Mado, l’accorte et peu farouche concierge d’un immeuble de Montmartre, est poignardée. L’inspecteur Brénot enquête. Il est secondé par une fort jolie femme, Irène Cazenave, veuve de l’un de ses collègues, qui venait juste d’emménager dans l’immeuble. Elle se révèle une excellente adjointe, interrogeant avec discrétion les nombreux suspects. Mado avait en effet attisé la haine et la jalousie de tous ou presque dans le voisinage… Minuit… quai de Bercy est adapté d’un roman de Pierre Lamblin La concierge n’est plus dans l’escalier. C’est un film policier assez classique, reprenant des recettes éprouvées (1). Plus qu’une enquête, il s’agit plutôt d’une série de portraits de personnages au caractère prononcé (parfois trop). Tous les acteurs tiennent leur rôle avec professionnalisme mais il n’y a rien qui puisse nous enthousiasmer réellement. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Reconnu coupable d’assassinat, un jeune homme anglais est condamné à la pendaison. Sa sœur demande au détective Charlie Chan d’enquêter pour trouver le véritable assassin et ainsi sauver son frère. Afin de résoudre le mystère, il doit se rendre dans le somptueux manoir où le crime a eu lieu…
Charlie Chan in London fait partie des tous premiers Charlie Chan avec Warner Oland, c’est le sixième d’entre eux mais le deuxième à ne pas être perdu. L’intrigue est bien ficelée et l’atmosphère évoque celle des romans d’Agatha Christie. Le détective chinois a déjà une personnalité marquée, une façon placide d’aborder son enquête mais le personnage n’est pas encore pleinement développé. Les proverbes sont par exemple moins nombreux que dans les films ultérieurs. On se laisse volontiers captiver… Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Warner Oland, Ray Milland et Drue Leyton dans Charlie Chan in London de Eugene Forde.
Tous les films « Charlie Chan » :
Les trois premiers Charlie Chan : The house without a key (1926) de Spencer Bennet (Pathé, film perdu) The chinese parrot (1927) de Paul Leni (Universal, film perdu) Behind that curtain (1929) de Irving Cummings avec E.L. Park (et Boris Karloff) (Fox)
Alan Colby, héritier d’une immense fortune, réapparaît après une absence de sept ans, mais il est assassiné avant de pouvoir réclamer son héritage. Les suspects ne manquent pas et Charlie Chan tente de découvrir le coupable… Charlie Chan’s Secret est le dixième film de la série Charlie Chan interprété par Warner Oland. Ce personnage de détective sino-américain a été originalement créé en 1925 par l’écrivain américain Earl Derr Biggers qui en a fait le héros d’une série de romans policiers avant qu’Hollywood s’en empare. Dans cet épisode, son enquête se déroule presque entièrement dans l’ancienne maison, en grande partie inoccupée, du défunt où sa vieille (et riche) tante a pour habitude de faire des séances de spiritisme. L’atmosphère penche donc vers le paranormal. Il y a de bonnes trouvailles de scénario et l’ensemble est assez prenant. L’humour est présent par petites touches et le détective n’est pas avare en allégories et en proverbes. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le célèbre détective belge Hercule Poirot prend l’Orient-Express pour rentrer d’Istanbul à Londres. Mais alors que le train se retrouve bloqué par la neige dans les montagnes yougoslaves, Samuel Ratchett, un riche Américain, est assassiné dans son compartiment. Poirot se met à enquêter pour découvrir le meurtrier parmi les passagers…
Quarante-trois ans après la version de Sydney Lumet, l’un des plus célèbres romans d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient-Express, est de nouveau porté à l’écran. Kenneth Branagh réalise et interprète le détective belge avec brio. Il parle anglais avec un accent belge remarquable, noeud de cravate et moustache sont irréprochables (1). Il trouve en outre toujours le ton juste, évitant tout excès tout en restant très pittoresque. La reconstitution du train est assez magnifique et particulièrement soignée. Le déroulement de l’enquête est un peu moins détaillé que dans la version précédente, privilégiant le rythme qui est enlevé. La distribution est prestigieuse. Indéniablement, cette version donne une vision plus moderne de cette énigme, qui reste toujours aussi passionnante (même lorsque l’on connaît d’avance le dénouement). Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Kenneth Branagh chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Le Crime de l’Orient-Express a été tourné en 65 mm, format rare qui offre une haute netteté et un rendu des couleurs plus proche de la vision humaine.
