31 décembre 2014

Sommaire de décembre 2014

 

Sailor et LulaLa Marchande d'amourHarry dans tous ses étatsTout le monde dit I Love YouBarbarellaAvanti!Livre : Hollywood dans les années 1930Le Mouchard

Sailor et Lula

(1990) de David Lynch

La Marchande d’amour

(1953) de Mario Soldati

Harry dans tous ses états

(1997) de Woody Allen

Tout le monde dit I Love You

(1996) de Woody Allen

Barbarella

(1968) de Roger Vadim

Avanti!

(1972) de Billy Wilder

Livre : Hollywood dans les années 1930

(2014) de Kothenschulte et Nippoldt

Le Mouchard

(1935) de John Ford

Le SurvivantLe crime était presque parfaitUnter der LaterneValse d'amourLe Jardin des délicesL'Impératrice rougeAliceLa Déesse

Le Survivant

(1971) de Boris Sagal

Le crime était presque parfait

(1954) de Alfred Hitchcock

Unter der Laterne

(1928) de Gerhard Lamprecht

Valse d’amour

(1990) de Dino Risi

Le Jardin des délices

(1970) de Carlos Saura

L’Impératrice rouge

(1934) de Josef von Sternberg

Alice

(1990) de Woody Allen

La Déesse

(1958) de John Cromwell

Last SeductionThe Mayor of HellEasy RiderL'ultime razziaJ'accuseLe Temps de l'innocenceLa Chasse à l'homme

Last Seduction

(1994) de John Dahl

The Mayor of Hell

(1933) de Archie Mayo

Easy Rider

(1969) de Dennis Hopper

L’ultime razzia

(1956) de Stanley Kubrick

J’accuse

(1919) de Abel Gance

Le Temps de l’innocence

(1993) de Martin Scorsese

La Chasse à l’homme

(1964) de Edouard Molinaro

Nombre de billets : 23

 

 

30 décembre 2014

Sailor et Lula (1990) de David Lynch

Titre original : « Wild at Heart »

Sailor & LulaLa mère de Lula devient folle de voir sa fille partir en cavale avec Sailor lors de sa permission de sortie de prison. Elle finit par engager des tueurs… Sailor et Lula est adapté d’un roman de Barry Gifford que David Lynch enrichit de son univers pour en faire un road-movie très rock’n’roll, doté d’un certain lyrisme, imprégné de fantastique (et de références au Magicien d’Oz). Le cinéaste sait créer des images fortes, parfois cauchemardesques, frôlant la démesure. Si le film a pu nous ravir à sa sortie, il apparaît moins riche avec le recul, l’histoire semblant complexifiée artificiellement, avec les leitmotivs plutôt insistants, un contenu finalement bien plus pauvre que celui des films ultérieurs de David Lynch. Malgré tout, par son style, Sailor et Lula reste un film assez marquant.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Nicolas Cage, Laura Dern, Willem Dafoe, Diane Ladd, Isabella Rossellini, Harry Dean Stanton
Voir la fiche du film et la filmographie de David Lynch sur le site IMDB.
Voir les autres films de David Lynch chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur David Lynch

Remarques :
* Palme d’Or à Cannes en 1990
* Connu pour ses imitations d’Elvis Presley dont il est un grand fan (et dont il épousera brièvement la fille quelque douze ans plus tard), Nicolas Cage chante lui-même dans le film.
* La veste en peau de serpent est celle de Nicolas Cage. L’acteur a demandé à David Lynch s’il pouvait la porter en hommage à Marlon Brando dans The Fugitive Kind (L’homme à la peau de serpent) de Sydney Lumet (1960) d’après Tennessee Williams (qui est soit-dit en passant un cousin éloigné de Diane Ladd).
* Diane Ladd est la mère de Laura Dern dans la vraie vie.
* Sailor & Lula a eu une suite : Perdita Durango du mexicain Álex de la Iglesia avec Javier Bardem.

Sailor & Lula de David Lynch
Laura Dern et Nicolas Cage dans Sailor et Lula de David Lynch.

