2 septembre 2012

Brancaleone s’en va-t’aux croisades (1970) de Mario Monicelli

Titre original : « Brancaleone alle crociate »

Brancaleone s'en va-t'aux croisadesBrancaleone et ses compagnons partent aux croisades. Menés par Dieu lui-même, ils embarquent pour traverser la Méditerranée et atteignent un peu trop rapidement la Terre sainte. En réalité, ils n’ont traversé qu’un lac… Tel est le début de Brancaleone s’en va-t’aux croisades, comédie loufoque qui fait suite à L’armata Brancaleone (L’armée Brancaleone) qui avait connu un formidable succès, quatre ans auparavant. Le film peut être vu comme une suite de sketches ou plutôt de séquences sur les rencontres qui ponctuent le périple de cette « armée ». L’esprit général est de démystifier le Moyen Âge(1) en insistant sur l’ignorance et l’intolérance. Avec son petit groupe de parias ou d’éclopés, Brancaleone se situe en marge de cette société cruelle. Les trouvailles de scénario sont nombreuses, avec des exagérations toujours au service de l’humour. Le film peut faire penser à ce que faisaient les Monty Python, à peu près à la même époque en Angleterre. On notera quelques clins d’oeil cinématographiques(2). Il faut aussi remarquer le travail fait sur les dialogues qui utilisent une sorte de dialecte, mélange d’italien courant et de latin. Grâce à son registre de jeu très étendu, Vittorio Gassman est vraiment l’interprète idéal de ce héro frapadingue et multi-facettes. Brancaleone s’en va-t’aux croisades est une bouffonnerie très réussie.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Vittorio Gassman, Adolfo Celi, Stefania Sandrelli, Beba Loncar
Voir la fiche du film et la filmographie de Mario Monicelli sur le site IMDB.

Remarque :
Le film n’est sorti en France qu’en 1977 dans le cadre du festival d’humour de Chamrousse. Le premier opus n’avait pas été distribué en France.

(1) « Nous voulions démystifier le Moyen Âge, celui qu’on enseigne dans les écoles, avec ses paladins, ses chevaliers, ses pucelles, tout ce ballet de gens raffinés qui est non seulement invraisemblable mais historiquement faux. Le Moyen Âge a été une époque barbare, obscurantiste, cruelle et misérable. » (Entretien avec Mario Monicelli dans Cinéma n°230 de février 1978)

(2) Les dialogues de Brancaleone avec la Mort évoquent Le septième sceau de Bergman et le stylite sur son pilier évoque fortement Simon du désert de Bunuel.

30 août 2012

Roméo et Juliette (1964) de Riccardo Freda

Titre original : « Giulietta e Romeo »

Romeo e GiuliettaLe Roméo et Juliette de Riccardo Freda est l’une des adaptations les moins connues de cette pièce de Shakespeare si délicate à porter à l’écran. Contrairement à d’autres versions (notamment la version de Cukor), les deux acteurs principaux ont bien l’âge du rôle. Toutefois, ils n’ont pas, hélas, la présence nécessaire pour donner une vraie dimension à leur personnage. Riccardo Freda s’efforce de rester le plus près possible du texte original tout en ajoutant des scènes d’action en extérieurs (étonnante scène d’ouverture qui semble sortir d’un western) et des grandes chevauchées. Il utilise largement la musique de Rachmaninov et de Tchaïkovski pour donner de l’ampleur et de la tension à certaines scènes. L’ensemble est enlevé, assez rapide même, sans aucun temps mort.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Geronimo Meynier, Rosemary Dexter
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Voir les autres films de Riccardo Freda chroniqués sur ce blog…

