22 février 2019

Le Brio (2017) de Yvan Attal

Le BrioInscrite en première année de droit à Assas, Neïla Salah arrive en retard le premier jour et se heurte à un professeur connu pour ses propos racistes. Forcé par sa hiérarchie, ce dernier se voit forcé de prendre l’étudiante sous son aile pour la préparer au grand concours d’éloquence…
Le Brio est une comédie dramatique pétrie de bonnes intentions mais qui hélas n’évite pas les clichés qui sont innombrables : dès le début, l’accrochage entre le prof de droit réactionnaire et sûr de lui et l’étudiante banlieusarde en sweat utilisant le parler et les expressions des cités ne montre guère de finesse. Le scénario se concentre ensuite presque uniquement sur la confrontation de ces deux personnages, jouant constamment sur  l’attirance répulsion ; le déroulement de l’histoire montre d’importantes ellipses. Les dialogues ne manquent pas d’humour parfois mais le brio annoncé n’est guère au rendez-vous… Le fond du propos, fustiger les préjugés racistes, est bien entendu louable mais le développement est quelque peu décevant.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Daniel Auteuil, Camélia Jordana
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Remarques :
* Camélia Jordana est également chanteuse. Elle a trois albums à son actif.
* Le film s’ouvre avec quelques images d’archives de Serge Gainsbourg, Romain Gary, Jacques Brel, François Mitterrand, Yves Mourousi et Claude Lévi-Strauss.

Le Brio
Daniel Auteuil et Camélia Jordana dans Le Brio de Yvan Attal.

18 février 2019

Un singe en hiver (1962) de Henri Verneuil

Un singe en hiverEn Juin 1944, sur la côte normande, Albert Quentin se saoule régulièrement par nostalgie de sa jeunesse militaire vécue sur le Yang-Tsé-Kiang. Sous les bombardements, il promet à sa femme de ne plus boire une goutte d’alcool s’ils en réchappent. Quinze ans plus tard, en plein hiver, il voit arriver dans son petit hôtel un jeune homme remuant, qui se remet difficilement de sa séparation avec sa femme qui vit à Madrid…
Un singe en hiver est l’adaptation du roman primé d’Antoine Blondin. Le film est surtout l’occasion de mettre deux acteurs de générations différentes face à face : le monstre sacré du cinéma français classique Jean Gabin et le jeune Belmondo alors en pleine ascension et marqué Nouvelle Vague. Les deux acteurs se sont très bien entendus sur le tournage, ce qui apporte une certaine chaleur à l’ensemble. Toutefois, il est difficile d’y retrouver l’humanité et la richesse du roman. Les dialogues d’Audiard ne sont que pittoresques, notamment dans les scènes de beuverie qui peuvent paraître interminables. En surface, on peut voir dans le film une apologie de l’alcool (le ministère de la santé tenta d’ailleurs d’interdire le film pour cette raison), mais en réalité c’est surtout une certaine vision (assez plombante) de l’existence qui place la nostalgie en unique moyen de supporter le fardeau de la vie. Mais, si le film a connu un tel succès et s’il est toujours tenu en très haute estime aujourd’hui, c’est surtout du fait de son humour et du jeu exubérant de ses deux acteurs.
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, Suzanne Flon, Paul Frankeur, Noël Roquevert, Gabrielle Dorziat
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Un singe en hiver
Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo dans Un singe en hiver d’Henri Verneuil.

Remarques :
* Caméo : Henri Verneuil interprète l’officier allemand qui monte l’escalier, juste au moment où son nom apparaît à l’écran au générique.
* Claude Pinoteau et Costa-Gavras sont tous deux assistants-réalisateurs.
* Initialement, Verneuil devait tourner une adaptation du roman de Roger Vercel Au large de l’Eden, l’histoire d’un commandant de morutier en route vers le Groenland. Lorsque Gabin est monté sur un chalutier en repérages, il a déclaré : « Ca pue le poisson et le gazole, je ne veux plus faire le film! » C’est alors qu’Audiard a proposé le roman d’Antoine Blondin et Jean-Paul Belmondo a fait son entrée dans le projet.

