2 juillet 2015

Les yeux sans visage (1960) de Georges Franju

Les yeux sans visagePour reconstruire le visage de sa fille défigurée par un accident de voiture, le docteur Genessier kidnappe des jeunes femmes afin de pratiquer une greffe de visage… Les yeux sans visage est le deuxième long métrage de Georges Franju, après plus d’une douzaine de courts métrages réalisés sur dix ans. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des classiques du film d’épouvante, un genre quasiment absent du cinéma français de l’époque. Tout l’art de Georges Franju est d’avoir mêlé un réalisme assez terrifiant (la scène de l’opération est particulièrement difficile à regarder) avec une certaine poésie apportée principalement par le personnage de la fille du chirurgien, au visage de cire, aérienne, d’une fragilité fantomatique. Cette alliance de contraires crée une étrange attirance, un envoutement qui contribue à faire des Yeux sans visage un film assez unique bien que perturbant. Il a été très mal reçu par la critique au moment de sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Pierre Brasseur, Alida Valli, Edith Scob, Claude Brasseur
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Les Yeux sans visage
Edith Scob dans Les yeux sans visage de Georges Franju

Remarques :
* Les yeux sans visage est basé sur un roman de Jean Redon, adapté par lui-même, Boileau-Narcejac et Claude Sautet (qui est également assistant-réalisateur).
* Georges Franju est, rappelons-le, le cofondateur de la Cinémathèque Française.

1 juillet 2015

Pacific Rim (2013) de Guillermo del Toro

Pacific RimPour combattre des créatures monstrueuses extraterrestres surgies du fond du Pacifique, les humains ont mis au point des gigantesques robots contrôlés simultanément par deux pilotes mis en symbiose parfaite par une connexion neuronale. Mais les créatures semblent adapter leurs attaques et l’apocalypse semble imminente… Guillermo del Toro est un réalisateur-scénariste dont on a pu apprécier le talent pour mettre en scène le fantastique dans des films comme L’échine du Diable ou Le Labyrinthe de Pan. Il a aussi fait des films d’action plus simples et Pacific Rim fait indéniablement partie de cette catégorie. Le film se situe dans la droite ligne des films fantastiques japonais où des créatures géantes venaient écrabouiller les villes laissant les minuscules humains désemparés. Le scénario est peu développé et accumule les clichés. Mais ce n’est pas par la profondeur de ses personnages que le film cherche à attirer les foules, c’est par ses combats titanesques et spectaculaires. J’avoue ne pas être un grand amateur de ces combats que je trouve un peu confus et répétitifs et il était donc fatal que le film m’ennuie plutôt. Le budget a été aussi titanesque que ses créatures et le film a connu un succès suffisant pour qu’une suite soit prévue pour 2017.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Charlie Hunnam, Diego Klattenhoff, Idris Elba, Rinko Kikuchi
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Pacific Rim

8 mars 2015

Le Labyrinthe de Pan (2006) de Guillermo del Toro

Titre original : « El laberinto del fauno »

Le labyrinthe de PanDans l’Espagne de 1944, Carmen, récemment remariée, s’installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, un brutal capitaine de l’armée franquiste qui traque les Résistants. La fillette découvre près de la maison un labyrinthe gardé par une étrange créature magique qui lui révèle qu’elle est une princesse disparue et qu’elle doit affronter trois épreuves pour rejoindre son royaume… Le labyrinthe de Pan est un film assez étonnant car il réussit à combiner dans un même film deux histoires totalement différentes, deux mondes parallèles : le monde réel, celui d’un capitaine fasciste brutal, dénué d’humanité, et le monde fantastique, celui que s’invente la fillette pour échapper au premier, peuplé de fées et de faunes malicieux. Tout pourrait opposer ces deux mondes antinomiques mais Guillermo del Toro réussit l’impossible de créer un ensemble cohérent. Le monde réel déteint sur le monde imaginaire qui prend souvent des allures inquiétantes. A noter que ce n’est pas un film pour enfants, certaines scènes (du monde réel) sont franchement insoutenables. La mise en scène de Guillermo del Toro est superbe, très fluide. La photographie est très belle et les décors fantastiques font preuve d’une très grande inventivité, les effets spéciaux sont parfaitement utilisés. Avant Le labyrinthe de Pan, le réalisateur espagnol avait surtout réalisé des films d’action. Il a donc surpris tout le monde avec ce film qui est une belle allégorie de la lutte contre la barbarie, pour la liberté.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Ivana Baquero, Sergi López, Maribel Verdú, Doug Jones, Ariadna Gil
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Ivana Baquero dans Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro
Ivana Baquero dans Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro

24 décembre 2014

Barbarella (1968) de Roger Vadim

BarbarellaEn l’an 4000, l’astronaute Barbarella reçoit pour mission d’aller retrouver un savant disparu sur une planète proche de Tau Ceti. Inventeur d’une arme absolue, il pourrait être tenté de l’utiliser ou de la vendre et ainsi de faire renaître les guerres qui ont depuis longtemps disparu… Prendre Barbarella trop au sérieux ne peut que nous entraîner à porter un jugement sévère et à décréter doctement que l’histoire est indigente et que tout ceci n’est qu’un prétexte pour Roger Vadim de dévoiler au monde entier les courbes gracieuses de sa femme Jane Fonda. Oui, c’est certainement le cas… Mais l’intérêt de Barbarella est avant tout dans l’adaptation fidèle d’un univers créé par le dessinateur Jean-Claude Forest avec des lieux, des costumes, des objets, des appareils aussi inventifs qu’inattendus. Barbarella Vadim pimente tout cela d’un érotisme qui anticipe la libération sexuelle mais aussi d’une bonne dose d’humour qui nous montre qu’il ne se prend guère au sérieux. Les effets psychédéliques (assez réussis), les costumes de Paco Rabanne (1) et la photographie de Claude Renoir donnent une certaine élégance au film. Le film fut un échec et reste peu apprécié encore aujourd’hui. Il peut certes apparaître kitsch mais Barbarella est néanmoins l’une des meilleures transpositions de bande dessinée à l’écran car Vadim n’a pas cherché le réalisme mais a su préserver tout l’onirisme, l’inventivité, l’humour… et l’érotisme bien entendu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jane Fonda, John Phillip Law, Anita Pallenberg, Milo O’Shea, Marcel Marceau, David Hemmings, Ugo Tognazzi
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Remarques :
Barbarella Jean-Claude Forest* Créé par Jean-Claude Forest, le personnage de Barbarella (physiquement inspiré de Brigitte Bardot) apparaît en 1962 et étonne tout de suite car il s’agit d’une femme qui revendique le droit au plaisir et à la sensualité. Il fait scandale et, en 1964, le ministre de l’intérieur proclame l’interdiction de la bande dessinée Les Aventures de Barbarella. L’affaire fait grand bruit et il faudra attendre 1968 (après la sortie du film) pour la voir réapparaitre (un peu plus habillée).

* Le striptease de Jane Fonda en apesanteur qui ouvre le film a été filmé d’en haut, l’actrice étant placée sur une grande plaque de plexiglas au dessus d’un décor de vaisseau (c’est assez évident lorsque l’on passe la scène en accéléré).

* Le nom du savant Durand Durand a été source d’inspiration pour le groupe Duran Duran.

* Anita Pallenberg (la Reine Noire) est surtout connue pour avoir été l’égérie des Rolling Stones (elle a eu une relation avec successivement Brian Jones, Keith Richards et Mick Jagger).

* Le mot de passe farfelu, Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch (le correcteur d’orthographe va faire une surchauffe), est en réalité le nom d’un petit village du Pays de Galles (en gallois « l’église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près d’un tourbillon rapide et l’église de saint Tysilio près de la grotte rouge »).

* Dans la vie de Jane Fonda, Barbarella est antérieur à sa prise de conscience politique qui l’amènera notamment à militer pour la cause féminine.

* Le choix de Marcel Marceau (alias le Mime Marceau) pour le rôle du Docteur Ping est assez étonnant car c’est tout de même un personnage avec beaucoup de texte…!

