21 janvier 2022

Les Incorruptibles (1987) de Brian De Palma

Titre original : « The Untouchables »

Les incorruptibles (The Untouchables)Au début des années 1930, durant la Prohibition, Al Capone, puissant parrain de la pègre, règne en maître sur la ville de Chicago. Soudoyant élus municipaux et forces de l’ordre, il contrôle en toute impunité le trafic et la vente d’alcool. Un agent fédéral déterminé et intègre, Eliot Ness, est dépêché sur place avec pour mission d’arrêter ses agissements…
Les Incorruptibles est un film américain réalisé par Brian De Palma, librement inspiré par les mémoires de l’agent Eliot Ness, dont l’adaptation la plus remarquée auparavant est une série télévisée immensément populaire des années soixante avec Robert Stack dans le rôle principal. Le scénario est signé David Mamet. Si ce n’est pas le film le plus personnel de De Palma, le cinéaste y appose sa marque. Sur la forme, il pousse très loin la recherche de plans, c’est un festival de plongées et de contre-plongées. Le scénario est parfaitement rythmé et certaines scènes, telle l’attaque du convoi sur le pont, sont vraiment remarquables. Sur le fond, il introduit un flou sur la frontière entre le bien le mal, « Jusqu’où êtes-vous prêt à aller ? » demande plusieurs fois Malone à Eliot Ness. De Palma aime à brouiller les cartes, à inverser les codes. Et il insère des références ou hommages, la plus évidente étant celle du landau dans la gare qui phagocyte entièrement une scène d’action et la détourne ; le processus est assez fascinant. De Palma est un réalisateur maniériste. L’interprétation est parfaite. Les Incorruptibles connut un très grand succès. Le film a révélé Andy Garcia et donné à Kevin Costner son premier grand rôle populaire.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (1 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kevin Costner, Sean Connery, Charles Martin Smith, Andy Garcia, Robert De Niro, Billy Drago, Patricia Clarkson
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Les incorruptibles (The Untouchables)Andy Garcia, Sean Connery, Kevin Costner et Charles Martin Smith dans Les Incorruptibles (The Untouchables) de Brian De Palma.

Remarque :
* Différences avec la réalité : Les Untouchables étaient au moins onze et non quatre, les personnages de Jim Malone et Guiseppe Stone ont été inventés, Frank Nitti n’est pas mort puisqu’il a pris la suite d’Al Capone mis en prison.

Les incorruptibles (The Untouchables) Les Incorruptibles (The Untouchables) de Brian De Palma.
Etonnant plan tourné avec une double focale (une demi-lentille ajoutée à l’objectif, afin d’avoir premier plan et arrière plan nets. La limite verticale entre les deux est nettement visible).

11 janvier 2022

Copland (1997) de James Mangold

Titre original : « Cop Land »

Copland (Cop Land)À Garrison, dans le New Jersey, les policiers de New York se retrouvent pour vivre entre eux et contrôlent cette ville de banlieue de façon mafieuse. Freddy Heflin, le shérif local, a toujours rêvé d’être des leurs, mais il est sourd de l’oreille droite et tous le méprisent. Mais lorsqu’il s’agit de faire disparaître un policier ayant commis une bavure et annoncé mort, la tension monte d’un cran…
Copland est un film policier américain écrit et réalisé par James Mangold, son deuxième long métrage. Il est assez remarquable par son scénario assez original et sa belle distribution malgré un budget réduit. Il montre un Sylvester Stallone à l’opposé de son image habituelle, l’acteur ayant même accepté un cachet réduit et de prendre vingt kilos pour prouver qu’il pouvait jouer dans autre chose que des films d’action. La démonstration n’est toutefois pas flagrante car il reste assez monolithique dans son jeu. Tous les seconds rôles sont solidement tenus. Copland a connu un certain succès mais pas autant qu’attendu. Stallone a déclaré par la suite que ce film avait plutôt fait du mal à carrière.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sylvester Stallone, Harvey Keitel, Ray Liotta, Robert De Niro, Peter Berg, Robert Patrick, Michael Rapaport, Annabella Sciorra, Noah Emmerich, Cathy Moriarty
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Remarque :
* A la fin du générique, on peut lire la mention : « Ce film est une fiction. Il est actuellement illégal pour un policier de la ville de New York de vivre en dehors de l’État de New York. »

Copland (Cop Land)Sylvester Stallone et Ray Liotta dans Copland (Cop Land) de James Mangold.

