14 mars 2026

La Trilogie d’Oslo: Désir (2024) de Dag Johan Haugerud

Titre original : Sex

La Trilogie d'Oslo: DésirUn ramoneur, heureux père de famille, en couple avec son épouse depuis des années, a une aventure inattendue avec un client. Il ne la considère ni comme l’expression d’une homosexualité latente, ni comme une infidélité, juste comme une expérience enrichissante. Il s’en ouvre à son épouse, qui le prend mal, puis à son patron, marié comme lui, qui lui avoue faire toutes les nuits des rêves dans lesquels il est une femme objet du désir de David Bowie…
Désir est un film norvégien écrit et réalisé par Dag Johan Haugerud. Il s’agit du premier volet (troisième en France) de la Trilogie d’Oslo, avec Rêves (2024) et Amour (2024), trilogie qui a pour thème principal les structures sociales. Le film prend la forme de discussions entre principalement deux personnages. C’est la profondeur de ces discussions qui surprend agréablement, donnant au film une indéniable portée philosophique. Le cinéaste aborde les thèmes de la perception de la sexualité, de l’influence du regard des autres sur notre identité, du couple, de la liberté, de la vie en société et son approche de ces thèmes est aux antipodes de la manière démonstrative si répandue de nos jours. Il parvient même à glisser des notes d’humour dans son récit. L’ensemble peut évoquer Rohmer (en plus profond même), Kieslowski (le cinéaste dit s’être inspiré de sa trilogie Trois couleurs, mais on peut aussi penser au Décalogue). Dans sa forme, le film m’a fait penser à Ozu avec cette façon d’intercaler des plans fixes urbains entre les scènes. L’ensemble suscite la réflexion.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Thorbjørn Harr, Jan Gunnar Røise, Siri Forberg, Birgitte Larsen
Voir la fiche du film et la filmographie de Dag Johan Haugerud sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Dag Johan Haugerud chroniqués sur ce blog…

Thorbjørn Harr et Jan Gunnar Røise dans La Trilogie d’Oslo: Désir de Dag Johan Haugerud.
Thorbjørn Harr et Birgitte Larsen dans La Trilogie d’Oslo: Désir de Dag Johan Haugerud.

11 mars 2026

Le Rire et le couteau (2025) de Pedro Pinho

Le Rire et le couteauSergio, un ingénieur portugais, se rend en Guinée-Bissau pour expertiser l’impact écologique de la construction d’une route forestière. Bisexuel, il se lie à deux habitants de la ville, Diara, fêtarde et fauchée, et Gui, un brésilien androgyne, dans une relation intime mais déséquilibrée…
Le Rire et le couteau est un film portugais réalisé par Pedro Pinho. Le propos semble vouloir aborder plusieurs thèmes, la décolonisation, la solitude, la sexualité libre et queer, la mainmise des occidentaux sur les grands travaux africains et la corruption. Bien que libérée de tous les anciens clichés, la vision reste occidentale, celle d’une Afrique un peu fantasmée avec un soupçon de mauvaise conscience sous-jacente. Le film est très long (3h30), la construction est libre mais, le plus gênant, ce sont ces discussions qui semblent interminables et peu fournies en substance ; les dialogues paraissent avoir été improvisés pour la plupart (pourtant le générique aligne pas moins de dix scénaristes, c’est une oeuvre d’écriture collective). Les fêtes sont également interminables. J’avoue ne pas comprendre l’enthousiasme des critiques et du public.
Elle: 1 étoile
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Sérgio Coragem, Cleo Diára, Jonathan Guilherme
Voir la fiche du film et la filmographie de Pedro Pinho sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Remarque :
Pour les plus enthousiastes, le film existe aussi en version director’s cut de 5h30.

Cleo Diára et Sérgio Coragem dans Le Rire et le couteau de Pedro Pinho.

