2 juillet 2013

To Rome with Love (2012) de Woody Allen

To Rome with LoveQuatre histoires différentes se déroulant à Rome… Avec To Rome with Love, Woody Allen poursuit sa tournée des grandes villes européennes : après Londres, Barcelone et Paris, c’est à Rome qu’il rend hommage et aussi à la grande tradition italienne des films à sketches puisque son film est composé de quatre histoires indépendantes. Bien qu’elles se déroulent sur des laps de temps très différents (de quelques heures à plusieurs mois),  nous les suivons toutefois en parallèle. La mise en place est un peu laborieuse et il faut attendre une bonne demi-heure pour que la magie opère. L’ensemble peut paraître un peu inégal mais il y a de bonnes choses, les meilleurs moments étant ceux où Woody Allen se laisse aller sans trop se soucier de vraisemblance. Côté acteur, on remarquera que Woody Allen interprète lui-même l’un des rôles, la première fois depuis Scoop (2006), que cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas vu Roberto Benigni, et la petite apparition d’Ornella Muti. Au final, même si l’on pouvait attendre un peu plus que cela, To Rome with Love est un film plaisant et divertissant.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Woody Allen, Alec Baldwin, Jesse Eisenberg, Roberto Benigni, Penélope Cruz, Ellen Page, Greta Gerwig, Alessandro Tiberi, Alessandra Mastronardi
Voir la fiche du film et la filmographie de Woody Allen sur le site IMDB.

Voir les autres films de Woody Allen chroniqués sur ce blog…

Remarque :
Pour écrire To Rome with Love, Woody Allen dit s’être inspiré du Décaméron, ce recueil de cent nouvelles écrit au XIVe siècle par l’écrivain humaniste Boccace. Le Décaméron a déjà été porté à l’écran par Pasolini en 1971, du moins dix nouvelles parmi les cent, film que Pasolini a plus ou moins renié par la suite d’ailleurs.

29 juin 2013

Le shérif est en prison (1974) de Mel Brooks

Titre original : « Blazing Saddles »

Le shérif est en prisonPour s’approprier des terres sur le passage du futur chemin de fer, un juge véreux fait envoyer un shérif noir dans une petite ville de l’Ouest. Il espère ainsi effrayer et faire fuir les habitants mais le shérif se révèle être bien plus malin qu’il ne l’avait prévu… Le shérif est en prison et Frankenstein Junior peuvent être considérés comme les deux meilleurs films de Mel Brooks. C’est dans ces deux films qu’il pousse la parodie très loin sur deux genres fondamentaux, le western pour l’un et le film d’horreur pour l’autre. L’humour des films de Mel Brooks est diversement apprécié car c’est un humour totalement débridé, parfois à la limite du mauvais goût. Cet humour repose sur une succession quasi-ininterrompue de gags, qu’ils soient visuels ou dans les dialogues de type one-liner  (blagues d’une seule phrase). Dans sa parodie, Mel Brooks n’est pas tant iconoclaste, il détourne plutôt certains des codes du western et n’hésite pas à insérer une bonne dose d’anachronisme. Les références sont nombreuses, les plus évidentes étant Rio Bravo (isolement du shérif, adjoint alcoolique) et Destry Rides Again (la parodie de Marlene Dietrich). Le succès du film fut immense.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Cleavon Little, Gene Wilder, Slim Pickens, Harvey Korman, Madeline Kahn
Voir la fiche du film et la filmographie de Mel Brooks sur le site IMDB.

Voir les autres films de Mel Brooks chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* L’actrice Hedy Lamarr (« la plus belle femme d’Hollywood ») a menacé d’attaquer Mel Brooks en justice pour l’utilisation du nom Hedley/Hedy Lamarr. Mel Brooks a déclaré être flatté… Un arrangement symbolique a finalement été trouvé. Détail amusant : dans le film, le gouverneur réplique ainsi à Hedley Lamarr qui proteste après avoir été appelé Hedy : « Quel est le problème ? On est en 1874, donc dans 50 ans c’est vous qui pourrez l’attaquer en justice ! »

* Le metteur en scène efféminé à la fin du film est une référence parodique à Busby Berkeley.

