4 novembre 2017

Life (2015) de Anton Corbijn

LifeJanvier 1955. Le photographe Dennis Stock, qui travaille pour Magnum et a déjà réussi à placer ses clichés dans le magazine Life, cherche de bons sujets pour que sa démarche artistique soit reconnue. A une réception chez le réalisateur Nicholas Ray, il rencontre James Dean. L’acteur (alors fraichement issu de l’Actor’s Studio de Kazan) vient de tourner A l’est d’Eden qui n’est pas encore sorti et espère être choisi par Nicholas Ray pour La Fureur de vivre
Des trois principaux photographes ayant photographiés James Dean, Dennis Stock est le second (les deux autres sont Roy Schatt et Phil Stern). Anton Corbijn nous fait revivre cette rencontre. Tous deux sont de la même génération, celle qui a eu 20 ans juste après la guerre. Le réalisateur nous montre un James Dean méfiant envers la célébrité, reprenant ainsi l’image traditionnellement associée à l’acteur (alors que James Dean est devenu l’icône que l’on sait après sa mort et que son image de rebelle a été fortement amplifié par la Warner pour des raisons commerciales, deux des trois films qu’il a tournés n’étant pas encore sortis au moment de son accident fatal en septembre 1955). Ceci dit, le sujet principal du film n’est pas tant James Dean mais plutôt le photographe Dennis Stock qui cherche à saisir l’essence de son sujet, montrer sa vraie personnalité. Robert Pattinson est très convaincant dans le rôle de ce photographe mais cela ne compense pas la prestation assez fade de Dane DeHaan. L’ensemble n’est hélas pas très passionnant et il faut vraiment se forcer pour s’intéresser à cette histoire.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Robert Pattinson, Dane DeHaan, Ben Kingsley
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Life
Dane DeHaan est James Dean dans Life de Anton Corbijn (le réalisateur précise qu’il n’a pas cherché la ressemblance physique).

Life
Robert Pattinson est le photographe Dennis Stock dans Life de Anton Corbijn. Il utilise un Leica M3.  Dans cette scène, il est en train de prendre la photo ci-dessous :

James Dean
Photo de James Dean par Dennis Stock à Times Square en janvier 1955. Cette photo verticale est remarquablement construite.  Elle est hélas souvent montrée recadrée en horizontal ce qui lui fait perdre toute sa force. Cette photo est devenue très emblématique après la mort de James Dean : seul et inconnu dans la grande ville, il semble marcher vers un destin qu’il ne connaitra jamais.

1 novembre 2017

Mission: Impossible – Rogue Nation (2015) de Christopher McQuarrie

Mission: Impossible - Rogue NationLe chef de la CIA obtient de faire dissoudre l’équipe IMF (Impossible Mission Force) qu’il juge incontrôlable. Ethan Hunt refuse d’abandonner la lutte contre le chef d’un réseau d’agents spéciaux particulièrement dangereux, le Syndicat. Il poursuit seul sa traque mais va-t-il rester seul longtemps ? … Mission: Impossible – Rogue Nation est le cinquième volet de cette franchise si chère à Tom Cruise. Les scènes d’action sont spectaculaires : Tom Cruise qui s’accroche à un avion au décollage (sans trucage ni doublure nous dit-on), une poursuite de motos à une vitesse ahurissante, etc. etc. Ces scènes d’action sont parfaitement exécutées mais laissent une impression de surenchère dans le spectaculaire. Tout le film est centré sur le personnage joué par Tom Cruise ce qui donne un air de James Bond à l’ensemble. Il n’y a plus cette notion de groupe soudé. Simon Pegg est juste l’inévitable geek de service ; il est en outre en charge d’introduire des notes d’humour technologiques (la palme revient au « détecteur de démarche »). Mais le problème principal du film est que l’on ne frémit pas un seul instant pour les personnages, même quand ils sont confrontés aux dangers les plus extrêmes. C’est tout de même un peu gênant…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Sean Harris, Alec Baldwin
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Mission: Impossible - Rogue Nation
Tom Cruise au ras du bitume dans Mission: Impossible – Rogue Nation de Christopher McQuarrie (joie des images arrêtées : la moto à l’arrière-plan n’a pas encore touché le parapet que l’explosion est déjà visible).