* A propos de la musique (très moyenne hélas) de Bob Crewe : David Gilmour (futur Pink Floyd) est à la guitare.

(1) Il serait plus exact de dire « le » costume de Paco Rabanne car il semble qu’il n’y ait que la dernière tenue de Jane Fonda qui soit du créateur.

Barbarella de Roger Vadim
L’ange aveugle Pygar (John Phillip Law) et Barbarella (Jane Fonda).

22 octobre 2014

Livre : Dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction (2014)

de Frank Lafond – Editions Vendémiaire – 416 pages – 26 €

Dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction Historien du cinéma, Frank Lafond nous propose ce Dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction. Les entrées de ce dictionnaire sont constitués par des films (les plus remarquables), des réalisateurs, les thèmes majeurs (par exemple « voyage dans le temps », « fin du monde », « invasion », etc.), des motifs récurrents (personnages ou créatures, mais aussi objets) et enfin des procédés cinématographiques (« cadrage », « effets spéciaux », etc.)

De bonne longueur, chacun des articles va en profondeur de son sujet. En ce sens, c’est bien plus qu’un dictionnaire. Les films sont décrits et analysés, la filmographie d’un réalisateur est largement commentée. C’est dans les articles sur les thèmes que l’on peut mesurer la qualité du travail de l’auteur qui ne se contente pas de lister ou de répertorier,  il nous livre une vraie analyse du sujet. Le champ d’étude couvre toute l’histoire du cinéma, avec un bon équilibre entre les incontournables et des titres ou créateurs moins connus, tout en sachant que ce type d’ouvrage ne pourra jamais être exhaustif. Quelques photos sont regroupées sur une dizaine de pages en couleurs au centre de l’ouvrage. Au chapitre des regrets, citons l’absence d’index ou de liste des films cités.

Ce Dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction est un ouvrage d’une belle profondeur dont la lecture est vraiment enrichissante. Un must pour les amateurs de cinéma de science-fiction et de fantastique.
Note: 5 étoiles

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Le livre sur le site de l’éditeur
Le livre sur Amazon
ou en Librairies sur Price minister…

Remarque :
Par rapport à l’encyclopédie de Jean-Pierre Andrevon parue en 2013 chez Rouge Profond, ce dictionnaire de Frank Lafond comporte certes moins d’entrées mais est plus analytique, chaque article étant bien plus étoffé.

17 septembre 2014

Un jour sans fin (1993) de Harold Ramis

Titre original : « Groundhog Day »

Un jour sans finPhil est l’homme de la météo sur une petite chaine de télévision régionale. Il est à la fois égocentrique, grincheux et aigri. Pour la quatrième année consécutive, il doit aller « couvrir » un évènement local qu’il trouve ridicule. Cette journée qu’il exècre, il va la revivre sans cesse…
Un jour sans fin est une comédie romantique qui a le mérite de reposer sur une idée originale : un homme prétentieux et égocentrique doit revivre sans cesse la même journée jusqu’à ce qu’il s’améliore et s’ouvre aux autres. Le scénario est habilement mis en place et déroulé, parvenant à gommer toute répétitivité par des ellipses importantes (et sans se soucier des paradoxes temporels induits). Il y a beaucoup d’humour et même de burlesque, Un jour sans fin est assez réjouissant et le film a connu un très grand succès.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott
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Un jour sans fin (Groundhog Day)Andie MacDowell et Bill Murray dans Un jour sans fin (Groundhog Day) de Harold Ramis.

Remarques :
* Un spectateur attentif a voulu calculer combien de temps Bill Murray reste coincé dans ce Groundhog Day : son estimation ressort à 3176 jours, soit 8 ans, 8 mois et 16 jours. Harold Ramis (qui avait d’abord avancé le chiffres de 10 années dans une interview) lui a répondu que ce chiffre était sans doute un minimum, le plus plausible serait plutôt de l’ordre de 30 ou 40 ans. Lire (en anglais) …

* Punxsutawney est une petite ville de Pennsylvanie et le jour de la marmotte (2 février) existe vraiment ! La petite ville est maintenant devenue une attraction touristique. Le film fut toutefois tourné à Woodstock, Illinois (qui n’est pas le Woodstock du festival, qui est situé dans l’état de New York).

