Le vol sans escale de New York à Londres commence plutôt bien pour Bill Marks, puisqu’il a une charmante voisine de siège. Mais peu après le décollage, il va se retrouver précipité dans une suite d’évènements plutôt énigmatiques…
Il n’est pas facile d’innover dans les histoires de détournement d’avion : c’est pourtant ce que réussissent les scénaristes de Non-Stop, une production anglo-franco-américano-canadienne réalisée par le catalan Jaume Collet-Serra. L’enchaînement des évènements intrigue et étonne et la tension monte continuellement. Il est inutile d’en dire plus, moins l’on en sait avant de regarder le film et mieux ce sera. Liam Neeson fait une bonne prestation, Julianne Moore étant plutôt en pilotage automatique. Plaisant sans être vraiment remarquable. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « You Will Meet a Tall Dark Stranger »
A Londres, Helena a été plaquée par son mari, pris du démon de midi à plus de soixante ans. Dévastée, elle ne trouve du réconfort qu’en consultant une voyante qui lui donne des conseils de vie, y compris pour sa fille Sally, mariée à Roy qui cherche vainement à devenir un écrivain reconnu… Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu se situe dans le prolongement de Whatever Works tourné l’année précédente. Quel sens donner à sa vie ? est la question que semblent se poser les différents personnages de cette comédie existentielle. Les personnages sont très typés mais les dialogues de Woody Allen sont enlevés et parsemés d’un humour qui met en relief le caractère irraisonnable/irrationnel de certains comportements humains. Il ne faut pas attendre une conclusion définitive toutefois (si tant est qu’il en ait une…) et cela pourra décevoir certains spectateurs ; la « morale » de l’histoire est effectivement simplette mais Woody Allen nous indique auparavant qu’il ne la prend lui-même pas très au sérieux. Sans être au niveau de ses meilleurs films, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu nous fait passer un très bon moment. Le film semble toutefois avoir été mal reçu… Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Scott Pilgrim a 22 ans, vit à Toronto, et joue dans le groupe de rock amateur Sex Bob-omb. Un jour, il rencontre la fille de ses rêves, Ramona Flowers. Mais Scott ne pourra conquérir le cœur de Ramona qu’après avoir vaincu ses sept ex maléfiques…
Ce film de l’anglais Edgar Wright est l’adaptation d’une bande dessinée canadienne créée par Bryan Lee O’Malley, plus précisément du deuxième des six volumes, intitulé Scott Pilgrim vs. the World. Son originalité est de faire appel à l’imagerie de la BD et du jeu vidéo pour exprimer les sentiments des personnages. Le film reprend très bien cette particularité, que ce soit visuellement ou dans l’univers sonore : par exemple, les onomatopées s’affichent à l’écran et on assiste ainsi à des combats délirants et particulièrement inventifs. Tout cela ne serait qu’un exercice de style sans des personnages réellement attachants : l’histoire est simplette mais le jeune Scott est désarmant de candeur et Ramona est adorable. Ajoutez une bonne dose d’humour et vous avez un résultat très complet. On s’amuse beaucoup et on ne s’ennuie pas une seconde. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le maître de ballet Thomas Leroy désire n’utiliser qu’une seule danseuse pour interpréter le cygne blanc et le cygne noir du Lac des cygnes. La jeune Nina est parfaite pour danser le cygne blanc mais aura-t-elle la capacité de personnifier son double maléfique ? …
Dès les premières minutes, Darren Aronofsky ne ménage pas les effets pour créer un climat anxiogène : très gros plans, caméra instable, musique oppressante, montage rapide. Il n’y a aucune progression, aucune recherche ; c’est juste désagréable. Le propos, « la recherche de perfection mène à la folie », ne montre guère plus de subtilités et la démonstration puise dans le tout-venant psychologique et psychanalytique. Le film a connu un succès inattendu, aussi bien auprès du public que de la critique, la prestation de style « habitée par son personnage » de Natalie Portman n’étant probablement pas étrangère à ce plébiscite. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le danseur interprétant le Prince n’est autre que Benjamin Millepied qui a également créé la chorégraphie des ballets (que l’on voit très peu).
Natalie Portman dans Black Swan de Darren Aronofsky
Un jeune batteur de jazz de 19 ans vient d’intégrer le prestigieux Shaffer Conservatory de New York. Il est repéré par le très exigeant Terence Fletcher, enseignant et chef d’orchestre… Whiplash est un film remarquable à plus d’un titre. Tout d’abord, le scénario est très réduit mais il parvient néanmoins à nous captiver. Il faut y réfléchir après coup pour réaliser qu’il répète plus ou moins le même type de scène. Ensuite, et c’est sans doute l’explication, l’interprétation est admirable. J.K. Simmons et le jeune Miles Teller montrent tous deux une grande présence à l’écran. De plus, alors que le cinéma nous a habitués aux acteurs qui ne savent qu’à peine tenir un instrument de musique, Miles Teller est batteur depuis dix ans et J.K. Simmons se destinait au métier de compositeur avant de devenir acteur. Damien Chazelle (29 ans) a lui-même envisagé devenir batteur de jazz professionnel avant de se lancer dans le cinéma. Tout cela donne une grande authenticité à l’ensemble et Whiplash est sans aucun doute l’un des films qui approche le mieux la démarche et le travail d’un musicien. Le fond du propos est un peu confus puisqu’il semble fustiger la recherche à tout prix de la perfection, ce que vient contredire un happy-end plaisant mais antagonique. Le film a connut un grand succès. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 2,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le titre fait référence au morceau Whiplash de Hank Levy, repris plusieurs fois dans le film.
