Au début des années cinquante, un petit groupe de pilotes, vétérans de la Seconde Guerre mondiale, font du transport de fret dans le Grand Nord canadien. L’un des avions est contraint de se poser en catastrophe dans une région non répertoriée sur les cartes. L’équipage n’a que peu de vivres et le froid est extrême. Les autres pilotes se lancent à leur recherche… Aventure dans le Grand Nord (Island in the Sky) est un film américain réalisé par William A. Wellman. Le scénario est adapté d’un roman d’Ernest Kellogg Gann, lui-même aviateur chevronné (tout comme William A. Wellman, qui fut pilote pendant la Première Guerre mondiale). Le roman est basé sur une histoire vraie. De l’ensemble se dégage une impression d’authenticité, d’autant plus forte qu’il n’y a aucune scène romantique pour l’édulcorer. Hormis John Wayne, également coproducteur, le casting se compose principalement de bons acteurs de série-B. La photographie en noir et blanc est assez remarquable. L’année suivante, William A. Wellman adaptera un autre roman d’Ernest Kellogg Gann, une histoire assez similaire avec de nouveau John Wayne : Ecrit dans le ciel (The High and Mighty, 1954). Ces deux films précèdent de deux décennies la vogue des films-catastrophe d’aviation des années soixante-dix (Airport, etc.) Elle: – Lui :
Lecteurs : (3 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Le britannique Dascom Dinsmore est opérateur radio dans une base isolée du Labrador au nord du Canada et s’ennuie à mourir. Il commence à devenir fou à force de ne pas voir une femme, lorsqu’un aviateur fait un atterrissage d’urgence près de sa base. Dascom découvre qu’il est accompagné d’une jeune femme ravissante, Irene, dont il tombe amoureux instantanément. Il va tout faire pour que cette dernière reste avec lui… Une femme qui tombe du ciel (Petticoat Fever) est un film américain réalisé par George Fitzmaurice. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce de l’américain Mark Reed, ce qui est assez perceptible car (presque) tout se déroule dans un seul décor. Cette cabane isolée apporte une touche de nouveauté dans un schéma classique de comédie et l’humour exploite bien son originalité. Les dialogues prennent une coloration d’incongruité et l’ensemble se révèle amusant. Le casting est de bon niveau. Très plaisant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Robert Montgomery, Myrna Loy et Reginald Owen dans Une femme qui tombe du ciel (Petticoat Fever) de George Fitzmaurice. (une des rares scènes en dehors de la cabane)
La paisible vie domestique de Buck, un chien au grand cœur, bascule lorsqu’il est brusquement arraché à sa maison en Californie et se retrouve enrôlé comme chien de traîneau dans les étendues sauvages du Yukon canadien pendant la ruée vers l’or des années 1890… L’Appel de la forêt est adapté du célèbre livre de Jack London paru en 1903. Cette version issue des studios Disney est plus particulièrement destinée aux enfants ; l’histoire est donc plutôt édulcorée, toute cruauté a été gommée et la lutte pour la vie est devenue un parcours d’intégration. L’accent est mis sur l’anthropomorphisme, le chien Buck se comportant comme un humain, capable de comprendre beaucoup et même plus. La réalisation technique est parfaite, le chien est réalisé en image de synthèse avec une parfaite intégration à l’image. Les décors de nature sont très beaux. Toute la première partie est ainsi vraiment époustouflante et suscite l’émerveillement. L’intérêt s’essouffle quelque peu dans la seconde partie avec Harrison Ford mais il y a là de quoi ravir les petits enfants. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Pour faciliter le jeu des acteurs, de nombreuses scènes ont été tournées avec un acteur prenant la place du chien. Il s’agit du cascadeur et gymnaste Terry Notary (que l’on a vu dans The Square), grand spécialiste de la gestuelle animale. Il a ensuite été remplacé par le chien créé par ordinateur.
Harrison Ford dans L’appel de la forêt (The Call of the Wild) de Chris Sanders.