* Warner Bros a demandé à Mel Brooks de supprimer plusieurs scènes : celle comportant le mot « nigger » (qui, rappelons-le, est une insulte raciale très forte en anglais, ce serait d’ailleurs le premier film où ce mot est prononcé), celle du concert de pets (ce serait, là aussi, le premier film issu d’un grand studio faisant ainsi de l’humour avec les pets !) et la scène où Mango assomme le cheval d’un coup de poing (là, c’est plus étonnant… trop violente !?) Mel Brooks ayant par contrat droit de regard sur le montage final put ignorer ces demandes.

* Le sous-titre sur l’affiche,  « Never give a saga an even break », est un clin d’œil à W.C. Fields et à son film Never give a sucker an even break (1941). Cette phrase est d’ailleurs également prononcée par W.C. Fields à la fin de Poppy (1936). L’acteur l’aurait aussi utilisée largement sur scène dans les années vingt.

16 juin 2013

Frigo fregoli (1921) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « The Play House »

Frigo fregoli(Court métrage de 22 minutes) Parmi tous les courts métrages que Buster Keaton a tournés entre 1920 et 1923, The Play House est sans aucun doute l’un des plus remarquables. Il s’ouvre avec une longue scène où Buster Keaton apparaît plusieurs fois dans la même image (jusqu’à neuf fois !), diversement déguisé et se donnant la réplique… Lorsque l’on sait que la seule technique possible à cette époque pour parvenir à un tel résultat était la double exposition, on mesure la rigueur et la maîtrise dont il a fallu faire preuve (1). Le résultat est réussi et assez spectaculaire. Tout cela n’est qu’un rêve mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises car Buster Keaton joue avec les faux-semblants pendant tout le reste de The Play House : les apparences sont trompeuses, sa petite amie est devenue double, et il va même jusqu’à prendre la place d’un singe qui copie les comportements des hommes : il mime un singe qui mime les hommes ! Convalescent de sa récente blessure, Buster Keaton n’accomplit pas de cascades dans ce film mais cela n’empêche pas The Play House d’être absolument unique par son inventivité.
Elle: –
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Virginia Fox, Joe Roberts
Voir la fiche du film et la filmographie de Buster Keaton et Edward F. Cline sur le site IMDB.
Voir les autres films de Buster Keaton chroniqués sur ce blog…

Remarque :
Le programme où Buster Keaton est mentionné à chaque ligne est une petite moquerie envers Thomas H. Ince : le réalisateur avait tendance à se mentionner plusieurs fois au générique de ses films.

(1) La double exposition consiste à placer un cache sur une partie de l’objectif, d’enregistrer un personnage, de rembobiner, d’inverser le cache et d’enregistrer le second personnage. Sachant que le défilement de la pellicule n’était pas motorisé, il fallait que l’opérateur tourne sa manivelle à exactement la même vitesse à chaque fois. Pour neuf personnages, il fallait faire cette opération neuf fois. Une boite spéciale a été construite autour de la caméra pour pouvoir actionner les caches.

(2) Buster Keaton s’était gravement blessé (cheville cassée) sur le tournage de The Electric House quelques mois auparavant et avait du stopper toute activité. Il n’était pas encore totalement remis lorsqu’il a tourné The Play House, premier film après son repos forcé. C’est d’ailleurs cette absence des écrans qui donna l’idée à Keaton d’offrir à ses fans non pas un seul Buster Keaton à l’écran mais plusieurs…

4 juin 2013

Moonrise Kingdom (2012) de Wes Anderson

Moonrise Kingdom1965. Sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, le jeune Sam fait une fugue du camp scout où il séjournait pour les vacances. Il part avec Suzy dont il est tombé amoureux. Tout le monde se lance à leur recherche… Ecrit par Wes Anderson et Roman Coppola (fils de Francis Ford Coppola), Moonrise Kingdom est une amusante comédie qui joue sur le monde de l’enfance. La logique des comportements est ainsi mise à mal pour créer l’humour, les adultes se comportant comme des enfants et les enfants comme des adultes. Mais c’est surtout par les détails que les auteurs génèrent l’humour et le film en regorge, à tel point que l’on a presque envie de le revoir aussitôt pour ne pas en rater. Il se dégage aussi une certaine poésie de Moonrise Kingdom qui contribue à le rendre attachant. Belle distribution avec des acteurs dans des rôles plutôt inattendus.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray, Frances McDormand, Tilda Swinton, Jared Gilman, Kara Hayward, Bob Balaban
Voir la fiche du film et la filmographie de Wes Anderson sur le site IMDB.