10 janvier 2022

Sorry to Bother You (2018) de Boots Riley

Sorry to Bother YouCassius Green loue avec sa compagne le garage de son oncle, qui est sur le point de se faire expulser. Il finit par retrouver un travail en tant que télévendeur. Ambitieux, il s’y montre très performant et on lui propose une belle promotion alors qu’autour de lui la révolte sociale gronde…
Sorry to Bother You est une comédie écrite et réalisée par le rappeur Boots Riley dont c’est le premier long métrage. Il s’agit d’une satire sociopolitique du système capitaliste qui fustige également le racisme. Le film est très original par son humour, Boots Riley pousse la caricature jusqu’à l’outrance et le dernier tiers du film est franchement délirant. Tout n’est pas parfait, loin de là, il y a des longueurs, beaucoup de longueurs, des scènes inutiles, mais l’ensemble est percutant. Et, indéniablement, Boots Riley fait montre d’un style bien à lui.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: LaKeith Stanfield, Tessa Thompson, Steven Yeun, Armie Hammer
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 Sorry to Bother YouLaKeith Stanfield et Tessa Thompson dans Sorry to Bother You de Boots Riley.

6 janvier 2022

Bobby Deerfield (1977) de Sydney Pollack

Bobby DeerfieldBobby Deerfield est un jeune champion de Formule 1 anxieux. En rendant visite à un pilote en convalescence dans une clinique suisse à la suite d’un terrible accident, Bobby rencontre Lilian Romelli, une pétillante jeune femme volubile et pleine de vie. Il se sent attiré par elle…
Bobby Deerfield est un film américain réalisé par Sydney Pollack. Il s’agit d’une adaptation du roman Le ciel n’a pas de préférés (Der Himmel kennt keine Günstlinge) d’Erich Maria Remarque, paru en 1961. Loin d’être un mélodrame classique, c’est un film inclassable qui ne suit aucun des codes de genre. Il repose sur la rencontre de deux caractères opposés : autant le personnage joué par Al Pacino est morne, fermé, mélancolique, recroquevillé sur ses peurs, autant la femme interprétée par Marthe Keller est vive, expansive, enjouée, toujours encline à la fantaisie. Ils auront beaucoup de mal à, ne serait-ce que, communiquer, et encore plus à s’accorder. Al Pacino et Marthe Keller sont remarquables car ils donnent beaucoup de profondeur à leur personnage complexe, chacun étant dans un registre très différent de l’autre. Tout est subtil, par petites touches. Le champion automobile est habituellement un personnage flamboyant, sans doute Bobby l’est-il côté public, mais c’est le côté intérieur bien plus terne que nous montre Pollack. Pour cette raison, le film fut mal reçu par la critique anglo-saxonne et par le public. Ce fut un échec commercial. Bobby Deerfield est pourtant un beau film complexe, personnel et original.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Al Pacino, Marthe Keller, Anny Duperey
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Remarques :
* Le film fut tourné en Europe, en grande partie en France (studios de Boulogne-Billancourt) pour les scènes en studio, en Italie pour les extérieurs. Les quelques scènes de course sont des images réelles du championnat 1976.
* Al Pacino et Marthe Keller sont tombés amoureux l’un de l’autre sur le tournage et sont restés ensemble jusqu’en 1984.

 Bobby DeerfieldMarthe Keller et Al Pacino dans Bobby Deerfield de Sydney Pollack.

