Papa Gimplewart cherche à vendre sa maison pour fuir ses voisins qui semblent échappés d’un asile de fous. Il échange sa maison avec un acquéreur mais il va perdre au change… Call of the Cuckoo est un court métrage muet américain réalisé par Clyde Bruckman et produit par Hal Roach. Le film a pour vedette Max Davidson qui était alors l’un des acteurs de premier plan du studio. Stan Laurel et Oliver Hardy y apparaissent en tant que faire-valoir. Bien qu’il s’agisse de leur 12e ou 13e film ensemble, le duo n’était pas encore formé. Ils ont le crâne rasé car ils venaient de tourner The Second Hundred Years où ils jouent des bagnards. Charley Chase et James Finlayson apparaissent également à leurs côtés ; tous les quatre, ce sont les fous (les « cuckoos ») de la maison d’à-côté. Ils font quelques gags dont une parodie de Guillaume Tell. Pour le reste, le film comporte quelques gags amusants dans la nouvelle maison où rien ne marche comme prévu, sans que ce soit mémorable toutefois. Elle: – Lui :
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Lillian Elliott, Max Davidson et Spec O’Donnell dans Call of the Cuckoo de Clyde Bruckman.Stan Laurel, Oliver Hardy, Charley Chase et James Finlayson dans Call of the Cuckoo de Clyde Bruckman.
Précision linguiste (offerte par la maison sans supplément) : « jerry-built house » (vu dans un intertitre) = « maison construite rapidement avec des mauvais matériaux ». https://www.etymonline.com/fr/word/jerry-built (l’expression serait toujours utilisée aujourd’hui).
Emprisonnés, Laurel et Hardy réussissent à s’évader après plusieurs essais infructueux en se faisant passer pour des peintres… The Second Hundred Years est un film muet américain réalisé par Fred Guiol. Ce film est souvent considéré comme le premier du célèbre duo comique Laurel et Hardy, c’est-à-dire le premier qui montre beaucoup d’interactions entre les deux acteurs pour créer l’humour. Ecrite par Leo McCarey, l’histoire de ce court métrage de deux bobines s’articule en trois parties : 1) La prison où Laurel et Hardy donnent du fil à retordre à leurs gardiens ; 2) L’évasion en se faisant passer pour des peintres, une longue scène hilarante avec un humour absurde du meilleur cru ; 3) le dîner mondain avec un gag délirant de la cerise insaisissable (repris plus tard dans From Soup to Nuts, 1928). James Finlayson est également présent et nous gratifie de fort beaux double-take, sa spécialité. The Second Hundred Years est très réussi et préfigure bien l’humour de Laurel et Hardy. Elle: – Lui :
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Stan Laurel et Oliver Hardy dans Les forçats du pinceau (The Second 100 Years) de Fred Guiol.Oliver Hardy et Stan Laurel dans Les forçats du pinceau (The Second 100 Years) de Fred Guiol.
Dans un ranch isolé en Californie, Otis « O. J. » Haywood et son père élèvent des chevaux qu’ils font travailler dans des films. Un jour, des petits objets tombent du ciel et blessent mortellement le père. Quelques mois plus tard, les chevaux se montrent de plus en plus nerveux et d’étranges phénomènes apparaissent… Nope est un film de science-fiction américain écrit, co-produit et réalisé par Jordan Peele. Il parvient à créer un mélange original de film fantastique, de science-fiction et même d’horreur (légère). Le cinéaste s’est inspiré de Rencontres du 3e type mais son film n’a pas la magie de celui de Spielberg. Le récit n’en est pas moins très prenant (du moins lorsque l’on n’a pas lu de critiques ou commentaires qui dévoilent tout) et habilement mis en scène sans moyens spectaculaires (tourné en 65mm et IMAX tout de même). Elle: – Lui :
Remarques : * Je me suis interrogé le sens du titre Nope ( = « non » en langage familier). Le réalisateur explique que ce serait un clin d’oeil à la façon dont les spectateurs de cinéma réagissent à l’horreur. * Le petit clip du galop d’un cheval existe bel et bien. Il s’agit d’une succession de photographies prises par l’américain Eadweard Muybridge en 1878. En revanche, si l’identité du cheval est connue, celle du jockey l’est moins. Et rien n’indique avec certitude qu’il soit noir (mais c’est fort possible). Le physiologiste français, pionnier de chronophotographie, Jules-Etienne Marey et le photographe Eadweard Muybridge sont deux pionniers du cinéma. En désaccord avec tous les spécialistes, Marey affirmait que le cheval n’a jamais les quatre pattes en l’air en extension comme il était d’usage de le représenter en peinture ou en dessin. Muybridge a permis de vérifier cela avec sa série de photographies : le décollage des quatre pattes ne se produit que lors du regroupement des pattes sous le corps. Sa séquence de photographies est l’une des toutes premières séquences animées, ancêtres du cinéma.