27 novembre 2025

Liaison fatale (1987) de Adrian Lyne

Titre original : « Fatal Attraction »

Liaison fatale (Fatal Attraction)Dan Gallagher (Michael Douglas) est un avocat new-yorkais prospère, marié à Beth (Anne Archer) et père d’une petite fille de six ans. Il rencontre professionnellement Alexandra Forrest (Glenn Close) et entame une liaison avec elle. Si pour Dan il s’agissait d’un simple écart, Alex, elle, ne l’entend pas de cette oreille et développe rapidement un comportement obsessionnel…
Liaison fatale est un film américain réalisé par Adrian Lyne. C’est l’adaptation du court métrage Diversion, écrit et réalisé par James Dearden pour la télévision britannique en 1980. Dearden a écrit lui-même le scénario de cette transposition. L’histoire est très proche de celle de Play Misty for me, le premier film réalisé par Clint Eastwood en 1971. Liaison fatale est efficacement mis en scène, par des procédés presque manipulateurs reposant beaucoup sur le visuel. Le réalisateur parvient à insuffler une belle dose de sensualité érotique en début de film (la scène de l’évier est restée célèbre). Mais la suite est bien différente : le film est alors terriblement efficace pour décourager tout candidat à l’adultère ! Il a ainsi pu être qualifié de moralisateur et parfois aussi de misogyne (ce qui n’est pas faux dans les deux cas). Je lui reprocherais surtout son côté racoleur et l’aspect très convenu de son histoire. Glenn Close fait une belle prestation, pouvant faire évoluer son personnage d’attirant à repoussant. Le succès fut énorme et au niveau mondial.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Michael Douglas, Glenn Close, Anne Archer
Voir la fiche du film et la filmographie de Adrian Lyne sur le site IMDB.

Glenn Close et Michael Douglas dans Liaison fatale (Fatal Attraction) de Adrian Lyne.

11 avril 2025

Et plus si affinités (2024) de Olivier Ducray et Wilfried Méance

Et plus si affinitésAprès vingt-cinq ans de vie commune, le couple formé par Xavier et Sophie semble à bout de souffle. L’idée de Sophie d’inviter à dîner leurs voisins, Adèle et Alban, n’enchante pas Xavier qui reproche à ce couple son manque de discrétion, surtout la nuit…
Et plus si affinités est un film français réalisé par Olivier Ducray et Wilfried Méance, largement inspiré du film espagnol Sentimental (2020) réalisé par Cesc Gay d’après sa pièce de théâtre Los vecinos de arriba (= Les voisins du dessus). Confrontation d’un « vieux couple » et d’un « jeune couple », le scénario de cette comédie n’est pas franchement original et il n’y a, hélas, aucune surprise. Côté dialogues, il y a assez souvent d’excellentes répliques et le meilleur est là. Bernard Campan a tendance à surjouer son personnage aigri et détestable (qui est, ceci dit, le personnage le plus difficile à jouer des quatre). Il nous montre ce qu’il faut éviter de devenir… Les acteurs interprétant le jeune couple sont plus convaincants (mais leur rôle est plus facile). Tout se déroule dans un vaste appartement. Les réalisateurs ont utilisé deux caméras à l’épaule ce qui leur permet des pseudo-plans-séquence. Avec tous ses clichés, le film manque d’originalité mais il a le mérite de nous amuser le temps d’un soir. Primé au festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez en 2024.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Isabelle Carré, Bernard Campan, Julia Faure, Pablo Pauly
Voir la fiche du film et la filmographie de Olivier Ducray et Wilfried Méance sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Isabelle Carré, Pablo Pauly, Julia Faure et Bernard Campan
dans Et plus si affinités de Olivier Ducray & Wilfried Méance
(photo publicitaire non tirée du film)

16 novembre 2023

Ce plaisir qu’on dit charnel (1971) de Mike Nichols

Titre original : « Carnal Knowledge »