16 février 2019

Le Redoutable (2017) de Michel Hazanavicius

Le RedoutableParis 1967. Jean-Luc Godard, le réalisateur le plus en vue de sa génération, vient de rencontrer, Anne Wiazemsky, jeune étudiante en philosophie. Le cinéaste est alors en pleine radicalisation politique…
Le Redoutable est inspiré de deux livres (passionnants à lire, soit dit en passant) d’Anne Wiazemsky : Une année studieuse et surtout Un an après. Le film débute au moment où Godard tourne La Chinoise. Le film de Michel Hazanavicius n’est pas un biopic, ni un film sur le travail de Godard ; à aucun moment, on ne le voit tourner. C’est plutôt une histoire d’amour, vu par les yeux de la jeune Anne, ponctuée par la radicalisation maoïste croissante de Godard qui ira jusqu’à « s’autodissoudre » comme auteur avec le groupe Vertov. Michel Hazanavicius sait trouver le juste équilibre pour dresser le portrait du cinéaste, qui certes, apparaît rigide et cassant, mais le jeu subtil de Louis Garrel l’humanise merveilleusement. L’acteur fait une remarquable prestation, on croit parfois entendre Godard parler. Les scènes recréées de Mai 68 sont assez étonnantes. Et il y a aussi beaucoup d’humour.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Micha Lescot
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Remarque :
* Michel Hazanavicius a envoyé le scénario à Jean-Luc Godard qui n’a pas réagi. Il a déclaré plus tard qu’il ne souhaitait pas voir le film.

Le Redoutable
Louis Garrel et Stacy Martin dans Le Redoutable de Michel Hazanavicius.

Jean-Luc Godard
Les véritables Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky en mai 1968. Anne Wiazemsky est décédée un mois après la sortie du film.

11 février 2019

Au revoir là-haut (2017) de Albert Dupontel

Au revoir là-hautDans les derniers jours de la Première Guerre mondiale, Albert, modeste comptable, a la vie sauve grâce à l’intervention d’un autre soldat, gravement blessé à la mâchoire dans l’opération. Lorsque celui-ci lui annonce qu’il ne veut pas retourner dans sa richissime famille, il l’aide à changer d’identité et reste avec lui…
Au revoir là-haut est l’adaptation du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt et best-seller en librairies. Albert Dupontel en a repris le style coloré mais de façon outrancière. La mise en scène est extravagante et tonitruante ; finalement, elle est étouffante. Derrière tout ce déballage assez racoleur, l’histoire passe bien entendu au second plan : c’est avant tout un spectacle qui s’appuie sur une atmosphère rétro-fantastique, volontairement un peu dérangeante,  à la manière de Caro et Jeunet. Notre avis est toutefois minoritaire puisque le film connut un grand succès auprès du public et d’une partie de la critique.
Elle: pas d'étoile
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Pérez Biscayart, Niels Arestrup, Émilie Dequenne, Mélanie Thierry
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Au revoir là-haut
Albert Dupontel, Héloïse Balster et Nahuel Pérez Biscayart dans Au revoir là-haut de Albert Dupontel.

7 février 2019

Numéro une (2017) de Tonie Marshall

Numéro uneBrillante et volontaire, Emmanuelle Blachey est cadre supérieur du géant français de l’énergie. Elle est approchée par un réseau de femmes d’influence qui se propose de l’aider à prendre la tête d’une entreprise du CAC40, géant de la distribution de l’eau. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction…
Même s’il est présenté ainsi, Numéro une n’est pas tant un film sur le sexisme dans le milieu des dirigeants d’entreprise : seules quelques répliques entrent dans cette catégorie et elles restent dans le machisme très traditionnel. Le sujet est plutôt la lutte de pouvoir qui précède la nomination d’un haut dirigeant d’entreprise, une lutte où tous les coups sont permis. Toutes ces manigances et machiavélismes ne sont guère passionnants, d’autant plus que Tonie Marshall ne fait pas preuve d’une grande originalité : bassesses et moyens de pression utilisés de part et d’autre sont vraiment conventionnels. De plus, elle ne parvient pas dans son scénario à mêler habilement les soucis de sa vie personnelle qui nous paraît tout aussi ennuyeuse. En revanche, la photographie est assez belle (très beaux flous d’arrière-plan).
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Richard Berry, Sami Frey, Benjamin Biolay, Francine Bergé
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Numéro Une
Emmanuelle Devos dans Numéro une de Tonie Marshall.

