20 novembre 2020

Le Miracle du Saint Inconnu (2019) de Alaa Eddine Aljem

Le Miracle du Saint InconnuPoursuivi par la police, un braqueur cache son butin au sommet d’une petite colline pierreuse dans une fausse tombe, en plein désert marocain. Quand il revient, des années plus tard après avoir purgé sa peine, il découvre qu’un mausolée a été édifié autour de la tombe…
Le Miracle du Saint Inconnu a été écrit et réalisé par le marocain Alaa Eddine Aljem. Il s’agit de son premier long métrage. C’est une fantaisie où l’humour est manié de façon très subtile, se moquant des croyances et des religions sans en cibler une seule, tournant en dérision les comportements figés. Par sa faculté de faire surgir l’humour là on ne l’attend pas, de mettre en scène les situations saugrenues, son cinéma très placide n’est pas sans rappeler celui d’Elie Suleiman. L’ensemble est épuré, sans paroles inutiles. Le film n’est pas exempt de défaut, il est sans doute un peu trop étiré, mais il se montre assez réussi.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Younes Bouab, Salah Ben Saleh, Bouchaib Semmak, Mohammed Nouaimane, Anas El Baz
Voir la fiche du film et la filmographie de Alaa Eddine Aljem sur le site IMDB.
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Le Miracle du Saint InconnuHassan Ben Bdida et Anas El Baz dans Le Miracle du Saint Inconnu de Alaa Eddine Aljem.

3 février 2008

Marock (2005) de Laïla Marrakchi

MarockElle :
Malgré un essoufflement dans le scénario, le premier film de cette jeune réalisatrice marocaine a le mérite de porter un regard inattendu sur le Maroc. Loin des bidonvilles, elle nous plonge de manière assez crue au cœur de la jeunesse dorée de Casablanca qui rêve de plaisirs immédiats (argent, sexe, drogue, musique, vitesse). Ces jeunes de 20 ans ne se posent pas trop de questions sur leur avenir. En parallèle, face à cette grande libéralisation des mœurs, on voit monter l’intégrisme religieux au sein d’une de ces familles bourgeoises. On sent également la grande fracture qui existe en juifs et musulmans. Le Maroc traditionnel des gens défavorisés n’est perçu qu’au travers des domestiques, chauffeurs et jardiniers.
Note : 3 étoiles

Lui :
Marock est un premier film qui a le mérite d’être très original et de nous présenter un visage peu habituel du Maroc. Laïla Marrakchi a choisi de nous montrer l’univers d’une certaine jeunesse dorée de Casablanca dont les principales préoccupations sont les soirées autour de la piscine de papa, les beuveries, les courses de voiture, le flirt avec le voisin ou la voisine, le tout dans un esprit de liberté de mœurs assez prononcé. Maintenant, on peut considérer cette vision soit comme une manifestation de l’émancipation réelle du Maroc, soit comme une preuve d’éloignement de la bourgeoisie aisée de la réalité… Toujours est-il que Marock est franchement inhabituel pour un film marocain et c’est plutôt une bonne chose. Il est dommage que l’ensemble apparaisse si superficiel : l’histoire en elle-même est à l’image de ces jeunes gens… guère passionnante.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Morjana Alaoui, Matthieu Boujenah, Razika Simozrag, Assaad Bouab
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11 janvier 2007

Tenja (2005) de Hassan Legzouli

TenjaElle :
Un road-movie émouvant et incongru pour Nordine, ce marocain émigré qui remonte à la source de ses racines en ramenant le cercueil de son père dans son village natal. Hassan Legzouli filme ce voyage initiatique avec une grande sobriété, beauté et émotion. Il nous propose des rencontres étonnantes et pleines de tendresse tout au long du chemin celle de ce marocain lunaire ou de cette jeune femme mal à l’aise dans son pays. Dans le même temps, il nous fait découvrir le Maroc des grands espaces et du grand Atlas avec ses paysages somptueux. Roschdy Zem et Aure Atika portent le film avec délicatesse et vérité.
Note : 4 étoiles

Lui :
Tenja est à la fois un film sobre mais assez riche, un peu à l’image de son personnage principal qui fait, non sans réticence, un retour forcé aux sources de sa famille jusqu’à un minuscule village dans les montagnes du Maroc. La réussite du film doit beaucoup à son acteur principal, Roschdy Zem, un acteur qui dégage une forte présence à l’écran tout en ayant un jeu assez retenu. Face à lui, Aure Atika montre les mêmes qualités pour interpréter cette jeune marocaine moderne. Pour son premier long métrage, Hassan Legzouli sait éviter tout excès de dramatisation ou d’ostentation. Un film simple, qui ne fera sans doute pas de bruit, mais qui est chargé de sentiments.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Roschdy Zem, Aure Atika, Abdou El Mesnaoui
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5 novembre 2005

Rachida (2002) de Yamina Bachir

Rachida Elle :
Film courageux sur la dénonciation de la terreur qui règne en Algérie. C’est au travers de Rachida, une jeune femme qui a subi la violence terroriste que l’on découvre la vie au quotidien d’un village qui subit les exactions et massacres des islamistes du FIS. Le film est sobrement filmé et parvient à nous faire partager les souffrances et humiliations de ces villageois. La réalisatrice dénonce également le machisme de cette société. Les femmes sont soumises aux hommes, sont répudiées par leur famille si elles sont violées. Malgré cette emprise du voile, de la religion, elles sont très solidaires entre elles et nous livrent quelques joyeux instants de leur vie recluse. On pardonne le manque de professionnalisme des acteurs. On ressort accablé et révolté devant tant d’injustice.
Note : 4 étoiles

Lui :
C’est un film témoignage sur la terreur quotidienne en Algérie, sur ces habitants sous le poids d’une guerre civile qui peut faire irruption chez eux à tout moment. Le film est fait avec peu de moyens et les acteurs jouent effroyablement mal… mais le fond est là qui nous informe et nous permet de mieux comprendre les difficultés que peuvent avoir les habitants à surmonter tout cela.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Ibtissem Djouadi
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10 septembre 2005

La saison des hommes (2000) de Moufida Tlatli

La Saison des HommesElle :
Regard lucide et douloureux d’une cinéaste engagée sur l’asservissement des femmes tunisiennes aux hommes. Peu de dialogues, de beaux portraits de femmes qui subissent en silence la loi de leurs maris et de leur belle famille. Elle tire ce constat amer en observant la vie d’une mère et ses deux filles. On passe de la vie de la jeune mariée de qui on attend un fils à sa vie de mère vieillissante à l’époque contemporaine. Ses filles ont grandi et portent sur leurs épaules leur solitude, leur angoisse des hommes, leur impossibilité de libérer leur corps et leur âme. Aucun progrès n’est constaté dans l’émancipation de la femme durant toutes ces années. Ce constat d’échec est filmé avec une grande tendresse pour ces femmes.
Note : 4 étoiles

Lui : (pas vu)

Acteurs: Rabia Ben Abdallah, Sabah Bouzouita, Ghania Benali
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