29 décembre 2014

La Marchande d’amour (1953) de Mario Soldati

Titre original : « La Provinciale »

La marchande d'amourGemma est une belle jeune femme, mariée à un professeur. Dans un accès de colère apparemment sans raison, elle blesse avec un couteau son amie Elvira puis s’évanouit… Mario Soldati est un réalisateur italien assez peu connu si ce n’est pour le très beau Malombra. Ici, il adapte assez brillamment un roman d’Alberto Moravia. La construction narrative est habile et joliment complexe La marchande d'amour puisque plusieurs personnages racontent chacun une partie de l’histoire qui aboutit à la situation extrême montrée en introduction. Chacun de ces points de vue enrichit notre connaissance du drame, c’est une utilisation parfaite du flash-back. Mario Soldati a su restituer toute la force du roman et Gina Lollobrigida montre sa capacité à interpréter des rôles d’une belle profondeur. La Provinciale (il faut mieux oublier le titre français, inutilement racoleur) ne se situe pas tant dans la veine du néoréalisme italien mais plutôt dans celle du réalisme français, le film pouvant évoquer Renoir ou Max Ophüls. Il est vraiment étonnant qu’il soit si méconnu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gina Lollobrigida, Gabriele Ferzetti, Franco Interlenghi, Alda Mangini
Voir la fiche du film et la filmographie de Mario Soldati sur le site IMDB.

Voir les autres films de Mario Soldati chroniqués sur ce blog…

Remarque :
* Mario Soldati a désigné La Provinciale comme étant son meilleur film. A noter qu’en plus d’être réalisateur, Mario Soldati (1906-1999) est également scénariste et écrivain.

La Provinciale de Mario Soldati
(de g. à d.) Alda Mangini, Renato Baldini et Gina Lollobrigida

28 décembre 2014

Harry dans tous ses états (1997) de Woody Allen

Titre original : « Deconstructing Harry »

Harry dans tous ses étatsHarry dans tous ses états (Deconstructing Harry) est une comédie qui a parfois été jugée comme étant un peu plus sombre que les précédentes immédiates mais elle est aussi plus profonde. Le Harry dont il est question est un écrivain qui s’inspire directement de sa vie et des gens qui l’entourent pour écrire des romans à succès, ne faisant plus très bien la différence entre les personnages qu’il invente et ceux de la vie réelle. Ces derniers sont furieux de voir ainsi leur vie privée exposée et leurs secrets dévoilés. Pour ne rien arranger, l’écrivain doit pour la première fois faire face à une panne d’inspiration (1). On retrouve donc ici des thèmes chers à Woody Allen : les affres de la création et la séparation entre réel et fiction : N’est-il pas plus simple pour l’écrivain de vivre dans la fiction ? Harry dans tous ses états est assez ambitieux car les situations sont nombreuses et les personnages le sont encore plus puisque souvent interprétés par deux acteurs différents (un pour le réel et un pour la fiction). L’humour est toujours présent, par petites touches, parfaitement intégré à l’ensemble. Le montage est assez particulier, décousu en apparence pour signifier que la réalité est intrinsèquement décousue, relative (ce que nous croyons être la réalité devient la réalité pour nous), indéterminée, une approche qui favorise la déconstruction de Harry Block (alias Woody Allen ?)
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Judy Davis, Julia Louis-Dreyfus, Woody Allen, Robin Williams, Kirstie Alley, Demi Moore, Stanley Tucci, Elisabeth Shue, Billy Crystal
Voir la fiche du film et la filmographie de Woody Allen sur le site IMDB.
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Le scénario (bilingue) de Deconstructing Harry est sorti en 2000 dans la Petite Bibliothèque des Cahiers du cinéma… Voir le livre

Remarques :
* Harry dans tous ses états évoque Les Fraises sauvages de Bergman (le voyage pour recevoir un hommage), Le Septième Sceau du même réalisateur (la Mort qui vient frapper) et 8 ½ de Fellini (le créateur en panne sur un projet du fait de ses problèmes personnels).

* Le titre original Deconstructing Harry est une référence à la déconstruction, pratique philosophique assez complexe d’analyse textuelle introduite par Heidegger et développée par Derrida. Cet attrait de Woody Allen pour la philosophie européenne moderne était déjà visible dans Une autre femme et dans Crimes et délits.

* Certaines personnes ont reconnu dans le personnage de Harry Block non pas Woody Allen lui-même mais l’écrivain Philip Roth.

Deconstructing Harry
(g. à d.) Woody Allen, Elisabeth Shue et Billy Crystal.

Deconstructing Harry
Mel, un ami acteur, n’est pas dans son assiette : il est flou, comme s’il était en équilibre instable entre réel et fiction (g. à d. : Judy Bauerlein et Robin Williams).

(1) Panne d’inspiration = « writer’s block » en anglais… et l’écrivain s’appelle Harry Block.