5 février 2019

Santa & Cie (2017) de Alain Chabat

Santa & CieAlors que la préparation des cadeaux bat son plein, les 92 000 lutins du Père Noël tombent tous malade en même temps. Il n’a d’autres solutions que de se rendre sur Terre pour chercher le remède, de la vitamine C…
Alain Chabat a écrit et réalisé Santa & Cie. Il a un indéniable talent pour mêler la comédie burlesque et le conte poétique. Même si on aurait aimé la voir plus développée, l’histoire est assez originale ; c’est une belle variation sur ce thème particulièrement galvaudé où il est si facile de rester dans le mielleux. Les effets spéciaux sont élaborés et, le plus souvent, au service de la magie et de la poésie. L’humour est bien entendu assez constant, basé le plus souvent sur le décalage et porté par toutes une série de gags et de bons mots. On passe un bon moment en la compagnie de ce Père Noël désorienté dans notre monde qu’il connait finalement si mal. Une réussite.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alain Chabat, Golshifteh Farahani, Pio Marmaï, Audrey Tautou
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Remarque:
* Bruno Sanches interprète pas moins de 46 000 lutins, dont le chef Magnus, et Louise Chabat (fille d’Alain Chabat) interprète les 46 000 lutines.

Santa et Cie
Alain Chabat et Audrey Tautou dans Santa & Cie de Alain Chabat.

Santa et Cie
Golshifteh Farahani et Pio Marmaï dans Santa & Cie de Alain Chabat.

Santa & Cie
Alain Chabat et Jean-Pierre Bacri dans Santa & Cie de Alain Chabat.

3 février 2019

La Femme d’à côté (1981) de François Truffaut

La Femme d'à côtéPropriétaire d’un club de tennis de la région de Grenoble, Madame Jouve raconte un fait divers : Bernard et Arlette Coudray menaient une vie tranquille jusqu’à l’installation de nouveaux voisins, Philippe et Mathilde Bauchard. En fait, Bernard et Mathilde se connaissaient déjà…
La Femme d’à côté est l’avant-dernier film de François Truffaut qui renoue ici avec les histoires d’amour-passion. L’amour chez Truffaut est souvent un sentiment violent, qui fait perdre le contrôle de soi même, qui estropie, qui peut même mener à la folie (Adèle H.) C’est encore le cas dans cette histoire que le réalisateur résume par cette phrase qu’il met dans la bouche de Madame Jouve à la fin du film : « Ni avec toi, ni sans toi ». Truffaut  traite l’amour comme une maladie, de celles dont on ne guérit pas. Cela ne l’empêche pas d’avoir beaucoup de délicatesse avec ses personnages. Fanny Ardant et Gérard Depardieu font un couple très fort, malgré un jeu tout en retenue ; on a parfois l’impression d’entendre Truffaut par la bouche de Depardieu, qui a ici la même diction placide que son réalisateur. Le film est aussi porté par la musique, belle et douloureuse, de Georges Delerue.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Henri Garcin, Michèle Baumgartner, Véronique Silver
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La femme d'à côté
Gérard Depardieu, Michèle Baumgartner, Henri Garcin et Fanny Ardant dans La Femme d’à côté de François Truffaut.

27 janvier 2019

La Fin du jour (1939) de Julien Duvivier

La Fin du jourLa maison Saint-Jean Larivière accueille les comédiens âgés. Parmi eux se trouvent Cabrissade (Michel Simon), un joyeux drille qui n’a joué que des doublures, Marny (Victor Francen) un talentueux acteur que le public n’a jamais vraiment reconnu et Saint-Clair (Louis Jouvet), le nouvel arrivé, soucieux de garder sa réputation de Don Juan…
Julien Duvivier et Charles Spaak ont écrit cette réflexion cruelle sur la vieillesse alors qu’ils avaient à peine quarante ans. C’est un film très sombre où les personnages mêlent le cabotinage à l’amertume, rongés par un sentiment d’échec, la vérité de leur vie semblant prendre sa revanche sur le « mensonge » du spectacle. En réalité, ils ont comme perdu leur identité. Et comme toujours chez Duvivier, il n’y a pas de salut. Le terme de « pessimisme », si souvent attaché au réalisateur, paraît même faible ici ; même l’innocence de la jeunesse ne résiste pas à toute cette noirceur. La distribution est prestigieuse et le jeu des acteurs absolument parfait ; l’interprétation est très équilibrée.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Victor Francen, Michel Simon, Louis Jouvet, Madeleine Ozeray, Sylvie, Charles Granval
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La fin du jour
Madeleine Ozeray, Victor Francen, Louis Jouvet et Michel Simon dans La Fin du jour de Julien Duvivier.

