23 septembre 2014

La Comtesse (2009) de Julie Delpy

Titre original : « The Countess »

La comtesseDans la Hongrie de la fin du XVIe siècle, la comtesse Élisabeth Báthory se retrouve, à la mort de son mari, seule à la tête d’une grande fortune. Elle fait la connaissance du fils d’un notable beaucoup plus jeune qu’elle et s’en éprend…
Julie Delpy nous raconte l’histoire assez épouvantable de la comtesse Élisabeth Báthory en nous précisant bien dès le départ que tout ce qui va être dit est probablement faux, du moins assez fortement déformé. Il est vrai que les historiens ne savent démêler la vérité des légendes qui entourent celle qui fut surnommée « la comtesse sanglante » ou encore « la comtesse Dracula ». Julie Delpy suggère que la comtesse aurait été victime d’une machination visant à faire main basse sur sa fortune et lui enlever tout pouvoir, jugé trop important pour une femme. Elle n’écarte pas toutefois les crimes (abominables) commis mais la présente comme une femme victime de ses sentiments : « la faiblesse d’une femme se situe au niveau de son coeur » lui fait-elle dire. Julie Delpy a écrit, produit, réalisé ce film, empreint d’une belle austérité, servi par une très belle photographie de Martin Ruhe. Elle en interprète également le rôle titre, assez brillamment, restituant toute la complexité de son personnage, aussi parfaite en femme aimante au visage angélique qu’en femme angoissée au visage vieilli par la haine. Une belle réussite.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Julie Delpy, Daniel Brühl, William Hurt, Anamaria Marinca, Sebastian Blomberg
Voir la fiche du film et la filmographie de Julie Delpy sur le site IMDB.

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La Comtesse (The Countess)Daniel Brühl et Julie Delpy dans La Comtesse (The Countess) de Julie Delpy.

28 mai 2014

Lettres d’Iwo Jima (2006) de Clint Eastwood

Titre original : « Letters from Iwo Jima »

Lettres d'Iwo JimaClint Eastwood a tourné Lettres d’Iwo Jima juste après La Mémoire des nos pères. Au lieu d’être vécue depuis le camp américain, la terrible bataille de l’île d’Iwo Jima de février 1945 est vue cette fois depuis le camp japonais. Les deux films sont très différents et Lettres d’Iwo Jima est sans aucun doute le plus remarquable des deux. Le cinéma montre rarement le camp des vaincus mais Eastwood va beaucoup loin en centrant son film sur l’humain. Le scénario est basé sur des lettres écrites par les soldats et principalement une copieuse correspondance (écrite mais non envoyée) du général Kuribayashi. La mise en scène de Clint Eastwood est plutôt sobre, d’une rare perfection, précise et génératrice d’émotion. Lettres d’Iwo Jima est un film bouleversant qui dénonce la folie guerrière. Rarement, l’absurdité de la guerre n’a été démontrée de façon si éclatante. Il n’est peut-être pas exagéré d’affirmer que c’est le plus beau film sur la Seconde Guerre mondiale et sur la guerre en général. Eastwood l’a tourné uniquement avec des acteurs japonais s’exprimant dans leur langue.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Tsuyoshi Ihara, Ryô Kase, Shidô Nakamura, Hiroshi Watanabe
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7 janvier 2014

Mémoires de nos pères (2006) de Clint Eastwood

Titre original : « Flags of Our Fathers »

Mémoires de nos pèresMémoires de nos pères nous raconte l’histoire des hommes présents sur une photographie devenue iconique, celle de six soldats dressant le premier drapeau américain sur sol japonais, le 23 février 1945 sur l’île d’Iwo Jima. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de James Bardley, lui-même fils de l’un des Marines de la photographie. Le film nous parle avant tout des hommes et peut se lire sur plusieurs niveaux : il y a d’abord les événements eux-mêmes lors de l’une des batailles les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale, ensuite la façon dont les trois soldats survivants ont été ensuite utilisés pour la plus grande campagne de War Bonds (collecte de fonds) et enfin les traumatismes que laissent ces événements chez les survivants. Le film de Clint Eastwood a ainsi une portée plus large qu’attendu ; il n’a rien d’un film patriotique classique. Certes il rend hommage (comment pourrait-il en être autrement) mais aussi il nous questionne sur la guerre, les marques qu’elle laisse et la façon dont elle hante les survivants par cette culpabilité d’en être sorti vivant alors que tant d’autres auraient mérité de survivre. En outre, le film aborde la question de la discrimination envers les amérindiens. Mémoires de nos pères a été suivi par Lettres d’Iwo Jiwa, sorti la même année, dans lequel Clint Eastwood nous montre les mêmes évènements vécus depuis le camp japonais.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ryan Phillippe, Jesse Bradford, Adam Beach, Jamie Bell, Paul Walker
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Remarques :
* La célèbre photographie a été prise par de Joe Rosenthal, alors photographe de l’Associated Press.
* A sa sortie, Mémoires de nos pères fut l’objet d’une polémique sur le fait que Clint Eastwood aurait pris le parti d’ignorer le rôle des soldats afro-américains dans la bataille d’Iwo Jima. Il est vrai, qu’assez étrangement, on ne voit aucun soldat de couleur.
* L’histoire du soldat amérindien Ira Hayes et de sa dépression est racontée dans la chanson écrite en 1964 par Peter LaFarge The Ballad of Ira Hayes et reprise par Johnny Cash et aussi par Bob Dylan (chutes de l’album Self Portrait), et en France par Hugues Aufray.