25 octobre 2017

Premier contact (2016) de Denis Villeneuve

Titre original : « Arrival »

Premier contactAlors que douze mystérieux vaisseaux extraterrestres apparaissent à douze endroits différents du globe, l’experte en linguistique comparée Louise Banks est recrutée par l’armée américaine pour entrer en contact avec leurs occupants… Sachant que les comparaisons ne manqueront pas, marcher sur les traces d’un film comme Rencontres du troisième type est une entreprise périlleuse. Denis Villeneuve y parvient brillamment. Basée sur une nouvelle de Ted Chiang scénarisée par Eric Heisserer, Arrival est une belle histoire de communication qui met en avant l’importance du langage et sur ses liens avec notre perception du monde. Denis Villeneuve sait rester à l’écart des nombreux travers de la science-fiction moderne : aucune surenchère dans le spectaculaire ici. En revanche, le film est très inventif sur les extraterrestres, à la fois sur leur forme et sur leur langage. En outre, la construction est élégamment intégrée au scénario dont elle devient un élément-clé. Cinématographiquement, le cinéaste québécois montre une fois de plus de son habileté, sa mise en scène est efficace et maitrisée. Un très beau film.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker
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Arrival
Amy Adams dans Premier contact de Denis Villeneuve.

Remarques :
* Le mot « guerre » peut effectivement être traduit en sanskrit par un mot signifiant « désir de plus de vaches » (la vache ayant en Inde une symbolique bien particulière, notamment de pureté, de la mère, de la non-violence) mais cette interprétation dépend beaucoup du contexte. Lire… (en anglais)
* Le film d’apprendre (du moins en ce qui me concerne) l’existence de l’hypothèse de Sapir-Whorf… Wikipedia

Arrival
Amy Adams dans Premier contact de Denis Villeneuve.

10 octobre 2017

Sicario (2015) de Denis Villeneuve

SicarioA la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, une agente du FBI est enrôlée pour accompagner un groupe d’intervention spéciale de la CIA  contre les cartels mexicains de la drogue. Le groupe utilise un « consultant », un homme énigmatique particulièrement déterminé à frapper très haut… Sur un scénario écrit par le texan Taylor Sheridan, Denis Villeneuve réalise un film d’action très percussif. Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur le fond qui colporte l’idée que tous les coups sont permis dans la lutte contre le crime (« Sicario » est un mot espagnol signifiant « tueur à gages » et, sans tout dévoiler, précisons simplement que le tueur en question ne travaille pas pour les cartels) et qui présente le Mexique comme « un endroit sans foi ni loi » que l’on aurait bien envie d’isoler du reste de la civilisation (hum…) Sur la forme, Denis Villeneuve a une mise en scène très efficace dans les scènes d’action. Même s’il n’invente rien, il sait indéniablement créer des scènes fortes, nourries par une grande tension et qui débouchent sur une jouissance libératrice, une construction très classique mais qu’il utilise avec art avec une mise en place millimétrée. D’autres scènes sont toutefois plus confuses. Si Emily Blunt est totalement insipide, Benicio Del Toro fait une puissante interprétation en « justicier » implacable à la froide détermination. Gros succès populaire.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Victor Garber
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Sicario
Emily Blunt, Josh Brolin, Matthew Page et Benicio Del Toro dans Sicario de Denis Villeneuve.

3 octobre 2017

The Assassin (2015) de Hou Hsiao-hsien

Titre original : « Cìkè Niè Yinniáng »

The AssassinChine, IX siècle. Nie Yinniang revient dans sa famille après de longues années d’exil. Son éducation a été confiée à une nonne qui l’a initiée dans le plus grand secret aux arts martiaux et lui a donné une mission : tuer son cousin Tian Ji’an, gouverneur d’une province frontalière susceptible de se dresser contre l’Empereur… Après huit ans, Hou Hsiao-hsien nous revient avec cette adaptation longuement mûrie d’une courte nouvelle qui fait partie des récits de la dynastie Tang. Ces récits traditionnels sont très populaires en Chine, le réalisateur les appréciait déjà lorsqu’il était enfant. Le titre peut prêter à confusion car le film ne répond en rien aux codes des films de sabre modernes avec des combats à la chorégraphie exubérante. Les rares combats sont sobrement et rapidement montrés. De plus, Hou Hsiao-hsien a choisi de ne pas développer toutes les méandres de l’intrigue ; les relations entre les personnages ne sont pas pleinement expliquées et il est inévitable qu’un spectateur occidental ne puisse percevoir toutes les implications de cette histoire. Mais cela importe finalement peu car nous sommes envahis par cette atmosphère de beauté et de contemplation, la lenteur des scènes finissant par nous envouter et nous transporter avec grande délicatesse. L’ensemble n’est pas sans rappeler certains films de Kurosawa comme Ran ou Rashomon. The Assassin mérite plus que tout autre d’être qualifié d’œuvre d’art.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Shu Qi, Chang Chen, Yun Zhou
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The Assassin
Shu Qi dans The Assassin de Hou Hsiao-hsien.

