Dans une ville du Connecticut aux Etats-Unis, un prêtre, aimé de tous, est assassiné un soir en pleine rue. Les habitants sont scandalisés et réclame des résultats à la police mais l’enquête piétine. L’impatience gagne les autorités de la ville car les élections sont proches. Un suspect est enfin arrêté… Boomerang est basé sur une histoire vraie (survenue en 1924) et le scénario suit fidèlement les évènements réels en les replaçant à l’époque actuelle. Elia Kazan est allé tourner sur place (1) et certains figurants sont des habitants de la ville. Outre l’intrigue policière, le film dénonce la corruption politique et la dépendance des procureurs aux édiles. Il met en avant l’intégrité d’un procureur qui, malgré les pressions, cherchera avant tout la justice. Kazan filme en grande partie en décors naturels avec une caméra très mobile et donne au film un fort parfum de réalisme (on attribue ce goût pour le réalisme à sa rencontre avec le producteur Louis de Rochemont). L’interprétation est excellente, y compris les seconds rôles. Boomerang est le deuxième long métrage d’Elia Kazan. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux projectionniste se retrouvent dans un cinéma qui semble abandonné, mais plein de merveilles. Les trois amis inventent, dessinent, se déguisent pour incarner princesses et aventuriers de contes merveilleux : « La Maitresse des Monstres », « L’Ecolier-Sorcier », « Le Mousse et sa chatte » et « Ivan Tsarévitch et la princesse changeante »…
Ce long métrage assez court (53 mn) est composé de quatre contes dans des univers très différents avec une même technique graphique : les personnages sont représentés en ombres chinoises, laissant juste apparaitre parfois les yeux. Ce parti-pris original amène une simplicité des formes mais permet aussi de mettre en valeur une certaine luxuriance. Michel Ocelot est un esthète qui sait prendre des chemins inattendus. Ce sont des contes très oniriques, au contenu moraliste. Le premier conte se déroulant sous terre n’est pas très beau, il joue sur les peurs des enfants. Le second permet surtout une éclosion de formes extravagantes. Les troisième et le quatrième contes sont les plus élaborés tant au niveau du contenu que de la richesse graphique. Pour un adulte, l’intérêt est toutefois moindre que d’autres films de Michel Ocelot ; Ivan Tsarévitch et la princesse changeante est vraiment destiné aux très jeunes enfants. Elle: – Lui : (c’est un film difficile à noter par un adulte… si j’avais quatre ans, j’aurais certainement mis 4 ou 5 étoiles)
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Une jeune femme, convaincue d’être harcelée, va consulter une psychologue et se retrouve enfermée contre son gré dans une institution psychiatrique. Alors même qu’elle tente de convaincre tout le monde qu’elle est en danger, elle commence à se demander si sa peur est fondée ou le fruit de son imagination… Paranoïa fait partie de ces petits films que Steven Soderbergh affectionne de nous concocter entre ses plus grosses productions. Il l’a tourné en dix jours, entièrement à l’Iphone (doté d’un objectif externe tout de même, le plus souvent un 18mm), avec un budget réduit. L’image est donc plutôt laide, avec beaucoup de déformations dues au grand angle ; le travail sur les éclairages est visiblement réduit au minimum. Cependant, la piètre qualité de l’image sert le sujet car elle insinue en nous un certain malaise, nous déstabilise et contribue ainsi à nous mettre en empathie avec l’héroïne. Le scénario réserve beaucoup de surprises et ne laisse que peu de répit. Par certains aspects, Paranoïa évoque Vol au dessus d’un nid de coucou, en plus kafkaïen toutefois, mais ce n’est pas tout, il y a aussi autre chose… Claire Foy fait une prestation vraiment remarquable. Paranoïa a été reçu fraichement par la critique et le public. Il est pourtant réussi. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Il est préférable de ne pas trop lire de critiques avant de voir le film car il est important de ne pas savoir comment le scénario va évoluer. La plupart des critiques emploie en effet un mot pour caractériser le film qui donne trop d’indications.
Claire Foy dans Paranoïa (Unsane) de Steven Soderbergh.
Juno Temple et Claire Foy dans Paranoïa (Unsane) de Steven Soderbergh.
Steven Soderbergh filme Claire Foy dans Paranoïa (Unsane).