Les principales adaptations de la pièce de Shakespeare :
Romeo and Juliet de J. Gordon Edwards (1916) avec Theda Bara
Romeo und Julia im Schnee d’Ernst Lubitsch (1920) (parodie)
Roméo et Juliette (Romeo and Juliet) de George Cukor (1936)
… avec Norma Shearer et Leslie Howard
Les Amants de Vérone d’André Cayatte (1949)
… avec Anouk Aimée et Serge Reggiani
Roméo et Juliette (Romeo and Juliet) de Renato Castellani (1954)
… avec Laurence Harvey et Susan Shentall
Roméo et Juliette (Guiletta e Romeo) de Riccardo Freda (1964)
Roméo et Juliette (Romeo and Juliet) de Franco Zeffirelli (1968)
… avec Leonard Whiting et Olivia Hussey
Roméo + Juliette (Romeo + Juliet) de Baz Luhrmann (1996)
… avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes
Tromeo and Juliet de Lloyd Kaufman (1996) avec Jane Jensen et Will Keenan
Romeo and Juliet de Carlo Carlei (2013) avec Douglas Booth et Hailee Steinfeld

4 août 2012

La femme du prêtre (1970) de Dino Risi

Titre original : « La moglie del prete »

La femme du prêtreLorsqu’elle apprend que l’homme qu’elle fréquente depuis quatre ans est déjà marié, Valeria tente de se suicider. Elle appelle SOS Détresse et tombe sous le charme de la personne qui lui répond. Elle cherche à le rencontrer mais découvre alors que c’est un prêtre… Le sujet du célibat des prêtres était délicat et polémique en 1970. La femme du prêtre paraît assez sage, se moquant gentiment des pesanteurs de l’Eglise et de sa réticence aux évolutions, mais sans être vraiment caustique ni railleur. Dino Risi s’est certainement retenu. Il nous reste une comédie bien enlevée et très plaisante, qui repose solidement sur ses deux acteurs principaux dotés, ici comme toujours, d’une grande présence à l’écran. Les deux acteurs se connaissent bien (1). Le charme de Sophia Loren est particulièrement éclatant… même si l’on peut se demander comment son personnage, pas très riche, pourrait s’acheter tant de tenues plus renversantes les unes que les autres ! La femme du prêtre est une comédie très divertissante.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sophia Loren, Marcello Mastroianni
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(1) La femme du prêtre est le 8e des 11 films que Sophia Loren et Marcello Mastroianni ont tournés ensemble.

3 août 2012

L’arbre aux sabots (1978) de Ermanno Olmi

Titre original : « L’albero degli zoccoli »

L'arbre aux sabotsLa vie d’une ferme lombarde à la fin du XIXe siècle, où vivent cinq familles de paysans sur des terres appartenant à un notable… L’arbre aux sabots est un film unique en son genre. Avec pour acteurs de simples paysans de la région de Bergame (1), filmant en 16 mm entièrement en lumière naturelle, Ermanno Olmi nous immerge dans un monde presque oublié. Les trois heures passent très rapidement. Sur l’espace de quatre saisons, nous assistons et partageons les évènements mais aussi le quotidien de cette vie très rurale. Le travail accompli par Ermanno Olmi est remarquable, la vérité de son regard force l’admiration. Il a su éviter tout spectaculaire et toute facilité pour rester dans la simplicité. Contrairement au 1900 de Bertolucci, L’arbre aux sabots ne porte pas de message politique. Beaucoup ont voulu en trouver un, déceler sous le récit quelque poison idéologique pernicieusement entrelacé… mais il n’en est rien. Le propos d’Ermanno Olmi est plus philosophique (2), il questionne sur le sens profond de la vie : en nous montrant les ancrages de cette société rurale (nature, famille, religion), il nous propose une réflexion sur les ancrages de la nôtre mais sans pour cela prôner un retour à d’anciennes valeurs. L’arbre aux sabots est ainsi un film d’une très grande portée.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs:
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L'arbre aux sabots(1) Bergame est situé en Lombardie à environ 50 km au nord-est de Milan. Ermanno Olmi est originaire de cette région. Le dialecte parlé dans le film, le bergamesque, est celui de ses grands-parents.  

