En 2029, la Corée du Sud tente une nouvelle fois d’envoyer un coréen sur la Lune, 15 ans après l’échec tragique de la première tentative. Peu avant de se mettre en orbite lunaire, une éruption solaire provoque de graves dommages et ce n’est que le premier d’une longue série d’accidents… The Moon est un film sud-coréen réalisé par Kim Yong-hwa. Il s’agit d’un blockbuster de science-fiction à gros budget qui semble vouloir marcher sur les traces de films comme Gravity. Hélas, si les effets spéciaux sont bien réalisés et souvent spectaculaires, le scénario est plutôt consternant. Ce n’est pas tant les innombrables incohérences qui posent problème mais plutôt l’enchainement de situations stéréotypées ; cela en devient souvent ridicule. Le patriotisme est très marqué, le film a de toute évidence été conçu pour séduire le public coréen avant tout. Le succès n’a pas été au rendez-vous et le film n’est pas sorti en salles en Europe, ni aux Etats-Unis. Elle: – Lui :
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Pour son troisième long métrage, le documentariste Frederick Wiseman filme le travail quotidien de la police de Kansas City dans le Missouri. La plupart des scènes sont filmées dans le quartier noir de la ville. Le titre Law and Order fait référence à un slogan de Richard Nixon (une scène où le futur président en campagne le clame dans un meeting est insérée vers la fin du film). Mais le cinéaste n’a pas une approche partisane, il observe et montre sans commentaire ni intervention un ensemble de scènes du quotidien des policiers. On y voit des scènes de violences policières, telle celle d’une arrestation musclée où un policier en civil immobilise par étranglement une prostituée qui ne semblait pourtant pas opposer beaucoup de résistance (la présence d’une caméra n’a visiblement pas eu pour effet de tempérer le policier, on peut se demander si elle n’a pas agi au contraire dans l’autre sens). Mais le documentaire de Frank Wiseman ne s’arrête pas à ces dérives : il décrit le fonctionnement d’une institution. Il montre ainsi comment la police est écartelée entre son rôle répressif et son rôle de service public. De plus, plusieurs séquences montrent son impuissance quand elle est appelée pour des cas qui relèvent de la sphère privée. La police ne fait alors que temporiser. Le montage est différent de ses films ultérieurs, beaucoup de séquences sont courtes donnant un aspect très fragmenté à l’ensemble. Elle: – Lui :
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Ce documentaire réalisé par Frederick Wiseman s’intéresse au rôle et au fonctionnement du tribunal pour enfants de Memphis, et à son intégration dans le système éducatif et judiciaire américain. Sans commentaire ni interview, de nombreux cas passent devant nos yeux, montrés à un moment différent de la procédure : confrontations, interrogatoires, tentative de conciliation, tribunal, … Si le juge est toujours le même, les cas sont tous différents, allant du simple vol à l’étalage jusqu’au vol à main armée, avec quelques cas de maltraitance. Frank Wiseman ne cherche pas à provoquer des sentiments, il décrit le fonctionnement des institutions et la démarche suivie pour parvenir à prononcer un jugement dans le cadre de la Loi (certains cas sont vraiment problématiques). Ce jugement hésite toujours entre punition et réhabilitation. De nombreuses personnes sont impliqués dans le processus, travailleurs sociaux, officiers judiciaires, avocats. Sur une période deux mois, Frederick Wiseman a tourné en 16 mm et personne ne semble prêter attention à la caméra. Une mine d’or pour les ethnologues du futur ! Elle: – Lui :
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Remarque : • L’américain Frederick Wiseman est l’un des plus grands réalisateurs de documentaires. Il a contribué à donner au « cinéma direct » ses titres de noblesse. Le « cinéma direct » (un temps appelé « cinéma-vérité » en France) est un style de cinéma documentaire marqué par la recherche de capter le réel, sans intervention (pas de commentaires, pas d’interviews). Dans tous ses films, Frederick Wiseman a cherché ainsi à décrire le fonctionnement des institutions. Il a signé 50 films depuis 1967. Il a inspiré de nombreux cinéastes : en France, on peut citer, entre autres, Raymond Depardon et Nicolas Philibert.