* Trois Iphone 7 Plus ont été utilisés : « Les objectifs, de la marque Moment, sont très petits. Nous en avons utilisé trois : un 18 mm, un 60 mm, et un fisheye. Globalement, le 18 mm a été notre objectif par défaut. Il m’est aussi arrivé à l’occasion d’utiliser l’objectif intégré, quand la focale était adéquate. »
Après avoir été cinq fois champion du monde de rodéo, Sonny Steele s’est retiré de la compétition. Il a accepté d’être la mascotte d’une marque de céréales et se produit dans des shows avec un costume de lumières. Acceptant mal cette déchéance, il sombre dans l’alcool. Un show à Las Vegas va être le gala de trop… Le Cavalier électrique est un film qui ne doit son existence qu’à un concours de circonstances. Alors que Sydney Pollack est forcé d’abandonner un projet qui lui tient à cœur (1), il doit trouver en catastrophe un nouveau sujet pour éviter de renvoyer toute son équipe. Il s’empare d’un projet qui trainait dans les tiroirs, un roman de Shelly Burton qui intéressait un peu tout le monde sans convaincre vraiment aucun réalisateur. Après une demi-douzaine de tentatives d’écritures, il finit par transformer totalement l’histoire pour en faire une comédie portée par certains de ses thèmes favoris : l’homme en rupture, l’opposition nature/modernité. De plus, il en profite pour porter un regard très critique sur le monde du show-business et de la publicité. Le récit traîne un peu en longueur dans son dernier tiers. Le couple formé par Jane Fonda et Robert Redford fonctionne très bien à l’écran (l’affiche du film ci-contre met en avant le rapprochement de ces deux stars). Robert Redford a fait lui-même les cascades à cheval. Dans les seconds rôles, le chanteur country Willie Nelson fait sa première apparition à l’écran et signe plusieurs morceaux de la bande sonore. Le film connut un franc succès à sa sortie. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
(1) Le projet initial de Sydney Pollack était de tourner l’adaptation d’un gros roman de Robert Penn Warren A Place to Come To. Le cinéaste dut finalement renoncer face aux difficultés d’écriture et de préparation du tournage qui s’amoncelèrent. Cette adaptation ne verra jamais le jour.
Robert Redford dans Le Cavalier électrique (The Electric Horseman) de Sydney Pollack.
Jane Fonda et Robert Redford dans Le Cavalier électrique (The Electric Horseman) de Sydney Pollack.
Novembre 1963. Une semaine après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy dans les rues de Dallas, un journaliste se rend à Hyannis Port (en) dans le Massachusetts pour y interviewer Jacqueline Kennedy. Elle lui raconte les détails des jours qui ont suivi l’assassinat jusqu’aux funérailles… Jackie n’est pas un biopic : le sujet n’est pas de tracer le portrait de l’ancienne Première dame des États-Unis mais de raconter ces quelques jours vus à travers ses yeux. Assez curieusement (1), c’est un réalisateur chilien qui a été chargé de le réaliser. Il tourne ainsi son premier film aux Etats-Unis. Le scénario est en grande partie basé sur le reportage du journaliste interviewer, qui est dans la réalité Theodore H. White, célèbre journaliste politique américain qui a obtenu le prix Pulitzer en 1962. La production s’est efforcée de reconstituer dans les détails les lieux, les habits portés et Natalie Portman a dû travailler sa diction (rappelons que Jacqueline Kennedy était anglaise). Même s’il n’est pas dénué d’intensité, l’ensemble est un peu moins intéressant qu’attendu mais le film propose néanmoins une vision inattendue de cet évènement historique en montrant l’importance et la place du style, y compris dans ces moments extrêmes. Jackie a reçu de bonnes critiques. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 2,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
(1) Jackie devait être à l’origine tourné par Darren Aronofsky, avec Rachel Weisz dans le rôle principal. Les deux ont finalement abandonné le projet, Aronofsky restant toutefois producteur du film.
Peter Sarsgaard (Bob Kennedy) et Natalie Portman dans Jackie de Pablo Larraín.
Alors que son autorité en Sibérie est menacée par le soulèvement des Tartares, le tsar charge Michel Strogoff d’aller porter une lettre à Irkoutsk à son frère le grand-duc. Il doit traverser toute une région sous le contrôle du rebelle Féofor Khan en se faisant passer pour un négociant en tissus accompagné de sa femme…
Grand film commercial des années cinquante, cette nouvelle adaptation du roman de Jules Verne est une production franco-italienne tourné en Yougoslavie. Reprenant les temps forts du roman, le scénario est conçu pour offrir un grand film d’aventures à un public large, y compris aux très jeunes. La mise en scène n’est pas particulièrement remarquable, l’ensemble est trop statique et c’est particulièrement net dans les quelques (courtes) scènes de batailles filmées en plans fixes, sans découpage, où les nombreux figurants ne miment qu’à peine le combat. En revanche, nous avons de belles chevauchées à admirer. Bien qu’un peu âgé pour le rôle, Curd Jürgens est plutôt crédible en Michel Strogoff. Cette adaptation par Carmine Gallone manque cruellement de souffle mais cela ne l’a pas empêché de connaitre un grand succès commercial en Europe. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Carmine Gallone chroniqués sur ce blog…
Valéry Inkijinoff et Curd Jürgens dans Michel Strogoff de Carmine Gallone.