Voir les autres films de Wes Anderson chroniqués sur ce blog…

27 mai 2013

La Parade du rire (1934) de William Beaudine

Titre original : « The Old-Fashioned Way »

La Parade du rireA la tête d’une troupe de théâtre itinérante, The Great McGonigle (W.C. Fields) laisse des notes d’hôtel impayées et doit ruser pour échapper aux hommes de loi qui le poursuivent. Il arrive dans la ville de Bellefontaine qui abrite l’une de ses grandes admiratrices, une riche veuve qui rêve de jouer sur les planches… The Old-Fashioned Way a un petit côté autobiographique puisque W.C. Fields a débuté sa carrière dans le show business en étant jongleur dans une troupe itinérante et le film nous fait revivre les conditions de vie d’une telle petite compagnie au tout début du XXe siècle. W.C. Fields nous gratifie même d’une reprise de son numéro de jonglage avec son numéro avec les boites de cigares où il nous prouve qu’il n’a pas tant perdu la main. Mais les scènes les plus célèbres du film sont certainement celle où il voit son repas perturbé par un jeune bambin espiègle qu’il ne peut réprimander comme il le souhaiterait (il parvient tout de même à lui administrer un gigantesque coup de pied au derrière, ce qui a beaucoup choqué) et celle où il doit auditionner la riche veuve (il n’y a que W.C. Fields pour donner à un personnage le nom de Cleopatra Pepperday !). Même s’il n’est sans doute pas à ranger parmi les meilleurs films de W.C. Fields, The Old-Fashioned Way reste amusant, l’acteur comique montrant beaucoup de subtilité dans son jeu.
Elle: –
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: W.C. Fields, Joe Morrison, Judith Allen, Jan Duggan
Voir la fiche du film et la filmographie de William Beaudine sur le site IMDB.
Voir les autres films de William Beaudine chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Le bambin est joué par Baby Leroy qui, à l’âge de deux ans, en était déjà à son 6e film.
* On raconte que W.C. Fields aurait versé du gin dans le biberon de Baby Leroy avant de déclarer, quand le bébé s’est affalé : « Je vous l’avais bien dit qu’il ne tiendrait pas le coup ! »  Difficile, toutefois, de savoir si l’anecdote est vraie…
* La pièce jouée par la troupe du Grand McGonigle est The Drunkard, une pièce dramatique ultra-célèbre du milieu du XIXe siècle. Elle fait partie des temperance play, c’est-à-dire des spectacles écrits pour lutter contre l’alcoolisme. Cette pièce sera ultérieurement portée à l’écran sous forme de comédie ou de parodie :
The Drunkard (1935) de Albert Herman avec James Murray
The villain still pursued her (1940) de Edward F. Cline avec Buster Keaton

20 mai 2013

Poulet aux prunes (2011) de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Poulet aux prunesInconsolable depuis que son violon a été brisé, le grand musicien Nasser Ali Khan décide de mourir. Il se met au lit et attend la mort qui met plusieurs jours à venir, le temps pour lui de se laisser aller à ses rêveries sur son passé… Après Persepolis, Marjane Satrapi adapte avec son comparse, Vincent Paronnaud, une autre de ses bandes dessinées, Poulet aux prunes, cette fois en film avec des acteurs. Grace à une utilisation intelligente de différentes techniques, ils parviennent à créer une atmosphère à mi-chemin entre réalisme et conte persan. Cette atmosphère nous enveloppe pour nous emmener au gré de l’imagination de Marjane Satrapi dans différentes scènes qui, au final, forment un puzzle nous dévoilant la vie de ce musicien. Il y a beaucoup d’excellentes trouvailles et un humour délicat, souvent en forme de subtile dérision. Mis à part Mathieu Amalric, qui ne semble pas à l’aise dans son personnage et montre un jeu rigide et sans chaleur, l’interprétation est à la hauteur des personnages, sans aucun excès. Poulet aux prunes est un film assez joyeux, inventif avec un brin de magie et fort joliment tourné.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Mathieu Amalric, Edouard Baer, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Eric Caravaca, Chiara Mastroianni, Jamel Debbouze, Isabella Rossellini
Voir la fiche du film et la filmographie de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud sur le site IMDB.