• En regardant Juvenile Court, il est difficile de ne pas penser au film documentaire Délits Flagrants (1994) de Raymond Depardon qui reprend le même principe pour décrire le fonctionnement d’un Palais de Justice à Paris.
Juvenile Court de Frederick Wiseman.
Homonyme : Juvenile Court (1938) de D. Ross Lederman, film de fiction avec Paul Kelly et la toute jeune Rita Hayworth (20 ans).
L’américain Bernard Lawrence (Tony Curtis), correspondant de presse dans un grand magazine à Paris, a trois fiancées, une française, une anglaise et une allemande, toutes trois hôtesses de l’air dans des compagnies différentes. Leur emploi du temps fait qu’elles ne rencontrent jamais. Son ami Robert (Jerry Lewis) en est très envieux mais l’arrivée d’une nouvelle génération d’avions plus rapides vient tout bouleverser… Boeing Boeing est un film américain réalisé par John Rich. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce du français Marc Camoletti, une pièce à succès créée en 1960 qui détient le record de la pièce française la plus jouée dans le monde (25 000 représentations). Les origines théâtrales se ressentent dans le film : la plupart des scènes se déroulent dans l’appartement du séducteur avec, bien entendu, de nombreux chassés-croisés et de claquements de porte. L’humour est un peu daté et sans grande surprise, bien fourni en clichés. C’est l’un des premiers films où le public a pu entendre la vraie voix de Jerry Lewis : son rôle étant ici plus « sérieux », il ne la travestit pas. Le film n’eut pas le succès escompté. Elle: – Lui :
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Remarque : • Tony Curtis et Jerry Lewis exigeant tous deux être en premier au générique, leurs noms furent placés en X sur l’affiche. Dans le générique de début, ils sont habilement placés en cercle.
Tony Curtis, Jerry Lewis, Suzanna Leigh et Dany Saval dans Boeing Boeing de John Rich.
Maria, qui n’est plus toute jeune, est auxiliaire de vie : elle aide des personnes plus âgées qu’elle et qui l’adorent. Elle leur vole, aussi, quelques euros pour donner des cours de piano à son petit-fils qui montre de grandes capacités. Jusqu’au jour où le fils d’une de ces personnes s’en mêle… La Pie voleuse est un film français réalisé par Robert Guédiguian. Il en a écrit le scénario avec Serge Valetti, c’est leur quatrième collaboration. Il s’agit d’une fable humaniste qui mêle amour, empathie et entraide. Il s’est entouré de sa troupe habituelle de comédiens et a filmé son histoire dans son quartier, L’Estaque à Marseille, dont on peut admirer le cadre toujours aussi magnifique : « Il y a un invariant à L’Estaque : la vue est belle. C’est misère avec vue… J’ai moi-même grandi dans un appartement de 30 m2 sans toilettes, mais avec un balcon qui offrait un point de vue infini sur la mer » (extrait du dossier de presse). Un film très humain. Elle: Lui :
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Delphine et Solange sont deux sœurs jumelles à Rochefort. Delphine, la blonde, donne des leçons de danse et Solange, la rousse, des cours de solfège. Elles vivent dans la musique et rêvent de rencontrer le grand amour. Une grande foire se prépare et une équipée de jeunes forains arrivent en ville… Les Demoiselles de Rochefort est un film musical français écrit et réalisé par Jacques Demy sur une musique composée par Michel Legrand. Le film nous plonge dans un univers de danse et de chansons où le bonheur et l’amour règnent. Jacques Demy a fait repeindre toute la place principale de la ville et le résultat est une féérie de couleurs. Dès le début, les danses évoquent West Side Story et la présence de George Chakiris renforce cette impression. Par la suite, l’apparition de Gene Kelly nous fait penser à Un américain à Paris et nous avons aussi un clin d’œil très appuyé au duo Marylin Monroe / Jane Russell dans Les hommes préfèrent les blondes d’Howard Hawks. Mais Jacques Demy a su créer un univers onirique, dans un style bien à lui, devenu depuis l’archétype de la comédie musicale à la française. Le réalisateur se permet en outre des petites fantaisies comme écrire des dialogues en alexandrin pour la scène du dîner. Le film a été tourné simultanément en français et en anglais (Gene Kelly parle couramment français). Les parties chantées sont interprétées par des chanteurs et chanteuses (Anne Germain et Claude Parent pour les deux sœurs), seule Danielle Darrieux interprète ses chansons. Un petit plaisir. Elle: – Lui :
