12 mai 2022

Les garçons et Guillaume, à table! (2013) de Guillaume Gallienne

Les garçons et Guillaume, à table!Dès son plus jeune âge, Guillaume est persuadé d’être une fille, notamment par des propos de sa mère comme « Les garçons et Guillaume, à table ! ». Sa famille, les personnes qu’il rencontre, sont convaincues qu’il est homosexuel…
Les Garçons et Guillaume, à table ! est une comédie écrite, réalisée et interprétée par Guillaume Gallienne. C’est un film autobiographique sur son rapport à sa mère, le quiproquo sur son genre et son amour des femmes en général. La forme est originale puisque le récit est structuré autour d’extraits de la pièce d’origine, intelligemment mêlés à l’ensemble. Il prend ainsi la forme d’une suite de saynètes, souvent hilarantes mais aussi touchantes. L’humour est assez fin, sans aucune lourdeur. L’histoire est assez inhabituelle, Guillaume Gallienne la définit comme un « coming-out inversé ». C’est aussi et surtout une belle déclaration d’amour à sa mère. Il réalise une prouesse au niveau de l’interprétation (la surprise est immense quand on ne le sait pas à l’avance). Le film a connu un succès mérité avec plusieurs récompenses à la clef.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian
Voir la fiche du film et la filmographie de Guillaume Gallienne sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Guillaume Gallienne chroniqués sur ce blog…

Les garçons et Guillaume, à table!Guillaume Gallienne dans Les garçons et Guillaume, à table! de Guillaume Gallienne.

13 février 2022

Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (1982) de Jean Yanne

Deux heures moins le quart avant Jésus-ChristAu temps de l’Empire romain, un modeste fabricant de chars, Ben-Hur Marcel, se retrouve victime d’une machination politique visant Jules César alors que Cléopâtre arrive en visite à Rome…
Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ est un film français écrit et réalisé par Jean Yanne. A sa sortie, cette superproduction comique a été méprisée par la critique et les cinéphiles (moi le premier, je l’avoue) tout en remportant un grand succès en salles. Pourtant, le film est assez réussi et amusant. Comparé à La Vie de Brian des Monty Python sorti trois ans plus tôt, il est bien entendu beaucoup moins subtil et moins bien dosé dans son humour. Jean Yanne appuie toujours très fort sur la pédale. Ici, il multiplie les anachronismes, à tel point qu’ils perdent parfois de leur efficacité. Le film apparaît comme une suite d’anachronismes. D’autre part, il était certainement un peu facile de faire jouer à Michel Serrault un Jules César homosexuel pour surfer sur le succès de La Cage aux folles 1 et 2 (1978 et 1980)… Heureusement les acteurs sont excellents et participent joyeusement au délire. Seul le personnage de Cléopâtre est pénible à voir (enfin, surtout à entendre), interprété par Mimi Coutelier, la compagne de Jean Yanne qui a également fait les (innombrables) costumes… mais qui n’est manifestement pas actrice. L’ensemble fait passer un bon moment. Ce sixième long métrage réalisé par Jean Yanne sera son plus grand succès.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Coluche, Michel Serrault, Jean Yanne, Françoise Fabian, Michel Auclair, Darry Cowl, Paul Préboist, Daniel Emilfork, André Pousse
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean Yanne sur le site IMDB.

Voir les livres sur Jean Yanne

Remarques :
* Tout en moquant de la publicité, Jean Yanne parvient à faire un nombre de placements de produits ahurissant. Souvent, les noms sont romanisés. Parfois, c’est inséré très grossièrement (par exemple, le paquet de cigarettes montré en gros plan).
* Le premier montage durait deux heures. Suite au refus de Jean Yanne de réduire cette durée, le producteur fit enlever une bobine entière de 20 minutes (procédé passablement radical évitant un nouveau montage). Cette partie coupée montrait les tractations avant les jeux du cirque.

Deux heures moins le quart avant Jésus-ChristColuche dans Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne.

22 octobre 2019

Michel Strogoff (1956) de Carmine Gallone

Michel StrogoffAlors que son autorité en Sibérie est menacée par le soulèvement des Tartares, le tsar charge Michel Strogoff d’aller porter une lettre à Irkoutsk à son frère le grand-duc. Il doit traverser toute une région sous le contrôle du rebelle Féofor Khan en se faisant passer pour un négociant en tissus accompagné de sa femme…
Grand film commercial des années cinquante, cette nouvelle adaptation du roman de Jules Verne est une production franco-italienne tourné en Yougoslavie. Reprenant les temps forts du roman, le scénario est conçu pour offrir un grand film d’aventures à un public large, y compris aux très jeunes. La mise en scène n’est pas particulièrement remarquable, l’ensemble est trop statique et c’est particulièrement net dans les quelques (courtes) scènes de batailles filmées en plans fixes, sans découpage, où les nombreux figurants ne miment qu’à peine le combat. En revanche, nous avons de belles chevauchées à admirer. Bien qu’un peu âgé pour le rôle, Curd Jürgens est plutôt crédible en Michel Strogoff. Cette adaptation par Carmine Gallone manque cruellement de souffle mais cela ne l’a pas empêché de connaitre un grand succès commercial en Europe.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Curd Jürgens, Geneviève Page, Jacques Dacqmine, Sylva Koscina, Gérard Buhr, Françoise Fabian
Voir la fiche du film et la filmographie de Carmine Gallone sur le site IMDB.