16 janvier 2019

Le Procès (1962) de Orson Welles

Le ProcèsUn matin, Joseph K., jeune cadre travaillant dans une banque, est arrêté de façon inattendue par deux mystérieux agents pour un crime non précisé. Les agents refusent de nommer l’autorité qui les envoie. Joseph K. n’est pas emprisonné, il est libre de se rendre à son travail avec l’obligation d’attendre les instructions de la commission d’enquête…
Orson Welles adapte Le Procès de Kafka, reprenant le thème de l’angoisse et des phobies pour en faire un cauchemar surréaliste. Le film met le spectateur mal à l’aise ; c’est une réaction normale et traduit la force du film puisque cette fable est volontairement angoissante. En dehors de l’évidente charge contre la bureaucratie et le questionnement de la condition humaine, le thème n’est pas tant celui de la culpabilité réelle ou supposée de Joseph K. mais plutôt l’attitude de celui-ci envers la culpabilité, la façon dont il la ressent. Bien entendu, il est tentant de chercher à détecter ici et là des symboles mais Welles souligne que Kafka n’est pas versé dans le symbolisme. Il semble toutefois impossible de ne pas penser aux ghettos juifs ou aux camps de la mort dans certains plans, symbolisme rajouté par Welles puisque le roman de Kafka est antérieur à la Seconde Guerre mondiale. A noter que, dans le roman, Joseph K. (comme Kafka d’ailleurs) est juif et se définit comme tel. La distribution des seconds rôles est prestigieuse et Anthony Perkins fait une superbe prestation, ambigu, équivoque, mal à l’aise. Cette nouvelle vision m’a permis de beaucoup plus apprécier Le Procès qui est une œuvre certes angoissante mais extrêmement forte.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Anthony Perkins, Madeleine Robinson, Jeanne Moreau, Suzanne Flon, Romy Schneider, Billy Kearns, Fernand Ledoux, Akim Tamiroff, Elsa Martinelli, Orson Welles
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Remarques :
* Dans le roman, La parabole de la Loi, que Welles à placée en prologue, est racontée par le prêtre, bien plus tard donc. Hormis ce changement, Welles suit l’ordre des évènements du livre.
* L’explosion finale a souvent été interprétée comme une explosion atomique. Welles se défend d’avoir voulu cela : il s’agit d’une simple explosion.
* Orson Welles dit avoir interprété l’avocat car il ne trouvait aucun acteur pour le faire. Initialement, il avait prévu d’interpréter le prêtre et commencé à tourner en ce sens.
* Le film a été tourné en grande partie à Paris, notamment dans la gare d’Orsay qui était alors désaffectée.

Le procès
Anthony Perkins et Billy Kearns dans Le Procès de Orson Welles.

Lire nos précédents commentaires sur le même film…

12 janvier 2019

Le Val d’enfer (1943) de Maurice Tourneur

Le Val d'enferNoël Bienvenu, patron d’une carrière en Haute-Provence, est veuf et vit avec ses parents. Un ami mourant lui demande de s’occuper de sa fille Marthe, installée à Marseille. Noël découvre qu’elle est sans ressources et lui propose alors de venir vivre chez lui…
Ecrit par Carlo Rim, Le Val d’enfer est un film peu connu de la filmographie de Maurice Tourneur. Il est produit sous l’Occupation par la Continental, société de production aux capitaux allemands. C’est un drame réaliste qui met en scène un homme rude et simple. La description de ses rapports avec sa famille donne presque au film des qualités documentaires : on y voit, par exemple, la mère est très effacée, allant jusqu’à manger sur une chaise en retrait de la table où mangent les hommes. Les rapports entre les personnages sont marqués par une certaine rudesse, la communication étant réduite au minimum. Le fond de l’histoire est assez classique, sur le thème de la femme fatale, et met en valeur les notions du bien et du mal avec, comme lueur, la rédemption, toujours possible. On peut bien entendu voir l’idéologie de Vichy présente, c’est inévitable qu’elle le soit, mais ce serait réducteur de réduire le film qu’à cela. Le Val d’enfer est un film français de qualité, sans doute pas franchement remarquable mais tout de même digne d’intérêt. L’interprétation des quatre rôles principaux est excellente.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ginette Leclerc, Gabriel Gabrio, Gabrielle Fontan, Édouard Delmont
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Le val d'enfer
Gabriel Gabrio et Ginette Leclerc dans Le Val d’enfer de Maurice Tourneur.

Remarque :
Le Val d’Enfer est le nom donné à un lieu bien réel, une vallée de calcaire située en contrebas du village des Baux-de-Provence où des carrières ont été ouvertes.

Le Val d'enfer
Gabrielle Fontan, Édouard Delmont et Ginette Leclerc dans Le Val d’enfer de Maurice Tourneur.