* Ne parvenant pas à financer un long métrage, Damien Chazelle a d’abord réalisé un court-métrage qu’il présenta au Festival du film de Sundance en 2013. Grâce au Prix du Jury, il parvint à trouver le financement pour le faire en long métrage. J.K. Simmons interprétait déjà le professeur dans le court métrage.
Miles Teller et J.K. Simmons dans Whiplash de Damien Chazelle.
Titre original : « Sherlock Holmes: A Game of Shadows »
1891. Le monde occidental est déstabilisé par une série d’attentats qui peut le faire basculer dans la guerre. Sherlock Holmes est le seul à déceler la marque du professeur Moriarty et va tout faire pour contrecarrer ses plans maléfiques… Sherlock Holmes: Jeu d’ombres est la suite de Sherlock Holmes réalisé par le même Guy Ritchie. L’histoire a été cette fois imaginée et écrite par les époux Kieran et Michele Mulroney dans l’esprit des romans de Conan Doyle tout en gardant le personnage iconoclaste du premier volet. Si les ingrédients restent les mêmes, l’ensemble est mieux équilibré, plus subtil, avec une intrigue riche et joliment corsée. Même l’alchimie très particulière entre Holmes et Watson, toujours mâtinée un peu lourdement d’homosexualité, semble ici mieux intégrée. Certains effets paraissent superflus mais cet habituel défaut reste ici finalement assez négligeable. Avec son côté british qui lui apporte un peu d’élégance, Sherlock Holmes: Jeu d’ombres se révèle être une comédie policière rétro vraiment plaisante. Le film fut boudé par la critique mais pas par le public et un troisième volet est prévu pour 2020. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Marc est un professeur de littérature à l’université de Lausanne qui attire ses jeunes étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue… L’amour est un crime parfait est l’adaptation d’un roman de Philippe Djian publié en 2010, Incidences. Dès le générique, les frères Larrieu montrent qu’ils cherchent à nous intriguer en créant (un peu artificiellement) une atmosphère énigmatique. Les situations sont inhabituelles et l’ensemble est assez élégant, attirant même, mais l’absence de profondeur des personnages nous éloigne quelque peu de cette histoire finalement bien confuse dans son développement. Malgré un beau plateau d’acteurs, le plus enthousiasmant dans ce film, ce sont les décors et les paysages enneigés des Alpes que les frères Larrieu savent parfaitement mettre en valeur. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 2,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Pour lire un avis très différent, vous pouvez allez lire la critique sur Abus de Ciné dont l’enthousiasme fait plaisir à voir…
Mathieu Amalric et Sara Forestier dans L’amour est un crime parfait de Arnaud Larrieu et Jean-Marie Larrieu.
Karin Viard et Maïwenn dans L’amour est un crime parfait de Arnaud Larrieu et Jean-Marie Larrieu.
Les décors :
L’université est en réalité un bâtiment de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse, les scènes urbaines sont filmées à Lausanne, le chalet du professeur est filmé en France à Megève, les scènes de montagne (gouffre) sont filmées sur le plateau des Glières en Haute-Savoie, les bungalows sur le lac de la scène de finale sont à Neufchâtel en Suisse..
Vue aérienne du Rolex Learning Center (également surnommé Rolling Center), bâtiment de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Il est l’œuvre de l’agence japonaise d’architecture SANAA, lauréate du concours d’architecture de 2004. L’éclairage est principalement naturel grâce à la lumière qui entre par les patios et les façades extérieures. La ventilation est elle aussi complètement naturelle, elle est assurée par des ouvrants automatiques qui s’ouvrent autour des patios pour laisser entrer de l’air plus frais du dehors.
