Un jeune couple annonce son mariage lors d’un dîner entre amis. Les réactions de chacun vont révéler au sein du groupe des failles sentimentales jusque-là inexprimées…
Découvert récemment, ce premier long métrage de Tomoka Shibasaki fut conçu en 2008 dans le cadre du projet de fin d’études de son master de cinéma à la Tokyo University of Arts. Le film ne fut pas distribué en salles. L’apprenti-réalisateur a alors vingt-neuf ans, soit l’âge de ses six personnages : trois hommes, trois femmes qui se cherchent alors que leurs relations sont encore très malléables. Il met en scène leurs chassés-croisés amoureux, sous la forme de discussions qui font naître plus de questionnements que de solutions. La forme n’est pas sans évoquer celle des films de Rohmer. Le plus étonnant est la sensibilité et la maturité dont Tomoka Shibasaki fait preuve dans le regard qu’il porte sur ses personnages. Il sait aller en profondeur sans effets dramatiques. L’interprétation est parfaite. Techniquement parlant, l’image n’est pas très belle mais cela paraît vite secondaire (et compréhensible). Elle: Lui :
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Remarques :
* Tomoka Shibasaki précise : « À l’époque j’avais 29 ans et peu d’expériences sentimentales ni en techniques de cinéma. J’ai donc basé ma réflexion à partir de ce que j’observais, j’étais notamment passionné de séries. » (dossier de presse)
* Première sortie mondiale en salles : 15 mai 2019 en France.
Aoba Kawai et Nao Okabe dans Passion de Ryûsuke Hamaguchi.
Une romancière à succès en quête de personnages pour son nouveau roman, un tueur en série qui vient de s’évader, une coiffeuse qui se fait plaquer par son fiancé…
Tels sont les personnages qui ouvrent le quarantième film de Claude Lelouch qui se plaît à brouiller les pistes et à nous mener en bateau (pardon pour ce jeu de mots facile). Le réalisateur, dont les films précédents avaient plutôt déçu, semble avoir retrouvé toute sa verve et son brio pour filmer cette histoire de façon brillante et enlevée. La mise en place nous intrigue et le déroulé du récit nous captive. Fanny Ardant est en demi-teinte mais Dominique Pinon et Audrey Dana font une belle performance. Roman de gare a été bien accueilli par la critique qui l’a presque unanimement décrit comme le meilleur film de Claude Lelouch depuis de longues années. Elle: Lui :
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Remarques :
* Après l’échec de son précédent film Le Courage d’aimer, s’estimant mal-aimé par la critique, Claude Lelouch a réalisé ce film sous un pseudonyme, celui d’Hervé Picard, afin de se dissimuler auprès des médias. Lorsque le festival de Cannes 2007 a décidé de lui rendre un hommage à l’occasion de ses 50 ans de cinéma, il s’est senti obligé de lever le secret. Le film a ainsi été présenté en sélection officielle hors compétition.
Dominique Pinon et Fanny Ardant dans Roman de gare de Claude Lelouch.
Après avoir échappé de peu à la mort, Lisbeth Salander se retrouve immobilisée à l’hôpital, mise en isolement par la police. Sans pouvoir entrer en contact avec elle, Mikael Blomkvist continue de mener son enquête pour la défendre… Millénium 3: La reine dans le palais des courants d’air est adapté du roman homonyme de Stieg Larsson, troisième volume de la trilogie Millénium. Initialement, les deux suites devaient être exploitées en quatre téléfilms mais le succès du premier film a poussé la chaîne publique Sveriges Television à les sortir sur grand écran (1). Comme pour Millénium 2, la qualité esthétique est celle d’un téléfilm plutôt que celle d’un film. La qualité du scénario reste bien au-dessous du premier volet qui est de très loin le plus remarquable, le plus original, le plus prenant. Le dénouement de ce troisième volet au tribunal paraît même assez enfantin. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Après s’être mise au vert pendant un an, Lisbeth Salander rentre en Suède pour garder un œil sur son tuteur. Blomkvist est sans nouvelles. La revue Millenium accueille un couple de jeunes étudiants journalistes qui achèvent une thèse sur un trafic de jeunes prostituées… Millénium 2: La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette est adapté du roman homonyme de Stieg Larsson, second volume de la trilogie Millénium. Initialement, les deux suites devaient être exploitées en quatre téléfilms mais le succès du premier film a poussé la chaîne publique Sveriges Television à les sortir sur grand écran (1). La qualité n’est plus du tout la même, il s’agit effectivement d’un téléfilm, avec une esthétique de téléfilm, et l’histoire, qui est déjà en elle-même bien moins forte, n’en paraît que plus banale. On ne s’intéresse guère à cette poursuite avec des méchants bien méchants et des gros bras qui cognent. On peut lever un sourcil lors de *la* révélation importante en milieu de film (il n’y en a qu’une). Nous sommes très loin de la qualité scénaristique du premier volet. Assez logiquement, cet opus n’a pas connu le succès du précédent. Elle: – Lui :
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Cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, un journaliste d’investigation travaillant pour le magazine Millenium est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans…
Ce film suédo-danois est la première adaptation du roman de Stieg Larsson, véritable phénomène planétaire avec ses 65 millions d’exemplaires vendus. Le réalisateur danois Niels Arden Oplev reste fidèle au livre, ne le simplifiant qu’à peine et ne succombant pas à la mode du rythme rapide : il prend son temps pour mieux se concentrer sur l’atmosphère. L’histoire nous captive d’autant plus. La suédoise Noomi Rapace est assez stupéfiante dans son rôle. Le film a donné une notoriété internationale à ses deux acteurs principaux. Du fait du succès de ce premier volet de la trilogie de Larsson, les suites initialement prévues pour être quatre téléfilms furent finalement exploitées sous la forme de deux longs métrages. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Stieg Larsson n’a pas connu l’immense succès de son roman. Le journaliste-écrivain est décédé d’une crise cardiaque à 50 ans en 2004, quelques mois avant la parution du premier tome. Il était connu pour son engagement contre l’extrémisme de droite.