The Assassin

The Assassin

25 septembre 2017

Renaissances (2015) de Tarsem Singh

Titre original : « Self/less »

RenaissancesAtteint d’une maladie incurable, un richissime homme d’affaire new-yorkais se voit proposer une opération aussi révolutionnaire que couteuse par une mystérieuse agence : transférer son esprit dans un nouveau corps jeune pour prolonger sa vie… Après une série de films sortant des sentiers battus, plutôt extravagants et axés sur l’esthétisme, le réalisateur d’origine indienne Tarsem Singh signe un film bien plus conventionnel avec Renaissances. Il s’agit essentiellement d’un film d’action, une course-poursuite qui ne s’attarde guère sur les éventuelles implications du scénario. L’histoire ne prend d’ailleurs même pas la peine d’être crédible ; la science-fiction ne sert ici que de cadre. Le film est efficacement réalisé, juste un peu trop long, et Ryan Reynolds est un acteur très photogénique. C’est avant tout un divertissement : Renaissances n’est pas déplaisant à regarder mais au final paraît un peu vide.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Ryan Reynolds, Natalie Martinez, Matthew Goode, Ben Kingsley, Victor Garber
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Remarques :

Renaissances
Natalie Martinez et Ryan Reynolds dans Renaissances de Tarsem Singh.

10 septembre 2017

Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E. (2015) de Guy Ritchie

Titre original : « The Man from U.N.C.L.E. »

Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E.Durant la guerre froide, l’agent américain Napoleon Solo est contraint de collaborer avec l’agent du KGB Illya Kouriakine pour lutter contre une organisation criminelle internationale. Ces deux agents, au style très opposé, n’ont qu’une seule piste : la fille d’un scientifique allemand kidnappé par l’organisation criminelle… Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E. reprend les personnages de la série des années soixante Des agents très spéciaux. Il s’agit d’une préquelle puisqu’il met en scène la rencontre entre les deux agents et leur première mission ensemble. Un troisième personnage féminin a été ajouté. Le réalisateur anglais Guy Ritchie a parfaitement su créer une atmosphère retro, et trouver un équilibre parfait entre action et humour. Il se démarque ainsi assez nettement des productions équivalentes récentes, plus axées sur l’action violente. Guy Ritchie respecte parfaitement l’esprit de la série qui était destinée au grand public. Sur ce sujet, on pourra noter que les scénaristes ont trouvé une solution élégante pour bien expliquer au spectateur les passages où un détail est très important. La photographie est très belle. Le film constitue un excellent divertissement. Une réussite.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Elizabeth Debicki, Hugh Grant
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Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E.
Alicia Vikander, Armie Hammer (Illya Kouriakine) et Henry Cavill (Napoleon Solo) dans Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E. de Guy Ritchie (notez l’effet « miniatures » dû à la faible profondeur de champ).

Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E.
C’est Hugh Grant qui tient le rôle du débonnaire Waverly dans Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E. de Guy Ritchie.

Des agents très spéciaux
Affiche de la série originale : David McCallum, Robert Vaughn et Leo G. Carroll. La série américaine Des agents très spéciaux (The Man from UNCLE) a totalisé 105 épisodes de 49 minutes chacun, dont 29 en noir et blanc. En France, la première diffusion de la série s’est faite à partir du 14 janvier 1967 sur la deuxième chaîne de l’ORTF.