1892, Saint-Pétersbourg. Sacha, une jeune fille de l’aristocratie russe, admire son grand-père, l’explorateur Oloukine, disparu lors de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Lorsque sa réputation est ternie par un odieux conseiller du tsar, la jeune Sacha décide de partir vers le Grand Nord à la recherche du magnifique bateau qu’il avait conçu, le Davaï…
Sur une idée originale de la scénariste Claire Paoletti, complétée avec l’aide Patricia Valeix et Fabrice de Costil, Tout en haut du monde est un beau et exaltant récit à la Jules Verne. L’obstination de cette intrépide jeune fille nous la rend très sympathique et le scénario longuement mûri est une perfection d’équilibre. L’univers picaresque nous enveloppe avec douceur. C’est un dessin animé en aplats de couleurs, entièrement fait sur ordinateur, dont la simplicité de l’animation est largement compensée par une belle harmonie des couleurs. Un vrai bonheur visuel. Le charme agit rapidement. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Leo Vincey apprend de son oncle mourant l’existence d’un lointain ancêtre qui portait le même nom que lui et auquel il ressemble fortement. Cet ancêtre a disparu lors d’une expédition pour trouver la source d’une flamme qui procure la vie éternelle. Il décide alors de reprendre cette quête vieille de 500 ans… She, le fascinant roman de H. Rider Haggard, a tout pour attirer les producteurs de cinéma. Auréolé de son succès avec King Kong, Merian C. Cooper paraissait le producteur idéal pour adapter cette histoire qui mêle fantastique et paganisme et le budget alloué fut important. Hélas, l’adaptation de She à l’écran se révèle plutôt décevante. Le manque de présence des acteurs est indéniablement l’une des raisons. Le film aurait sans doute été tout autre avec Greta Garbo que Merian C. Cooper voulait (mais la MGM a refusé de la prêter) et Randolph Scott, l’éternel cow-boy, est un peu terne. Mais la principale raison est certainement la difficulté à recréer tout le mystère du roman dont le charme repose beaucoup sur sa capacité à faire travailler notre imagination. Il nous reste tout de même les décors grandioses, le côté civilisation perdue est visiblement d’inspiration égyptienne, et les effets spéciaux telle cette impressionnante avalanche de glace (est-ce pour cette raison que l’intrigue a été déplacée d’Afrique en zone arctique ?) Le film n’eut pas le succès escompté à sa sortie. Il apparaît être toutefois la meilleure adaptation connue du roman. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Irving Pichel chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Le film a été considéré comme perdu dans un incendie à la RKO dans les années cinquante. Si on peut le voir aujourd’hui, c’est grâce à Buster Keaton qui en avait une copie dans son garage.
* She sera l’unique film d’Helen Gahagan. L’ancienne chanteuse de Broadway entrera en politique dans les années quarante et siègera au Congrès de 1945 à 1951 (Parti démocrate).
* She sera l’unique long métrage réalisé par Lansing C. Holden que Cooper avait connu pendant la guerre, tous deux étant pilote d’avion.
* She devait être initialement tourné en couleurs et costumes et décors furent prévus en ce sens. Juste avant le tournage, les patrons de la RKO ont décidé qu’il serait tourné en noir et blanc pour réduire le budget.
* Le film a été récemment colorié.
* Le costume de la reine Ayesha (à droite) lors de la scène du jugement a indéniablement inspiré les dessinateurs des studios Walt Disney pour la reine sorcière de Blanche Neige et les Sept Nains.
* Les superbes décors sont l’oeuvre de Van Nest Polglase, directeur artistique et décorateur qui aura une belle et longue carrière : il travaillera pour Welles (Citizen Kane), Hitchcock, etc. A la tête du Art Department de la RKO, il participera à de très nombreux projets (env. 350 films entre 1933 et 1956 d’après IMDB).
Helen Gahagan et Randolph Scott dans She, La Source de feu de Lansing C. Holden et Irving Pichel.
(figurant), Julius Adler, (figurant), Helen Mack et Nigel Bruce dans She, La Source de feu de Lansing C. Holden et Irving Pichel.
Adaptations du roman de H. Rider Haggard :
**** Muet (perdus pour la plupart) :
– La Danse du feu de Georges Méliès (1899) avec Jeanne D’Alcy (1 mn)
– She de Edwin S. Porter (1908) avec Florence Auer
– She de George Nichols (1911) avec Marguerite Snow
– She de William Barker (UK, 1916) avec Alice Delysia
– She de Kenean Buel (1917) avec Valeska Suratt
– She de Leander De Cordova et G.B. Samuelson (1925) avec Betty Blythe
**** Parlant :
– La Source de feu (She) de Lansing C. Holden et Irving Pichel (1935) avec Helen Gahagan
– La Déesse de feu (She) de Robert Day (1966) avec Ursula Andress
– La déesse des sables (The Vengeance of She) de Cliff Owen (1968) avec Olga Schoberová
– She de Avi Nesher (Italie, 1984) avec Sandahl Bergman
– She de Timothy Bond (2001) avec Ophélie Winter.
Dans le Grand Nord, un homme sans scrupule tente de cambrioler un saloon et se comporte avec les femmes avec une certaine brutalité… Dans Frigo l’esquimau (The Frozen North), Buster Keaton se moque de William S. Hart, acteur célèbre de l’époque qui interprétait dans tous ses films un cowboy jouant au dur (1). Il y a beaucoup de belles trouvailles de gags, de nombreux détournements d’objets. L’ensemble est très inventif. Quelques éléments ont probablement inspiré Chaplin pour sa Ruée vers l’Or. L’enchainement des scènes est parfois surprenant mais nous en avons l’explication à la toute fin. On remarquera les petits clins d’œil à Theda Bara et à Erich von Stroheim (Folies de femmes venait de sortir).
(Court métrage de 17 minutes.) Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) William S. Hart avait publiquement condamné Fatty Arbuckle, ancien partenaire et ami de Buster Keaton, dans l’affaire qui mit fin à sa carrière (une jeune fille avait été retrouvée morte chez Fatty dans une de ses soirées débridées). Keaton avait donc de bonnes raisons de vouloir se moquer de lui.
Remarque :
Il est probable que la version de 17 minutes qui est parvenue jusqu’à nous soit une version incomplète. Il manquerait 3 minutes.