23 décembre 2014

Avanti! (1972) de Billy Wilder

Avanti!Un industriel américain se rend en catastrophe en Italie pour rapatrier le corps de son père décédé lors de vacances sur la petite île d’Ischia en face de Naples. Il va y découvrir une facette de la vie de son père dont il ne soupçonnait pas l’existence… Adapté d’une pièce de Samuel Taylor(1), Avanti! est une amusante comédie romantique teintée de satire sociale. Le scénario est remarquablement écrit, tout s’y imbrique parfaitement pour un déroulement savoureux. Il y a là beaucoup d’humour, de belles répliques. L’histoire joue avec les stéréotypes nationaux ; le puritanisme et le pouvoir sont passés sur le grill. Au début des années soixante-dix, le film fut un échec commercial, jugé trop classique par la critique. Peu nous importe aujourd’hui car Avanti! est un film franchement délicieux.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jack Lemmon, Juliet Mills, Clive Revill, Edward Andrews
Voir la fiche du film et la filmographie de Billy Wilder sur le site IMDB.
Voir la critique sur le site DVDClassik

Voir les autres films de Billy Wilder chroniqués sur ce blog…

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(1) Billy Wilder avait auparavant adapté une autre pièce de Samuel Taylor : Sabrina (1954).

Avanti de Billy Wilder
Jack Lemmon et Juliet Mills dans Avanti! de Billy Wilder (le personnage joué par Juliet Mills suit un régime car elle se trouve trop grosse, elle prend « juste une bouchée… pour goûter »).

4 réflexions sur « Avanti! (1972) de Billy Wilder »

  1. Excellent film en effet. Je me rappelle une scène de « tamponnage de formulaires » à se tordre. Peut-être que le film n’était pas en phase avec son époque, ce qui expliquerait son échec.

  2. Oui, la scène des tampons est mémorable. :-))
    … et ce n’est pas la seule.
    On peut sans doute dire que Avanti était un peu en décalage avec son époque : au début des années 70, on recherchait sans doute plus une nouvelle liberté, un nouveau ton alors que Billy Wilder propose là une comédie finalement assez classique. C’est ce classicisme qui le rend d’autant plus séduisant avec le recul.

  3. C’est une bonne période pour revoir ses classiques (faute de pouvoir en « voir » des nouveaux, avec une connexion rurale empêchant tout cinéma par internet… et faute d’avoir pu anticiper la situation par l’acquisition exceptionnelle d’une télé alors qu’on est réfractaire à la télé).

    Et c’est une très bonne soirée lorsqu’elle est passée à revoir Avanti !.

    En effet, comme dit dans le précédent commentaire, Clive Revill est remarquable dans le rôle du directeur de l’hôtel (et son italien est très bon, je pensais qu’il s’agissait d’un acteur italien avant de regarder le générique : soit il est doublé dans les dialogues en italien, soit il a bien appris à le prononcer). Mais Juliet Mills et Jack Lemmon sont remarquables aussi.

    Je suis quand même un peu étonné de la qualification de comédie « classique ». Dans la qualité de la construction et des dialogues, sans doute. Mais quelle audace dans le scénario, quand même ! Sur certains points, ce film me paraît au contraire très osé, très inhabituel. Et tellement plus « fin » que Sept ans de réflexion, par exemple (revu hier, et à peine moins déçu qu’à la première vision) !

    Je ne comprends pas que Sept ans de réflexion soit porté aux nues et Avanti ! oublié par les hagiographes des comédies de Wilder, alors que ce dernier est tellement supérieur au premier ! Infiniment plus audacieux, infiniment plus original, infiniment plus enlevé, infiniment moins « grossier » dans l’humour et la caricature.

    J’ajoute qu’en tant qu’amoureux (et je pense pouvoir dire « bon connaisseur ») de l’Italie, les « clichés » sur l’Italie et les Italiens y sont très bien vus. Des clichés, oui, mais avec ce qu’il faut pour que ce soit drôle : un vrai et puissant fond de vérité.

    Avanti ! parvient à additionner :
    — des situations qui s’enchaînent dans une mécanique parfaite (et créent imbroglios et rebondissements huilés et réjouissants),
    — des dialogues savoureux (qu’il s’agisse des passes d’arme entre Lemmon et Mills, des interventions du directeur de l’hôtel, ou des ponctuelles mais savoureuses répliques politiques sur la Grèce « plus à gauche » [vue depuis l’hélicoptère] – « ah non, pas à gauche tant que la diplomatie américaine pourra l’empêcher » ou sur l’affaire Sacco et Vanzetti),
    — des personnages crédibles qui évoluent de façon crédible au fil du film (cela ne va pas toujours de soi, loin de là, mais ici l’évolution de Jack Lemmon est vraiment progressive et cohérente),
    — de l’humour tantôt vachard, tantôt totalement burlesque,
    — de la tendresse et une vraie romance touchante.

    Du grand cinéma.

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