Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche… I Feel Good est un film français réalisé par Gustave Kervern et Benoît Delépine. On y retrouve l’humour assez outrancier du duo. Il y a de bons moments d’humour mais l’ensemble manque de cohésion et aussi de développement. Un format plus court que le long métrage aurait certainement été préférable. Les situations paraissent répétitives et la partie en Bulgarie bien lourde. En revanche, l’épilogue est hilarant. Le propos fustige le désir aveugle de réussite. Tout l’humour est aux dépens du personnage incarné par Jean Dujardin, très typé, surtout caractérisé par une grande bêtise. Son insistance à chercher à profiter de la crédulité des autres finit par mettre mal à l’aise. Le plus spectaculaire est le lieu de tournage : un village Emmaüs des Pyrénées-Atlantiques où vivent et travaillent plus de cent personnes à trier, réparer, remettre en circulation les objets les plus divers, et même parfois inventer de nouvelles utilisations de ces objets. Les figurants sont les compagnons de cette communauté. Elle: – Lui :
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À la fin des années 1960, Madame Claude est devenue la reine des proxénètes de Paris en mêlant les codes de la haute bourgeoisie avec ceux de la prostitution… Madame Claude est un film français écrit et réalisé par Sylvie Verheyde qui dresse un portrait particulièrement complaisant de la célèbre proxénète. Madame Claude avait déjà inspiré deux films de piètre qualité à la fin des années soixante-dix. Quarante ans plus tard, aussi paradoxal que cela puisse paraître, elle se retrouve promue pionnière de l’émancipation des femmes par Sylvie Verheyde. L’idée est de la considérer comme une femme qui a réussi à prendre le pouvoir sur les hommes, à une époque dominée par les hommes. Au-delà de cette vision pour le moins surprenante, le film souffre principalement d’un manque de direction globale. Plusieurs voies sont amorcées mais aucune n’est suivie : le film n’est ni un polar, ni un thriller politique, ni un film à caractère sulfureux… Dès lors, il apparaît plutôt répétitif et lassant. Si scénario et dialogues ont une grande marge d’amélioration, la réalisation est en revanche soignée. Karole Rocher semble se donner entièrement à son personnage, parfois un peu trop et bouge beaucoup pour avoir de la présence. La critique a été plus indulgente que le public. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Karole Rocher et Garance Marillier dans Madame Claude de Sylvie Verheyde.
Précédents films sur le sujet : Madame Claude (1977) de Just Kaeckin avec Françoise Fabian Madame Claude 2 (1981) de François Mimet avec Alexandra Stewart
Au cours d’un voyage en solitaire à travers l’Océan Indien, un homme découvre à son réveil que la coque de son voilier de 12 mètres a été percée lors d’une collision avec un container flottant à la dérive. L’eau entre abondamment et menace ses appareils de navigation… All Is Lost est un film américain écrit et réalisé par J. C. Chandor, son deuxième long métrage après le remarqué Margin Call (2011). Il s’agit d’un film de survie en milieu hostile, franchement original dans sa forme puisqu’il n’a qu’un seul acteur et qu’il n’a pratiquement aucune parole (51 mots en tout et pour tout, la plupart étant prononcés en voix-off dans les trente premières secondes). La tension s’installe assez rapidement et ne faiblit pas par la suite. Robert Redford accomplit un véritable tour de force, occupant tout l’écran à lui tout seul pendant 1h45. Tout est fait pour que nous comprenions ses décisions et il agit toujours sans affolement, de manière réfléchie. Hormis de petites invraisemblances de base (1), le film est parfaitement crédible. All Is Lost est une petite performance. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de J.C. Chandor chroniqués sur ce blog…
Remarque :
* Aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a eu de trois jours de tournage en mer. Tout le reste a été tourné en studio, au Baja Studios (Mexique), le studio qui avait été construit pour le tournage de Titanic.
* Malgré son âge (77 ans), Robert Redford a tenu à réaliser lui-même toutes les cascades.
* C’est lors de la présentation de Margin Call au Festival de Sundance que J. C. Chandor a rencontré Robert Redford. Celui-ci remarque : « C’est assez ironique, après presque 30 ans à la tête de Sundance, aucun des réalisateurs auxquels j’ai apporté mon soutien ne m’a engagé. Ils ne me proposent jamais de rôle ! J.C. est le seul ! »
(1) Outre l’âge du navigateur pour une croisière en solitaire dans l’Océan Indien (Robert Redford avait 77 ans au moment du tournage), son bateau aurait normalement dû être équipé de balises de détresse.
