Mis à la porte de leur université, trois « chercheurs en parapsychologie » décident de s’installer à leur compte : ils proposent leurs services pour traquer et capturer les fantômes. Ils vont avoir bien plus de travail qu’ils imaginaient… SOS Fantômes (Ghostbusters) est un film américain réalisé par Ivan Reitman. Le scénario est écrit par les compères du Saturday Night Live, Dan Aykroyd et Harold Ramis, qui interprètent deux des trois « chercheurs ». John Belushi devait également jouer dans le film mais il meurt en mars 1982. L’histoire est totalement farfelue et utilise habilement de coûteux effets spéciaux. Côté acteurs, c’est Bill Murray qui vole la vedette à ses camarades avec son comique teinté de nonchalance. De son côté, Sigourney Weaver est assez étonnante. L’ensemble est très amusant même s’il est en deçà d’un film comme Les Blues Brothers, auquel il semble logique de le comparer. Enorme succès. Elle: – Lui :
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Fascinée par Marie, l’héroïne du roman La Lectrice, à laquelle elle s’identifie, Constance décide à son tour de faire de la lecture à domicile à des gens esseulés. Après avoir passé une petite annonce, elle fait la connaissance d’Éric, un adolescent handicapé, et d’autres clients : une fillette espiègle, une veuve de général marxiste dans l’âme, un PDG névrosé qui se fait lire L’Amant de Marguerite Duras, ou encore un magistrat à la retraite, amateur des sulfureux écrits du Marquis de Sade… La Lectrice est un film français co-écrit et réalisé par Michel Deville d’après le roman de Raymond Jean. Il s’agit d’une comédie ayant pour toile de fond la lecture qui met en scène des interactions amusantes de la jeune lectrice avec ses clients et clientes. Rêves et réalité se rejoignent. L’ensemble est agrémenté d’une petite touche d’érotisme (mais le propos est tout de même plus subtil que l’affiche du film ne le laisserait supposer). Miou-Miou fait une belle prestation, enjouée et libre, très naturelle ; elle est de toutes les scènes. Un élégant divertissement. Elle: – Lui :
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Une bande d’amis se retrouve au début du mois d’août pour fêter les 50 ans d’un des leurs. Ils devaient aller en Grèce mais, le vol étant annulé, ils se retrouvent finalement en Bretagne. Enfermés dans les belles pierres granitiques du domaine du fait d’une météo capricieuse, les nerfs sont vite à vifs, laissant émerger secrets et révélations tempétueuses… Plancha est une comédie française co-écrite et réalisée par Éric Lavaine. Le film fait suite à Barbecue (2014), du même réalisateur qui mettait en scène les mêmes personnages. Le fait de n’avoir pas vu le premier film ne gêne en rien car les personnages sont très typés, et de façon bien classique. Les poncifs (sur la Bretagne, les hommes et les femmes) sont nombreux… mais on peut toujours dire qu’il s’agit d’une satire. Cela n’empêche pas de laisser poindre un bon humour, principalement grâce aux dialogues. L’ensemble déçoit néanmoins par son manque d’originalité mais cela se laisse regarder sans déplaisir. Un film de vacances. Elle: – Lui :
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Membres d’un orchestre municipal, Stanley et Oliver agissent toujours de façon décalée par rapport aux directives du capricieux chef d’orchestre. Renvoyés de leur travail, leur logeuse les met dehors. Ils se mettent alors « à leur compte » en jouant dans la rue… You’re Darn Tootin’ est un court métrage muet de deux bobines (20 minutes env.) réalisé par Edgar Kennedy (1) et produit par Hal Roach. Il se déroule dans trois lieux différents : le concert en plein air où ils sabotent la prestation de l’orchestre, la pension de famille où ils inaugurent le gag de la salière mal fermée et enfin la rue où une querelle entre les deux compères se termine en gigantesque bataille (avec un déculottage général assez mémorable). Soigneusement construite, cette bataille est assez sauvage ; Stanley, loin de subir, y est particulièrement vindicatif et prompt à rendre les coups. Cette bataille apparaît encore plus inventive que la fameuse bataille de tartes à la crème de Battle of the Century… Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Edgar Kennedy chroniqués sur ce blog…
Remarque :
• Le titre original est une dérivation de l’expression « You’re darn right ! » (et « toot »= coup de trompe ou de cor). En Grande Bretagne, le film est sorti sous le titre The Music Blasters.
