Hélène Duvernet (Jane Birkin), propriétaire d’une galerie d’art, est interrogée par les inspecteurs Pelissier (Jacques Villeret) et Leroux (Michel Blanc) pour une affaire de routine. Mais Leroux se prend de passion pour Hélène et prend n’importe quel prétexte pour lui parler et la surveiller… Circulez y a rien à voir ! est un film français réalisé par Patrice Leconte. Il en a écrit le scénario avec l’auteur de bandes dessinées Martin Veyron. Il s’agit d’une comédie policière qui repose entièrement sur Michel Blanc qui interprète un personnage complexe que l’on a du mal à cerner, obstiné, parfois déplaisant. L’ensemble est un peu plat mais, à condition de ne pas s’attendre à une hilarante comédie aux dialogues brillants, se révèle amusant et insolite. C’est finalement son caractère un peu surprenant qui donne au film un certain charme. Elle: Lui :
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Maire d’un petit village de montagne au pied du Mont-Blanc, Paul Barral se bat pour maintenir les commerces et préserver l’école d’une fermeture annoncée. Alors qu’il cherche désespérément comment attirer de nouvelles familles, l’arrivée de Joe-Lynn, chanteuse au franc-parler, et de ses deux enfants va peut-être apporter une solution inédite pour ramener de la vie… Monsieur le maire est un film français écrit et réalisé par Karine Blanc et Michel Tavares. Il s’agit de leur premier long métrage. Le récit s’inspire de l’histoire vraie d’Arnaud Diaz, maire de L’Hospitalet-près-l’Andorre en Ariège, qui a créé un centre d’accueil pour les familles monoparentales dans le but d’attirer de nouveaux habitants dans le village et d’y maintenir l’école locale. Le film a, quant à lui, été tourné dans un charmant village des Alpes. L’ensemble est plein de bons sentiments et prône un bel humanisme tout en valorisant les maires de petites communes. L’interprétation et réalisation sont adéquates mais sans éclat. Elle: Lui :
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Quand elle arrive à l’Elysée, Bernadette Chirac s’attend à obtenir enfin la place qu’elle mérite, elle qui a toujours œuvré dans l’ombre de son mari pour qu’il devienne président. Mise de côté car jugée trop ringarde, Bernadette décide alors de prendre sa revanche en devenant une figure médiatique incontournable… Bernadette est un film satirique français coécrit et réalisé par Léa Domenach, son premier long métrage. La réalisatrice est la fille du journaliste politique Nicolas Domenach, qui était un spécialiste de l’ancien président. Il faut bien avouer que le sujet n’est pas des plus affriolants mais il est précisé avec insistance au début du film que le récit ne respectera pas forcément la réalité (ouf !) En fait, la réalisatrice est partie de faits réels ou de petites phrases pour broder un portrait moderne et plutôt féministe du personnage : sa Bernadette se rebelle contre le fait d’être mise à l’écart par son mari et sa fille, et elle sait le faire avec humour. Hormis Bernadette Chirac et son « coach », personne n’est épargné (1), les noms de famille ne sont pas cités mais les prénoms sont conservés. L’interprétation est excellente, y compris dans les seconds rôles. Le film est léger, amusant, faisant une satire sans méchanceté du monde politique, évitant soigneusement les sujets clivants (politiques) pour que chacun puisse l’apprécier. Elle: – Lui :
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(1) Claude Chirac a dit être agacée par le projet, en 2022 alors qu’il était en gestation… On n’ose imaginer sa réaction après avoir vu le film car elle n’y apparaît pas vraiment à son avantage. La réalisatrice n’a pas eu d’autorisations à demander à la famille Chirac car il s’agit d’une fiction.
Catherine Deneuve et Michel Vuillermoz dans Bernadette de Léa Domenach.
Au milieu de nulle part, une petite cité ouvrière vidée de sa population depuis quelques années déjà. Pourtant, certains habitants ont décidé d’y rester, parce que c’est là qu’ils sont nés et qu’ils ont grandi. C’est le cas de Francis, ouvrier consciencieux qui continue d’entretenir la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie. Samir, son fils, revient dans le quartier après une longue absence. Il y aussi aussi Maria, la voisine, vivant seule avec son fils José qui veut croire que son père est Gary Cooper… Adieu Gary est le premier long métrage de Nassim Amaouche, trentenaire français d’origine Kabyle. Il signe un film assez délicat. Il ne s’y passe pas grand chose, c’est plutôt le portrait d’un petit groupe de personnes, issus du monde ouvrier et attaché à un lieu appelé à disparaître. Ce lieu est très particulier et photogénique : il s’agit d’une ancienne cité ouvrière (1), une longue rue bordée de platanes, un petit monde à lui tout seul. Il évoque un paysage texan de western. Nassim Amaouche a tenu à éviter tout misérabilisme, s’il transmet un message, il le fait par petites touches, avec humour parfois. Également producteur sur le projet, Jean-Pierre Bacri fait une belle interprétation. Elle: Lui :
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Remarque : • La musique du film a été composée par le Trio Joubran, groupe palestinien composé de trois frères virtuoses du oud. • Les extraits de films avec Gary Cooper sont tirés de Vera Cruz (1954) et de L’Homme de l’Ouest (1958).