Voir les autres films de Carmine Gallone chroniqués sur ce blog…

Michel StrogoffValéry Inkijinoff et Curd Jürgens dans Michel Strogoff de Carmine Gallone.

Principales adaptations :
(les deux premières sont généralement considérées comme étant les meilleures)
Michel Strogoff de Victor Tourjansky (France, 1926) avec Ivan Mosjoukine (muet)
Michel Strogoff de Jacques de Baroncelli (France, 1935) avec Anton Walbrook (+ 1 version anglaise et 1 version allemande)
Michel Strogoff de Carmine Gallone (1956) avec Curd Jürgens
Le Triomphe de Michel Strogoff de Victor Tourjansky (France, 1961) avec Curd Jürgens
Michel Strogoff  de Eriprando Visconti (1970) avec John Philip Law

23 septembre 2019

La Bonne Année (1973) de Claude Lelouch

La Bonne annéeLe gangster Simon prépare avec un complice le hold-up d’une bijouterie à Cannes. Lors des repérages, il remarque Françoise qui tient une boutique d’antiquités. Il va tout faire pour la rencontrer…
Ecrit et réalisé par Claude Lelouch, La Bonne Année introduit une histoire d’amour dans un film de casse. Le cinéaste porte également un regard sur les changements de société qui s’opéraient en ce début des années soixante-dix. Il crée une opposition entre les deux personnages principaux : Françoise est une femme cultivée et indépendante, bien décidée à être maître de son destin alors que Simon est très traditionnel dans ses principes. Comme s’il craignait de prendre parti, Lelouch laisse la fin ouverte. Le plus réussi est la mise en images de cet amour naissant entre deux personnes que tout oppose. La caméra de Claude Lelouch est très mobile et fait preuve de virtuosité lors de longs plans-séquences (tel celui où Françoise doit ranger son appartement à toute vitesse). L’ensemble est léger et plaisant… mais certains pourront lui reprocher des longueurs et une certaine vacuité.
Elle: 4 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs : Lino Ventura, Acteurs: Lino Ventura, Françoise Fabian, Charles Gérard, André Falcon
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Lelouch sur le site IMDB.

Voir les autres films de Claude Lelouch chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Claude Lelouch

La Bonne annéeLino Ventura et Françoise Fabian dans La Bonne Année de Claude Lelouch.

Remarques :
* Assez étrangement, le générique de début s’inscrit sur les images et la musique de la scène finale d’Un homme et une femme (Claude Lelouch, 1966)… avant que l’on découvre qu’il s’agissait en fait d’un film diffusé à des prisonniers.
* Claude Lelouch ne cache pas son aversion pour les intellectuels. Sa mention des mauvaises critiques reçues pour Un homme et une femme est particulièrement évidente lors de la scène très caricaturale du repas.

La Bonne annéeFrançoise Fabian dans La Bonne Année de Claude Lelouch.

30 août 2018

Maigret voit rouge (1963) de Gilles Grangier

Maigret voit rougeA Paris, un soir, trois hommes dans une voiture américaine tirent sur un homme qui sort de chez lui. Quelques minutes plus tard, l’homme est ramassé par un autre véhicule, presque sous les yeux d’un inspecteur de police…
Adapté du roman de Georges Simenon Maigret, Lognon et les Gangsters, Maigret voit rouge est le troisième (et ultime) film où Jean Gabin incarne le commissaire Maigret. C’est le moins convainquant des trois. L’histoire, guère crédible, joue sur le contraste entre les méthodes brutales américaines et une relative bonhommie française. Gabin compose un Maigret fatigué et montre une grande sobriété dans son jeu. Il n’a pas la présence qu’il montrait dans les opus précédents. Les dialogues sont, eux aussi, moins remarquables (Michel Audiard n’est pas cette fois de la partie). En revanche, la photographie de Louis Page est assez belle.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Françoise Fabian, Roland Armontel, Paul Frankeur, Edward Meeks, Michel Constantin
Voir la fiche du film et la filmographie de Gilles Grangier sur le site IMDB.

Voir les autres films de Gilles Grangier chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Gilles Grangier

Maigret voit rouge
Jean Gabin et Françoise Fabian (et Edward Meeks dans le cadre) dans Maigret voit rouge de Gilles Grangier.

