La cinquantaine frémissante, Gloria est une femme farouchement indépendante. Tout en étant seule, elle s’étourdit, la nuit, dans les dancings pour célibataires de Los Angeles, en quête de rencontres de passage. Jusqu’au jour où elle croise la route d’Arnold… Gloria Bell est un film dramatique américano-chilien écrit et réalisé par Sebastián Lelio. Il s’agit d’un remake du film chilien Gloria du même réalisateur, sorti en 2013. Ne l’ayant pas vu, je ne saurais dire s’il nécessitait un remake mais les déclarations du cinéaste laissent à penser que c’est surtout l’opportunité de tourner avec Julianne Moore qui l’a attiré dans ce projet. L’actrice est de tous les plans (ce n’est pas une formule, je n’arrive pas à me souvenir d’un seul plan, même court, sans elle) et elle fait corps avec son personnage. Julianne Moore s’acquitte aisément, mais sans la brillance attendue, de ce tour de force mais le problème est plutôt du côté du scénario qui manque de profondeur. Le récit paraît étiré et ne présente rien de nouveau après la première moitié du film. La musique est insupportable (à nos oreilles, du moins, le réalisateur dit aimer tous les morceaux). L’ensemble est décevant. Elle: Lui :
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New York. Une vague mystérieuse de violence vient de s’abattre sur Chinatown. Récemment muté dans le quartier, le capitaine Stanley White, un vétéran du Vietnam au tempérament bien trempé, penche pour la théorie du développement d’une mafia chinoise… L’année du dragon est un film américain réalisé par Michael Cimino. C’est l’adaptation du roman Year of the Dragon de Robert Daley, avec un scénario écrit conjointement par Cimino et Oliver Stone. Cinq ans après le périlleux (mais brillant) La Porte du paradis, Michael Cimino retrouve le chemin de la réalisation avec cette plongée fascinante et anxiogène dans les méandres du Chinatown new-yorkais. Michael Cimino explore une nouvelle facette de l’Amérique : le melting-pot et la place des communautés. Le film fut taxé de racisme à sa sortie alors que le cinéaste dénonce les stéréotypes : il souligne (avec insistance) le manque de reconnaissance envers la communauté chinoise qui a aidé à construire les Etats-Unis. Michael Cimino a été impressionné par le Scarface de Brian de Palma (1982), ce qui le pousse à placer des scènes de déchaînement de violence comme celle du restaurant. Mickey Rourke fait une belle prestation, avec une grande présence à l’écran. Il est rare de le voir si bien utilisé. Les rôles secondaires sont en revanche un peu ternes. Le happy-end final peut paraitre bien conventionnel et révèle les intentions commerciales. Le film n’a pas la brillance des réalisations précédentes de Cimino mais il est doté d’une indéniable force. Elle: – Lui :
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Chris, une jeune fille de 18 ans issue d’un milieu aisé, passe des vacances à Saint-Tropez avec sa mère. Dépourvue de scrupules et sûre de sa sensualité, elle sème le trouble chez les hommes, ceux en couple de préférence. Le seul qui lui résiste est Romain, un dandy qui fournit les riches plaisanciers en jeunes vacancières naïves. Romain n’a d’yeux que pour la mère de Chris… L’année des méduses est un film français écrit et réalisé par Christopher Frank, adaptation de son propre roman. Le film se voulait transgressif à sa sortie, à la fois par son vénéneux personnage principal et par l’abondance de seins nus exhibés ; les réactions outragées firent la publicité du film. Vu avec le recul, le film paraît bien pauvre dans son scénario, très mal joué et sans intérêt. Elle: – Lui :
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A Paris, dans le quartier du parc Monceau, un étudiant en droit prépare ses examens tout en fréquentant les cafés avec un camarade. Il croise fréquemment une jeune femme blonde qui lui plaît mais n’ose cependant pas l’aborder. Un jour pourtant, il engage la conversation et croit dès lors la rencontre bien engagée… La Boulangère de Monceau est un court métrage français de 22 minutes écrit et réalisé par Éric Rohmer. C’est le premier de ses Six Contes moraux : il sera suivi de cinq longs métrages sur presque dix ans. Il comporte déjà le canevas commun aux six films, ainsi défini par Rohmer : « Tandis que le narrateur est à la recherche d’une femme, il en rencontre une autre qui accapare son attention jusqu’au moment où il retrouve la première. » Il faut ajouter que l’autre femme est toujours contraire aux principes du personnage. Ainsi, le jeune étudiant considère que la jeune boulangère n’est pas de son monde, il n’a que du mépris pour elle et fait preuve d’un cynisme odieux. Le cinéaste montre sans porter de jugement : on peut aussi bien imaginer qu’il s’identifie au personnage principal ou alors qu’il le condamne. Même s’il manque de complexité du fait de son format court, La Boulangère de Monceau préfigure entièrement la série des Contes moraux. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Le rôle principal est tenu par le futur réalisateur Barbet Schroeder, la voix-off du narrateur est celle du jeune Bertrand Tavernier (difficile à reconnaitre).