Un jour sans fin (Groundhog Day)Un jour sans fin (Groundhog Day) de Harold Ramis.

26 août 2014

La Femme aux bottes rouges (1974) de Juan Luis Buñuel

La femme aux bottes rougesUn homme très riche rencontre une jeune femme écrivain aux pouvoirs étranges qui vit avec un peintre tout en étant attirée par un jeune éditeur. L’homme riche met en scène un stratagème pour qu’ils se rencontrent et les manipuler… Juan Luis Buñuel est le fils de Luis Buñuel. Il a réalisé quatre longs métrages (beaucoup plus pour la télévision) et La Femme aux bottes rouges est certainement le plus remarquable d’entre eux. Il est bien difficile de ne pas comparer le fils et le père du fait de nombreux points communs : les acteurs (Fernando Rey, Catherine Deneuve), la présence de Jean-Claude Carrière à l’écriture des dialogues et surtout l’univers. La différence majeure est que Juan Luis introduit une composante fantastique. Hélas, par sa nature même, elle a tendance à réduire le propos, à le simplifier, à écarter tout onirisme, tout fantasme. Si l’atmosphère créée est assez prenante et attirante, le développement de l’histoire se révèle plutôt décevant ; est-ce parce que nous en attendions un peu trop ? La Femme aux bottes rouges se regarde toutefois sans déplaisir, le charme de Catherine Deneuve, ici particulièrement belle, n’y étant pas étranger.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Fernando Rey, Jacques Weber
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12 juin 2014

La Chute de la maison Usher (1960) de Roger Corman

Titre original : « House of Usher »

La chute de la maison UsherPhilip Winthrop se rend à cheval au manoir des Usher, afin de rendre visite à Madeline Usher avec laquelle il s’est fiancé quelques mois plus tôt à Boston. Il se rend compte que Madeline et son frère Roderick sont atteints d’une étrange maladie et qu’ils sont hantés par la mort qui les ronge… Adapté du roman homonyme d’Edgar Allan Poe, La Chute de la maison Usher est la première des huit adaptations de cet écrivain que Roger Corman mettra en scène. Ce sont principalement ces huit films qui vaudront au réalisateur une certaine reconnaissance. Par rapport à la version muette de Jean Epstein, les décors sont plus classiques mais l’atmosphère reste très particulière et forte, Roger Corman jouant beaucoup sur la suggestion. Le film montre une belle intensité qui culmine dans un final de plus en plus inquiétant. Vincent Price est ici assez rigide, plutôt sobre dans son jeu ce qui sied parfaitement à son personnage. Comme toujours avec Corman, malgré la rapidité de tournage et un budget très modéré, la qualité de réalisation est indéniable.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Vincent Price, Mark Damon, Myrna Fahey, Harry Ellerbe
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Remarque :
Le scénario de cette adaptation a été écrit par Richard Matheson. L’écrivain de science-fiction (auteur entre autres de L’homme qui rétrécit et de Je suis une légende) continuera d’écrire pour Roger Corman d’autres adaptations de Poe.

Autres adaptations :
La Chute de la maison Usher de Jean Epstein (1928)
The Fall of the House of Usher de l’anglais Ivan Barnett (1949)
Revenge in the House of the Usher (La Chute de la maison Usher) de Jesús Franco (1982)
The House of Usher (La Maison des Usher) d’Alan Birkinshaw (1989) avce Oliver Reed
The Fall of the House of Usher: A Gothic Tale for the 21st Century de ken Russell (2002)