Ce plaisir qu'on dit charnel (Carnal Knowledge)Dans les années 50, Sandy et Jonathan partagent une chambre d’étudiants et ont de longues discussions sur leur vision des femmes. Sandy est timide et tend à les idolâtrer tandis que Jonathan les voit comme des objectifs à conquérir. Leurs vies prennent des chemins différents : l’un se marie, l’autre reste un coureur invétéré. Dix et vingt ans plus tard, ils se retrouveront pour faire le point sur l’évolution de leur vie…
Ce plaisir qu’on dit charnel (Carnal Knowledge = « connaissance charnelle ») est un film américain écrit par Jules Feiffer et réalisé par Mike Nichols. Quatre ans après Le Lauréat (1967), le cinéaste sembler vouloir poursuivre son portrait d’une génération (d’hommes). Le résultat est moins convaincant sur ce point puisque ses deux personnages sont aux antipodes l’un de l’autre, et de façon un peu caricaturale. Malgré l’absence de scènes visuellement explicites, le film fit scandale à l’époque car il parlait sans détours de questions sexuelles, utilisant des mots rarement entendus dans le cinéma hollywoodien. La Cour suprême des Etats-Unis dut intervenir pour établir que le film n’était pas « obscène » et lever les interdictions régionales. Toute cette agitation parait bien désuète aujourd’hui. Représentatif du climat de libération sexuelle de cette époque, Carnal Knowledge se voit maintenant plutôt comme une comédie, avec une opposition somme toute assez classique de deux visions du sexe opposé (précisons que le film ne parle que de la vision des hommes sur les femmes, l’inverse est… hors-sujet). Côté interprétation, c’est Jack Nicholson qui crève l’écran, l’acteur semble à l’aise dans toutes les scènes, même les plus intenses dramatiquement. Pourtant, c’est Ann-Margret qui fut nominée pour les Oscars. Si Candice Bergen donne de la force à son personnage en montrant une belle présence, Art Garfunkel est bien plus fade. Le fond du propos peut certes paraître un peu simple mais le film est finalement intéressant et mérite d’être vu.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jack Nicholson, Candice Bergen, Art Garfunkel, Ann-Margret, Rita Moreno, Cynthia O’Neal, Carol Kane
Voir la fiche du film et la filmographie de Mike Nichols sur le site IMDB.

Voir les autres films de Mike Nichols chroniqués sur ce blog…

Jack Nicholson et et Art Garfunkel dans Ce plaisir qu’on dit charnel (Carnal Knowledge) de Mike Nichols.
Jack Nicholson et Candice Bergen dans Ce plaisir qu’on dit charnel (Carnal Knowledge) de Mike Nichols.
Ann-Margret dans Ce plaisir qu’on dit charnel (Carnal Knowledge) de Mike Nichols.

17 novembre 2022

Les Valseuses (1974) de Bertrand Blier

Les valseusesDeux jeunes voyous commettent de petits larcins et s’amusent à terroriser les habitants de leur quartier. A la suite d’un vol de voiture, ils doivent fuir et entraînent avec eux une fille gentille et maussade…
Les Valseuses est le deuxième long-métrage de fiction réalisé par Bertrand Blier. Il s’agit d’une adaptation de son roman homonyme qui connut un certain succès éditorial en 1972. C’est un film assez provocateur qui fit scandale du fait d’une certaine vulgarité et parce qu’il rendait sympathiques ces deux loubards. On l’a aussi accusé d’être misogyne. Le film est indéniablement tout cela mais Les Valseuses fut surtout un pavé dans la mare du cinéma français qui était un peu trop sage aux yeux de Bertrand Blier. Son récit n’est pas dénué de profondeur car il ne se contente pas de nous bousculer avec son humour irrévérencieux : il parvient à faire ressentir chez ses personnages un fort appétit de vivre mêlé à certain désespoir. Malgré les situations parfois très choquantes (viols) et le malaise que l’on peut ressentir, l’humour est omniprésent, un humour noir, alimenté par des dialogues très crus. On ressent un plaisir un peu coupable. Banni par la critique, Les Valseuses connut un énorme succès en salles. Le film révéla Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Miou-Miou, Patrick Dewaere, Brigitte Fossey, Jeanne Moreau, Jacques Chailleux, Isabelle Huppert
Voir la fiche du film et la filmographie de Bertrand Blier sur le site IMDB.

Voir les autres films de Bertrand Blier chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Bertrand Blier

Remarque :
* Dans les petits rôles, on remarque les débutants Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot et Isabelle Huppert.


Les valseusesGérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere dans Les valseuses de Bertrand Blier.

