Un soir de l’année 1900, Roberto Columbo, un avocat italien vivant dans le quartier de Little Italy à New York, est tué par le gang de la Main noire après avoir tenté de parler à la police. Huit ans plus tard, son fils Johnny revient à New York avec la ferme intention de venger son père… La Main noire (Black Hand) est un film américain réalisé par Richard Thorpe. Le scénario, signé Luther Davis, met en scène les rackets de la Main noire, un syndicat du crime originaire d’Italie, précurseur de la Mafia. Initialement, le rôle principal devait être tenu par Robert Taylor. Il est surprenant de voir Gene Kelly dans un tel rôle dramatique, l’acteur désirait prouver qu’il pouvait faire autre chose que chanter et danser. Il s’en sort fort bien en livrant une interprétation d’une bonne intensité. Le film est à mi-chemin entre le film policier et le portrait social. La description de la vie des immigrés italiens au tout début du XXe siècle, en proie aux extorsions de quelques-uns de leurs compatriotes, sonne assez authentique. Le film connut un petit succès à sa sortie mais est aujourd’hui plutôt méconnu. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Trois sœurs, Lucia, Ada et Flavia, vivent dans le village de montagne italien de Vermiglio avec leur père, instituteur au village, leur mère, régulièrement enceinte, et leurs quatre frères. Au cœur de l’hiver 1944, un soldat déserteur blessé, Pietro, est ramené dans le village par un cousin dont il a sauvé la vie… Vermiglio ou La Mariée des montagnes est un film italien écrit et réalisé par Maura Delpero. Venant après Maternal(2019), c’est le deuxième long métrage de la réalisatrice dont le père est originaire de ce village du Haut-Trentin où elle a posé ses caméras. Son récit nous décrit la vie dans ce petit hameau isolé en se concentrant sur une famille et plus particulièrement sur les femmes. De manière délicate, il laisse éclore une histoire d’amour très discrète. La parole est rare, le rythme est plutôt contemplatif, la photographie est superbe. Le film de Maura Delpero se situe dans la veine du classique d’Ermanno Olmi L’Arbre aux sabots (1978) avec un accent, plus moderne, mis sur le destin des femmes. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Durant l’hiver 1943, un groupe de résistants dont le chef est « l’ingénieur » réussit à faire exploser une charge à la Kommandantur de Venise. La réussite de l’opération est toute relative et les Allemands arrêtent quarante otages. Les représentants des cinq partis clandestins d’opposition se réunissent en secret ; ils sont très divisés sur la conduite à tenir à propos de ces attentats… Le Terroriste est un film italien écrit et réalisé par Gianfranco De Bosio qui s’appuie sur son expérience dans la Résistance en Vénétie. Il s’agit de la seule réalisation notable de ce réalisateur. Ce n’est pas un film d’action mais une réflexion idéologique sur l’enchaînement de la violence. De longues discussions et échanges entre les cinq représentants de partis constituent l’essentiel du récit. Les questions morales sont très présentes sans que le réalisateur place franchement le débat sur ce point. On notera qu’il présente ses personnages sous un jour très humain. Le film a été remarqué à sa sortie car il ébranlait le mythe de l’unité de la Résistance italienne. Sur le plan cinématographique, la mise en scène est très réaliste par sa simplicité et la ville de Venise offre un environnement inattendu à ce type de récit. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Un riche industriel milanais engage un détective privé pour connaître le passé de sa jeune épouse. Alerté de l’enquête, son ancien amant entre de nouveau en contact avec elle. Ils s’étaient quittés après le décès accidentel d’une de ses meilleures amies… Chronique d’un amour est un film italien co-écrit et réalisé par Michelangelo Antonioni. Il s’agit de son premier long métrage. L’histoire peut par moments évoquer Les amants diaboliques (Ossessione, 1943), le premier film de Visconti, mais il est en réalité très différent. Plus qu’une histoire de meurtre, Antonioni nous offre un portrait de femme qui cherche à reprendre sa vie en main. Le scénario est habile : les deux anciens amants se retrouvent du fait de la méfiance du mari, c’est en effet l’enquête qui fait renaître une passion éteinte, et l’issue est plutôt inattendue. C’est aussi le portrait d’une classe sociale aisée dont les membres, et particulièrement les femmes car c’est sur elles qu’Antonioni porte son attention, ont une existence oisive et vide de sens. Il est tentant d’y voir les prémices des « grands » Antonioni qui viendront quelque dix ans plus tard mais l’ensemble reste très classique. Belle interprétation de Lucia Bosé, qui n’avait alors que dix-neuf ans alors que son personnage en a dix de plus. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le professeur Antonio Mombelli enseigne dans une école primaire de Vigevano. Sa femme Ana est profondément insatisfaite du modeste train de vie que son mari peut lui offrir. Antonio est fier d’appartenir à la classe intellectuelle : il considère comme une honte pour lui et sa famille que sa femme veuille travailler à l’usine pour compléter ses revenus et que son jeune fils, poussé par sa mère, travaille occasionnellement comme garçon de courses… Il maestro di Vigevano, parfois francisé L’Instituteur de Vigevano, est un film italien réalisé par Elio Petri, son deuxième long métrage. Age et Scarpelli ont signé le scénario d’après un roman de Lucio Mastronardi. Cette histoire dresse le portrait d’un homme ordinaire qui fait excessivement attention à sa position sociale bien que très modeste. Il rejette l’esprit d’entreprise et ceux que sa femme considère comme « arrivés ». Il ne voit que de l’arrivisme autour de lui. Le récit est largement parsemé de touches d’humour, mais il s’agit d’un humour plutôt amer. Le personnage fait pitié à voir, obséquieux face à son directeur qui lui fait subir des humiliations farfelues. Assez sombre, ce mini-portrait de la société italienne fustige les conventions sociales et le désir de trop se soucier de sa position. Sans vraiment démériter, le film n’est pas remarquable dans la (courte) filmographie d’Elio Petri. Il est d’ailleurs très méconnu. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Après des études dans un pensionnat suisse, Stefano Mattioli, adolescent timide et sensible, se destine à la prêtrise par idéalisme. Mais son père, grand éditeur milanais, lui fait part de son souhait de le voir lui succéder à la tête de l’entreprise ; il va tout mettre en œuvre pour le faire changer d’avis… La Corruption est un film franco-italien réalisé par Mauro Bolognini. L’histoire met en scène l’opposition entre les idéaux du jeune homme et le matérialisme de la société, personnalisé par son père. Bolognini dresse un portrait sans concession du consumérisme des années soixante. La critique manque de subtilité, les personnages sont typés, proches de la caricature. L’atmosphère est étrange : est-ce dû aux accords discordants de Giovanni Fusco, ou aux cadrages insolites de Leonida Barboni ? L’ensemble paraît irréel et superficiel. Un film qui me semble mineur dans la filmographie de Mauro Bolognini (mais visiblement tout le monde ne partage pas mon avis). Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Nord-est de l’Italie, région Frioul-Vénétie julienne, 1900. Le bébé de la jeune Agata est mort-né et ainsi condamné à errer dans les Limbes. Un homme lui parle d’un endroit dans les montagnes où son bébé pourrait être ramené à la vie, le temps d’un souffle, pour être baptisé. Agata entreprend seule ce voyage et rencontre Lynx, qui lui offre son aide… Piccolo corpo est un film italien co-écrit et réalisé par Laura Samani, son premier long métrage. Il s’agit d’une histoire qui se situe entre la chronique réaliste et le fantastique alimenté par un mysticisme religieux. Le sujet est original mais basé sur des éléments réels : de tels sanctuaires existaient « partout dans les Alpes (en France on en comptait presque deux cents) » (1). L’obstination de la jeune Agata émeut et finit par nous conquérir. La réalisatrice donne également à sa quête une dimension de parcours initiatique vers une émancipation féminine. L’atmosphère est légèrement irréelle et tend à abolir la frontière entre le réel et le mystique (2). Filmé dans les dialectes frioulan et vénète, une certaine nostalgie de l’Italie d’avant son unification est perceptible. Piccolo corpo est un film très particulier qui mérite d’être découvert. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Assez surpris (et, je l’avoue, un peu sceptique) par cette affirmation de la réalisatrice relayée par le dossier de presse, j’ai trouvé cette étude de Jacques Gélis qui précise : « Des milliers et des milliers d’embryons et d’enfants à terme ont été ainsi exposés et ont donné des « signes de vie » entre le XIVe et le XIXe siècle dans des dizaines et des dizaines de sanctuaires en France, en Belgique, en Suisse, en Autriche, en Allemagne du sud et en Italie du nord. » (Techniques et culture, n° 60, 2013/1).
La page Wikipédia sur les « Sanctuaires à répit » cite des nombres précis : 277 en France entre le XIIIe siècle et le début du XXe.