En se promenant à la nuit tombée sur la jetée du port de Sainte-Maxime, un instituteur en année sabbatique fait la rencontre d’une jeune femme. Tous deux entament une discussion qu’ils vont poursuivre les jours suivants. Elle lui raconte attendre le retour de l’homme qu’elle aime… Nuits blanches sur la jetée est adapté du roman Les Nuits blanches de Fédor Dostoïevski, précédemment porté à l’écran par Visconti en 1957 et par Robert Bresson en 1971. Le format choisi par Paul Vecchiali est séduisant par son originalité : une mise en scène minimaliste, nocturne, avec deux acteurs et un lieu unique, la jetée. Il y a deux types de fond, assez opposés, en accord avec l’état d’esprit du moment : le Golfe de Saint-Tropez et ses lumières qui apparaissent comme des boules multicolores qui incitent à l’optimisme ou bien le mur austère de la jetée, plutôt du genre « no future ». Nuits blanches sur la jetée est un film dont on aimerait dire du bien mais, hélas, il peine à exprimer la richesse des sentiments de ses deux personnages et se révèle finalement assez confus. Les effets d’interprétation sont en outre appuyés. Pascal Cervo joue trop sur l’impénétrabilité pour exprimer le dilemme de son personnage qui, doté d’une piètre opinion de lui-même, est tiraillé entre son désir de s’interposer et ses propres peurs. De son côté, Astrid Adverbe tente de montrer la passion de son personnage par des changements très soudains. On en vient presque à oublier la beauté du texte. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le noir et blanc de la scène entre Pascal Cervo et Geneviève Montaigu n’était pas voulu. En réalité, la scène fut filmée en couleurs avec des rideaux rouges… à l’aide d’un Iphone. Mécontent du rendu des couleurs mais satisfait de l’interprétation, Paul Vecchiali a préféré la convertir en noir et blanc plutôt que la tourner de nouveau.
* Le vieux pêcheur de la scène qui ouvre le film est interprété par Paul Vecchiali lui-même.
Pascal Cervo et Astrid Adverbe dans Nuits blanches sur la jetée de Paul Vecchiali.
Héros des combats pour l’indépendance, Baran accepte un poste de policier au commissariat d’un village isolé au nord du Kurdistan irakien, près de la frontière turque. Là, il fait la rencontre de Govend, une jeune femme qui est venu tenir le poste d’institutrice. Tous deux vont se heurter au chef mafieux local qui règne en maître sur la région…
Production franco-germano-kurde, My Sweet Pepper Land a été écrit et réalisé par le réalisateur kurde Hiner Saleem. Il y souligne l’archaïsme et la pesanteur d’un pays en pleine mutation. Le western américain a souvent traité cette période charnière où la loi de l’Etat doit s’imposer aux grands propriétaires locaux habitués à régner sur leur région. Hiner Saleem cultive cette analogie en donnant une grande importance aux chevaux, unique moyen de transport, et par divers détails tels les chapeaux. Mais le plus étonnant est la façon dont il parvient à instiller de l’humour dans cette histoire dure et tragique. Cet humour est parfois très noir comme dans la scène de pendaison lamentablement ratée qui ouvre le film. L’image est assez belle, le film a été tourné sur place en décors naturels. En dehors des quelques personnages principaux, tous les rôles sont tenus par des acteurs non professionnels. Hiner Saleem tient lui-même le rôle du photographe. S’il n’est pas sans maladresse, le film est particulièrement convaincant. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
J. Edgar Hoover raconte à une jeune recrue chargée d’écrire sa biographie les quelque cinquante années qu’il a passées à la tête du FBI … Ce film d’Eastwood laisse un goût un peu bizarre. Hoover est un personnage guère recommandable, capable de toutes les bassesses pour poursuivre sa croisade obsessionnelle contre le crime et la « subversion bolchévique ». Avec ses dossiers secrets, il a fait chanter plusieurs générations d’hommes et femmes publiques, y compris plusieurs présidents (de Roosevelt à Nixon), ce qui explique sa longévité. Le regard que Clint Eastwood porte sur Hoover est aussi ambigu qu’inconsistant. Il est ambigu car le réalisateur, qui n’a jamais caché ses préférences politiques, décrit bien toutes les tares du personnage mais tend à les minimiser ou à les expliquer, et donc les justifier. Il est inconsistant car finalement il ne dit rien. L’art de Clint Eastwood est dire les choses tout en laissant quelques pistes pour pouvoir éventuellement y voir le contraire : par exemple, il nous montre une enquête rondement et intelligemment menée aboutissant à l’arrestation du kidnappeur du fils Lindbergh tout en introduisant une petite confusion dans les détails qui permet à certaines personnes attentives (ou à l’esprit mal tourné !) de comprendre que les preuves ont été fabriquées de toutes pièces. Ainsi, il coupe court à la critique et satisfait tout le monde. Finalement, il parvient à contourner tous les sujets qui fâchent et noie l’ensemble dans un torrent de sentimentalisme bon marché sur son homosexualité (présumée) à propos de laquelle il réussit à ne rien dire du tout (si ce n’est qu’il était homosexuel sans l’être vraiment) et sur sa mère castratrice qui en a fait un infirme social… Si le film est très ambigu sur le fond du fait de la fascination d’Eastwood pour son personnage, la forme est plus séduisante : extrêmement convaincant dans son personnage, Leonardo Di Caprio fait une superbe prestation et son maquillage de sexagénaire est extraordinaire. Le pauvre Armie Hammer n’a pas eu la même chance : vieilli, il semble affublé d’un masque mal ajusté qui aurait été prévu pour quelqu’un d’autre. Les critiques furent unanimement élogieuses… Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)