Keke Palmer et Daniel Kaluuya dans Nope de Jordan Peele.Nope de Jordan Peele.Steven Yeun dans Nope de Jordan Peele.
Laura nourrit quelques doutes sur la fidélité de son mari. Elle se confie à son père, extravagant playboy qui se met en tête de mener une enquête approfondie… On the Rocks est une comédie américaine écrite et réalisée par Sofia Coppola. Le film a été fait pour une sortie en streaming puis en DVD, sans sortie en salles. Sofia Coppola retrouve Bill Murray dix-sept ans après Lost in Translation pour un film très léger et amusant. Les dialogues sont enlevés et assez brillants. Tout l’humour repose sur Bill Murray et son jeu laconique, les autres acteurs paraissent bien ternes. Divertissant. Elle: Lui :
Une famille de la campagne profonde doit payer une traite au risque de perdre sa propriété hypothéquée. Le bureau de recouvrement se trouve à Hollywood. Arrivés sur place, ils visitent la ville et se trouvent pris dans un hold-up qu’ils prennent pour un tournage de film… 45 Minutes from Hollywood est un court métrage muet américain réalisé par Fred Guiol et produit par Hal Roach. Le film est connu pour être le premier film que tournent ensemble Stan Laurel et Oliver Hardy (si l’on écarte The Lucky Dog (1921) qui était resté sans lendemain). Les deux futurs compères apparaissent bien tous deux, mais pas ensemble. De plus, si Oliver Hardy est bien reconnaissable en détective d’hôtel, Stan Laurel est impossible à reconnaitre. Le film a été conçu comme un « all-stars », tous les acteurs sous contrat avec Hal Roach y apparaissent (y compris Theda Bara dans un très court extrait de Madame Mystery) sauf Charley Chase qui manque à l’appel. Stan Laurel, encore peu connu, a eu l’idée saugrenue d’y apparaitre déguisé en James Finlayson ! Voilà pourquoi il est si difficile à reconnaitre. Il est le client avec un bonnet de nuit qui est pris dans une bagarre sur le lit de sa chambre. Hormis tout cela, le film n’est pas vraiment mémorable par son humour qui reste très classique. Elle: – Lui :
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Glenn Tryon (déguisé en femme) et Oliver Hardy dans Scandale à Hollywood (45 Minutes from Hollywood) de Fred Guiol.Stan Laurel (déguisé en James Finlayson) dans Scandale à Hollywood (45 Minutes from Hollywood) de Fred Guiol.
Poursuivis par des rangers qui veulent les réquisitionner pour éteindre un incendie de forêt, Laurel et Hardy trouvent refuge dans une riche demeure dont le propriétaire est absent pour plusieurs mois. Les domestiques devaient recevoir de nouveaux locataires mais ils se sont absentés pour le week-end… Duck Soup est un film muet américain réalisé par Fred Guiol. C’est le premier film où Stan Laurel et Oliver Hardy apparaissent en formant un vrai duo, avec déjà certains de leurs traits de caractère qu’ils conserveront par la suite. Le film a été perdu pendant presque cinquante ans avant d’être retrouvé en Belgique en 1974. L’histoire est basée sur un sketch écrit par le père de Stan Laurel. Les deux compères prennent la place du propriétaire et de sa bonne de maison, Stan Laurel se travestissant (gag très en vogue à cette époque) pour ce faire. Il y a de bons gags, une belle poursuite entre une auto et un vélo (!) et une bonne fin. L’ensemble est encore un peu rudimentaire. Les films suivants n’exploiteront pas le duo de la même façon, les deux acteurs faisant leur numéro chacun de leur côté. Il faudrait attendre un peu pour que l’on s’aperçoive du potentiel réel du duo. Elle: – Lui :
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Remarque : * Ne pas confondre avec le célèbre film des Marx Brothers Duck Soup (1933). * « Duck Soup », en argot américain, signifie « une chose facile à faire ».
Stan Laurel et Oliver Hardy dans Maison à louer (Duck Soup) de Fred Guiol.