Millénium, le film – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Niels Arden Oplev.
Un apprenti-braqueur maladroit se retrouve dans un casting de film pour éviter de se faire attraper par la police. Il réussit à avoir le rôle et, pour améliorer son jeu d’acteur, doit faire équipe avec un détective privé. De fil en aiguille, il se retrouve mêlé à une histoire de meurtre qui va se révéler complexe…
Après avoir été scénariste de films d’action tels que L’Arme fatale, Shane Black réalise son premier long métrage avec cette adaptation très libre d’un roman policier de Brett Halliday (Bodies are Where You Find Them, Les morts ont la bougeotte publié en 1941). Kiss Kiss Bang Bang est de toute évidence un hommage au film noir, les noms donnés à chacune des parties l’attestant puisque ce sont des titres de romans de Chandler. L’intrigue se veut embrouillée à souhait comme peut l’être celle du Grand Sommeil. Le personnage principal, également narrateur en voix off, est d’ailleurs assez actif pour nous l’embrouiller : véritable moulin à paroles, il se plaît à s’égarer en digressions qui nous font perdre le fil principal. L’humour est très présent, parfois simplet (scènes avec le doigt), reposant surtout sur le décalage et alimenté par des dialogues abondants. A aucun moment, on ne prend cette histoire au sérieux, Kiss Kiss Bang Bang est plutôt une comédie. L’ensemble est amusant mais s’oubliera certainement très vite. Elle: – Lui :
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Titre original : « Il divo – La spettacolare vita di Giulio Andreotti »
Rome, avril 1991. Le président du Conseil Giulio Andreotti forme son septième gouvernement. Mais il va devoir faire face à des défections dans son propre camp et rendre des comptes sur les nombreux soupçons qui pèsent sur lui, notamment sur ses liens supposés avec la Mafia… Il divo (littéralement « le Divin ») est l’un des surnoms donnés à Giulio Andreotti, personnalité influente de la Démocratie chrétienne qui fut au centre de la vie politique italienne pendant quatre décennies. Paolo Sorrentino nous retrace les toutes dernières années de sa gouvernance avec une évidente envie de virtuosité : il use et abuse d’effets de cadrages, de montage et d’effets sonores qui ne semblent pas convenir au sujet et lassent très rapidement. Le rythme est très enlevé mais cela devient un problème : à moins d’être très au fait de la politique italienne, le spectateur est submergé sous un torrent d’informations. La consultation en catastrophe de la fiche Wikipédia sur Andreotti (une fiche au demeurant un peu chargée) n’a rien arrangé : il y a trop de noms et d’affaires à mémoriser, on est rapidement perdu. Il ne nous reste qu’à admirer la belle prestation de Toni Servillo, totalement impénétrable et renfermé sur lui-même, mais, là encore, sans connaitre l’homme politique, il est difficile de savoir si cette personnification est outrancière ou pas. Paolo Sorrentino n’enquête pas, il rapporte seulement mais il le fait de façon si satirique que son film ne peut être vu que comme une dénonciation de la corruption des hommes politiques. Malgré ses aspects tape-à-l’œil, le film a été plutôt louangé par la critique à sa sortie. Moins par le public… Elle: Lui :
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Voir les autres films de Paolo Sorrentino chroniqués sur ce blog…
Paolo Sorrentino (entre les deux drapeaux) règle la scène de la rencontre Andreotti-Gorbatchev. Toni Servillo (à gauche) sur le tournage de Il divo de Paolo Sorrentino.