11 juin 2014

La Chute de la maison Usher (1928) de Jean Epstein

La chute de la maison Usher(Film muet de 63 minutes) Appelé par son ami Roderick Usher inquiet pour la santé de sa femme, un homme se rend dans sa demeure isolée. Il constate que son ami est dévoré par la passion de peindre le portrait de sa femme comme tous ses ancêtres l’ont fait avant lui. Mais, à mesure que le tableau semble vie, la santé de sa femme s’étiole… Le film de Jean Epstein est adapté de deux romans d’Edgar Allan Poe : La chute de la maison Usher et Le Portrait ovale. Les dialogues (intertitres) sont peu nombreux. L’histoire est assez simple mais c’est par l’atmosphère créée et par l’inventivité de sa forme, très avant-gardiste, que le film est franchement remarquable. Nous sommes comme immergés dans un autre univers, qui nous envoute et marque nos esprits. Le décor, fait de pièces immenses battues par les vents glacés, y participe grandement. Jean Epstein utilise également bon nombre de procédés (surimpression, travelings audacieux, fiévreux mouvements de caméra, ralentis, mouvements d’éclairage, angles de vue, etc.) très caractéristiques de l’avant-garde des années vingt. Cette utilisation peut même sembler excessive par moments. Jean Epstein combine des décors plutôt expressionnistes avec des procédés plutôt impressionnistes. La Chute de la maison Usher est un film particulièrement prégnant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jean Debucourt, Marguerite Gance, Charles Lamy
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Remarques :
Luis Buñuel a participé à l’écriture et a été l’assistant de Jean Epstein sur le tournage.

Autres adaptations :
The Fall of the House of Usher de l’anglais Ivan Barnett (1949)
House of Usher (La Chute de la maison Usher) de Roger Corman (1960) avec Vincent Price
Revenge in the House of the Usher (La Chute de la maison Usher) de Jesús Franco (1982)
The House of Usher (La Maison des Usher) d’Alan Birkinshaw (1989) avce Oliver Reed
The Fall of the House of Usher: A Gothic Tale for the 21st Century de ken Russell (2002)

14 novembre 2013

Vampyr (1932) de Carl Theodor Dreyer

Autre titre : L’étrange aventure de David Gray

VampyrLe jeune David Gray passe la nuit dans l’auberge du petit village de Courtempierre. Il va assister et participer à de biens étranges évènements… Vampyr est le premier film parlant de Dreyer. C’est, avec le Nosferatu de Murnau et le Dracula de Browning, l’un des films fondateurs du genre fantastique, rayon vampires. Dreyer est partisan de la suggestion, il ne montre pas, persuadé que « l’effroyable ne se trouve pas dans les choses autour de nous mais dans notre propre subconscient ». Ayant opté au départ pour une image très contrastée, le réalisateur fut agréablement surpris lorsqu’un grave problème technique donnât aux premières bobines une atmosphère grise et brumeuse. Judicieusement, il choisit de la garder ; cette image grise un peu confuse renforce le sentiment d’irréalité et d’étrangeté, elle décuple les effets de transparence qu’il utilise largement. Vampyr Vampyr est un film d’atmosphère, à la fois fantastique et poétique. Plusieurs scènes sont assez remarquables mais on retient plus particulièrement celles où le héro se dédouble et la vision subjective lorsqu’il est transporté dans un cercueil. Malgré un petit succès d’estime, l’échec commercial du film fut tel que Dreyer retournât au Danemark exercer son ancien métier de chroniqueur judiciaire. Il ne recommencera à tourner que dix ans plus tard. Vampyr jouit aujourd’hui d’une très grande réputation (que l’on peut trouver légèrement surestimée), il reste l’un films majeurs sur le plan de la suggestion, il est celui qui sait montrer l’invisible.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Julian West, Maurice Schutz, Rena Mandel, Sybille Schmitz
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Remarques :
* L’acteur principal, Julian West n’est autre que le producteur du film. Ce sera son unique film. Le fait qu’il ne soit pas acteur professionnel donne à son personnage une allure somnambulique qui ajoute encore à l’étrangeté et au mystère.
* Le film est adapté d’un roman de Sheridan Le Fanu.
* L’orthographe du titre ne correspond à aucune langue. On pense qu’il s’agit d’une erreur du distributeur qui aurait oublié le « e » final.
* Assez paradoxalement, le film parlant Vampyr est moins « bavard » que le film précédent de Dreyer, muet celui-là, La Passion de Jeanne d’Arc. Le fait que le film soit tourné simultanément en trois langues (allemand, français et anglais) a forcé le réalisateur à réduire considérablement les dialogues pour limiter les coûts.