• Dans la première partie, celle du concert, l’absence de son synchrone se fait cruellement sentir. Cette séquence est intégrée dans le film de 1967 La rencontre de Laurel et Hardy (The Further Perils of Laurel and Hardy) de Robert Youngson avec un accompagnement musical plus adapté et très réussi qui met en valeur les effets comiques (d’après Roland Lacourbe dans son livre Laurel Hardy , personnellement, je n’ai pas vu ce film).
Wilson Benge, Stan Laurel et Oliver Hardy et dans Ton cor est à toi (You’re Darn Tootin’) de Edgar Kennedy.
Oliver Hardy et Stan Laurel dans Ton cor est à toi (You’re Darn Tootin’) de Edgar Kennedy.
(1) Habitué aux seconds rôles burlesques depuis ses débuts à la Keystone (IMDB le crédite de 451 films en tant qu’acteur entre 1911 et 1949), Edgar Kennedy a également été réalisateur de 25 courts métrages entre 1922 et 1932 dont deux Laurel & Hardy. En tant qu’acteur burlesques, il excellait dans les rôles de personnages furieux et en colère. Il a joué avec Mabel Normand, Charlie Chaplin, Roscoe ‘Fatty’ Arbuckle, Harold Lloyd, les Marx Brothers, Stan Laurel et Oliver Hardy, et il fut l’un des originaux Keystone Cops.
Argentine, 2006. Un groupe de cambrioleurs s’apprête à réaliser un des plus célèbres et des plus ingénieux braquages de l’histoire d’Argentine, celui de la banque Río… Le Braquage du siècle est un film argentin réalisé par Ariel Winograd. Il s’inspire de faits réels. Le cerveau de ce casse très célèbre en Argentine a même participé à l’écriture du scénario ! Le film est plutôt une comédie : le réalisateur ne cherche pas tant à créer un suspense qu’à louer l’ingéniosité dont ces malfrats amateurs ont fait preuve (le cerveau de l’opération est un artiste-plasticien, prof de judo et gros fumeur de cannabis). Le montage joue avec la préparation et la mise en pratique pour créer l’humour et l’inattendu, une construction qui n’est pas sans rappeler celle d’Ocean’s Eleven de Soderbergh. L’interprétation est parfaite, Guillermo Francella a une présence folle avec son regard très clair ; c’est une star du cinéma argentin. L’ensemble est plaisant et (selon la formule consacrée) joyeusement amoral. Elle: – Lui :
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Virginie Dumaillet s’échappe pour la troisième fois de la maison de redressement, elle est poursuivie par la police. La même nuit, une bijouterie de la place Vendôme est cambriolée. Jean, jeune inspecteur de police, recherche les cambrioleurs et rencontre Virginie qu’il prend pour une complice de la bande, elle-même le prenant pour un caïd du milieu… Sois belle et tais-toi est un film français coécrit et réalisé par Marc Allégret. Les plus beaux films de ce réalisateur sont plutôt ceux qu’il a fait dans les années 30 et 40. Ses films des deux décennies suivantes sont souvent bien anodins. C’est le cas de cette comédie policière qui n’offre rien de vraiment intéressant si ce n’est son interprétation. Darry Cowl est étonnant, Mylène Demongeot est très naturelle et la cerise sur le gâteau est la présence dans les seconds rôles d’Alain Delon (son deuxième long métrage) et de Jean-Paul Belmondo (son premier long métrage avec un rôle un tant soit peu important). Béatrice Altariba, la petite amie de Darry Cowl, montre une belle présence à l’écran. Henri Vidal est un peu fade mais s’en sort honorablement. En revanche, Roger Hanin est très mauvais ! Il y a du bon monde au générique technique : Alexandre Trauner pour les décors, Jean Wiener pour la musique, Armand Thirard à la photographie et le chef-opérateur est Louis Née. Impressionnant! Dommage que le résultat ne soit pas plus remarquable. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Le titre Sois belle et tais-toi a été utilisé pour la première fois par la Série noire qui l’avait utilisé en 1954 pour la traduction de Walk the Dark Bridge, de William O’Farrell.