Barbet Schroeder et Claudine Soubrier dans La Boulangère de Monceau de Éric Rohmer.
Frédéric, associé dans un cabinet d’affaires, marié et père d’un enfant, aime sa femme Hélène, professeure d’anglais. Pourtant depuis quelque temps, il médite sur son rapport aux femmes, à la sienne et à celles qu’il croise dans sa vie quotidienne. Il ressent aussi une angoisse discrète l’après-midi. Un jour, Chloé, ancienne maîtresse d’un de ses amis de jeunesse, reprend contact avec lui… L’Amour l’après-midi est un film français écrit et réalisé par Éric Rohmer. Il s’agit du sixième et dernier des Six contes moraux. Le dilemme ici exposé est celui d’un trentenaire, à la vie bien rangée, perturbé par l’irruption d’une jeune femme très libre, tout à l’opposé de son mode de vie. La jeune Chloé incarne l’irrégularité, le désordre, alors que la vie de Frédéric est d’une régularité presque monacale (Chloé est l’archétype séduisant de la jeune femme soixante-huitarde, qui peut paraître un peu daté aujourd’hui). Comme dans les autres Contes moraux, l’ensemble est très écrit, très littéraire, d’un beau classicisme, avec des personnages qui semblent au dessus de toute préoccupation matérielle. Le dénouement très moral peut surprendre mais Rohmer ne cherche pas à nous convaincre dans ses Contes moraux, il se place (et nous place) en observateur. De plus, il ne faut pas considérer cette fin sur le plan de la moralité dite bourgeoise mais plutôt sur un aboutissement du schéma récurrent dans ces Contes, un homme plutôt solitaire, qui s’est formé une sorte de carapace pour dominer sa vie (et, dans une certaine mesure, les autres), se retrouve victime d’une attirance qui est contraire à ses choix. S’il est question de moralité, c’est donc d’une moralité personnelle dont il est question. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Dans la « séquence du rêve », Éric Rohmer fait appel à des acteurs qui avaient tenu les rôles principaux des précédents Contes moraux avec une référence directe au film en question. Il s’agit de Françoise Fabian (de Ma nuit chez Maud), Marie-Christine Barrault (de Ma nuit chez Maud), Haydée Politoff (de La Collectionneuse), Laurence de Monaghan (de Le Genou de Claire), Gérard Falconetti (de Le Genou de Claire), Aurora Cornu (de Le Genou de Claire), Béatrice Romand (de Le Genou de Claire).
* On remarquera Claude-Jean Philippe dans un petit rôle (le mari du couple d’amis invité à dîner).
* Le scénario de Je crois que j’aime ma femme (I Think I Love My Wife, 2007), produit et réalisé par l’acteur comique américain Chris Rock, a été librement adapté de L’Amour l’après-midi, avec la participation du comique Louis C.K.