(1) La Cité Blanche du Teil (Ardèche) est une cité ouvrière construite par le groupe Lafarge au début du siècle, qui a compté jusqu’à 1200 habitants et n’en abritait plus que 4 au moment du tournage (la dernière résidente est décédée en 2021 après y avoir habité 75 ans). L’usine Lafarge, quant à elle, est toujours en activité. Cette cité ouvrière au milieu de nulle part comprenait logements, chapelle, cercle de réunion (sorte de maison du peuple) et école. (Voir sur Google Maps)
Jean-Pierre Bacri et Dominique Reymond dans Adieu Gary de Nassim Amaouche.Yasmine Belmadi et Mhamed Arezki dans Adieu Gary de Nassim Amaouche.
Maureen Kearney, syndicaliste et secrétaire du comité de groupe européen d’Areva, est très engagée et appréciée des salariés. Un matin de 2012, Maureen Kearney est violemment agressée chez elle. Elle travaillait sur un dossier sensible dans le secteur nucléaire français et subissait des pressions politiques. Les enquêteurs ne retrouvent aucune trace des agresseurs… La Syndicaliste est un film français réalisé par Jean-Paul Salomé, adaptation du livre-enquête publié par Caroline Michel-Aguirre. Maureen Kearney est une syndicaliste d’Areva qui, au début des années 2010, a dénoncé les manœuvres politico-économiques autour de la filière nucléaire française et des intérêts chinois. Le film relate son difficile parcours après avoir été agressée chez elle : elle se retrouve accusée d’avoir mis en scène son agression. Jean-Paul Salomé a adopté une approche intelligente : loin d’être démonstratif, il laisse un petit doute s’installer dans nos esprits comme pour nous faire mesurer à quel point il est facile de passer du statut de victime à celui d’accusé. Il n’assène pas des vérités mais nous laisse un champ de réflexion. Fait rare dans le cinéma français actuel sur une affaire politique, le nom réel des personnages a été gardé (il faut plus ou moins remonter à Costa-Gavras pour voir cela). L’interprétation d’Isabelle Huppert est parfaite. Le film a souvent été qualifié de « Erin Brockovich à la française », ce qui donne une idée de ce qu’est le film (contrairement au titre ou à l’affiche qui laisse présumer d’un film sur le syndicalisme). Elle: Lui :
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La femme de Philippe Lemesle demande le divorce car elle ne supporte plus que la vie professionnelle de son mari cannibalise leur vie privée. Il dirige un site industriel qui appartient à une multinationale américaine. Il vient de recevoir l’ordre de licencier 10% de ses effectifs alors que les salariés sont déjà sous pression. Il se retrouve pris en étau entre les injonctions de sa direction et les résistances de ses chefs de service qui jugent que le site ne pourra plus fonctionner avec un effectif trop réduit… Un autre monde est un film français coécrit et réalisé par Stéphane Brizé. Le film peut être vu comme le troisième volet d’une trilogie après La Loi du marché (2015) et En guerre (2018), trois films dans lesquels le cinéaste cherche à montrer les conséquences humaines de l’ultralibéralisme dans le monde du travail. S’il réussit à faire passer son message, le réalisateur ne parvient pas bien à l’intégrer dans une histoire plus large, dans le sens où les déboires de son personnage avec sa femme et son fils paraissent artificiellement plaqués. Tous ces ennuis qui s’accumulent sur la tête de ce pauvre chef d’entreprise finissent par peser un peu trop lourd. La musique, stressante, ajoute également une couche inutile. Le film n’est pas dénué de longueurs. L’interprétation de l’omniprésent Vincent Lindon est toutefois assez intense. Elle: Lui :
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Après 1968, confronté à un monde en plein changement, trois truands (Lino Ventura, Jacques Brel et Charles Denner) et leurs deux sous-fifres (Aldo Maccione et Charles Gérard) abandonnent leurs méthodes traditionnelles de gangsters et décident de jouer la carte politique pour leurs méfaits : enlèvements, détournements d’avions, mercenaires pour des révolutionnaires d’Amérique du Sud… L’aventure c’est l’aventure est un film français co-écrit et réalisé par Claude Lelouch. Il s’agit d’une comédie loufoque qui, à sa sortie, prenait à rebrousse-poil l’esprit de 68 (1). Son côté « politiquement incorrect », qui a si fortement déplu à la critique d’alors, s’est émoussé aujourd’hui et il nous reste une farce qui enchaîne des gags satiriques plus ou moins réussis. Si certaines scènes sont savoureuses avec des dialogues aux petits oignons, le récit est souvent assez poussif et laborieux ; certains passages sont aussi lourds que les personnages. Malgré un accueil critique calamiteux, le film connut un grand succès et reste encore très apprécié aujourd’hui. Elle: – Lui :
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(1) En 1971, Claude Lelouch est invité à dîner chez son ami le réalisateur Pierre Kast, où sont également conviés des journalistes des Cahiers du cinéma. En fin de soirée, Kast demande à Lelouch s’il a passé un bon moment, ce dernier lui répond qu’il n’a rien compris à ce qu’il a entendu. Le lendemain, Lelouch revoit son hôte et le remercie car il a l’idée « de faire un film sur la confusion, pour montrer à quel point les intellos mélangent tout » et qu’ils « sont séduits par n’importe quel discours si l’orateur a du charisme », tout en voulant « faire intervenir des voyous qui n’ont rien à cirer de rien, mais qui se servent de la politique pour faire de l’argent ». (source Wikipédia)
Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Gérard, Charles Denner et Aldo Maccione dans L’aventure, c’est l’aventure de Claude Lelouch.Nicole Courcel et Lino Ventura dans L’aventure, c’est l’aventure de Claude Lelouch.
L’Adamant est un lieu unique en son genre : c’est un bâtiment flottant sur la Seine, en plein cœur de Paris, qui accueille de jour des adultes souffrant de troubles psychiques. On y pratique la « psychiatrie institutionnelle » en offrant aux patients une routine quotidienne pour les aider à reprendre pied dans la vie quotidienne, avec des ateliers et activités thérapeutiques… Sur l’Adamant est un film documentaire français réalisé par Nicolas Philibert. Le sujet peut effrayer à priori mais c’est en réalité un film assez passionnant à suivre. Nicolas Philibert a cherché à donner la parole aux patients (il n’y a aucun commentaire ou voix-off du réalisateur) et le discours de ces hommes et femmes montre une étonnante qualité, même s’il est parfois, du moins en apparence, un peu désordonné. Beaucoup montrent une surprenante lucidité sur leur état. Tout cela engendre en nous une certaine réflexion, sur la définition de la normalité bien entendu, mais aussi sur le rôle de la communication, sur la futilité des apparences et bien d’autres sujets. Il y a là une richesse qu’on ne trouve que rarement dans un film documentaire. Nicolas Philibert a un grand talent pour nous faire entrer en douceur dans des sujets que l’on pourrait croire difficiles. Elle: Lui :
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L’un des habitués de l’Adamant dans Sur l’Adamant de Nicolas Philibert.L’Adamant est amarré Quai de la Rapée à Paris (bâtiment flottant en bois, à droite).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l’occupation allemande, la ligne de démarcation coupe en deux un village du Jura. La résistance s’organise, obligeant les habitants à prendre position et à se dévoiler… La Ligne de démarcation est un film français de Claude Chabrol, adapté du roman homonyme de Gilbert Renault, alias colonel Rémy, personnage majeur de la Résistance (1). Le récit met en valeur les passeurs qui aidaient les résistants à traverser la ligne de démarcation pour rejoindre la zone libre. Le récit est prenant et met en scène les différents comportements face à l’occupant. On pourra bien entendu trouver les personnages stéréotypés mais c’est un peu inévitable dans ce genre de récit condensé. Le film est ainsi plutôt méprisé par les critiques qui le considèrent trop classique, le qualifie de film de commande (ce qu’il est probablement) et trop peu Chabrolien. Seul le long plan-séquence montrant une patrouille allemande arrivant du fond de l’écran, escortant une famille juive dénoncée par un profiteur, trouve grâce à leurs yeux. Le film est toutefois réussi et reste aujourd’hui un témoignage sur cette époque noire. Elle: Lui :
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(1) Outre ses écrits sur la Résistance, Gilbert Renault est l’auteur de la série de romans policiers Le Monocle noir adaptée en trois films de Georges Lautner (1960-1964).
Jean Seberg et Maurice Ronet dans La Ligne de démarcation de Claude Chabrol.
En plein hiver, un écrivain (Claude Brasseur) cherche l’inspiration sur une plage de la Côte d’Azur. Il y rencontre une jeune femme mystérieuse (Mireille Darc) qui lui fait penser à l’héroïne de son roman. Il entreprend la conquête de cette jeune femme étrange qui semble protégée par un puissant avocat (Alain Delon)… Les Seins de glace est un film français réalisé par Georges Lautner, directement inspiré du roman de Richard Matheson Someone Is Bleeding, paru en 1953 (ce fût le premier roman publié de l’auteur de Je suis une légende). Il s’agit d’un suspense policier, genre inhabituel pour le cinéaste. L’intrigue repose surtout sur le personnage impénétrable interprété par Mireille Darc, qui s’écartait ainsi des rôles légers auxquels elle était habituée. Alain Delon, ici également producteur, désirait apporter une nouvelle dimension à l’actrice. Claude Brasseur a le rôle principal masculin, il est de presque toutes les scènes alors que le personnage interprété par Alain Delon est au second plan mais rendu assez fort par un jeu très sobre. L’histoire est troublante sans n’être jamais ni angoissante ni magnétique. Le déroulement du scénario n’est pas parfait, nous dévoilant des indices beaucoup trop tôt. Le film manque de puissance mais se laisse regarder sans déplaisir. Elle: – Lui :
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Mireille Darc, Claude Brasseur et Alain Delon dans Les Seins de glace de Georges Lautner. Alain Delon et Mireille Darc dans Les Seins de glace de Georges Lautner.