27 décembre 2014

Tout le monde dit I Love You (1996) de Woody Allen

Titre original : « Everyone Says I Love You »

Tout le monde dit I love youTout le monde dit I Love You nous fait suivre les aventures amoureuses des membres d’une famille recomposée de la bourgeoisie newyorkaise très aisée. Woody Allen a choisi ici d’en faire une comédie musicale, un format franchement inhabituel pour le cinéaste. Les chansons, interprétées de façon peu assurée par les acteurs eux-mêmes, ne sont pas particulièrement remarquables ; les ballets sont plus originaux et réussis (merveilleuse danse des Groucho). Les personnages sont très superficiels et il est bien difficile de s’intéresser à leurs petits problèmes. Woody Allen réutilise certains ressorts de scénario comme le fait de pouvoir entendre les confessions d’une jeune femme à son psy. Il y a tout de même de bons moments, de beaux traits d’humour mais ils sont fugaces. Tout le monde dit I love you est certainement l’un des films les plus légers en terme de contenu du cinéaste.
Elle: 1 étoile
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Julia Roberts, Goldie Hawn, Edward Norton, Drew Barrymore, Alan Alda, Tim Roth, Natalie Portman, Woody Allen
Voir la fiche du film et la filmographie de Woody Allen sur le site IMDB.

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Remarques :
* Seule Drew Barrymore est doublée dans les chansons. Trouvant que Edward Norton et Goldie Hawn chantaient trop bien, Woody Allen leur a demandé de fausser un peu pour que ce soit plus authentique…
* Le titre du film viendrait d’une chanson du film des Marx Brothers Horse Feathers (1932).

 

Toput le monde dit I Love You
Hommage aux Marx Brothers, la danse des Groucho est un grand moment… Dans le dialogue qui suit, Woody Allen fait aussi une (très courte hélas) imitation de Groucho Marx (juste avant qu’ils quittent la soirée).

24 décembre 2014

Barbarella (1968) de Roger Vadim

BarbarellaEn l’an 4000, l’astronaute Barbarella reçoit pour mission d’aller retrouver un savant disparu sur une planète proche de Tau Ceti. Inventeur d’une arme absolue, il pourrait être tenté de l’utiliser ou de la vendre et ainsi de faire renaître les guerres qui ont depuis longtemps disparu… Prendre Barbarella trop au sérieux ne peut que nous entraîner à porter un jugement sévère et à décréter doctement que l’histoire est indigente et que tout ceci n’est qu’un prétexte pour Roger Vadim de dévoiler au monde entier les courbes gracieuses de sa femme Jane Fonda. Oui, c’est certainement le cas… Mais l’intérêt de Barbarella est avant tout dans l’adaptation fidèle d’un univers créé par le dessinateur Jean-Claude Forest avec des lieux, des costumes, des objets, des appareils aussi inventifs qu’inattendus. Barbarella Vadim pimente tout cela d’un érotisme qui anticipe la libération sexuelle mais aussi d’une bonne dose d’humour qui nous montre qu’il ne se prend guère au sérieux. Les effets psychédéliques (assez réussis), les costumes de Paco Rabanne (1) et la photographie de Claude Renoir donnent une certaine élégance au film. Le film fut un échec et reste peu apprécié encore aujourd’hui. Il peut certes apparaître kitsch mais Barbarella est néanmoins l’une des meilleures transpositions de bande dessinée à l’écran car Vadim n’a pas cherché le réalisme mais a su préserver tout l’onirisme, l’inventivité, l’humour… et l’érotisme bien entendu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jane Fonda, John Phillip Law, Anita Pallenberg, Milo O’Shea, Marcel Marceau, David Hemmings, Ugo Tognazzi
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Remarques :
Barbarella Jean-Claude Forest* Créé par Jean-Claude Forest, le personnage de Barbarella (physiquement inspiré de Brigitte Bardot) apparaît en 1962 et étonne tout de suite car il s’agit d’une femme qui revendique le droit au plaisir et à la sensualité. Il fait scandale et, en 1964, le ministre de l’intérieur proclame l’interdiction de la bande dessinée Les Aventures de Barbarella. L’affaire fait grand bruit et il faudra attendre 1968 (après la sortie du film) pour la voir réapparaitre (un peu plus habillée).

* Le striptease de Jane Fonda en apesanteur qui ouvre le film a été filmé d’en haut, l’actrice étant placée sur une grande plaque de plexiglas au dessus d’un décor de vaisseau (c’est assez évident lorsque l’on passe la scène en accéléré).

* Le nom du savant Durand Durand a été source d’inspiration pour le groupe Duran Duran.

* Anita Pallenberg (la Reine Noire) est surtout connue pour avoir été l’égérie des Rolling Stones (elle a eu une relation avec successivement Brian Jones, Keith Richards et Mick Jagger).