24 mai 2022

Portier de nuit (1974) de Liliana Cavani

Titre original : « Il portiere di notte »

Portier de nuit (Il portiere di notte)Vienne, 1957. Max (Dick Bogarde), un ancien officier SS, est portier de nuit dans un palace hébergeant d’anciens nazis. Lorsque Lucia Atherton (Charlotte Rampling) vient loger avec son mari chef d’orchestre dans cet hôtel, Max reconnaît immédiatement en elle une ancienne déportée avec qui il eut une ardente passion sadomasochiste…
Portier de nuit est un film italien coécrit et réalisé par Liliana Cavani. A sa sortie, le film suscita de nombreuses polémiques tant dans le milieu du cinéma que chez les intellectuels. Il fut critiqué pour son « esthétique nazie » et la mise en scène malsaine et théâtrale à caractère sexuel d’une victime et de son bourreau (1). Aujourd’hui, l’argument reste recevable mais l’attrait de la nudité est bien moindre que dans les années soixante-dix. Le film a donc perdu tout (éventuel) pouvoir attractif sur ce plan (« attractif » dans le sens « capable d’attirer l’attention et de frapper les esprits »). En revanche, il reste très perturbant. Le sujet n’est pas en soi le nazisme mais plutôt une passion sadomasochiste extrême placée dans un environnement monstrueux, le nazisme. Les flashbacks sont assez glaçants, peu démonstratifs ; Liliana Cavani suggère plus qu’elle ne montre et il paraît difficile de l’accuser d’une fascination envers ces SS statufiés, dénués d’humanité. Elle n’a aucune indulgence non plus pour son personnage principal, Max, qui est clairement défini comme un monstre. Si l’ensemble est dérangeant, il est aussi doté d’une grande force. La comparaison a été souvent faite avec Les Damnés de Visconti (1969) mais il n’atteint pas son équilibre et il n’a pas son style remarquable.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Dirk Bogarde, Charlotte Rampling, Philippe Leroy, Gabriele Ferzetti, Giuseppe Addobbati, Isa Miranda
Voir la fiche du film et la filmographie de Liliana Cavani sur le site IMDB.

Voir les autres films de Liliana Cavani chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Portier de nuit

(1) En particulier, Michel Foucault critiqua sévèrement cette vision sexualisée du nazisme : si pour lui, « le pouvoir a une charge érotique », il s’étonne que tout un « imaginaire érotique de pacotille [soit] placé maintenant sous le signe du nazisme ».

Portier de nuit (Il portiere di notte)Dirk Bogarde et Charlotte Rampling dans Portier de nuit (Il portiere di notte) de Liliana Cavani.

16 août 2021

Hôtel Singapura (2015) de Eric Khoo

Titre original : « In the Room »

Hôtel Singapura (In the Room)L’hôtel Singapura est en pleine décrépitude mais il a connu des jours plus prestigieux. Depuis la seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, des couples s’y sont retrouvés pour parler d’amour et le faire…
Hôtel Singapura (In the Room) est un film singapourien réalisé par Eric Khoo. L’idée de départ est séduisante : placer six histoires (et même un peu plus) étalées à dix ans d’intervalle sur soixante ans (et même un peu plus) dans une unique chambre d’hôtel. L’intention était de traduire l’évolution des mœurs et de la société à travers de scènes intimes où il est question d’amour (un peu) et de sexe (beaucoup). Le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur des espérances mais le film d’Eric Khoo ne manque pas de qualités. La principale est certainement d’avoir six histoires très différentes, ce qui, toutefois, n’empêche pas de ressentir une petite sensation de longueurs. Hormis la séquence hilarante des professionnelles des années cinquante, le fond du propos est d’une grande tristesse, l’amour restant inaccessible et laissant la place à des étreintes sexuelles mécanistes. Hôtel Singapura ne manque pas de style et se montre d’une indéniable originalité.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Josie Ho, Ian Tan, Nadia Ar, Shô Nishino, Lawrence Wong, Choi Woo-sik
Voir la fiche du film et la filmographie de Eric Khoo sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Eric Khoo chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* La distribution réunit plusieurs actrices et acteurs des pays d’extrême-orient : Josie Ho vient de Hong-kong, Shou Nishino est japonaise, Lawrence Wong vient de Malaisie, Netnaphad Pulsavad est thaïlandaise, George Young, Daniel Jenkins et Koh Boon sont basés à Singapour.
* Le tournage a été bouclé en dix jours.

Hôtel Singapura (In the Room)Ian Tan et Nadia Ar dans Hôtel Singapura (In the Room) de Eric Khoo.