(2) Note d’intention de Laura Samani :
« Dans le film, Dieu ne se trouve ni dans les miracles ni dans les prières, ni même dans les dogmes qui divisent la vie après la mort en paradis, enfer et limbes. Dieu existe à un autre niveau : chez Lynx qui ne croit en rien et n’est donc pas touché par le postulat initial du miracle ; chez Agata qui exploite sa colère afin de redessiner les frontières du possible ; et dans la relation entre ces deux points de vue solitaires qui sont, pendant un instant, moins douloureux. La frontière est ténue entre la vie et la mort, la réalité et la magie, les possibilités que l’on a espérées et le temps qui nous reste. » (Extrait du dossier de presse)
Ondina Quadri et Celeste Cescutti dans Piccolo corpo de Laura Samani.
Dans les années 1960 et 1970, le jeune Accio, en colère contre « toutes les injustices » et se sentant mal-aimé par sa famille, adhère à un parti fasciste alors que son frère est militant communiste. Ils vont suivre des chemins différents tout en restant proches… Mon frère est fils unique est un film italien de Daniele Luchetti. Il est adapté du livre autobiographique d’Antonio Pennacchi, Il fasciocomunista (= le facho-communiste). Comme le souligne le réalisateur, ce n’est toutefois pas un film politique, « c’est un film qui parle d’êtres humains qui aiment, qui souffrent, qui rient et qui font aussi de la politique ». Effectivement, la rivalité entre les deux frères reflète les conflits sociaux et politiques de l’époque sans que le réalisateur prenne parti. En outre, les deux frères sont amoureux de la même femme. Le récit est assez subtil et délicat, porté par une excellente interprétation. Cette chronique assez attachante, laissait augurer d’un renouveau du cinéma italien, a été bien accueillie par la critique. Elle: – Lui :
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Titre original : « Mimì metallurgico ferito nell’onore »
Carmelo Mardocheo, surnommé Mimì, un brave ouvrier sicilien, refuse de plier aux règles de la mafia. Privé de travail à cause de ses sympathies pour le parti communiste, il s’exile à Turin, laissant derrière lui sa femme. Devenu métallo, Mimi fait la connaissance de Fiore, jeune femme engagée dont il tombe fou amoureux. C’est alors que la mafia le rapatrie en Sicile car sa femme a une liaison avec un douanier local… Mimi métallo blessé dans son honneur est un film italien écrit et réalisé par Lina Wertmüller. Il s’agit d’une comédie centrée sur le comportement du mâle italien, plus précisément du mâle sicilien. Dans ses meilleurs moments, le film peut évoquer Divorce à l’italienne mais Lina Wertmüller n’a pas le talent de Pietro Germi. Outre son usage immodéré du zoom et autres effets de caméra (endémiques, il est vrai, du cinéma des années soixante-dix), elle force trop le trait vers la caricature et même le grotesque dans son désir de choquer les esprits (la scène de l’accouplement de Mimì avec la femme du douanier en est le meilleur exemple). Le propos manque de subtilité mais l’ensemble reste amusant. Le film fut un très gros succès (mais pas en France). Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Lina Wertmüller chroniqués sur ce blog…
Mariangela Melato, Giancarlo Giannini et Agostina Belli dans Mimi métallo blessé dans son honneur (Mimì metallurgico ferito nell’onore) de Lina Wertmüller.
Dans l’Italie du XVIIe siècle, la jeune Benedetta Carlini est emmenée au couvent de la ville de Pescia pour devenir nonne. Elle devient une religieuse dévote qui a des visions de Jésus l’appelant à le rejoindre et la sauvant de dangers. Benedetta est chargée de superviser l’intégration d’une jeune fille pauvre et sans instruction au sein du couvent… Benedetta est un film français réalisé par Paul Verhoeven. Il en a écrit le scénario avec l’américain David Birke (auteur du scénario de Elle en 2016). Le récit est basé sur une histoire vraie mais c’est la possibilité de le rendre sulfureux qui semble avoir intéressé le réalisateur. La communication a d’ailleurs été faite en ce sens. En outre, il a ajouté une touche de grotesque dans beaucoup de scènes qui ajoute à l’artificialité de l’ensemble. Sans que son jeu soit en cause, Virginie Efira n’est pas vraiment crédible, elle paraît trop propre, trop moderne. Tout cela n’est pas très intéressant et les 2 heures 11 de projection paraissent bien longues. La critique a bien accueilli Benedetta, le public un peu moins. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)