26 juin 2016

L’Américain (1969) de Marcel Bozzuffi

L'américainAprès onze ans passés aux Etats-Unis, Bruno revient dans sa ville natale Rouen et retrouve ses amis qui ont changé… L’Américain est l’unique réalisation de l’acteur Marcel Bozzuffi. Il a écrit lui-même le scénario de cette chronique au ton très juste sur le temps qui passe. Il se dégage une certaine mélancolie, voire nostalgie d’une période pleine d’insouciance et d’amitiés fortes. Les amis se sont séparés, certains partant à la guerre (d’Algérie), d’autres suivant leur chemin propre. Ces chemins sont très différents les uns des autres. Peut-on rester en symbiose avec les mêmes personnes avec le temps qui passe ? Ah, voilà une bonne question que l’on a tous été amené à se poser à un moment ou à un autre… L’américain peut également être vu comme un portrait de la France des années soixante marquée par la monotonie des vies et le manque d’opportunités, sur fond de déchirement dû à la guerre d’Algérie. Outre sa femme Françoise Fabian, Marcel Bozzuffi a réuni un beau plateau d’acteurs. Jean-Louis Trintignant marque le film par sa présence et lui donne toute son assise. L’Américain est un film très personnel, franchement atypique à son époque, que ce soit par son sujet, son rythme assez lent, ou le simple fait d’être réalisé par un acteur. Il mérite vraiment d’être découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean-Louis Trintignant, Bernard Fresson, Marcel Bozzuffi, Simone Signoret, Rufus, Françoise Fabian, Jean Bouise
Voir la fiche du film et la filmographie de Marcel Bozzuffi sur le site IMDB.

Remarque :
* On pourra remarquer une petite apparition de José Artur (il est l’un des joueurs de poker).

L'américain
Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian dans L’Américain de Marcel Bozzuffi.

24 janvier 2012

Je n’ai rien oublié (2010) de Bruno Chiche

Je n'ai rien oubliéLa famille de Thomas, fils d’un riche industriel, a toujours employé son ami d’enfance Conrad, fils d’un domestique enfui. Lorsque celui-ci met accidentellement le feu à la résidence de vacances dont il avait la garde, la famille voit d’un mauvais œil le retour de cet homme qui a maintenant des comportements erratiques. Elvira, matriarche autoritaire, décide néanmoins de l’héberger dans une dépendance du château… Je n’ai rien oublié est adapté d’un roman de l’écrivain suisse Martin Suter. Si l’on est pressé, on peut le définir comme un thriller psychologique mais ce n’est pas vraiment l’intrigue qui fait l’attrait de ce troisième film de Bruno Chiche : le fond de cette histoire est difficilement crédible. En revanche, Bruno Chiche parvient à créer un climat, à entretenir un certain suspense et surtout à traiter avec délicatesse et sans pathos de la maladie d’Alzheimer. Il sait trouver le ton juste, l’équilibre parfait. Il est servi par un excellent plateau d’acteurs : il est toujours étonnant de voir Depardieu, avec sa corpulence démesurée, jouer avec tant de délicatesse et exprimer tant de fragilité. Malgré les défauts de son intrigue (qui ne sont d’ailleurs visibles qu’à la toute fin), Je n’ai rien oublié est un film très réussi.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Alexandra Maria Lara, Françoise Fabian, Niels Arestrup, Nathalie Baye, Yannick Renier
Voir la fiche du film et la filmographie de Bruno Chiche sur le site IMDB.

Voir les autres films de Bruno Chiche chroniqués sur ce blog…

26 décembre 2011

Raphaël ou le débauché (1971) de Michel Deville

Raphaël ou le débauchéAu milieu du XIXe siècle, un dandy cynique se livre à la débauche avec ses amis pour tromper l’ennui. Il est attiré par Aurore, une jeune et jolie veuve, qui repousse dans un premier temps ses avances. Lorsqu’il montre son désintérêt, elle fait tout pour le voir déclarer son amour pour elle… Ecrit par Nina Companéez et réalisé par Michel Deville, Raphaël ou le débauché bénéficie de la parfaite entente/complémentarité de ce duo très talentueux. L’histoire évoque Alfred de Musset, les images, Ingres et Delacroix. Nous sommes là dans un spectacle élégant, hanté par un certain mal de vivre et qui se termine en tragédie. Le film séduit par sa musique, ses décors et costumes splendides mais nous restons un peu étrangers à cette histoire. Maurice Ronnet fait une belle prestation et Françoise Fabian illumine le film par sa beauté.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Maurice Ronet, Françoise Fabian, Jean Vilar, Brigitte Fossey, Jean-François Poron, Anne Wiazemsky
Voir la fiche du film et la filmographie de Michel Deville sur le site IMDB.

Voir les autres films de Michel Deville chroniqués sur ce blog…