Zouzou et Bernard Verley dans L’amour, l’après-midi de Éric Rohmer.
Dans un petit village du nord-est de l’Inde, de nos jours, quatre femmes osent s’opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d’amour et d’ailleurs… La Saison des femmes est un film indien, écrit et réalisé par Leena Yadav. Après les séries et deux réalisations Bollywoodiennes, la réalisatrice indienne se tourne vers le cinéma indépendant pour signer un film plus personnel. Il s’agit d’un récit de fiction qui traduit hélas une réalité, témoignage de la position des femmes dans la société indienne. Le récit est édifiant. La réalisatrice a eu beaucoup de difficultés à tourner (1) et n’a pu trouver d’autres producteurs que son mari. Elle a su ne pas trop alourdir son propos et même placer des notes d’humour. Mais son message passe bien, on ne peut qu’être indigné et consterné devant tant d’archaïsme. Elle: Lui :
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(1) « Lors de nos repérages pour les scènes en extérieur, nous avons visité une bonne trentaine de villages (…). On nous a interdit d’y tourner, car les villageois n’approuvaient pas qu’une femme (moi, en l’occurrence) dirige une équipe, porte des pantalons, ne se couvre pas la tête et parle ouvertement aux hommes », raconte la réalisatrice. « Contre toute attente, ce sont les hommes de la jeune génération, ceux qui sont aux commandes aujourd’hui, qui ont eu le plus de mal à accepter une femme émancipée comme chef d’équipe ».
Radhika Apte, Surveen Chawla et Tannishtha Chatterjee dans La Saison des femmes (Parched) de Leena Yadav.
A Paris 13e, dans le quartier des Olympiades, Émilie rencontre Camille, qui est attiré par Nora, qui elle-même croise le chemin d’Amber. Trois filles et un garçon. Ils sont amis, parfois amants, souvent les deux… Les Olympiades est un film français réalisé par Jacques Audiard, adaptation de trois nouvelles de l’auteur américain de bandes dessinées Adrian Tomine (1), auteur que Jacques Audiard apprécie pour ses récits « pleins de réel, avec des personnages de paumés, en quête de quelque chose qu’ils ne peuvent totalement définir. » Ce regard sur notre époque tranche quelque peu avec ses films précédents : le cinéaste se penche sur les sentiments, la recherche d’un équilibre personnel, sans se priver d’un certain humour dans son regard. La sexualité est très présente mais Jacques Audiard sait donner la juste place à ses images les plus charnelles, avec une intelligence que l’on ne retrouve pas toujours dans le cinéma. La photographie en noir et blanc est absolument superbe, exploitant la photogénie de ce quartier parisien mais aussi celle de ses personnages. Du grand art. Elle: Lui :
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(1) L’adaptation porte sur trois nouvelles en bandes dessinées d’Adrian Tomine, Amber Sweet, Killing and Dying et Hawaiian Getaway, que l’on peut retrouver dans le recueil Killing and Dying (en français : Les Intrus, éditions Cornélius, 2015).
Jacques Audiard a écrit l’adaptation avec les réalisatrices Léa Mysius et Céline Sciamma.
Lucie Zhang et Makita Samba dans Les Olympiades de Jacques Audiard.
Noémie Merlant dans Les Olympiades de Jacques Audiard.