Henri Vidal, Darry Cowl et Mylène Demongeot dans Sois belle et tais-toi de Marc Allégret.
Mylène Demongeot, Béatrice Altariba et Alain Delon dans Sois belle et tais-toi de Marc Allégret.
Un tournage de film de zombies dans un bâtiment désaffecté. Entre techniciens blasés et acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l’énergie nécessaire pour donner vie à un énième film d’horreur à petit budget. L’irruption d’authentiques morts-vivants vient perturber le tournage… Coupez ! est une comédie horrifique française écrite, produite et réalisée par Michel Hazanavicius. Il s’agit du remake du film japonais Ne coupez pas ! (2017) écrit, réalisé et monté par Shin’ichirō Ueda, un film à tout petit budget (25 000 dollars) tourné en huit jours par des étudiants d’une école d’art dramatique de Tokyo. A moins d’avoir lu certaines présentations qui dévoilent tout sans scrupule, la première demi-heure peut décevoir et paraître très mauvaise. J’ai moi-même failli abandonner. J’ai bien fait de persévérer car tout ce que nous avons vu prend une autre dimension par la suite. Le récit devient alors de plus en plus hilarant. La construction est originale, assez risquée aussi (il faut que les spectateurs tiennent la première demi-heure). Une fois le film fini, on a envie de revoir la première demi-heure ! Elle: – Lui :
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Berlin, 1948. Phoebe Frost (Jean Arthur), membre d’une délégation du Congrès américain, enquête sur le moral des soldats qui occupent la ville. Très vite, elle découvre qu’ils prennent du bon temps et que l’un d’eux a une liaison avec une femme soupçonnée d’être une ancienne nazie… La Scandaleuse de Berlin est un film américain réalisé par Billy Wilder. Il en a cosigné le scénario avec son compère Charles Brackett et Richard L. Breen (aucun lien avec le sinistre Joseph Breen) d’après une histoire de David Shaw. C’est alors qu’il était en Europe au lendemain de la guerre pour rechercher sa famille (1) et tourner pour le gouvernement américain un court métrage sur les camps de la mort (Death Mills, 1945) qu’il eut l’idée de départ de La Scandaleuse de Berlin. Les conséquences de la guerre et de la dénazification n’est pas un sujet qui prête à la légèreté et pourtant Billy Wilder réussit à en faire une comédie tout en restant ancré dans la réalité, ce qui est remarquable. L’équilibre est parfait. Les vues extérieures ont été tournées sur place dans un Berlin en ruines, tout le reste étant fait en studio à Hollywood. Le cinéaste introduit très habilement une critique du puritanisme alors en grande vogue aux Etats-Unis. Si le scénario est vraiment brillant, l’interprétation n’est qu’adéquate. Farouche opposante au nazisme (2), Marlene Dietrich n’a accepté qu’à contre-cœur d’interpréter une ancienne nazie et elle ne montre aucune ardeur. Face à elle, John Lund est bien terne. Le tournage fut tendu du fait de rivalités entre Marlene Dietrich et Jean Arthur. Mais cela n’oblitère en rien la réussite de l’ensemble. Plutôt ignoré par la critique à sa sortie, parfois même accusé d’anti-américanisme aux Etats-Unis, le film dut attendre les années 1980 pour être reconsidéré. Elle: Lui :
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Marlene Dietrich, John Lund et Jean Arthur dans La Scandaleuse de Berlin (A Foreign Affair) de Billy Wilder.
