mais les images de nature sont très belles. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Naomi Kawase chroniqués sur ce blog…
Remarque :
* La forêt de Yoshino (au centre-sud du Japon, à 50 kms d’Osaka) est un parc national japonais. Le parc a été créé en 1936 et couvre une surface de 597 km2. Son nom fait référence au Mont Yoshino, connu pour la floraison de ses cerisiers et qui fait partie des sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Takanori Iwata dans Voyage à Yoshino (Vision) de Naomi Kawase.
Titre original : « Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children »
En 2016, Jake est un jeune adolescent timide de 16 ans menant une vie paisible en Floride. Il est très proche de son grand-père Abe qui lui a toujours raconté des histoires sur un monde mystérieux avec des enfants ayant des dons très particuliers. Un soir, il découvre la maison de son grand-père vandalisée et, non loin de là, son corps. Avant de mourir, il parle confusément à Jake d’une boucle, du 3 septembre 1943 et d’un oiseau… Miss Peregrine et les enfants particuliers est l’adaptation d’un roman écrit par Ransom Riggs, publié en 2011. Dès les premières images, on perçoit une certaine étrangeté qui éveille notre curiosité. Tim Burton nous fait ensuite pénétrer dans un monde délicatement fantastique, parfois effrayant. Il ne faut pas trop chercher une parfaite cohérence dans cette histoire, certains aspects restant confus, mais plutôt se laisser envelopper dans son atmosphère magique rehaussée de belles notes poétiques et se laisser émerveiller. La photographie est très belle et les effets spéciaux bien intégrés. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Alors que des phénomènes météorologiques étranges apparaissent dans le ciel de Sydney, cinq aborigènes sont arrêtés et inculpés pour le meurtre de l’un des leurs dans des circonstances obscures. L’avocat David Burton est chargé de leur défense. Il est loin d’imaginer ce qu’il va découvrir… La Dernière Vague est un film très étrange où interviennent le surnaturel et les croyances liées aux traditions tribales aborigènes. Le plus remarquable est l’atmosphère que réussit à instiller habilement l’australien Peter Weir, dont c’est ici le troisième long métrage. Cette atmosphère d’abord nous intrigue et finit par nous fasciner et même nous envoûter. La frontière entre rêve et réalité paraît bien ténue, le mystère règne. En outre, le film nous montre ce sentiment de respect mêlé d’une culpabilité sourde de la société moderne australienne vis-à-vis des aborigènes. Du fait du traitement si particulier de son histoire, La Dernière Vague a permis d’attirer l’attention sur Peter Weir. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
L’architecte Walter Craig arrive dans une maison à la campagne, appelé pour faire des modifications. A son arrivée, il dit reconnaitre les cinq personnes présentes car toutes faisaient partie d’un cauchemar fait récemment. Chacune de ces personnes fait alors le récit d’une histoire qui leur est arrivée où le surnaturel tenait également une grande place… Produit des studios anglais Ealing, Au coeur de la nuit est un film assez surprenant : c’est l’un des rares films fantastiques anglais de cette époque. Il fait intervenir une bonne dose de surnaturel avec un soupçon de psychologie, mais reste tout de même dans un cadre réaliste. La construction est habile puisque ce sont cinq histoires différentes qui sont enchâssées dans une sixième qui sert de narration principale. Ce n’est donc pas à proprement parler un film à sketches. La progression est bien dosée, les deux premières histoires, plus simples, nous mettant en appétit avant deux histoires très puissantes, le miroir hanté et le ventriloque avec pour intermède l’histoire des deux golfeurs qui vient relâcher la tension ; cette histoire est en effet nettement dans le registre de l’humour avec les acteurs Naunton Wayne et Basil Radford, duo inséparable depuis leurs prestations dans Une Femme disparaît d’Hitchcock. Le dernier récit, le ventriloque, est certainement le plus abouti, tant sur la forme, avec des cadrages assez travaillés, que sur le fond avec un contenu psychanalytique assez riche. Au coeur de la nuit est un film plein de charme, qui suggère plus qu’il ne montre, qui s’adresse à notre imagination.
C’est l’un des petits bijoux des Studios Ealing. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Les 5 histoires :
Narration principale réalisée par Basil Dearden sur une histoire de E.F. Benson
1. Le conducteur du corbillard (Hearse Driver)
… réalisé par Basil Dearden sur une histoire de E.F. Benson
2. La fête de Noël (Christmas Party)
… réalisé par Alberto Cavalcanti sur une histoire d’Angus MacPhail
3. Le miroir hanté (The Haunted Mirror)
… réalisé par Robert Hamer sur une histoire de John Baines
4. Une histoire de golf (Golfing Story)
… réalisé par Robert Hamer sur une histoire d’H.G.Wells
5. La poupée du ventriloque (The Ventriloquist’s Dummy)
… réalisé par Alberto Cavalcanti sur une histoire de John Baines