Voir les autres films de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud chroniqués sur ce blog…

24 avril 2013

Whisky à gogo (1949) de Alexander Mackendrick

Titre original : « Whisky Galore! »

Whisky à gogoEn 1943, le plus grand drame vécu par les habitants d’une petite île des Iles Hébrides, au nord-ouest de l’Ecosse, n’est pas la guerre… mais le manque de whisky. Le moral est au plus bas. Aussi, lorsqu’un navire renfermant en ses soutes des milliers de caisses de whisky fait naufrage sur les récifs de l’île, c’est la mobilisation générale…  Passport to Pimlico, Whisky Galore, Kind Hearts and Coronets (Noblesse oblige), ces trois films sortis en 1949 ont établi la réputation des productions Ealing dans le domaine de l’humour. Whisky Galore est adapté d’un livre de Compton MacKenzie inspiré d’un fait réel (1). Il a été tourné entièrement en décors naturels, sur l’île de Barra, de nombreux rôles de figuration étant tenus par les habitants eux-mêmes. L’humour, très anglais bien entendu, est bien présent, avec une ironie plutôt bon enfant sauf envers le représentant de l’ordre, un capitaine anglais pompeux qui est proprement ridiculisé. Dans la querelle entre l’Angleterre et l’Ecosse, Whisky Galore est ainsi nettement dans le camp des écossais (2) et on ne sera guère surpris d’apprendre que le film est très populaire en Ecosse! Avec beaucoup de fraîcheur et d’ironie, Whisky Galore reste un film très amusant à regarder.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Basil Radford, Catherine Lacey, Bruce Seton, Joan Greenwood, Gordon Jackson
Voir la fiche du film et la filmographie de Alexander Mackendrick sur le site IMDB.

Remarques :
Whisky à gogo* La fin moralisante, qui stipule que le whisky n’a apporté que le malheur aux habitants, a été insérée sous la pression de la censure américaine.
* Le titre français a donné son nom à une boîte de nuit parisienne, le Whisky à gogo, célèbre pour avoir été fréquentée par Jim Morrison et Serge Gainsbourg.
* Compton MacKenzie, l’auteur du livre, tient un petit rôle dans le film : celui du capitaine qui s’échoue.

(1) En 1941, près de l’île d’Eriskay dans les Nouvelles Hébrides, le cargo SS Politician fit naufrage avec une cargaison de plus de 20 000 caisses de whisky. L’histoire du « sauvetage » de très nombreuses caisses par un groupe d’habitants de l’île est devenue légendaire.

(2) Notons que si Ealing est une société de production anglaise, auteur et réalisateur de Whisky à gogo sont écossais (Alexander Mackendrick est américain mais ses parents sont écossais).

1 mars 2013

Le Cochon de Gaza (2011) de Sylvain Estibal

Titre anglais : « When Pigs Have Wings »

Le cochon de GazaLe lendemain d’une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, trouve dans ses filets un cochon vivant. Il ne sait comment faire pour se débarrasser de cet animal impur. Il tente tout d’abord de le proposer discrètement aux observateurs des Nations-Unies mais sans succès… Cette comédie qui se déroule à Gaza est le premier long métrage d’un journaliste et romancier français né en Uruguay, Sylvain Estibal. Il en a écrit lui-même le scénario. Le sujet a beau être délicat, surtout quand il s’agit de faire de l’humour, il sait trouver le ton juste. Son humour n’est jamais méchant ni même trop caustique et il est difficile de ne pas adhérer au fond du propos qui prône le rapprochement des peuples. Sylvain Estibal joue beaucoup avec le côté saugrenu et même ubuesque de certaines situations. Il y a vraiment de belles trouvailles d’humour et de belles réparties. Le Cochon de Gaza est une réussite.
Elle: –
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sasson Gabai, Baya Belal, Myriam Tekaïa, Khalifa Natour, Ulrich Tukur
Voir la fiche du film et la filmographie de Sylvain Estibal sur le site IMDB.

27 février 2013

Mines de rien (1940) de Edward F. Cline

Titre original : « The Bank Dick »

Mines de rienChez lui, Egbert Sousé est maltraité par tout le monde, depuis sa fillette espiègle jusqu’à sa belle-mère acariâtre. Il préfère donc passer son temps dans son bar favori. Grâce à une rencontre, il est embauché au pied levé pour remplacer un metteur en scène alcoolique. Ensuite, les apparences laissent croire qu’il a capturé deux cambrioleurs de banque. Pour le remercier, le directeur de la banque lui propose un poste de vigile… Ecrit par W.C. Fields, The Bank Dick est un excellent film, certainement l’un des meilleurs du célèbre comique américain. C’est son avant-dernier film. On peut certes trouver, comme certains critiques, qu’il manque d’unité mais il est tellement bourré de gags et de bons mots que le résultat est indéniablement une réussite. Le rythme est assez soutenu, sans aucun temps mort, les enchainements sont assez rapides. Edward Cline a dirigé de nombreux films de Buster Keaton et on sent nettement l’influence du cinéma burlesque muet dans la poursuite finale, assez échevelée.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: W.C. Fields, Una Merkel, Franklin Pangborn, Grady Sutton
Voir la fiche du film et la filmographie de Edward F. Cline sur le site IMDB.

Voir les autres films de Edward F. Cline chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Le personnage du metteur en scène fin saoul et donc incapable de diriger peut certainement être vu comme une allusion à Clyde Bruckman que W.C. Fields a du plus ou moins remplacer (dans Man on the flying trapeze en 1934) pour cette même raison.

* W.C. Fields a signé le scénario sous le nom de Mahatma Kane Jeeves (pour le jeu de mots, lire le commentaire ci-dessous…)

11 janvier 2013

Les vacances de Monsieur Hulot (1953) de Jacques Tati

Titre original : « Les vacances de Monsieur Hulot »

Les vacances de Monsieur HulotMonsieur Hulot arrive dans son automobile antique et pétaradante dans un petit hôtel en bord de mer. Son comportement inhabituel qui tranche avec celui des autres vacanciers va lui attirer une certaine antipathie… Second long métrage de Jacques Tati, Les vacances de Monsieur Hulot est le premier film où il met en scène Monsieur Hulot, personnage lunaire et un peu maladroit qui a gardé une âme d’enfant. Le film enchaîne les gags dans un style élégant et poétique. Basé sur une grande faculté d’observation, l’humour de Jacques Tati utilise souvent les objets ou les attitudes, avec beaucoup de naturel, sans jamais avoir besoin de forcer le trait. C’est un humour sans méchanceté mais qui égratigne au passage certains comportements sociaux ou certains travers de notre société. Il n’y a que très peu de paroles (1) et elles n’ont d’ailleurs que peu d’importance, Tati les utilisant comme des bruitages. Son humour ne vieillit pas, le film est même assez moderne ; en tous cas, certains gags restent dans nos esprits à tout jamais.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jacques Tati, Nathalie Pascaud, Lucien Fregis
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Tati sur le site IMDB.
Voir les autres films de Jacques Tati chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Les vacances de Monsieur Hulot a été tourné à Saint-Marc-sur-Mer près de Saint-Nazaire. L’Hôtel de la Plage y existe toujours (racheté par une grande chaîne d’hôtels américaine).

* En 1963, Jacques Tati a réalisé un nouveau montage et retravaillé et enrichi la bande sonore. En 1978, il a ajouté une scène pour parodier le film de Steven Spielberg Les dents de la mer (la barque qui se plie en deux).
La version la plus courante aujourd’hui est celle de 1978. Le DVD paru en 2009 propose la version de 1978 et la version originale de 1953.

* Tout comme Mon Oncle, le film Les vacances de Monsieur Hulot a été transformé en roman par Jean-Claude Carrière avec des illustrations de Pierre Etaix (voir le livre).

(1) Monsieur Hulot ne dit qu’un mot de tout le film : « Hulot ».