* Le mot de passe farfelu, Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch (le correcteur d’orthographe va faire une surchauffe), est en réalité le nom d’un petit village du Pays de Galles (en gallois « l’église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près d’un tourbillon rapide et l’église de saint Tysilio près de la grotte rouge »).

* Dans la vie de Jane Fonda, Barbarella est antérieur à sa prise de conscience politique qui l’amènera notamment à militer pour la cause féminine.

* Le choix de Marcel Marceau (alias le Mime Marceau) pour le rôle du Docteur Ping est assez étonnant car c’est tout de même un personnage avec beaucoup de texte…!

* A propos de la musique (très moyenne hélas) de Bob Crewe : David Gilmour (futur Pink Floyd) est à la guitare.

(1) Il serait plus exact de dire « le » costume de Paco Rabanne car il semble qu’il n’y ait que la dernière tenue de Jane Fonda qui soit du créateur.

Barbarella de Roger Vadim
L’ange aveugle Pygar (John Phillip Law) et Barbarella (Jane Fonda).

23 décembre 2014

Avanti! (1972) de Billy Wilder

Avanti!Un industriel américain se rend en catastrophe en Italie pour rapatrier le corps de son père décédé lors de vacances sur la petite île d’Ischia en face de Naples. Il va y découvrir une facette de la vie de son père dont il ne soupçonnait pas l’existence… Adapté d’une pièce de Samuel Taylor(1), Avanti! est une amusante comédie romantique teintée de satire sociale. Le scénario est remarquablement écrit, tout s’y imbrique parfaitement pour un déroulement savoureux. Il y a là beaucoup d’humour, de belles répliques. L’histoire joue avec les stéréotypes nationaux ; le puritanisme et le pouvoir sont passés sur le grill. Au début des années soixante-dix, le film fut un échec commercial, jugé trop classique par la critique. Peu nous importe aujourd’hui car Avanti! est un film franchement délicieux.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jack Lemmon, Juliet Mills, Clive Revill, Edward Andrews
Voir la fiche du film et la filmographie de Billy Wilder sur le site IMDB.
Voir la critique sur le site DVDClassik

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Voir les livres sur Billy Wilder

(1) Billy Wilder avait auparavant adapté une autre pièce de Samuel Taylor : Sabrina (1954).

Avanti de Billy Wilder
Jack Lemmon et Juliet Mills dans Avanti! de Billy Wilder (le personnage joué par Juliet Mills suit un régime car elle se trouve trop grosse, elle prend « juste une bouchée… pour goûter »).

22 décembre 2014

Livre : Hollywood dans les années 1930

de Daniel Kothenschulte et Robert Nippoldt – Editions Taschen 2014 – 162 pages – 39,99 €

Livre Hollywood dans les années 1930 - TaschenLorsque l’on prend en main le livre Hollywood dans les années 1930, c’est son apparence qui frappe en premier : un format en hauteur, une belle reliure, un papier très épais qui évoque le papier dessin et surtout les superbes illustrations pleines pages de Robert Nippoldt. La réalisation est parfaite… Mais le texte de Daniel Kothenschulte est tout autant digne d’intérêt. Il nous fait revivre la décennie des années trente à Hollywood par une cinquantaine de portraits : des acteurs, des réalisateurs, des producteurs et quelques autres qui ont marqué la première décennie du cinéma parlant. Ces portraits et autres petits articles sont très bien écrits, synthétiques, faciles à lire. Ils ne sont pas exhaustifs mais constituent une présentation émaillée de détails qui ont participé à la notoriété de chacun. Hollywood dans les années 1930 est à la fois beau et intéressant. Plus qu’un livre à offrir, c’est un livre à s’offrir… Personnellement, j’aime beaucoup.

Voir la fiche du livre sur Livres-cinema.info
Le livre sur le site de l’éditeur … (avec 15 exemples de pages)
Le livre sur Amazon, les librairies de Price Minister

 

Page du livre : Hollywood dans les années 1930

21 décembre 2014

Le Mouchard (1935) de John Ford

Titre original : « The Informer »