Berlin, 1948. Phoebe Frost (Jean Arthur), membre d’une délégation du Congrès américain, enquête sur le moral des soldats qui occupent la ville. Très vite, elle découvre qu’ils prennent du bon temps et que l’un d’eux a une liaison avec une femme soupçonnée d’être une ancienne nazie… La Scandaleuse de Berlin est un film américain réalisé par Billy Wilder. Il en a cosigné le scénario avec son compère Charles Brackett et Richard L. Breen (aucun lien avec le sinistre Joseph Breen) d’après une histoire de David Shaw. C’est alors qu’il était en Europe au lendemain de la guerre pour rechercher sa famille (1) et tourner pour le gouvernement américain un court métrage sur les camps de la mort (Death Mills, 1945) qu’il eut l’idée de départ de La Scandaleuse de Berlin. Les conséquences de la guerre et de la dénazification n’est pas un sujet qui prête à la légèreté et pourtant Billy Wilder réussit à en faire une comédie tout en restant ancré dans la réalité, ce qui est remarquable. L’équilibre est parfait. Les vues extérieures ont été tournées sur place dans un Berlin en ruines, tout le reste étant fait en studio à Hollywood. Le cinéaste introduit très habilement une critique du puritanisme alors en grande vogue aux Etats-Unis. Si le scénario est vraiment brillant, l’interprétation n’est qu’adéquate. Farouche opposante au nazisme (2), Marlene Dietrich n’a accepté qu’à contre-cœur d’interpréter une ancienne nazie et elle ne montre aucune ardeur. Face à elle, John Lund est bien terne. Le tournage fut tendu du fait de rivalités entre Marlene Dietrich et Jean Arthur. Mais cela n’oblitère en rien la réussite de l’ensemble. Plutôt ignoré par la critique à sa sortie, parfois même accusé d’anti-américanisme aux Etats-Unis, le film dut attendre les années 1980 pour être reconsidéré. Elle: Lui :
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Marlene Dietrich, John Lund et Jean Arthur dans La Scandaleuse de Berlin (A Foreign Affair) de Billy Wilder.
Billy Wilder et Marlene Dietrich sur le tournage de La Scandaleuse de Berlin (A Foreign Affair) de Billy Wilder.
Remarque :
* Par certains côtés, le scénario évoque celui de Ninotchka de Lubitsch (1939), également scénarisé par Billy Wilder et Charles Brackett, le personnage tenu par Jean Arthur étant à rapprocher à celui tenu par Greta Garbo (une femme très rigide dans ses convictions qui s’éveille à l’amour).
(1) La famille de Billy Wilder a disparu dans les camps.
(2) Pendant la guerre, Marlene Dietrich a fait partie des acteurs/actrices les plus actifs dans les tournées USO pour remonter le moral des troupes américaines.
Un foreur de pétrole débarque à Marseille du fin fond de l’Oklahoma pour soutenir sa fille qu’il connait à peine. Elle purge une peine de prison, accusée d’un crime qu’elle nie avoir commis. Confronté au barrage de la langue, aux différences culturelles et à un système juridique complexe, Bill met un point d’honneur à innocenter sa fille. Au cours de ce cheminement, il va se lier d’amitié avec une jeune femme marseillaise, actrice de théâtre, et avec sa petite fille… Stillwater est un film américain réalisé par Tom McCarthy. Ecrit par les américains Marcus Hinchey et Tom McCarthy assistés par les français Thomas Bidegain et Noé Debré, le scénario s’inspire de l’affaire Amanda Knox (1). Mais ce n’est pas tant cet aspect qui est central, qualifier le film de « thriller » est inapproprié. Le récit se concentre plutôt sur la confrontation de deux mentalités (Etats-Unis vs. Europe) et de deux milieux sociaux, et sur des rapports père/fille rendus délicats par un passé houleux. C’est la lente prise de conscience d’un roughneck(2) et de son ouverture aux autres. L’interprétation de Matt Damon est excellente. Tout cela serait parfait si le film n’est pas si long, répétitif et souvent trop appuyé. Elle: – Lui :
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(1) L’affaire Amanda Knox s’est déroulée en 2007, non pas à Marseille mais en Italie, à Pérouse. (2) Le terme « roughneck » (variation de « redneck ») désigne les personnes qui travaillent sur les puits de pétrole et, par extension, les personnes qui font un travail manuel difficile. (Lu sur Wikipedia)
Matt Damon dans Stillwater de Tom McCarthy. Lilou Siauvaud et Camille Cottin dans Stillwater de Tom McCarthy.