Autre titre français : « Code 7500 – un avion en détresse »
Peu après le décollage, un groupe terroriste tente de prendre le contrôle d’un vol Berlin-Paris. Le co-pilote blessé se retrouve seul à leur faire face, toujours protégé par la porte blindée du poste de pilotage… 7500 est un film allemand réalisé par Patrick Vollrath. C’est le premier long métrage de ce réalisateur allemand trentenaire. Le titre fait allusion au code de détresse à donner en cas de détournement. Il s’agit d’un huis clos de tension pure, l’idée de base étant très classique et le développement ne montrant finalement aucune grande surprise ni retournement majeur. Tout l’art du cinéaste est de mettre en place cette tension et de la maintenir à un niveau élevé jusqu’au dénouement. Il faut remarquer qu’il y parvient sans chercher à créer l’empathie par le développement d’un ou plusieurs personnages (nous ne voyons les passagers que furtivement). Si le film montre une belle maitrise du réalisateur, notamment dans le déroulement du scénario en temps réel, l’ensemble est plus honorable que franchement remarquable. Elle: – Lui :
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Hantée par la disparition non résolue d’une camarade de classe survenue dix ans plus tôt, une jeune réalisatrice de documentaires décide de lui consacrer un film pour tenter de percer le mystère. Afin de rétablir la vérité, elle s’allie avec son ex-professeur de littérature de l’époque… Intrigo: Samaria est un thriller germano-suédo-britannique coécrit et réalisé par le suédois Daniel Alfredson. Il s’agit de la troisième d’une série d’adaptations de nouvelles de l’auteur suédois de romans policiers Håkan Nesser. Il n’y a aucun lien entre les trois films. Samaria s’avère être bien décevant. La relation entre les deux personnages principaux est intéressante au début mais elle n’évolue guère. Après une heure de film, on se rend compte qu’aucun élément nouveau n’est venu alimenter cet intérêt. La révélation finale est sans surprise et le twist ultime est malhonnête (1). En revanche, la réalisation est soignée et délicate. Comme les précédents, le film n’est pas sorti en salles en France. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Daniel Alfredson chroniqués sur ce blog…
(1) Le twist final de Samaria signifie qu’une des scènes que le réalisateur nous a montrées précédemment était fausse. Or, dans les intrigues policières au cinéma, une règle est très rarement transgressée : « on ne montre pas au spectateur une scène mensongère ». Les personnages peuvent mentir autant qu’ils veulent mais l’image, elle, ne doit pas mentir.
La transgression à cette règle la plus célèbre est celle d’Alfred Hitchcock dans Le Grand Alibi (Stage Fright, 1950), où il montre en début de film un flash-back qui est faux. Il a été très critiqué pour cet « abus de pouvoir » et a reconnu ensuite qu’il n’aurait pas dû faire cela.
Phoebe Fox dans Intrigo: Samaria de Daniel Alfredson.
Christine « Lady Bird » McPherson vit avec sa famille à Sacramento en Californie où elle fréquente un lycée catholique. À l’approche de ses 18 ans, elle cherche à s’émanciper d’une existence qui lui semble trop étroite et d’une ville qui lui déplait. Elle aspire à fréquenter une université d’excellence dans « une ville culturelle ». Sa famille a des difficultés financières et sa mère lui reproche régulièrement son ingratitude… Lady Bird est une comédie dramatique américaine écrite et réalisée par Greta Gerwig. Elle-même originaire de Sacramento, l’actrice trentenaire devenue réalisatrice a puisé dans ses propres souvenirs. Un peu laborieux, le début du récit nous laisse supposer qu’il s’agit d’un énième film sur la sortie d’adolescence mais la suite se montre plus riche. En réalité, le thème central serait plutôt la relation entre l’adolescente et sa mère, une relation un peu chaotique, parfois tumultueuse mais aussi empreinte de sentiments profonds. L’ensemble est assez délicat, Greta Gerwig ne force jamais le trait, même si certains personnages paraissent très typés. Le déroulement du scénario est parfaitement maitrisé. Le film a été très bien accueilli par la critique. Elle: – Lui :
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Italie, 1944. Gianni, Nicola et Antonio se lient d’amitié alors qu’ils ont pris le maquis pour combattre les Allemands. Lorsque sonne l’heure de la libération, un monde nouveau s’offre à eux. Militants fervents, pleins de rêves et d’illusions, les voici prêts à faire la révolution. Mais ils vont avoir des parcours très différents… Nous nous sommes tant aimés! est un film italien réalisé par Ettore Scola. Il en a écrit le scénario, particulièrement brillant, avec le fameux duo Age et Scarpelli. Il s’agit du constat amer de l’échec des idéaux d’une génération : « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ! » se lamente Nicola. Le récit est habilement construit autour de trois personnages qui symbolisent trois attitudes différentes (l’intellectuel égocentrique, l’arriviste compromis, l’homme simple qui subit mais ne renonce pas). Un personnage féminin, également en perte d’illusions, les relie entre eux. Le propos de Scola est terriblement pessimiste puisque le seul des trois qui s’en tire assez bien est très candide, même un peu simplet. Tous les trois (quatre avec la femme) ont le sentiment d’avoir gâché leur vie. Malgré cette noirceur de propos, le film est amusant, mêlant comédie, engagement politique et drame comme seul le cinéma italien parvient à le faire. Sur ce plan, Nous nous sommes tant aimés! est proche de la perfection. De plus, Ettore Scola s’amuse avec de petits effets visuels ou narratifs, pas toujours parfaitement intégrés au récit mais qui renforcent l’aspect comédie. Le film nous offre aussi une mise en abyme du cinéma avec, en prime, une scène reconstituée du tournage de La Dolce Vita avec Fellini et Mastroianni apparaissant dans leur propre rôle. Cette scène, presque irréelle, symbolise la part de rêve qu’apporte le cinéma. L’interprétation est de tout premier ordre, y compris dans les seconds rôles (Aldo Fabrizi campe un industriel sans scrupule de façon remarquable). Le film connut un grand succès. Elle: Lui :
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Stefano Satta Flores, Vittorio Gassman et Nino Manfredi
dans Nous nous sommes tant aimés! (C’eravamo tanto amati) de Ettore Scola.