(2) Dans un interview pour le journal Il Tempo, Olmi décrit ainsi le but de son film L’arbre aux sabots : « Certainement pas par nostalgie d’un monde désormais impossible à proposer, mais par besoin de nous confronter à nouveau avec une réalité que nous avons mise de côté trop hâtivement, sans rien décider de ce qu’il fallait conserver en vue d’une réalité différente mais qui n’est pas sans présenter des exigences semblables au plan spirituel et humain. »

28 juillet 2012

Fripouillard et Cie (1959) de Steno

Titre original : « I tartassati »

Fripouillard et CieHector (Louis de Funès) est « conseiller fiscal ». L’un de ses clients, le commerçant Pezzella (Totò), reçoit la visite d’un contrôleur des impôts (Aldo Fabrizi) qui vient vérifier sa comptabilité… Dans ce Fripouillard et Cie, un spectateur français pourra penser voir « un De Funès » mais en réalité il s’agit d’un film surtout marqué par Totò : ce fabuleux comique italien était d’ailleurs alors au sommet de sa gloire (1) alors que De Funès en était encore loin. Le duo ainsi formé est assez réussi, même si le revers de la médaille de ces productions internationales est d’avoir la moitié des acteurs doublés (le film était vu ici en français, hélas). Heureusement, Totò c’est surtout un visage et il est ici en assez bonne forme dans la peau de ce commerçant qui cherche à tout prix à se faire bien voir de son contrôleur des impôts. De Funès avait alors un jeu bien plus sage que celui qu’il développera par la suite. Fripouillard et CieDe plus, on le sent impressionné par Totò : dans les scènes communes, De Funès est assez retenu alors qu’il se lâche un peu plus dans celles où il n’est pas face à Totò. Et il ne faut pas oublier Aldo Fabrizi, grande personnalité du cinéma italien, très populaire lui aussi : l’acteur-réalisateur a cosigné le scénario en plus d’interpréter avec toute sa bonhommie cet inflexible contrôleur des impôts. Steno a dirigé de nombreuses fois Totò (il est toutefois probable que c’est plus Totò qui dirigeait Totò…) Ce Fripouillard et Cie reste très amusant, classique certes mais amusant, assurément.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Totò, Aldo Fabrizi, Louis de Funès, Jacques Dufilho
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Remarque :
Louis De Funès tournera la même année un autre film avec Totò :
Un coup fumant (Totò, Eva e il pennello proibito) également réalisé par Steno (1959).

(1) Immensément populaire en Italie, Totò a tourné dans plus de 100 films entre 1937 et 1967.

26 juillet 2012

Le mensonge d’une mère (1949) de Raffaello Matarazzo

Titre original : « Catene »

Le mensonge d'une mèreRosa vit à Naples avec son mari Amadeo, garagiste. Ils ont deux enfants. La venue fortuite d’un ancien fiancé de Rosa qui est devenu voleur de voitures va perturber leur bonheur… Le mensonge d’une mère (Catene en italien signifie « Chaines », c’est le nom d’une des chansons napolitaines du film) est le premier mélodrame de Raffaello Matarazzo qui s’était auparavant essayé à plusieurs genres. Le succès sera tel qu’il tournera six autres mélodrames dans les années cinquante avec le même duo d’acteurs. Ces films furent généralement très mal reçus par la critique qui les trouvait trop conventionnels. Et pourtant, il se dégage de ce Catene une grande force, une puissance émotionnelle rare. Tout y est bien dosé. Les scènes avec les enfants sont par exemple particulièrement réussies, sans jeu excessif, la détresse se lit dans leurs yeux. Voir la petite fille réclamer sa maman est un véritable tire-larmes, le fils de dix ans est lui aussi très bien interprété, extraordinairement émouvant. Actrice d’origine grecque, Yvonne Sanson (la mère, Rosa) a une grande présence à l’écran, une beauté naturelle et sans artifices ; les plans rapprochés de Matarazzo sont puissants. L’environnement est ancré dans un certain réalisme italien (même s’il correspond plus à un réalisme d’avant-guerre que d’après-guerre) sans être très présent toutefois car toute la place est donnée au récit. Donc, oui, Le mensonge d’une mère est un mélodrame qui peut paraître conventionnel par certains aspects mais sa puissance émotionnelle balaie tous les reproches possibles et le film enthousiasme.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Amedeo Nazzari, Yvonne Sanson, Aldo Nicodemi
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Remarque :
Dans Cinema Paradiso, le film de Giuseppe Tornatore (1988), le film qui est montré dans deux villes en même temps et qui oblige Toto à enfourcher son vélo pour porter les bobines est Catene.