3 janvier 2022

All Is Lost (2013) de J.C. Chandor

All Is LostAu cours d’un voyage en solitaire à travers l’Océan Indien, un homme découvre à son réveil que la coque de son voilier de 12 mètres a été percée lors d’une collision avec un container flottant à la dérive. L’eau entre abondamment et menace ses appareils de navigation…
All Is Lost est un film américain écrit et réalisé par J. C. Chandor, son deuxième long métrage après le remarqué Margin Call (2011). Il s’agit d’un film de survie en milieu hostile, franchement original dans sa forme puisqu’il n’a qu’un seul acteur et qu’il n’a pratiquement aucune parole (51 mots en tout et pour tout, la plupart étant prononcés en voix-off dans les trente premières secondes). La tension s’installe assez rapidement et ne faiblit pas par la suite. Robert Redford accomplit un véritable tour de force, occupant tout l’écran à lui tout seul pendant 1h45. Tout est fait pour que nous comprenions ses décisions et il agit toujours sans affolement, de manière réfléchie. Hormis de petites invraisemblances de base (1), le film est parfaitement crédible. All Is Lost est une petite performance.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Robert Redford
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Remarque :
* Aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a eu de trois jours de tournage en mer. Tout le reste a été tourné en studio, au Baja Studios (Mexique), le studio qui avait été construit pour le tournage de Titanic.
* Malgré son âge (77 ans), Robert Redford a tenu à réaliser lui-même toutes les cascades.
* C’est lors de la présentation de Margin Call au Festival de Sundance que J. C. Chandor a rencontré Robert Redford. Celui-ci remarque : « C’est assez ironique, après presque 30 ans à la tête de Sundance, aucun des réalisateurs auxquels j’ai apporté mon soutien ne m’a engagé. Ils ne me proposent jamais de rôle ! J.C. est le seul ! »

(1) Outre l’âge du navigateur pour une croisière en solitaire dans l’Océan Indien (Robert Redford avait 77 ans au moment du tournage), son bateau aurait normalement dû être équipé de balises de détresse.

All Is LostRobert Redford dans All Is Lost de J.C. Chandor.

All Is LostRobert Redford dans All Is Lost de J.C. Chandor.

29 décembre 2021

Lady Bird (2017) de Greta Gerwig

Lady BirdChristine « Lady Bird » McPherson vit avec sa famille à Sacramento en Californie où elle fréquente un lycée catholique. À l’approche de ses 18 ans, elle cherche à s’émanciper d’une existence qui lui semble trop étroite et d’une ville qui lui déplait. Elle aspire à fréquenter une université d’excellence dans « une ville culturelle ». Sa famille a des difficultés financières et sa mère lui reproche régulièrement son ingratitude…
Lady Bird est une comédie dramatique américaine écrite et réalisée par Greta Gerwig. Elle-même originaire de Sacramento, l’actrice trentenaire devenue réalisatrice a puisé dans ses propres souvenirs. Un peu laborieux, le début du récit nous laisse supposer qu’il s’agit d’un énième film sur la sortie d’adolescence mais la suite se montre plus riche. En réalité, le thème central serait plutôt la relation entre l’adolescente et sa mère, une relation un peu chaotique, parfois tumultueuse mais aussi empreinte de sentiments profonds. L’ensemble est assez délicat, Greta Gerwig ne force jamais le trait, même si certains personnages paraissent très typés. Le déroulement du scénario est parfaitement maitrisé. Le film a été très bien accueilli par la critique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts, Lucas Hedges, Timothée Chalamet
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Lady BirdSaoirse Ronan et Lucas Hedges dans Lady Bird de Greta Gerwig.