Détail amusant :
Je ne pense pas être le seul à avoir vu cette série très jeune sans réaliser vraiment que les deux agents étaient de bords opposés. C’est en visionnant le film que je me suis dit « ah oui, tiens c’est vrai, Kouriakine était russe! ». Personnellement, j’étais trop fasciné par les gadgets techniques pour prêter attention à leur nationalité…

17 août 2017

Kaili Blues (2015) de Bi Gan

Titre original : « Lu bian ye can »

Kaili BluesChen est médecin dans une petite clinique de Kaili, ville brumeuse et humide de la province subtropicale du Guizhou. Il décide de partir à la recherche de son neveu Weiwei que son frère a semble-t-il vendu. Il est également chargé par sa collègue âgée de porter des souvenirs à son ancien amant qui agonise (1)… S’il est des films dont le propos est difficile à percevoir, Kaili Blues fait partie d’entre eux. Je dois avouer que lorsque le titre est apparu (à la 29e minute!), j’étais toujours dans le brouillard le plus complet quant à savoir ne serait-ce que le sujet du film. Il s’agit presque d’un puzzle à reconstituer car le jeune cinéaste chinois entremêle les périodes temporelles, passé, présent et futur, et il faudrait revoir le film une seconde fois pour tout remettre en place (Chen raconte en partie son histoire à la coiffeuse peu avant la fin). L’intérêt d’une telle complexité et le message poétique voire philosophique vus par la plupart des critiques m’ont totalement échappé. Pour son premier long métrage, Bi Gan réalise de longs plans-séquences, s’écartant parfois de la scène pour mieux la retrouver, ce qui accentue l’impression de caractère insaisissable de Kaili Blues.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Yongzhong Chen
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Kaili Blues
Yongzhong Chen dans Kaili Blues de Bi Gan.

(1) suite et fin du résumé : En chemin, il arrive dans un étrange village (Dang Mai) où différentes périodes temporelles se télescopent : passé, présent et futur. Arrivé enfin à destination à Zhenyuan, il trouve son neveu mais décide de le laisser vivre sa vie. L’amant de sa collègue est déjà mort.

16 août 2017

Les Bêtises (2015) de Rose Philippon et Alice Philippon

Les bêtisesFrançois, la trentaine, lunaire et maladroit, est un enfant adopté. Pour rencontrer sa mère biologique, il s’introduit dans une fête organisée chez elle, se faisant passer pour un serveur… Pour leur premier long métrage, Rose Philippon et sa sœur Alice se sont livrés à un exercice difficile : tenter de renouer avec la tradition de la comédie poétique. C’est un exercice difficile car il nécessite de doser parfaitement les différents ingrédients, notamment le burlesque. Elles n’y sont pas vraiment parvenues. Il y a toutefois quelques bons moments dans ce premier essai mais l’ensemble manque d’unité, les éléments qui le composent paraissant plus juxtaposés que fondus. Jérémie Elkaïm, très bien dans son personnage, et Sara Giraudeau font de belles prestations. Les Bêtises reste un premier long métrage prometteur.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jérémie Elkaïm, Sara Giraudeau, Jonathan Lambert, Anne Alvaro, Alexandre Steiger, Jacques Weber
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Les Bêtises
Jérémie Elkaïm et Sara Giraudeau dans Les bêtises de Alice Philippon et Rose Philippon.

4 août 2017

Taxi Téhéran (2015) de Jafar Panahi

Taxi TéhéranJafar Panahi s’improvise chauffeur de taxi et filme les discussions avec ses passagers pour montrer les évolutions de la société iranienne… Le cinéaste iranien Jafar Panahi a été condamné en 2011 à une interdiction de faire des films pendant 20 ans pour « propagande contre le régime ». Il a néanmoins réussi à tourner trois longs-métrages depuis cette date avec tous les risques que cela comporte. Avec ses airs d’images volées, Taxi Téhéran se situe à la lisière du documentaire : les clients du taxi sont en fait des acteurs non professionnels dont l’identité n’est pas dévoilée, certains (la nièce, l’avocate) jouent leur propre rôle. Les situations sont assez rocambolesques mais elles permettent d’aborder plusieurs aspects de la société iranienne : les croyances, les trafics, la peine de mort, la transmission, la censure cinématographique, l’emprisonnement et quelques autres. Dans la forme, le film rappelle Ten d’Abbas Kiarostami (2002), avec heureusement un flot de paroles bien moins dense. Avec Taxi Téhéran, Jafar Panahi nous offre un témoignage très original sur l’état de son pays.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs:
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Taxi Téhéran
Jafar Panahi est au volant de son taxi dans Taxi Téhéran de Jafar Panahi.