En 1999, Wilbur Tennant, un éleveur de Parkersburg en Virginie-Occidentale, prend contact avec un avocat d’un influent cabinet de Cincinnati : depuis qu’un site appartenant à l’entreprise de produits chimiques DuPont s’est installé à côté de sa ferme, son troupeau de vaches a été décimé et les animaux encore en vie présentent de lourdes séquelles… Dark Waters est un film américain réalisé par Todd Haynes. Il relate le long combat de l’avocat Robert Bilott pour faire reconnaitre les effets catastrophiques d’une substance de synthèse, le APFO, alias C8, utilisé pour la fabrication du téflon. C’est l’acteur Mark Ruffalo, également producteur, qui est à la base du projet. Todd Haynes parvient à rendre passionnant son récit et maintient tension et suspense durant les deux heures de film. La photographie reste en permanence assez sombre, presque glauque, accroissant l’impression d’une nature rendue malsaine. Un film édifiant. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Maxwell Smart travaille comme analyste dans une agence de renseignement ultrasecrète, CONTROL. Les agents de terrain ayant été démasqués à la suite d’une attaque, son supérieur l’envoie en mission avec la charmante mais redoutable Agent 99. Ensemble, ils vont devoir contrecarrer les projets de l’organisation terroriste KAOS qui prépare un attentat nucléaire contre les États-Unis… Max la menace (Get Smart) est un film américain réalisé par Peter Segal. Il s’inspire de la série télévisée du même nom diffusée entre 1965 et 1970 aux Etats-Unis (138 épisodes). Il s’agit d’une parodie des films d’espionnage, le personnage principal utilisant toujours des méthodes assez loufoques pour se tirer d’affaire et parvenir à ses fins. Cette adaptation cinématographique est l’occasion pour Steve Carell de faire un beau numéro comique, sans alourdir le trait ; il semble tirer l’ensemble à un train d’enfer. Tout l’humour repose sur lui et sur quelques personnages secondaires. Anne Hathaway semble peiner à le suivre. Divertissant. Gros succès. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Peter Segal chroniqués sur ce blog…
Diffusions de la série télévisée originale en France : 1) A partir de 1968 sur la deuxième chaîne de l’ORTF 2) De 1986 à 1987 sur TV6. 3) A partir de septembre 1987 sur La Cinq. 4) A partir de 1998 sur Canal Jimmy. 5) A partir de septembre 2007 sur Direct 8. 6) En 2010, Arte l’a rediffusée quotidiennement.
Anne Hathaway et Steve Carell dans Max la menace (Get Smart) de Peter Segal.
Dans les années 1980, le jeune Paul Graff mène une enfance paisible dans le Queens, à New York. Avec Johnny, un camarade mis au ban de la classe à cause de sa couleur de peau, ils font les 400 coups. Paul pense être protégé par sa mère, présidente du conseil des parents d’élèves, et par son grand-père dont il est très proche… Armageddon Time est un film américain écrit et réalisé par James Gray qui s’inspire de sa propre enfance. Après une digression de deux films, le réalisateur revient donc à New York pour évoquer l’innocence candide d’un enfant face aux fêlures du rêve américain, le récit d’une perte de l’innocence. On peut être touché par ce récit ou trouver que le cinéaste n’apporte pas grand-chose de nouveau avec cette autofiction. Très belle prestation du jeune Banks Repeta qui montre une grande présence à l’écran. La critique a été dithyrambique. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
• L’image n’est pas très belle mais c’est volontaire : James Gray voulait que le film ait l’air d’avoir été tourné en 1979-1980, avec un effet délavé et très peu de contraste. Il a tourné en numérique, puis transféré les images sur une pellicule photochimique pour les repasser ensuite en numérique.
Jaylin Webb et Banks Repeta dans Armageddon Time de James Gray
Gloria décide de quitter New York après que son petit ami l’a chassée de chez lui. Gloria a un sérieux problème d’alcool et laisse sa vie dériver paresseusement. Elle retourne dans sa ville natale où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. Au même moment, à Séoul, une créature gigantesque détruit la ville… Colossal est un film fantastique hispano-canadien écrit et réalisé par l’espagnol Nacho Vigalondo. A défaut d’être crédible, ce qu’il ne cherche manifestement pas, le scénario est assez inattendu, mêlant habilement la comédie psychologique et le film de monstres japonais (kaiju). L’absence de rationalité donne au film une atmosphère très particulière. Le réalisateur prend à revers les codes de la comédie romantique tout en conservant la création d’un lien d’attachement des spectateurs envers les personnages. Le duo Anne Hathaway et Jason Sudeikis fonctionne particulièrement bien. On peut aussi y voir une allégorie sur les violences envers les femmes et sur la possession. Hélas, le film n’a pas eu le succès qu’il mérite, probablement parce qu’il déroute. Il est assurément très original. Elle: – Lui :
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Angleterre, 15 juillet 1988. Après une soirée de fin d’études bien arrosée, Emma et Dexter font plus ample connaissance et finissent par dormir dans le même lit sans qu’il y ait de relation sexuelle. Ils décident ensuite de rester amis…
Réalisé par la danoise Lone Scherfig, Un jour (One Day) est un film américain adapté du roman homonyme de l’anglais David Nicholls. Nous retrouvons les deux personnages principaux chaque année le 15 juillet pendant plus de dix-huit années pour suivre l’évolution de leur relation. Si l’on peut penser tout d’abord à une variation de Quand Harry rencontre Sally, le propos est différent car cette histoire explore plutôt le thème des occasions manquées : Emma et Dexter ne sont jamais en phase. Le scénario n’utilise pas les ficelles traditionnelles pour nous émouvoir et les personnages deviennent rapidement assez attachants essentiellement par leur belle présence. Le film est également rendu plaisant par son équilibre entre drame et comédie, l’humour passant par des dialogues bien ciselés. Le film a été très critiqué à cause du mauvais accent anglais de l’américaine Anne Hathaway, ce qui, pour nous francophones, est peu perceptible. Elle: – Lui :
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Dans un futur proche, la Terre connaît une grave crise alimentaire. Cooper, un ancien pilote de la NASA, devenu agriculteur par nécessité, découvre grâce à l’intervention d’une intelligence extérieure inconnue l’existence d’un centre de recherches secret. Leur but est d’envoyer des humains chercher une planète à coloniser pour assurer la survie de l’espèce humaine… Interstellar est un film de science-fiction où la physique tient une place d’importance. C’est une belle extrapolation de différentes théories et spéculations scientifiques sur la nature de l’espace, du temps et de la gravité. Kip Thorne a été consultant sur le projet. Kip Thorne est un physicien théoricien américain connu pour être non seulement un grand vulgarisateur de la relativité générale mais aussi pour ses recherches. Il est par exemple un grand défenseur de la possibilité d’existence des fameux « trous de vers » (wormholes) imaginés par Einstein et bien connus des amateurs de science-fiction. Sans parler du mysticisme sous-jacent, le film n’est pas sans incohérences qui peuvent même paraître des absurdités. La volonté de pimenter le récit en est certainement la cause ; l’insertion du personnage interprété par Matt Damon relève sans doute de la même démarche (on est là proche du grand guignol…) Mais il y a tout de même suffisamment de bases pour que le film soit à classer dans les films de science-fiction les plus proches de la science, noble famille où 2001 trône en maître. Les représentations (d’un trou de ver, d’un trou noir, d’un espace à plus de trois dimensions) et les réflexions/extrapolations sur la gravitation et le temps qu’il nous propose sont plus qu’intéressantes. Elle: – Lui :
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Anne Hathaway et Matthew McConaughey dans Interstellar de Christopher Nolan.
Il peut sembler assez absurde d’envisager aller vivre sur une planète si proche d’un trou noir (à moins d’être grand amateur de barbecue) …
… mais le plus intéressant ici est la représentation du trou noir : Kip Thorne aurait fourni aux animateurs une série d’équations complexes qui ont été introduites dans le logiciel de modélisation. Selon la production, le résultat aurait sidéré le chercheur. Cette représentation d’un trou noir (plus exactement de la déformation de l’espace qui l’entoure) pourrait en effet être la plus réaliste qui soit. Le physicien Jean-Pierre Luminet a toutefois fait remarquer que cette représentation ne tient pas compte de l’effet Doppler : la partie la plus proche de nous s’éloigne rapidement alors que la partie la plus éloignée se rapproche de nous ce qui devrait donner d’importantes différences de luminosité et de couleur.
Pas facile de représenter un cube à quatre dimensions (on appelle cela un tesseract)… Plutôt que d’utiliser uniquement des images de synthèse, Christopher Nolan a opté pour la construction d’un gigantesque décor, ce qui donne une indéniable « consistance » à l’ensemble. Le résultat est très intéressant, et bien entendu très déroutant. (Photo de tournage)