21 décembre 2021

Wildlife: Une saison ardente (2018) de Paul Dano

Titre original : « Wildlife »

Wildlife: Une saison ardente (Wildlife)Dans les années 1960, Jerry et Jeannette déménagent dans le Montana en espérant s’intégrer à la bourgeoisie locale. Mais Jerry doit d’abord se contenter d’un emploi subalterne tandis que Jeannette s’ennuie. Peu à peu, le couple se délite sous le regard de leur fils de 14 ans…
Wildlife : Une saison ardente est un film dramatique américain coécrit, coproduit et réalisé par Paul Dano. Il s’agit de la première réalisation de cet acteur trentenaire. Il a présenté cette adaptation d’un roman homonyme de Richard Ford comme le premier film d’une série sur des familles en crise. Ici, tout se déroule de façon presque silencieuse, sans grand éclat. La particularité du récit est d’être vu par les yeux de l’adolescent qui doit se résigner à assister aux écarts de sa mère puis aux excès de son père sans pouvoir intervenir. L’enfant semble montrer une maturité certaine (impression accentuée par la voix très posée de l’acteur Ed Oxenbould, une voix d’adulte) mais aussi un inquiétant désenchantement. Si Jake Gyllenhaal n’est pas franchement remarquable, Carey Mulligan et surtout Ed Oxenbould font de belles prestations. Le récit manque un peu d’intensité et donne une impression de déjà-vu. Le film a été bien accueilli par la critique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ed Oxenbould, Jake Gyllenhaal, Carey Mulligan, Bill Camp
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Wildlife: Une saison ardente (Wildlife)Ed Oxenbould, Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal dans Wildlife: Une saison ardente (Wildlife) de Paul Dano.

20 décembre 2021

Double détente (1988) de Walter Hill

Titre original : « Red Heat »

Double détente (Red Heat)Ivan Danko, un policier russe, est envoyé à Chicago pour ramener Rostavili, le trafiquant de drogue responsable de la mort de son coéquipier. Le criminel, tombé aux mains de la police américaine dès son arrivée, attend d’être extradé. Mais rien ne va se passer comme prévu…
Double détente (Red Heat) est un film américain coécrit et réalisé par Walter Hill. Depuis que le cinéma existe, mettre deux personnages de caractères opposés en tandem est l’un des ressorts de comédie les plus utilisés. Les américains, qui aiment mettre un nom sur tout, appellent cela les « buddy movies » (films de potes). Pour saluer les prémices d’une détente entre l’Est et l’Ouest, Walter Hill eut donc l’idée de mettre en tandem un policier américain et un policier russe. Bien entendu, ils sont à l’opposé l’un de l’autre : le premier est bavard, brouillon et débraillé, le second est taciturne, méthodique et tiré à quatre épingles. Double détente est indéniablement un film d’action, il n’y a que peu de moments calmes. La réalisation de Walter Hill est musclée et bien maitrisée,  Arnold Schwarzenegger montre beaucoup de présence. L’acteur d’origine autrichienne a en outre l’avantage d’avoir toujours un fort accent étranger qui sied parfaitement au personnage. Sans démériter, l’ensemble finit toutefois un peu par lasser. Pour les amateurs d’action.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Arnold Schwarzenegger, Jim Belushi, Peter Boyle, Ed O’Ross, Laurence Fishburne, Gina Gershon
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Double détente (Red Heat)Jim Belushi et Arnold Schwarzenegger dans Double détente (Red Heat) de Walter Hill.