25 juillet 2012

Gianni et les femmes (2011) de Gianni Di Gregorio

Titre original : « Gianni e le donne »

Gianni et les femmesA 60 ans, Gianni est en pré-retraite depuis quelques années. Il est apprécié de ses proches qui ont tendance à profiter de lui mais ce qui le tracasse vraiment c’est de ne plus être regardé par les femmes… Gianni et les femmes est le second long métrage de Gianni Di Gregorio. Il s’inspire de sa propre vie et joue lui-même son personnage ce qui lui a valu d’être comparé à Nanni Moretti, mais nous en sommes loin tout de même. Le propos ici reste assez superficiel, bloqué sur ce personnage qui refuse son âge (mais pourtant semble tout faire pour en paraître dix de plus). L’ensemble est assez prévisible et plutôt déprimant. Peut-être un peu aidé par le contexte politique italien (1), Gianni et les femmes a bénéficié d’une bonne critique qui y a vu un certain « donjuanisme à l’italienne revisité ».
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Gianni Di Gregorio, Valeria De Franciscis, Alfonso Santagata, Elisabetta Piccolomini
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(1) Le film est sorti en Italie au moment du « Rubygate », cette affaire où Silvio Berlusconi était accusé d’avoir payé une jeune fille mineure pour des relations sexuelles et d’organiser des soirées dans sa propriété privée impliquant des prostituées mineures. Dans ce contexte, le film « Gianni et les femmes » a été décrit comme montrant une « autre Italie ».

23 juillet 2012

L’argent de la vieille (1972) de Luigi Comencini

Titre original : « Lo scopone scientifico »

L'argent de la vieilleTous les ans, une riche américaine vient passer quelques jours dans une somptueuse villa de Rome. Elle a pour habitude de jouer aux cartes avec un couple habitant le bidonville situé au pied de la colline. La vieille dame leur donne à chaque début de soirée un million de lires qu’ils perdent invariablement mais ils nourrissent l’espoir de gagner un jour… L’argent de la vieille est un film ambivalent à plus d’un titre. D’abord, sous couvert d’une comédie, le film a un contenu politique puissant ; ensuite, à l’aide d’un cas très particulier, il propose une vision on ne peut plus générale. Ce que l’on peut prendre au départ comme le gentil passe-temps d’une vieille dame est donc en réalité un jeu cruel dont les dés sont pipés, parabole sur les différences de classe entre riches et pauvres, capitalisme américain contre vieille Europe. Il faut tout l’art d’un grand metteur en scène pour parvenir à ce subtil équilibre entre les multiples composantes mises en œuvre, entre la comédie et le drame, entre la légèreté et la profondeur. Le film est très prenant. Les personnages sont hauts en couleur, avec de très nombreux seconds rôles très typés mais sans excès. Comencini dit avoir soigné les personnages des enfants, les seuls à ne pas tomber dans le panneau et desquels vient la solution ultime et radicale (qui est bien entendu une image : c’est le capitalisme qu’il faut tuer selon Comencini). L’argent de la vieille connut un beau succès. Il paraît toujours aussi actuel aujourd’hui.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Alberto Sordi, Silvana Mangano, Joseph Cotten, Bette Davis, Mario Carotenuto
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Remarques :
* Oublié par les distributeurs, L’argent de la vieille n’est sorti en France qu’en 1977.
* Le scénario a été écrit par Rodolfo Sonego qui s’est inspiré d’un fait divers dont il avait été lui-même le témoin.
* Joseph Cotten a un rôle plutôt réduit : « Est-ce que mon dos a bien joué? » demandait-il à Comencini sur le tournage.