Billy Wilder et Marlene Dietrich sur le tournage de La Scandaleuse de Berlin (A Foreign Affair) de Billy Wilder.
Remarque :
* Par certains côtés, le scénario évoque celui de Ninotchka de Lubitsch (1939), également scénarisé par Billy Wilder et Charles Brackett, le personnage tenu par Jean Arthur étant à rapprocher à celui tenu par Greta Garbo (une femme très rigide dans ses convictions qui s’éveille à l’amour).
(1) La famille de Billy Wilder a disparu dans les camps.
(2) Pendant la guerre, Marlene Dietrich a fait partie des acteurs/actrices les plus actifs dans les tournées USO pour remonter le moral des troupes américaines.
Edouard Choiseul, quinquagénaire, pianiste virtuose, ne cesse de courir entre contingences professionnelles et sentimentales. Lorsque sa femme menace de le quitter, il décide de consacrer un peu de temps à sa famille… Le Cavaleur est un film français réalisé par Philippe de Broca. Après plusieurs films de commande, c’est pour le cinéaste un film plus personnel ; il en a écrit le scénario avec Michel Audiard. C’est une comédie virevoltante, parfaitement écrite et équilibrée. Le plus remarquable est probablement d’avoir su ne pas se limiter à une simple comédie en donnant de l’épaisseur au personnage central. L’histoire mêle avec bonheur l’humour et une certaine gravité. L’ensemble est parfaitement maitrisé. Jean Rochefort sait donner plusieurs facettes à son personnage. Une belle réussite. Elle: – Lui :
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Un tueur à gages (Lino Ventura) arrive à Montpellier pour abattre un témoin dans une affaire de corruption. De sa chambre d’hôtel, il a une vue dégagée sur les marches du palais de justice. Mais, dans la chambre voisine, un représentant de commerce que sa femme vient de quitter (Jacques Brel) cherche à se suicider… L’Emmerdeur est un film réalisé par Édouard Molinaro. Le scénario est signé Francis Veber, d’après sa pièce Le Contrat (1971). Le début des années soixante-dix a vu plusieurs « affaires » défrayer la chronique, ce qui inspira le cinéma. Le scénario de L’Emmerdeur fait allusion à l’affaire Aranda (1). Mais ce n’est pas un film d’enquête pour autant, loin de là, il s’agit d’une comédie dont le moteur est la cohabitation forcée de deux personnages aux caractères très opposés, une situation que l’on retrouvera dans nombre de scénarios de Francis Veber. L’opposition fonctionne bien ici, sans exagération, avec une belle prestation de Jacques Brel qui parvient bien à attirer la sympathie. Le scénario nous réserve des rebondissements inattendus, malgré le très court laps de temps (l’histoire se déroule presque en temps réel). Une bonne comédie. Le remake que tournera Francis Veber 35 ans plus tard n’aura pas, hélas, les mêmes qualités. Elle: – Lui :
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(1) Jean-Luc Douin mentionne l’allusion à cette affaire dans son ouvrage Le Cinéma français (éditions de la Martinière, 2014).
Rappel de l’affaire : En 1972, Gabriel Aranda, ancien conseiller ministériel, a transmis au Canard Enchainé des documents secrets qui révélèrent la corruption existant dans le secteur de l’urbanisme et de la construction à l’époque, ce qui déclencha un scandale politique.
Jacques Brel et Lino Ventura dans L’emmerdeur de Édouard Molinaro.
Remakes : L’Emmerdeur de Francis Veber (2008) avec Richard Berry et Patrick Timsit Buddy Buddy de Billy Wilder (1981) avec Jack Lemmon et Walter Matthau