Principales adaptations :
(les deux premières sont généralement considérées comme étant les meilleures) Michel Strogoff de Victor Tourjansky (France, 1926) avec Ivan Mosjoukine (muet) Michel Strogoff de Jacques de Baroncelli (France, 1935) avec Anton Walbrook (+ 1 version anglaise et 1 version allemande) Michel Strogoff de Carmine Gallone (1956) avec Curd Jürgens Le Triomphe de Michel Strogoff de Victor Tourjansky (France, 1961) avec Curd Jürgens Michel Strogoff de Eriprando Visconti (1970) avec John Philip Law
La jeune Etsuko remarque des changements de comportement chez son mari, qui semble pensif et éteint. Son patron a lui aussi un comportement bizarre mais c’est chez son amie que la modification est la plus spectaculaire : sans raison, elle est terrorisée à la seule vue de son père avec qui elle vit depuis plusieurs années à tel point qu’elle doit être hospitalisée…
Basé sur une pièce de théâtre bien connue au Japon de Tomohiro Maekawa, Invasion reprend, avec des personnages différents, le thème déjà développé dans Avant que nous disparaissions (2017), le film précédent de Kiyoshi Kurosawa (qui, rappelons-le, n’a aucun lien avec Akira Kurosawa). L’idée de départ a déjà été utilisée à de nombreuses reprises dans la science-fiction classique ; le film est donc plus remarquable par sa forme. A l’heure où science-fiction au cinéma est synonyme d’effets spéciaux, Kiyoshi Kurosawa n’en utilise aucun. Il crée une atmosphère forte, pleine d’interrogations et d’incertitudes, qui capture toute notre attention. Il est en revanche moins convaincant quand il semble vouloir glisser vers l’horreur (ce qu’il ne fait heureusement pas). Tout le récit est vu à travers les yeux candides d’Etsuko, jeune femme simple à première vue qui se révèle étonnante par la suite. Invasion a visiblement été tourné avec peu de moyens mais ne manque pas d’intérêt. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Invasion a tout d’abord été conçu pour la chaîne de télévision japonaise WOWOW. Cette série initialement découpée en 5 épisodes a été remontée pour être distribuée en un film de 140 minutes.
* Kiyoshi Kurosawa décrit le récit comme un hommage aux films de science-fiction des années 1950. On peut effectivement penser au grand classique L’Invasion des profanateurs de sépultures (Invasion of the Body Snatchers, 1956) de Don Siegel.
Kaho dans Invasion (Yocho) de Kiyoshi Kurosawa.
Kaho, Masahiro Higashide et (au premier plan) Shôta Sometani dans Invasion (Yocho) de Kiyoshi Kurosawa.
Max et Riton, deux gangsters minables, acceptent de se mettre sous les ordres de Phano pour faire le gros coup du siècle : voler les fonds de la caisse de retraite de la SNCF entreposés dans un coffre-fort sous la gare de l’Est à Paris. Phano a tout prévu : il suffit de pratiquer une ouverture dans le mur mitoyen situé dans les toilettes de la gare…
L’idée originale de cette comédie humoristique du cinéma populaire français, nous la devons à trois membres de la troupe du Splendid, Thierry Lhermitte, Christian Clavier et Gérard Jugnot. Elle est bien entendu loufoque : afin de ne pas éveiller les soupçons de la « dame-pipi », les trois compères doivent en effet agir sous divers déguisements successifs et passablement pittoresques. Sur ce point, l’humour fonctionne bien mais il manque un développement plus poussé de la situation qui aurait porté le film plus haut. Chacun des trois acteurs principaux s’en donnent à cœur joie pour faire son numéro et les dialoguistes ont écrits dans le style de Michel Audiard, certains dialogues étant même calqués (on peut aussi dire « copiés ») sur des répliques célèbres. De bons moments mais l’ensemble est tout de même décevant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Gabrielle, Elsa et Mao sont frères et sœurs. Ils ne se voyaient plus guère mais l’enterrement du grand-père les remet en contact. La question délicate est celle du devenir de leur grand-mère qui présente tous les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Ils ne peuvent compter sur leurs parents qui, séparés de longue date, n’ont jamais rien fait pour resserrer les liens de la famille…
Second long métrage écrit et réalisé par Cécilia Rouaud, Photo de famille est une comédie assez plaisante. Loin de ces relations fusionnelles entre frères et sœurs que les scénaristes aiment généralement nous brandir comme un idéal, la famille de Cécilia Rouaud manque de cohésion, les liens sont distendus, mais elle est finalement plus réaliste. Les personnages peuvent paraître typés outre mesure, ils le sont, mais cela permet au récit de mettre en évidence des biais ou traits de caractère que l’on peut trouver en chacun d’entre nous. Le sujet aurait pu générer un récit dramatique ou déprimant mais la cinéaste est parvenue à trouver un ton juste pour nous amuser tout en proposant une analyse de ces rapports souvent délicats. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)