Remarques :
* Le film est dédié à Vittorio de Sica qui est décédé alors que le film était en cours de montage. Il en avait toutefois vu une copie de travail. La scène où il apparaît dans le film est un document enregistré par Ettore Scola lors d’une manifestation où De Sica s’exprimait face à des enfants.
* Le premier projet de scénario ne comportait qu’un personnage qui s’enthousiasmait pour Le Voleur de bicyclette et dont l’obsession était de rencontrer De Sica pour le suivre. De Sica jouait son propre rôle et trouvait toujours en face de lui ce grillon bavard qui le suivait, le réprimandait, le persécutait…
(Propos rapportés par Jean A. Gili dans Le Cinéma italien tome 1, éd. 10/18, 1978 et repris dans son merveilleux ouvrage Le Cinéma italien, éd. de la Martinière, 2011)
Titre original : « The Last Letter from Your Lover »
Au milieu des années 1960, la mondaine Jennifer Stirling souffre de pertes de mémoire après un accident de voiture. Incapable de se souvenir d’une grande partie de sa vie d’avant, elle est intriguée par une lettre qu’elle trouve cachée dans un livre, une lettre d’un certain « Boot » à « J ». Dans le Londres d’aujourd’hui, Ellie Haworth doit écrire un article et trouve dans les archives une lettre mal classée. Émue par les sentiments passionnés, elle cherche d’autres lettres avec l’aide du jeune archiviste… La Dernière Lettre de son amant (The Last Letter from Your Lover) est un film romantique franco-britannique réalisé par l’américaine Augustine Frizzell et produit par Netflix. Il s’agit de l’adaptation du roman homonyme de la journaliste et romancière britannique Jojo Moyes. L’histoire est assez touchante mais très classique sur le thème de l’occasion manquée. La construction en parallèle sur deux périodes de temps éloignés n’est pas nouvelle mais permet d’enrichir le récit. Il manque toutefois un lien fort entre les deux héroïnes à cinquante ans d’intervalle (il semblerait que ce lien existe dans le roman). De ce fait, l’histoire au temps présent paraît bien faible, elle est juste sauvée par l’humour généré par la timidité de l’archiviste. L’interprétation est de bonne qualité. Hormis l’américaine Shailene Woodley, toute la distribution est britannique. L’ensemble est charmant mais loin d’être mémorable. Elle: – Lui :
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A la suite d’un formidable enchainement de circonstances, un chef d’entreprise irascible et bourré de préjugés xénophobes se voit contraint de se faire passer pour un rabbin américain attendu par toute la communauté juive de la rue des Rosiers… Les Aventures de Rabbi Jacob est un film comique franco-italien réalisé par Gérard Oury. Les films que Louis de Funès a tournés après 1968 sont loin d’être tous brillants mais celui-ci fait exception. Le scénario écrit par Gérard Oury avec sa fille Danièle Thompson est assez riche en évènements aussi improbables qu’amusants et ne tombe jamais dans la facilité. Bien entendu, tout le film est porté par un Louis De Funès en grande forme qui nous gratifie de ses mimiques légendaires. Le fond du propos ridiculise les préjugés racistes et antisémites. Se revoit toujours avec plaisir. Elle: Lui :
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Remarque :
* Le 18 octobre 1973, alors que l’attaché de presse Georges Cravenne s’occupe de la promotion du film Les Aventures de Rabbi Jacob qui sort ce jour-là, sa deuxième épouse, Danielle Cravenne, détourne le vol Air France Paris-Nice et menace de détruire le Boeing 727 si le long métrage n’est pas interdit. Elle juge la sortie du film intolérable au vu de la situation internationale car on est alors en pleine guerre du Kippour. Étant pro-palestiniens, elle considère que le film est un « soutien intolérable » à Israël. La jeune femme sera tuée lors d’un échange de coups de feu avec le GIPN.
Louis de Funès et Henri Guybet dans Les aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury.