21 avril 2019

Maman a tort (2016) de Marc Fitoussi

Maman a tortAnouk passe son stage d’observation de troisième dans la société d’assurance où travaille sa mère. Elle se retrouve cantonnée dans des tâches indélicates mais cela ne va pas l’empêcher de découvrir un monde de compromissions…
Marc Fitoussi a écrit et réalisé Maman a tort, une comédie empreinte d’une réflexion plus sérieuse. C’est avant tout un regard sur le monde du travail à travers les yeux plein de candeur d’une adolescente de treize ans, une façon de mettre en relief les petites mesquineries, celles qui pourrissent les rapports entre les personnes, et surtout les compromissions où nos actes peuvent s’opposer à notre éthique. Marc Fitoussi appuie fort sur ce point, prenant par facilité une cible consensuelle (les assurances et les banques) pour montrer que la course aux objectifs peut mener à la fraude.  Le film est aussi une réflexion sur la transmission : quelle image du monde du travail allons-nous montrer à nos enfants ? Même s’il n’évite pas certains clichés, Marc Fitoussi réussit une bonne symbiose entre réflexion et comédie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jeanne Jestin, Émilie Dequenne, Sabrina Ouazani, Jean-François Cayrey, Grégoire Ludig
Voir la fiche du film et la filmographie de Marc Fitoussi sur le site IMDB.
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Maman a tort
Jeanne Jestin et Émilie Dequenne dans Maman a tort de Marc Fitoussi.

Remarque :
Maman a tort est également le titre d’une mini-série avec Anne Charrier et Pascal Elbé, diffusée sur France 2 en 2018, sans aucun lien avec ce film.

14 janvier 2019

Thé et sympathie (1956) de Vincente Minnelli

Titre original : « Tea and Sympathy »

Thé et sympathieTom Lee, un étudiant de 17 ans, est plus attiré par la littérature et les arts que par l’univers viril encouragé dans son collège à travers le sport. Il se retrouve marginalisé par les autres garçons du pensionnat. Heureusement, il sympathise avec Laura, la femme du professeur chargé de superviser son groupe d’adolescents…
Avec Thé et sympathie, Vincente Minnelli porte à l’écran une pièce à succès de Robert Anderson qui en a signé l’adaptation. Les trois acteurs principaux, Deborah Kerr, John Kerr et Leif Erickson, conservent les rôles qu’ils tenaient sur les planches. La pièce traitait assez explicitement du thème de l’homosexualité. Censure oblige, cet aspect est écarté dans le film et le jeune Tom est simplement appelé « fillette » (« sister boy ») par ses camarades. Cela n’enlève rien au propos qui est de dénoncer le rejet de la différence mais  le personnage de la femme est moins bien défini : dans la pièce, elle se mettait en tête de montrer à Tom ce qu’il perdait… Le film traîne quelque peu en longueur et la démonstration apparaît excessivement appuyée. Les personnages en effet  sont très typés. Les canons de la virilité exhibés font un peu sourire aujourd’hui (mais est-on vraiment sûr qu’ils n’ont plus cours ?) Le film fut un échec commercial.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Deborah Kerr, John Kerr, Leif Erickson, Edward Andrews, Darryl Hickman
Voir la fiche du film et la filmographie de Vincente Minnelli sur le site IMDB.

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Thé et sympathie
Deborah Kerr et John Kerr dans Thé et sympathie de Vincente Minnelli.

Remarques :
* Il n’y a aucun lien de parenté entre Deborah Kerr et John Kerr.
* John Kerr paraît un peu âgé pour le rôle : il avait alors 25 ans.
* Le collège est un college-preparatory school, c’est un peu l’équivalent d’une de nos classes préparatoires qui prendrait la place de la Terminale.
* L’épilogue (la lecture de la lettre pleine de regrets) a été ajouté par la MGM par crainte de la censure.

Thé et sympathie
John Kerr et Deborah Kerr dans Thé et sympathie de Vincente Minnelli.

4 janvier 2019

Breakfast Club (1985) de John Hughes

Titre original : « The Breakfast Club »

Breakfast ClubCinq élèves sont consignés un samedi dans leur collège. Ils ne se connaissaient pas auparavant. Ils sont placés dans une salle pour toute la journée avec une dissertation à écrire sur le thème « qui pensez-vous être ? »…
Une fois passée une mise en place qui semble plutôt conventionnelle, Breakfast Club se révèle assez intéressant car il va assez en profondeur pour dresser le portrait de cinq adolescents très différents mais qui ont beaucoup plus en commun qu’on ne l’imaginerait. C’est un véritable portrait de l’adolescence, pointant les conflits face auxquels ils se débattent. On peut probablement reprocher à John Hughes, qui est à la fois scénariste et réalisateur, de trop typer ses personnages mais son idée est considérer qu’un adolescent est à la fois un cerveau, un athlète, un détraqué, un fils à papa et un délinquant et de faire personnifier chacune de ces facettes par un des cinq personnage. On peut aussi lui reprocher de beaucoup charger les parents mais le film permet indéniablement à ceux-ci de mieux comprendre les adolescents et la pression qu’ils peuvent mettre sur eux. Le propos du film est assez atemporel. Tourné avec un budget très réduit, le film a connu un franc succès.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Emilio Estevez, Paul Gleason, Anthony Michael Hall, Judd Nelson, Molly Ringwald, Ally Sheedy
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Remarques :
* Cameo : John Hughes interprète le père de Brian (le « cerveau ») qui vient le chercher à la fin.
* La photo de l’affiche est d’Annie Leibovitz.

Breakfast Club
Judd Nelson (« le déliquant »), Emilio Estevez (« l’athlète »), Ally Sheedy (« la détraquée »), Molly Ringwald (« la fille à papa ») et Anthony Michael Hall (« le cerveau ») dans Breakfast Club de John Hughes.

20 décembre 2018

Bully (2001) de Larry Clark

BullyDans une petite ville de Floride, un petit groupe d’adolescents s’occupe pendant l’été entre plage, drogue et sexe. Bobby et Marty sont amis depuis toujours mais leur relation est marqué par la domination, les humiliations et violences de Bobby sur Marty …
Bully (« to bully » en anglais = brutaliser) est basé sur un fait divers, le meurtre de Bobby Kent survenu en juillet 1993. Comment sept adolescents, plutôt oisifs et aisés, peuvent-ils décider de tuer un huitième et passer à l’acte sans l’ombre d’un remords ? Le film de Larry Clark ne répond pas vraiment à la question si ce n’est qu’il met en relief l’omniprésence de la drogue. Le cinéaste porte un regard plutôt bienveillant sur ces adolescents, on le sent en empathie avec eux et dresse un portrait très noir de la victime comme s’il voulait nous prouvait qu’il méritait son sort. Ils filment les corps de très près mais reste en surface, sans chercher à ce qui passe réellement dans leurs têtes. Son film est néanmoins troublant, un peu terrifiant, le jeu particulièrement naturel des acteurs participant à créer ce trouble.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Brad Renfro, Bijou Phillips, Rachel Miner, Nick Stahl, Michael Pitt, Leo Fitzpatrick, Kelli Garner, Daniel Franzese
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Bully
Rachel Miner, Bijou Phillips, Kelli Garner et Daniel Franzese dans Bully de Larry Clark.

5 décembre 2018

The Ice Storm (1997) de Ang Lee

Ice StormEn 1973, à New Canaan dans le Connecticut, les habitants se préparent à fêter Thanksgiving. C’est le cas chez les Hood et les Carver même si les différents membres de ces deux familles traversent une passe personnelle difficile…
Deuxième film occidental d’Ang Lee, The Ice Storm est l’adaptation d’un roman de Rick Moody. Sur un fond politique fort (le Watergate), c’est une introspection de la famille américaine avec tous ses petits dérèglements qui finissent ici par former une tempête. Les difficultés de communication en sont une cause majeure, que ce soit entre adultes dont les aspirations divergent et surtout entre adultes et adolescents, deux mondes qui cohabitent mais ne semblent pas pouvoir s’entrecroiser. Ang Lee a une approche subtile et délicate de cet ensemble et sait donner une belle profondeur à ses personnages. La qualité de l’interprétation finit de donner à The Ice Storm une certaine perfection. A noter également, une excellente musique, bien évidemment très marquée années soixante-dix. Le film n’eut que peu de succès à sa sortie ; il est redécouvert aujourd’hui.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Kevin Kline, Joan Allen, Sigourney Weaver, Tobey Maguire, Christina Ricci, Elijah Wood
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The ice storm
Kevin Kline, Joan Allen et Christina Ricci dans Ice Storm de Ang Lee.

11 septembre 2018

Le Disciple (2016) de Kirill Serebrennikov

Titre original : « Muchenik »

Le DiscipleUn adolescent devient fanatique de religion au grand désarroi de sa mère et de ses professeurs qui ne savent quelle attitude adopter…
Le Disciple est l’adaptation de la pièce Martyr du dramaturge allemand Marius von Mayenburg, écrite en 2012. Le film ne décrit pas tant par quels mécanismes le jeune homme devient un illuminé de la Foi, mais s’attache plutôt à montrer l’impuissance des institutions civiles et religieuses face à cette forme d’absolu. Et c’est même pire que cela puisque l’adolescent parvient à faire passer son fondamentalisme comme norme et la seule professeure qui, du fait de ses idées progressistes, tente de comprendre le phénomène pour mieux le contrer voit sa démarche se transformer en obsession destructrice. Certes, on frôle souvent l’outrance mais la démonstration est assez terrifiante. L’auteur montre également comment on peut sélectionner des écrits pour justifier son attitude fanatique : chrétien orthodoxe, l’adolescent cite constamment la Bible et le réalisateur indique en surimpression discrète les références pour bien montrer qu’il n’y a là aucune exagération. Kirill Serebrennikov filme cela en longs plans-séquences qui donnent une indéniable puissance à l’ensemble. Cette poussée d’obscurantisme a de quoi nous donner des frayeurs.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Pyotr Skvortsov, Viktoriya Isakova, Yuliya Aug
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Remarque :
* Kirill Serebrennikov a placé l’action à Kaliningrad (anciennement Königsberg, patrie de Kant), aujourd’hui une enclave russe au bord de la Baltique, entre la Pologne et la Lituanie.

Le Disciple
Pyotr Skvortsov et Aleksandra Revenko dans Le Disciple de Kirill Serebrennikov.

29 avril 2018

Psiconautas (2015) de Pedro Rivero et Alberto Vázquez

Titre original : « Psiconautas, los niños olvidados »

PsiconautasSur une île ravagée par un désastre nucléaire, trois adolescents ont décidé de fuir avec l’aide du mythique Birdman qui symbolise l’espoir d’un monde meilleur… Adapté d’une bande dessinée d’Alberto Vázquez, Psiconautas est un dessin animé sombre et cauchemardesque qui met en avant de nombreuses angoisses de notre société. Le dessin est assez remarquable, épuré, poétique, très inspiré de Roland Topor et de La Planète Sauvage de René Laloux (1973). Un lieu très différent (qui symbolise l’espoir d’un monde meilleur en harmonie avec la nature) évoque quant à lui fortement Miyazaki. Les personnages sont, assez classiquement, des animaux anthropomorphes d’une grande candeur ; plus original, certains objets sont doués de parole. Sans nuance aucune, le propos n’est pas vraiment construit, abordant pêle-mêle les grandes questions vues des yeux d’un adolescent : la pression parentale, le refus de l’autorité, la drogue, la pollution et le saccage écologique de la planète, le chômage. Tout cela est très désordonné, de nombreuses séquences semblent là surtout pour faire des effets cauchemardesques. L’ensemble est très noir, Psiconautas n’est pas à montrer à de jeunes enfants…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs:
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Psiconautas
PsiconautasPsiconautas
Psiconautas de Pedro Rivero, Alberto Vázquez.

16 décembre 2017

Retour vers le futur (1985) de Robert Zemeckis

Titre original : « Back to the Future »

Retour vers le futurL’adolescent Marty McFly a pour ami un scientifique excentrique qui a mis au point une machine à voyager dans le temps sous la forme d’une voiture aux lignes futuristes. A la suite d’un concours de circonstances, c’est Marty qui va l’utiliser et se retrouver propulsé en 1955, avant sa naissance…
Ecrit par Bob Gale et Robert Zemeckis, Retour vers le futur ne put trouver de producteur intéressé qu’après le succès de A la poursuite du diamant vert. Ce fut finalement la société de Steven Spielberg. Le film est une comédie de science-fiction dont l’histoire est assez simple, exploitant le paradoxe le plus connu (et qui n’a toujours pas de solution satisfaisante) du voyage dans le temps : « que se passe t-il si je remonte le temps et empêche mes parents de se rencontrer ? » Accessoirement, on peut aussi y voir une réflexion sur l’importance des hasards et micro-évènements sur le déroulement de notre vie. Les personnages sont très typés, et pourtant, c’est le plus excessif qui est le plus réussi : Doc, le savant fou, est un régal. Retour vers le futur est un film bon enfant : c’est un conte, sans doute un peu mièvre par moments mais qui forme un ensemble particulièrement réussi et qui se révèle être toujours aussi amusant trente ans après sa sortie. Malgré de mauvaises critiques (surtout en France), le succès fut planétaire.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Crispin Glover, Thomas F. Wilson
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Remarques :
* Huey Lewis n’a pas seulement signé les deux morceaux Power of Love et Back in Time. Il fait aussi une courte apparition en président du jury du concours de musique (l’homme au mégaphone).
* Plus que tout autre, Retour vers le futur est le film qui a boosté la vogue alors naissante du skateboard.
* Initialement, la machine à voyager dans le temps devait être un… réfrigérateur. L’idée fut abandonnée par crainte que des enfants n’essaient de s’enfermer à leur tour dans un réfrigérateur pour les imiter. Sage décision…

Retour vers le futur
Christopher Lloyd et Michael J. Fox dans Retour vers le futur de Robert Zemeckis.

Retour vers le futur
Christopher Lloyd dans Retour vers le futur de Robert Zemeckis.

Retour vers le futur
Michael J. Fox et Christopher Lloyd dans Retour vers le futur de Robert Zemeckis.

La trilogie :
Retour vers le futur (Back to the Future) de Robert Zemeckis (1985)
Retour vers le futur 2 (Back to the Future II) de Robert Zemeckis (1989)
Retour vers le futur 3 (Back to the Future III) de Robert Zemeckis (1990)

19 avril 2017

Les garçons de Fengkuei (1983) de Hou Hsiao-hsien

Titre original : « Feng gui lai de ren »

Les garçons de FengkueiDans un petit village de l’île de Penghu (Taïwan), quatre jeunes garçons ayant fini leurs études s’ennuient en attendant l’âge de partir au service militaire. Ils passent le plus clair de leur temps à boire et à se bagarrer ; ils frisent la délinquance. Trois d’entre eux décident d’aller dans la grande ville taïwanaise proche pour y chercher un travail… Si Les garçons de Fengkuei est le quatrième film de Hou Hsiao-hsien, il s’agit de son premier film personnel, son premier film d’auteur (lui-même considère qu’il s’agit de son premier film). Il s’est inspiré de sa vie personnelle pour témoigner de ce passage d’une vie insouciante à une prise de conscience à la fois sociale et sentimentale, le passage à la vie d’adulte pourrait-on dire pour simplifier. Il le fait sans édulcorer le tableau, sans idéalisme non plus ; son récit est plus une série de sensations à partir de micro-évènements significatifs et qui se révèle être assez émouvant au final. Il est aussi assez délicat comme en témoigne la relation qui se noue entre un jeune garçon et la jeune fille voisine à la ville, à mi-chemin entre l’amour de jeunesse et l’amitié. La forme ne montre pas encore ce qui sera le style du cinéaste, tout au plus peut-on remarquer déjà quelques plans fixes étonnants.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Niu Doze, Tou Chung-Hua, Yang Li-Yin
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Remarque :
* De façon surprenante, Hou Hsiao-hsien a choisi une musique de Vivaldi pour de très nombreuses scènes, ce qui crée un décalage avec les images (j’avoue ne pas percevoir l’intention du réalisateur, probablement cette musique n’est pas perçue de la même façon en Chine qu’en Occident).

 

Les Garçons de Fengkuei
P’eng-chue Chao, Chang Shih, Niu Doze et Yang Li-Yin dans Les garçons de Fengkuei de Hsiao-Hsien Hou.

Les Garçons de Fengkuei
La scène la plus remarquée de Les garçons de Fengkuei de Hou Hsiao-Hsien.

24 mars 2017

Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985) de Hou Hsiao-hsien

Titre original : « Tóngnián wangshì »

Un temps pour vivre, un temps pour mourirAu lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la famille du jeune Ah-hsiao quitte la Chine continentale pour s’installer sur l’île de Taïwan. Le jeune garçon grandit dans une famille bientôt frappé par la maladie … Dans ce film semi-autobiographique, Hou Hsiao-hsien évoque deux périodes de son enfance : à l’âge de dix ans d’abord, période marquée par le décès de son père, puis à dix-sept ans, période où il est devenu un adolescent tourmenté. La grand-mère, qui cherche inlassablement un pont pour retourner sur le continent, symbolise le traumatisme de l’exil (1). C’est un récit très placide, duquel il ne faut pas attendre d’évènements exceptionnels, mais qui nous place très près des personnages. Hou Hsiao-hsien développe déjà son style, notamment ses longs plans fixes, un jeu très naturels des acteurs et une quasi-absence de gros plans.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Mei Fang, Tien Feng, Yu An-shun, Tang Ru-Yung
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Remarque :
Un temps pour vivre, un temps pour mourir est également le titre d’un roman de Erich Maria Remarque publié en 1954 (aucun lien : il s’agit du récit d’un soldat allemand sur le front russe qui revient en permission chez lui).

(1) La famille est venue volontairement à Taïwan (le père acceptant un poste sur l’île) mais y restera bloquée par le nationalisme de Chang-Kai Cheikh, tout en étant heureuse d’avoir ainsi échappé au communisme.

Un temps pour vivre un temps pour mourir
Toto dans Un temps pour vivre, un temps pour mourir de Hou Hsiao-hsien.