Le mouchardDans l’Irlande des années 20 sous domination anglaise, Gypo Nolan vit misérablement et rêve de pouvoir impressionner Katie qui désire tant partir en Amérique. Il est ami avec Frankie qui appartient à l’Armée Républicaine clandestine et dont la tête est mise à prix… Il n’est guère surprenant que John Ford ait eu des difficultés à faire accepter cette adaptation d’un roman de Liam O’Flaherty (1). Pour réaliser cette oeuvre anti-commerciale par excellence, John Ford n’eut finalement droit qu’à un plateau de second ordre, un « couloir » dont l’état de vétusté l’obligea à utiliser beaucoup de brouillard. Il demanda à son directeur de la photographie Joseph August de lui donner des tonalités similaires à celle de L’Aurore de Murnau. John Ford donne à cette histoire d’une belle simplicité une très grande force. Victor McLaglen a ici une présence phénoménale. Après des débuts difficiles, le film connut un grand succès et rafla quatre Oscars.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Victor McLaglen, Heather Angel, Preston Foster, Wallace Ford
Voir la fiche du film et la filmographie de John Ford sur le site IMDB.
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Voir les livres sur John Ford

Remarques :
* Anecdote célèbre rapportée par Robert Parrish (qui fut figurant et assistant-monteur sur ce film) :
Le premier jour de tournage, John Ford fit réunir toute l’équipe pour présenter le producteur délégué : « Le monsieur que voici est un producteur délégué ». Il lui fit doucement tourner la tête pour que tout le monde puisse le voir de face et de profil. « Regardez-le bien parce que vous ne le reverrez plus sur le plateau d’ici la fin du tournage ! ». Et il serra la main du producteur en lui disant : « Merci d’être venu, Cliff ! Nous nous reverrons au moment des rushes. » (in J’ai grandi à Hollywood de Robert Parrish, Stock 1980). A noter que le producteur en question est Cliff Reid.

* Autre anecdote tout aussi célèbre :
Lorsque, le dernier jour, le même producteur vint sur le plateau pour dire sa satisfaction que le tournage soit fini dans les temps et, chose très imprudente, qu’il trouvait les derniers rushes de la scène de l’interrogatoire fantastiques, John Ford (qui, lui, n’avait pas encore regardé les rushes en question) fit revenir l’équipe : « Ce n’est pas fini : on refait la scène de l’interrogatoire ! » Et le tournage dura deux jours de plus.

* On peut noter l’utilisation ponctuelle de la caméra subjective.

* Précision : 1 livre de 1920 équivaut environ à 50 euros actuel, ce qui met par exemple le prix de la traversée (10 £) à 500 euros.

Précédente adaptation :
The Informer de Arthur Robison (1929) avec Lars Hanson, film anglais mi-muet, mi-parlant.
Remake :
Point noir (Uptight) de Jules Dassin (1968) avec Raymond St. Jacques, l’histoire étant transposée dans le milieu des militants révolutionnaires noirs.

(1) Le film a finalement été financé par Joe Kennedy, le père du futur président, pour la RKO qui pensait que le film pouvait faire office d’oeuvre de prestige.

The Informer de John Ford
Victor McLaglen est le mouchard dans le film The Informer de John Ford.

20 décembre 2014

Le Survivant (1971) de Boris Sagal

Titre original : « The Omega Man »

Le survivantAu volant de sa décapotable, Robert Neville sillonne les rues désertes de Los Angeles. Une guerre bactériologique a décimé la population mais il n’est pas le seul survivant : un groupe de mutants le chasse inlassablement, la nuit seulement car leurs yeux se sont modifiés et ne supportent pas la pleine lumière… The Omega Man est la seconde tentative d’adapter le célèbre roman post-apocalyptique de Richard Matheson Je suis une légende (I am Legend) . « Le premier film était très mal fait mais était fidèle au livre, le second ne ressemble en rien à mon livre » a déclaré Matheson. Le propos est effectivement simplifié à l’extrême pour privilégier l’action et Charlton Heston est armé jusqu’aux dents pour tenir tête à une bande de va-nu-pieds hostiles et passablement teigneux. Tout autre propos a été évacué.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Charlton Heston, Anthony Zerbe, Rosalind Cash
Voir la fiche du film et la filmographie de Boris Sagal sur le site IMDB.

Remarques :
* Le baiser entre Charlton Heston et Rosalind Cash serait l’un des premiers baisers interraciaux sur grand écran.
* Les scènes de rues désertes ont été tournées principalement dans le quartier des affaires de Los Angeles le dimanche matin.

* Précédente adaptation :
Je suis une légende (The Last Man on Earth) de Sidney Salkow et Ubaldo Ragona (1964) avec Vincent Price. Richard Matheson avait contribué au scénario (sous le pseudonyme Logan Swanson).
* Adaptation ultérieure :
Je suis une légende (I am Legend) de Francis Lawrence (2007) avec Will Smith

Le Survivant
Evitez de vous promener dans la rue lorsque Charlton Heston pense être le dernier survivant…