12 août 2020

Quand Harry rencontre Sally… (1989) de Rob Reiner

Titre original : « When Harry Met Sally… »

Quand Harry rencontre Sally... (When Harry Met Sally...)Alors qu’ils viennent de terminer leurs études, Harry Burns et Sally Albright font voiture commune pour aller de Chicago à New York. La conversation est animée car Harry est persuadé qu’entre hommes et femmes, il ne peut pas y avoir d’amitié parce que le sexe est toujours présent ce que Sally refuse d’admettre. Ils se revoient cinq années plus tard…
A sa sortie, Quand Harry rencontre Sally… a fait l’effet d’une petite bombe dans le monde de la comédie car il parlait de façon directe et très naturelle de sujets ayant trait à la sexualité, ici principal ressort de l’humour. Il a surtout fait cet effet auprès des trentenaires qui se sont facilement reconnus en Harry ou en Sally. Le ton est très léger, l’humour reposant sur le fait qu’Harry a de grandes théories sur les rapports hommes/femmes. Le scénario de Nora Ephron est assez subtil car il évite toute vulgarité. Billy Cristal a participé aux dialogues pour rendre son personnage encore plus drôle. La scène de l’orgasme simulé par Meg Ryan en plein restaurant est devenue l’une des plus célèbres du cinéma. Bien entendu, on peut reprocher le manque de profondeur, mais ce n’est pas le but. Dire que Quand Harry rencontre Sally… a renouvelé le genre de la comédie romantique n’est pas exagéré : cette façon d’aborder sans gêne des sujets un peu tabous a été maintes fois reprise par la suite.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Billy Crystal, Meg Ryan, Carrie Fisher, Bruno Kirby
Voir la fiche du film et la filmographie de Rob Reiner sur le site IMDB.

Voir les autres films de Rob Reiner chroniqués sur ce blog…

Quand Harry rencontre Sally... (When Harry Met Sally...)Meg Ryan et Billy Crystal dans Quand Harry rencontre Sally… (When Harry Met Sally…) de Rob Reiner.

Quand Harry rencontre Sally... (When Harry Met Sally...)Meg Ryan et Billy Crystal dans Quand Harry rencontre Sally… (When Harry Met Sally…) de Rob Reiner.

3 janvier 2020

Shampoo (1975) de Hal Ashby

ShampooLos Angeles, 1969. Coiffeur en vogue de Beverly Hills, George a de multiples aventures avec ses clientes. Il ambitionne de monter son propre salon de coiffure mais peine à convaincre les banquiers de lui prêter la somme nécessaire. L’une de ses amantes lui propose d’en parler à son mari, un homme d’affaires fortuné…
Shampoo est un film joué, coécrit et produit par Warren Beatty. Tourné alors que Richard Nixon est menacé de destitution (il démissionnera en août 1974), son action se situe cinq ans en arrière, la veille du jour de son élection en 1969. Mais le propos du film n’est pas politique. Il porte un regard acerbe sur les mœurs sociales et sexuelles de la fin des années 1960 au sein d’un milieu aisé. En filigrane, on peut aussi y trouver une vision sur la difficulté des rapports hommes / femmes qu’une plus grande liberté ne simplifie pas. Même s’il est très marqué par son époque, le propos ne manque pas d’intérêt encore aujourd’hui. Le scénario, signé par Robert Towne (qui s’était déjà illustré avec le scénario de Chinatown) et Warren Beatty, est riche ; les éléments s’imbriquent admirablement les uns dans les autres. La fin accuse toutefois une baisse de rythme. Sous la direction de Paul Simon, la bande sonore laisse une bonne place à la musique de la seconde moitié des années soixante.  Le film connut un très gros succès aux Etats-Unis. En France, il fut boudé par la critique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Warren Beatty, Julie Christie, Goldie Hawn, Lee Grant, Jack Warden, Carrie Fisher
Voir la fiche du film et la filmographie de Hal Ashby sur le site IMDB.

Voir les autres films de Hal Ashby chroniqués sur ce blog…

ShampooGoldie Hawn, Julie Christie, Tony Bill et Warren Beatty dans Shampoo de Hal Ashby.

Remarque :
* C’est le premier long métrage de l’actrice Carrie Fisher (elle joue la fille de Lester Karpf). Son deuxième sera Star Wars