* Précédente version : Le crime de l’Orient-Express (1974) de Sidney Lumet avec Albert Finney.
(1) Agatha Christie avait déclaré être déçue de la moustache d’Albert Finney dans la version de Sydney Lumet : elle n’était pas aussi superbe qu’elle avait imaginé.
Kenneth Branagh dans Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient Express) de Kenneth Branagh.
Kenneth Branagh dans Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient Express) de Kenneth Branagh.
Un homme d’une soixantaine d’années, Misumi, tue le patron qui vient de le licencier sur les berges d’un fleuve, puis brûle son corps. Emprisonné, il est défendu par l’avocat Shigemori, aidé de deux collaborateurs. La tâche des avocats est compliquée par l’étrangeté du prévenu, qui modifie plusieurs fois sa version des faits…
Ecrit et réalisé par le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda, The Third Murder est un film de procès mais il est très différent du modèle américain du genre. L’approche est très délicate, avec un déroulé du scénario sans heurts et sans les obligatoires coups de théâtre et surtout les deux personnages principaux (l’avocat et l’accusé) montrent une profondeur inhabituelle. Le propos a même une portée philosophique avec une exploration du thème de la justice, de la culpabilité et de l’interchangeabilité des rôles. La notion de vérité tient une place importante dans la réflexion. Nous suivons le cheminement de pensée de l’avocat, au départ peu intéressé par une affaire où il ne peut que perdre mais où il se retrouve dans une sorte de communion de pensée avec son client. La mise en scène est assez brillante, avec une belle utilisation du format large et une excellente interprétation. The Third Murder, qui est donc beaucoup plus qu’un simple film de procès, a reçu un accueil plutôt mitigé. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
L’actrice Diana Baring est retrouvée prostrée près du cadavre de sa rivale, un tisonnier à ses pieds. Tout l’accuse mais elle ne se souvient de rien…
Adapté d’une pièce, Murder! est l’un des tous premiers films parlants tournés par Alfred Hitchcock. Il le présente comme l’un des rares whodunits(1) qu’il ait tournés. L’histoire, qui se déroule dans le monde du théâtre, joue beaucoup sur les fausses apparences. Tout est lié au théâtre avec notamment des références à Hamlet. Par petites touches, dans les détails, Hitchcock parvient à y ajouter de l’humour, ce qui tire l’ensemble vers la comédie. Sur la forme, le film ne manque pas de trouvailles ou essais du jeune réalisateur. Murder! est ainsi reconnu pour être le premier film où un personnage se parle à lui-même par un monologue intérieur (la difficulté, à l’époque, résidait dans la prise directe du son. Ainsi le réalisateur raconte que dans cette même scène de la salle de bains, il avait un orchestre de trente musiciens derrière le décor pour simuler la musique à la radio. La voix du monologue intérieur avait, quant à elle, été enregistrée sur un disque). Sans être franchement remarquable, Murder! se regarde sans déplaisir. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Caméo : A 1h00, lorsque le trio ressort de la maison où le crime a été commis, Hitchcock passe au premier plan avec une femme à son bras. Bizarrement, dans cette même scène, un énorme micro sur pied est très visible sur la partie gauche de l’image pendant une bonne demi-minute.
* Une version allemande a été tournée simultanément : Mary avec Alfred Abel et Olga Tschechowa.
(1) Whodunit (contraction de « Who done it ? » = Qui l’a fait ? ) désigne le style d’intrigue policière où l’identité de l’assassin n’est révélé qu’à la fin du récit (par exemple, les romans d’Agatha Christie sont des whodunits). Alfred Hitchcock dit à leur propos : « J’ai toujours évité les whodunits car généralement l’intérêt réside seulement dans la partie finale. (…) Vous attendez tranquillement la réponse à la question : qui a tué ? Aucune émotion. » (Entretiens avec François Truffaut)
Herbert Marshall dans le fameuse scène du monologue intérieur de Murder! de Alfred Hitchcock.
Phyllis Konstam, Herbert Marshall et Edward Chapman dans Murder! de Alfred Hitchcock.
Sur la gauche, un microphone sur pied est largement visible.