Remake (de la partie dans la maison) : Another Fine Mess de James Parott (1930, film parlant) avec Stan Laurel et Oliver Hardy.
Dans un futur proche, Kyra et Jake ont une petite fille adoptive d’origine chinoise. Pour qu’elle puisse être éduquée sans perdre contact avec ses origines, ils ont fait l’acquisition d’un androïde domestique chinois appelé Yang, qui tient le rôle de tuteur, d’ami, de confident. Mais un jour, il s’éteint brutalement… After Yang est un film de science-fiction américain écrit, produit et réalisé par Kogonada, c’est le second long métrage de ce cinéaste américain d’origine coréenne. Il s’agit de l’adaptation d’une nouvelle du new-yorkais Alexander Weinstein. C’est un film assez étonnant, une réflexion philosophique sur plusieurs thèmes et non des moindres : Qu’est-ce que la vie ? Qu’est ce qui définit et constitue une existence ? Il ouvre également des réflexions sur les liens et l’attachement, sur le bonheur, sur la mort et le néant. Le contenu est donc ambitieux. Il ne faut pas toutefois attendre un exposé lumineux : Kogonada nous propose essentiellement des pistes de réflexion par une mise en perspective inhabituelle (un être non humain)… et cela fonctionne bien. L’atmosphère est elle aussi très originale, intimiste et feutrée, avec des dialogues chuchotés, des éclairages doux et sombres. Les personnages sont mélancoliques à l’extrême, c’est un futur plutôt confortable mais triste, où les joies semblent éteintes. La mise en scène est soignée. After Yang est film plutôt exigeant tout en restant facile d’abord. Il fait partie de ces films que l’on apprécie encore plus en y repensant les jours suivants. Elle: – Lui :
Remarque : Le cinéaste américain d’origine coréenne Kogonada, de son vrai nom E. Joong-eun Park, n’a aucun lien avec le scénariste japonais Kōgo Noda (1893-1968) qui a signé de nombreux scénarios pour Yasujirō Ozu. Le cinéaste a juste pris ce pseudonyme en hommage à ce scénariste.
Jodie Turner-Smith et Colin Farrell et Malea Emma Tjandrawidjaja dans After Yang de Kogonada.Justin H. Min et Malea Emma Tjandrawidjaja dans After Yang de Kogonada.
Hollywood, fin des années 1920. Manuel Torres, un immigré d’origine mexicaine, est homme à tout faire pour le petit studio Kinoscope. Il rêve d’être assistant réalisateur. Lors d’une soirée orgiaque, il rencontre Nellie LaRoy, une jeune femme qui cherche à devenir actrice… Babylon est un film américain écrit et réalisé par le franco-américain Damien Chazelle. Le film démarre très fort par une douche de caca d’éléphant puis une scène de fête débridée, style orgie décadente, qui dure près de trente minutes. Damien Chazelle donne le ton, il ne fait pas de la dentelle. Il nous dresse un portrait outrancier d’Hollywood au moment de la transition du parlant : hystéries à tous les étages, tournages dans la confusion, films faits n’importe comment le jour, fêtes lubriques et décadentes la nuit. En fait, Damien Chazelle s’est beaucoup inspiré du livre à scandale Hollywood Babylon de Kenneth Anger, livre assez nauséabond qui fait un étalage malsain des excès des acteurs, colportant ragots et légendes urbaines dont la plupart ont été démentis par les historiens. Damien Chazelle ne s’intéresse qu’au côté sombre, à l’envers du décor qui est, comme de bien entendu, peu reluisant. Au final, il donne une idée fausse de ce qu’était le cinéma muet à la fin des années vingt : s’il existait encore beaucoup de petites productions où régnaient la débrouillardise, l’amateurisme n’avait plus sa place dans les films qui sont passés à la postérité, dans ces films qui ont fait Hollywood. Techniquement, on peut louer la performance des acteurs mais tout est dans l’excès, certainement pour appuyer l’hystérie ambiante ; même la musique est agaçante à vouloir tout souligner. La longueur est tout aussi excessive (3 heures). Cet étalage racoleur est vite ennuyeux. Babylon a été un gros échec commercial… sauf en France où il semble avoir été apprécié par le public et par une bonne partie de la critique. Elle: Lui :
Titre original : « Crime and Punishment » Autre titre français : « Remords »