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Après quarante ans d’absence, Felice Lasco retourne là où il a grandi, le quartier Sanità de Naples, pour embrasser sa mère désormais très âgée. Felice cherche aussi à renouer les fils de son passé d’adolescent… Nostalgia est un film italien coécrit et réalisé par Mario Martone. Il est adapté du roman d’Ermmano Rea paru en 2016. Le réalisateur est napolitain et défend l’idée que Naples est une ville semblable à nulle autre (1). Son personnage principal effectue une quête qui dépasse la simple nostalgie et l’art du scénario est de ne dévoiler les choses que peu à peu, tout en sachant éveiller notre intérêt dès les premières minutes. La mise en scène et la photographie sont parfaitement maitrisées et l’acteur principal se montre remarquable de subtilité pour exprimer tous les sentiments de son personnage. La musique est excellente, avec plusieurs morceaux de Tangerine Dream. Le film fut plutôt bien reçu par la critique. Elle: Lui :
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Remarque : • Le film s’ouvre sur une citation de Pier Paolo Pasolini : « La connaissance est dans la nostalgie. Qui ne s’est pas perdu ne se connaît pas. »
(1) Le réalisateur explique : « Être Napolitain, c’est une façon particulière d’être Italien. Notre ville est restée la même depuis la Grèce antique. Naples est une ville dans laquelle il y a une sorte d’abandon, un désenchantement, qui peut subitement se retourner, se renverser, pour devenir un enchantement. A Naples, chanter, jouer, être comédien, c’est naturel. Chacun se dissimule derrière un masque, et cache ainsi la conviction profonde que le fait d’être au monde est une condition de souffrance. » (Mario Martone, extrait du dossier de presse)
Francesco Di Leva et Pierfrancesco Favino dans Nostalgia de Mario Martone.
Août 92. Une vallée perdue dans l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus. Anthony, quatorze ans, s’ennuie ferme. Un après-midi de canicule au bord du lac, il rencontre Stéphanie. Le coup de foudre est tel que le soir même, il emprunte secrètement la moto de son père pour se rendre à une soirée où il espère la retrouver. Lorsque le lendemain matin, il s’aperçoit que la moto a disparu, sa vie bascule… Leurs enfants après eux est un film français écrit et réalisé par les frères (jumeaux) Ludovic et Zoran Boukherma. Il s’agit de l’adaptation du roman du même nom de Nicolas Mathieu, Prix Goncourt 2018. Le récit du film se déroule sur quatre étés à deux ans d’intervalle de 1992 à 1998 mais, à la différence du livre, il est centré seulement sur le personnage d’Anthony. Ce qui était une peinture sociale très pertinente devient plus banal avec une tendance à forcer le trait. La mise en scène est bien maitrisée mais l’ensemble est trop long (2h14). L’accueil de la critique a été plutôt bon mais tout de même mitigé. Elle: Lui :
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En pleine rupture, la londonienne Kira entreprend seule ce qui devait être un voyage romantique en Écosse avec son ex-compagnon. Elle rencontre Ian, venu lui aussi de la capitale pour rendre une visite à ses parents âgés. Leur rencontre marque le début d’une parenthèse inattendue, mais un appel familial pour Ian bouleverse tout… Cavale sentimentale est un film allemand écrit et réalisé par l’allemande Aylin Tezel mais tourné en anglais. C’est le premier long métrage de cette jeune quarantenaire et elle y interprète le rôle principal. Le titre français est trompeur (il ne correspond à la rigueur qu’à la première phase de cette histoire), le titre anglais « trouver sa place » donne une meilleure idée du film. La mise en place n’est pas très réussie car on ne parvient pas à s’intéresser aux deux personnages qui n’ont aucune profondeur. Il faut être toutefois patient car, ensuite, ces personnages prennent heureusement de l’épaisseur et la réalisatrice montre enfin une certaine sensibilité dans son approche. L’histoire n’est globalement pas très originale et la fin particulièrement convenue. A noter de beaux plans de l’île de Skye. Le film n’est pas sorti en salles en France. Elle: Lui :
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