15 juillet 2012

Si douces, si perverses (1969) de Umberto Lenzi

Titre original : « Così dolce… così perversa »

Si douces, si perversesJean est un industriel parisien dont le mariage s’est affadi rapidement. Lorsque qu’une jeune femme emménage dans l’appartement situé juste au-dessus de celui du couple, il est intrigué et rapidement attiré par elle… Umberto Lenzi est un réalisateur italien qui a tourné de nombreux films de second ordre dans des genres très différents. Avec un titre très racoleur tel que Si douces, si perverses, il ne fait nul doute que nous sommes en plein dans le genre giallo (1) mais ce film-ci bénéficie à priori d’un bon casting. Il s’agit d’un film policier dont l’intrigue est fortement inspirée de Les Diaboliques (1955) de Clouzot (2). L’histoire n’est pas très bien traitée, le climat créé n’est pas très fort ; il ne faut surtout pas chercher à deviner ce qui va suivre car on y arrive un peu trop facilement. Le film utilise le charme de Carroll Baker et d’Erika Blanc avec tenues courtes (nous sommes en 69) et déshabillés vaporeux. On peut se demander ce que Trintignant (affublé d’un grand coup de soleil pendant tout le film) est venu faire ici. Le film n’est pas déplaisant en soi mais franchement anodin.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Carroll Baker, Jean-Louis Trintignant, Erika Blanc, Horst Frank
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Remarque :
Impossible d’avoir une version sans doublage : dans la version française, nous avons la voix de Trintignant mais les deux femmes sont doublées. Dans la version italienne, Trintignant et Caroll Baker sont doublés (sans compter que Horst Frank est allemand !)

(1) Le giallo est un genre cinématographique, essentiellement italien, qui eut son heure de gloire dans les années soixante et soixante-dix. Ce sont le plus souvent des films policiers teintés d’un peu d’érotisme avec parfois une dose d’horreur (« giallo » en italien signifie « jaune » et fait référence à la couverture d’une collection de romans policiers publiée par les éditions Mondadori).

(2) Il faut noter que Les Diaboliques est basé sur un roman de Boileau et Narcejac « Celle qui n’était plus », roman dont Alfred Hitchcock avait tenté d’acheter les droits. Or Umberto Lenzi tente ici de reproduire (entre autres) l’ambiance et la tension des films d’Hitchcock.

1 juin 2012

Fantômes à Rome (1961) de Antonio Pietrangeli

Titre original : « Fantasmi a Roma »

Fantômes à RomeA Rome, Don Annibale est très attaché à son palais, certes délabré mais riche de souvenirs. Il se doute même que certains fantômes de ses aïeuls vivent avec lui dans cette grande demeure. Un promoteur immobilier se fait insistant pour racheter l’ensemble et y construire un supermarché… Fantômes à Rome (le titre français à sa sortie était Les joyeux fantômes) est une comédie italienne assez amusante qui utilise, avec beaucoup de liberté, le thème du fantôme qui vient influencer les vivants. Marcello Mastroianni y interprète trois rôles et semble bien s’y amuser ; Eduardo De Filippo campe un excentrique prince vieillissant avec beaucoup de pittoresque. L’humour assez subtil est agrémenté d’une petite satire sociale, avec l’éternel problème des dessous de table et de la corruption dans l’immobilier. Sans faire partie des grandes comédies italiennes, Fantômes à Rome se regarde avec beaucoup de plaisir et nous fait passer un bon moment.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Marcello Mastroianni, Belinda Lee, Sandra Milo, Eduardo De Filippo, Tino Buazzelli, Vittorio Gassman
Voir la fiche du film et la filmographie de Antonio Pietrangeli sur le site IMDB.

Remarque :
A l’écriture du scénario, Ruggero Maccari fut assisté par Ettore Scola, Ennio Flaiano et Ruggero Maccari.
La musique est signée Nino Rota.