Dans une ville du Connecticut aux Etats-Unis, un prêtre, aimé de tous, est assassiné un soir en pleine rue. Les habitants sont scandalisés et réclame des résultats à la police mais l’enquête piétine. L’impatience gagne les autorités de la ville car les élections sont proches. Un suspect est enfin arrêté… Boomerang est basé sur une histoire vraie (survenue en 1924) et le scénario suit fidèlement les évènements réels en les replaçant à l’époque actuelle. Elia Kazan est allé tourner sur place (1) et certains figurants sont des habitants de la ville. Outre l’intrigue policière, le film dénonce la corruption politique et la dépendance des procureurs aux édiles. Il met en avant l’intégrité d’un procureur qui, malgré les pressions, cherchera avant tout la justice. Kazan filme en grande partie en décors naturels avec une caméra très mobile et donne au film un fort parfum de réalisme (on attribue ce goût pour le réalisme à sa rencontre avec le producteur Louis de Rochemont). L’interprétation est excellente, y compris les seconds rôles. Boomerang est le deuxième long métrage d’Elia Kazan. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le corps du notable et écrivain catholique Raoul Mons est retrouvé mort sur la plage de Saint-Énogat à Dinard, en Bretagne. Lorsque l’inspecteur Lavardin arrive sur les lieux, il découvre que la veuve n’est autre qu’un de ses grands amours de jeunesse…
Après le succès de Poulet au vinaigre et le prochain projet du cinéaste se trouvant mort-né (1), Claude Chabrol reprend le personnage de l’inspecteur Lavardin. L’histoire en elle-même est assez simple : bien entendu, la bourgeoisie et les affaires de famille sont sur la sellette et, comme d’habitude, sous les apparences respectables, les dessous ne sont guère reluisants. Le plus intéressant est le personnage de l’inspecteur, toujours aussi excentrique et hors-normes avec sa façon d’aller sans ménagement directement au cœur des problèmes. Le dénouement est pour le moins surprenant, une petite facétie du cinéaste. L’ensemble ne manque pas d’humour, comme il se doit. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Pour enquêter sur un meurtre inexpliqué, un commissaire interroge le principal et unique suspect : l’homme qui a trouvé le cadavre gisant sur le trottoir en pleine nuit. Le commissaire annonce lui-même la couleur : l’interrogatoire semble bien parti pour durer…
Le musicien et réalisateur français Marc Dupieux présente Au Poste! comme étant son « premier vrai film français » (certains de ses films précédents ont en effet été réalisés aux Etats-Unis ou au Canada). Il en a écrit le scénario qui est, une nouvelle fois, basé sur un florilège d’humour absurde. Il y a de bons moments, un passage horrible dont personnellement je me serais passé (avec l’équerre) mais l’ensemble est vraiment amusant. Marc Dupieux parvient à éviter de tourner en rond mais visiblement ne savait pas bien comment terminer : après une pirouette que l’on peut voir comme un hommage à Buñuel, il se laisse aller et finit un peu n’importe comment. Bonne prestation des acteurs principaux. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Mae Feather est une actrice très connue. Son mari Julian Gordon est également son partenaire à l’écran. Leur couple va éclater lorsque Julian découvre que Mae a une aventure avec le comédien comique Andy Wilks. Il la menace de divorcer ce qui serait très nuisible à sa carrière d’actrice…
Restauré par BFI en 2015, Shooting Stars est un film muet britannique, la première réalisation d’Anthony Asquith. Un peu longue à se mettre en place, l’histoire prend une belle tournure dans la seconde moitié du film où la tension n’est pas sans rappeler les premiers films d’Alfred Hitchcock (qui tournait alors, lui aussi, pour la BIF, British Instructional Films). Il y a alors de très belles scènes, inventives quant à l’emploi de la lumière et de la mise en images pour créer une tension croissante. Le final est absolument superbe. Mais ce qui rend le film encore plus remarquable pour tout passionné d’histoire du cinéma est cette façon de nous montrer le déroulement d’un tournage de film, le matériel utilisé, le partage des plateaux et beaucoup d’autres choses encore. Le film méritait vraiment d’être redécouvert. Il nous montre qu’Anthony Asquith était vraiment l’un des réalisateurs britanniques les plus talentueux dès son premier film. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Le titre original est à double sens : Shooting Star en anglais est une étoile filante ce qui, dans notre cas, peut être compris comme une star à la gloire éphémère. Mais Shooting Stars signifie aussi « tirer sur des stars ».
Annette Benson et Brian Aherne dans le tout premier plan de Shooting Stars de Anthony Asquith et A.V. Bramble.
… et, quand la caméra recule, nous découvrons que nous sommes dans un studio de cinéma. Shooting Stars de Anthony Asquith et A.V. Bramble.