Remarque :
Finalement, nous aurions dû lire le dossier de presse avant de voir le film car il donne des informations qu’il est préférable de connaitre auparavant. Je le reproduis donc ci-dessous (pris sur Allociné) :
« A Rome, à l’aube, quand tout le monde dort, il y a un homme qui ne dort pas. Cet homme s’appelle Giulio Andreotti. Il ne dort pas, car il doit travailler, écrire des livres, mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable, Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant, ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de Président du Conseil. A bientôt 70 ans, Andreotti est un gérontocrate qui, à l’instar de Dieu, ne craint personne et ne sait pas ce qu’est la crainte obséquieuse. Habitué comme il l’est à voir cette crainte peinte sur le visage de tous ses interlocuteurs. Sa satisfaction est froide et impalpable. Sa satisfaction, c’est le pouvoir. Avec lequel il vit en symbiose. Un pouvoir comme il l’aime, figé et immuable depuis toujours. Où tout, les batailles électorales, les attentats terroristes, les accusations infamantes, glisse sur lui au fil des ans sans laisser de trace. Il reste insensible et égal à lui-même face à tout. Jusqu’à ce que le contre-pouvoir le plus fort de ce pays, la Mafia, décide de lui déclarer la guerre. Alors, les choses changent. Peut-être même aussi pour l’inoxydable et énigmatique Andreotti. Mais, et c’est là la question, les choses changent ou n’est-ce qu’une apparence ? Une chose est certaine : il est difficile d’égratigner Andreotti, l’homme qui mieux que nous tous, sait se mouvoir dans le monde. »
A Séoul, d’anciens déversements de substances chimiques dangereuses dans le fleuve Han par l’armée américaine ont engendré une mutation inconnue et, plusieurs années plus tard, un monstre géant surgit de l’eau, attaquant la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. L’immature Gang-du, qui tient un petit snack avec son père sur les berges, voit sa fille de douze ans emportée par le monstre. Alors que tous sont persuadés qu’elle est morte, Gang-du reçoit la nuit suivante un mystérieux appel de sa part ; elle a juste le temps de lui dire qu’elle est coincée dans les égouts…
Ecrit et réalisé par Bong Joon-ho, The Host est un film fantastique qui réussit à être de nombreuses choses à la fois : film de science-fiction, d’épouvante ou encore d’action, satire sociale et politique, drame familial, fable écologique. Et le réalisateur coréen parvient même à y adjoindre une pointe d’humour. Ses héros ne sont pas des surhommes mais plutôt une famille de déclassés ; ses membres ne sont pas sans talent mais ont raté un tournant dans leur parcours. Ils vont en tous cas montrer un courage et un acharnement hors du commun pour retrouver la petite de la tribu, adorée de tous. Il y a une grande puissance dans le récit. La réalisation est parfaite, les effets spéciaux sont très bien intégrés et sans excès. The Host a été très bien accueilli par la critique ; il est vrai qu’il est loin de n’être qu’un banal film de monstre. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Le titre original du film, Gwoemul, signifie simplement « monstre » en coréen.
* En Corée du Sud, Song Kang-ho est l’un des acteurs les plus populaires.
* The Host est le plus gros succès sud-coréen en termes d’audience.
Walt Kowalski, octogénaire aigri et profondément raciste, vient de perdre sa femme. Une nuit, il surprend le jeune Thao, un de ses voisins d’origine Hmong (= peuple du sud de la Chine, Laos et Vietnam) en train d’essayer de voler sa Ford Gran Torino 1972. Cet événement va faire évoluer les rapports cet homme avec son entourage…
A sa sortie, Gran Torino a été perçu par beaucoup comme un possible film-testament de Clint Eastwood. Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien puisque beaucoup d’autres films ont suivi mais il est vrai qu’il semble mettre en scène sa propre image pour mieux la retourner. On retrouve ici son envie récurrente de se justifier d’accusations de racisme… En incarnant un personnage particulièrement détestable, aux raisonnements simplets gonflés à la testostérone, il nous rend difficile la tâche de savoir ce qui relève de la satire ou pas. Comme toujours, il sait parfaitement maintenir l’ambigüité et naviguer entre deux eaux. Cette ambigüité est toutefois interprétée par beaucoup comme la preuve d’un propos nuancé voire subtil. Le caractère christique du final avait de quoi appuyer l’idée qu’il pouvait s’agir de son ultime réalisation. Le film fut assez unanimement louangé. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Un ex-chanteur à succès a l’occasion de faire son retour lorsqu’une jeune star du moment lui demande de composer une chanson pour elle. Le seul problème est qu’il n’a composé depuis dix ans que les paroles n’ont jamais été son fort. Heureusement, il découvre que la jeune femme qui s’occupe de ses plantes a des talents cachés…
Ecrit et réalisé par le new-yorkais Marc Lawrence, Music and Lyrics est une gentille comédie sentimentale. Le scénario n’offre pas vraiment de surprises, ce n’est pas son intention, mais génère d’agréables moments et parvient même à créer l’émotion. Cela ne se passe pas sans passages à vide toutefois, on a parfois l’impression que l’ensemble a été quelque peu étiré. Hugh Grant est charmant avec son humour toujours très subtil, Drew Barrymore est charmante, personne n’est méchant. Bien entendu, il ne faut pas trop en attendre mais, dans son genre, c’est un film bien fait et divertissant. Gros succès. Elle: Lui :
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Remarques :
* C’est le groupe Wham! (le groupe de George Michael) qui a servi de modèle pour le groupe Pop! Le personnage de la chanteuse Cora est inspiré de Britney Spears.
* C’est Bob Fry (du groupe ABC) qui double Hugh Grant pour les chansons. En revanche, c’est réellement l’actrice Haley Bennett (Cora) qui chante.
Drew Barrymore et Hugh Grant dans Le Come back de Marc Lawrence.