18 décembre 2021

Family Romance, LLC (2019) de Werner Herzog

Family Romance, LLCDans la foule de Tokyo, un homme a rendez-vous avec Mahiro, sa fille de douze ans qu’il n’a pas vue depuis des années. La rencontre est d’abord froide mais évolue bien et ils promettent de se retrouver. Ce que Mahiro ne sait pas, c’est que ce « père » est en réalité un acteur de la société Family Romance, engagé par sa mère…
Family Romance, LLC est un film vraiment unique en son genre. Ce n’est ni une oeuvre de fiction, ni un documentaire. Non seulement la société Family Romance existe bel et bien mais encore l’acteur principal du film, Ishii Yuichi, en est le fondateur. La société emploie actuellement 800 personnes, 800 acteurs peut-on même dire. Si l’on considère que le cinéma joue constamment avec les barrières entre réel et fiction, on comprend aisément pourquoi mettre en scène Family Romance  LLC a attiré un cinéaste comme Werner Herzog : on ne sait plus très bien où mettre ces barrières si tant est qu’elles existent encore ici. Herzog a tout de même écrit un scénario et a tourné le film avec des moyens très légers, laissant les acteurs improviser. Le cinéaste précise qu’il ne parle pas japonais mais qu’il percevait le sens des échanges. Tous les acteurs sont des non professionnels. Accessoirement, le film nous permet de découvrir un petit pan de la culture japonaise. Un film assez troublant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ishii Yuichi, Mahiro Tanimoto, Miki Fujimaki
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Family Romance, LLCIshii Yuichi et Miki Fujimaki dans Family Romance, LLC de Werner Herzog.

Family Romance, LLCMahiro Tanimoto, Ishii Yuichi et Werner Herzog sur le tournage de Family Romance, LLC de Werner Herzog.

17 décembre 2021

Au risque de se perdre (1959) de Fred Zinnemann

Titre original : « The Nun’s Story »

Au risque de se perdre (The Nun's Story) Dans les années 1930, la fille aînée d’un chirurgien réputé de Bruges décide d’entrer dans un couvent. Elle entame avec ferveur son apprentissage de la vie religieuse se forçant à accepter la règle d’obéissance absolue. Devenue sœur Luc, elle suit une formation d’infirmière dans l’espoir d’être envoyée au Congo…
Au risque de se perdre (The Nun’s Story) est un film américain réalisé par Fred Zinnemann. Ce film est une adaptation fidèle du best-seller homonyme de Kathryn C. Hulme en grande partie basé sur la vie d’une de ses amies. Il ne faut pas être rebuté par le sujet car le film est assez passionnant, malgré sa longueur de 2h30. Articulé en trois parties, tout le récit est vu par les yeux de la jeune femme. Nous suivant tout d’abord l’apprentissage de la jeune nonne qui nous est montré avec une précision quasi documentaire. Cette partie nous laisse presque sans voix car il s’agit d’une véritable dépersonnalisation de l’individu qui évoque certains entrainements militaires extrêmes : confinement, discipline implacable, humiliations, bannissement de toute expression pour parvenir à une soumission totale. La deuxième partie se déroule au Congo, une partie qui semble aujourd’hui un peu empreinte de colonialisme paternaliste mais qui voit des développements intéressants. La troisième partie se déroule à nouveau en Belgique. Ce qui est remarquable dans le scénario, c’est l’absence de facilités d’écriture, il n’y a pas d’effets, tout se déroule en douceur, le trait ne semble jamais grossi. Le propos est finalement plutôt philosophique et ne s’égare jamais. Audrey Hepburn est ici assez étonnante, c’est incontestablement l’un de ses meilleurs rôles. La photographie en Technicolor de Franz Planer est superbe. Gros succès à sa sortie.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (1 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Audrey Hepburn, Peter Finch, Edith Evans, Peggy Ashcroft, Dean Jagger, Mildred Dunnock, Beatrice Straight, Patricia Collinge
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Remarque :
* La scène finale ne comporte pas de musique. D’après Clive Hirschhorn, auteur de Warner Bros Story, il s’agit du seul film Warner sans musique sur le mot « Fin ». Zinnemann a expliqué plus tard qu’il s’agissait de ne froisser personne. Une musique plutôt joyeuse aurait donné l’impression d’approuver la décision de sœur Luc et une partie du public aurait pu s’en offusquer. Une musique triste aurait eu l’effet contraire et aurait froissé une autre partie du public. Initialement farouchement opposé à l’idée, Jack Warner s’est finalement résigné à accepter.

Au risque de se perdre (The Nun's Story)Audrey Hepburn et Edith Evans dans Au risque de se perdre (The Nun’s Story) de Fred Zinnemann.