6 janvier 2020

Le Triporteur (1957) de Jacques Pinoteau

Le TriporteurAntoine Peyralout est livreur pour le pâtissier de son village en Bourgogne. Fervent supporteur de l’équipe de football locale, il n’hésite pas à enfourcher son triporteur pour aller à Nice assister à la finale de la Coupe…
Adaptation d’un roman de René Fallet, Le Triporteur est le film qui fit découvrir Darry Cowl à la France entière. Il y montre déjà tous ses particularismes dans sa façon de parler et de se déplacer. L’humour est simple et bon enfant ; il fonctionne toujours bien, même s’il accuse son âge par endroits. Le film est construit comme une suite de sketches sans beaucoup de recherches sur la mise en scène. Certaines scènes sont vraiment mémorables : Darry Cowl contrôlé par le motard Pierre Mondy, ou le repas chez les paysans (avec Roger Carel) sont des grands moments d’humour. Darry Cowl est vraiment omniprésent, il est de toutes les scènes, et le plus étonnant est qu’il ne faiblit jamais. Comme on le sait, la suite de sa carrière au cinéma sera hélas beaucoup moins mémorable. Film populaire par excellence, Le Triporteur a connu un grand succès autant au cinéma que lors de ses multiples passages à la télévision.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Darry Cowl, Béatrice Altariba, Pierre Mondy, Roger Carel, Mario David, Jean-Claude Brialy
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Pinoteau sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Remarques :
* C’est dans Le Triporteur que Darry Cowl prononce (une seule fois) l’expression « petit canaillou ! » qui lui restera associée jusqu’à la fin de ses jours.
* Jacques Pinoteau a tourné une suite, Robinson et le triporteur (1959), beaucoup moins remarquable.

Le TriporteurDarry Cowl et Pierre Mondy dans Le Triporteur de Jacques Pinoteau.

27 mars 2019

Touche pas la femme blanche ! (1974) de Marco Ferreri

Touche pas la femme blancheLa bataille de Little Big Horn (1876) menée par le général Custer reconstituée dans le trou du chantier du Forum des Halles…
… telle fût l’idée totalement saugrenue mais assez amusante de Marco Ferreri. Touche pas la femme blanche !  est une parodie de western, une farce anachronique remplie d’allégories sociales et politiques. Le réalisateur a repris les acteurs de son film précédent La Grande Bouffe pour les placer en costumes d’époque dans le Paris des années soixante-dix. Certaines scènes de chantier, notamment l’effondrement de bâtiments, sont même intégrées à l’histoire. Ferreri multiplie les anachronismes, à la fois pour accentuer la bouffonnerie de l’ensemble mais aussi pour souligner son propos politique sous-jacent : massacre des indiens, déshumanisation des centres villes, satire de la force d’Etat … sans parler des allusions au Watergate, à l’action de la CIA au Chili. Tout y passe et Ferreri ne donne pas dans la petite dentelle ; ses allégories sont lourdement appuyées. Cela nous vaut quelques bons numéros d’acteurs, comme Serge Reggiani presque nu en indien fou et Michel Piccoli très en verve pour incarner un Buffalo Bill particulièrement haut en couleur. Le résultat n’est toutefois que moyennement convaincant mais le film n’en est pas moins une belle curiosité.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi, Alain Cuny, Serge Reggiani, Darry Cowl
Voir la fiche du film et la filmographie de Marco Ferreri sur le site IMDB.

Voir les autres films de Marco Ferreri chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Marco Ferreri

Touche pas la femme blanche
Touche pas la femme blanche de Marco Ferreri.

Touche pas la femme blanche
Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni dans Touche pas la femme blanche de Marco Ferreri.

Remarques :
Le producteur Alain Sarde a raconté que Ferreri lui aurait dit au début du tournage en lui montrant le trou des Halles : « Tu vois, je vais faire un film là-dedans et je vais enterrer Rassam avec. Je vais le ruiner ! ». Le différent entre Ferreri et son producteur Jean-Pierre Rassam venait du succès de La Grande Bouffe : Rassam aurait réinvesti tous les bénéfices dans deux nouveaux projets (Lancelot du Lac de Bresson et Les Chinois à Paris de Jean Yanne) sans reverser à Ferreri l’intégralité de la part qui lui était due.

Serge Toubiana raconte cette anecdote avec tous les conditionnels qui s’imposent dans son hommage à Alain Sarde ( http://www.cinematheque.fr/cycle/alain-sarde-232.html ) . Sans remettre en cause la véracité des propos d’Alain Sarde, il paraît toutefois peu probable que Ferreri ait volontairement saboté son film. Tout au plus, cela peut expliquer qu’il n’ait freiné aucune de ses « excentricités »…

Touche pas la femme blanche
La scène de la grande bataille finale de Touche pas la femme blanche de Marco Ferreri n’a de toute évidence pas été tournée à Paris mais dans ce qui semble être une grande carrière calcaire. Les immeubles ont été rajoutés un peu grossièrement (probablement par cache).