Jeune et brillant étudiant, expert en criminologie mais réduit à la pauvreté, Roderick Raskolnikov assassine et vole une vieille prêteuse sur gages, acte qui lui semblait justifié et légitime. Mais, il est rapidement rongé par le remords… Crime et châtiment est un film américain réalisé par Josef von Sternberg d’après le roman de Fiodor Dostoïevski. Il s’agit du premier film réalisé par le réalisateur après son éloignement de son actrice fétiche Marlene Dietrich et de la Paramount. Son nouveau studio, la Columbia, lui impose à la fois le sujet et le casting comme pour lui rappeler qu’il n’est qu’un exécutant. Josef von Sternberg, connu pour son caractère ombrageux et ses méthodes dictatoriales, est tout sauf un homme qui se laisse diriger. Dans ses mémoires, il dit n’avoir fait qu’un travail de routine. Certes la présence de Peter Lorre et la qualité de la photographie évitent de rendre le résultat trop anodin mais il est indéniable que l’on est loin de ses meilleures réalisations. Le récit est centré sur un jeu du chat et de souris avec l’inspecteur de police ; l’évolution de l’état émotionnel, mental et physique du meurtrier est bien entendu beaucoup moins subtil que dans le roman. La même année est sortie la version du français Pierre Chenal qui lui est bien supérieure. Elle: – Lui :
Joanna, une jeune femme de 23 ans, se rend à San Francisco pour présenter son futur époux, le docteur John Prentice à ses parents. Sous-directeur de l’Organisation mondiale de la santé, brillant médecin et professeur de médecine âgé de 37 ans, Prentice a tout du gendre idéal à ceci près qu’il est noir… Devine qui vient dîner… est un film américain produit et réalisé par Stanley Kramer. Le scénario est l’œuvre de William Rose. C’est l’un des premiers films à évoquer le thème du mariage interracial aux États-Unis, avec en particulier le premier baiser interracial du cinéma d’Hollywood. Il fait partie de ce petit cercle de films qui ont eu un impact important sur notre société, y compris sur les personnes qui n’ont pas vu le film. Pour le grand public, il est LE film anti-raciste par excellence (les cinéphiles pourront citer des dizaines d’autres films anti-racistes mais le grand public ne les connaitra pas). Le film a les défauts du cinéma hollywoodien : le personnage du gendre est vraiment trop parfait, impossible de lui trouver un seul défaut et, surtout, il y a une lourdeur permanente (qui culmine avec le speech final de Spencer Tracy). Tout se passe dans quelques pièces de la maison parentale, l’ensemble ressemble à une adaptation théâtrale. Stanley Kramer avait déjà abordé le racisme dans La Chaîne (1958) où il avait osé placer Sidney Poitier en tête d’affiche. Dix ans plus tard, il enfonce le clou et choisit intelligemment de ne pas placer l’histoire dans un milieu réactionnaire (l’ensemble aurait été plus anodin) : les parents de Joanna ont en effet des convictions libérales très affirmées, ils ont élevé leur fille dans le refus du racisme et sont donc bien embarrassés de désirer instinctivement empêcher ce mariage. Le succès fut considérable, le plus grand succès de toute l’histoire de la Columbia. De façon inattendue, les critiques les plus sévères vinrent des milieux progressistes, et ce, depuis sa sortie jusqu’à maintenant ; outre les reproches de lourdeur, le film est ainsi accusé, entre autres, d’avoir créé de nouveaux stéréotypes. Et le plus souvent, le film fut seulement méprisé par certains critiques. Elle: – Lui :
Remarque : • Katharine Houghton est la nièce de Katharine Hepburn. • Spencer Tracy est mort 17 jours après la fin du tournage. En raison de la maladie de Spencer Tracy, le travail se faisait toujours dans la matinée. Quand Katharine Hepburn jugeait qu’il était trop fatigué, le tournage cessait. Katharine Hepburn a déclaré n’avoir jamais vu le film au complet, car revoir Spencer Tracy tellement malade aurait été trop douloureux pour elle (rappelons que les deux acteurs ont vécu ensemble pendant des dizaines d’années).
Sidney Poitier et Katharine Houghton dans Devine qui vient dîner… (Guess Who’s Coming to Dinner) de Stanley Kramer.Spencer Tracy et Katharine Hepburn dans Devine qui vient dîner… (Guess Who’s Coming to Dinner) de Stanley Kramer.Spencer Tracy et Sidney Poitier dans Devine qui vient dîner… (Guess Who’s Coming to Dinner) de Stanley Kramer.