Autre film sur la bataille d’Iwo Jima :
Iwo Jima (Sands of Iwo Jima) d’Allan Dwan (1949) avec John Wayne.

13 août 2013

Vicky Cristina Barcelona (2008) de Woody Allen

Vicky Cristina BarcelonaVicky et Cristina arrivent à Barcelone pour y séjourner pendant l’été. Elles sont très amies mais de caractères plutôt opposés quant à la conception de la vie et de l’amour. Elles font connaissance d’un peintre espagnol très sensuel qui leur propose une petite escapade… Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen s’inscrit dans sa série sur les grandes villes européennes, après Londres et avant Paris et Rome. Son histoire se déroule dans le milieu artistique de la capitale catalane dont il utilise joliment le décor. Si le fond de l’intrigue est assez classique en soi, l’éternel dilemme entre l’aventure et la sécurité, Woody Allen apporte une bonne dose d’originalité et parvient à nous surprendre dans le déroulement de son histoire. Mieux encore : par la profondeur de ses personnages et des situations plus complexes qu’attendu, il réussit totalement à nous intéresser aux pérégrinations amoureuses de ses deux américaines. Si certains clichés sont présents (sur l’Europe et sur le monde artistique), c’est toujours sans excès. Javier Bardem fait une belle interprétation en latin lover plein de charme et Penelope Cruz est superbement explosive. Comme toujours avec Woody Allen, la forme est élégante et Vicky Cristina Barcelona comporte de beaux moments d’humour et de comédie.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Javier Bardem, Penélope Cruz, Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Chris Messina, Patricia Clarkson
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7 avril 2013

Mother (2009) de Bong Joon-ho

Titre original : « Madeo »

MadeoEn Corée, une mère vit seule avec son fils, un garçon de 25 ans environ un peu attardé. Ce dernier se retrouve accusé du meurtre d’une jeune fille. La mère remue ciel et terre pour innocenter son fils, faisant face à l’apathie de la police qui veut classer rapidement l’affaire et à la vénalité d’un avocat bien peu motivé. Elle se met elle-même à la recherche du meurtrier… Mother est un film qui mêle habilement plusieurs genres : la chronique sociale, le policier, le mélodrame familial et même, par moments, la comédie. Il est centré autour du personnage de cette mère très possessive et prête à tout pour sauver son fils. Bong Joon-ho parvient la rendre attachante, sans bien entendu nous faire totalement adhérer à sa conduite. C’est un personnage complexe, une femme à la fois forte et fragile, d’une grande énergie, parfaitement personnifiée par l’actrice Kim Hye-ja. Mother est un film particulièrement riche et marquant.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kim Hye-ja, Won Bin, Jin Ku, Yun Je-mun, Jun Mi-sun
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6 février 2013

L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (2007) de Andrew Dominik

Titre original : « The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford »

L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert FordJesse James est une légende aux Etats Unis. Ce Robin des Bois de la seconde moitié du XIXe siècle, qui attaquait banques et trains avec son frère Frank, fut très populaire, y compris de son vivant ; il est ancré durablement dans les esprits que Robert Ford, son assassin, est un misérable lâche particulièrement méprisable. Le film d’Andrew Dominik tente de réhabiliter Robert Ford ou du moins d’expliquer son geste dont les circonstances restent toujours si mystérieuses (1). Le Jesse James qu’il nous montre n’est à aucun moment glorifié, son altruisme n’étant qu’à peine évoqué. En revanche, il nous le décrit comme un homme traqué, ayant perdu tout idéal, sans ami, condamné à chercher le moindre indice de traitrise chez ses proches. Son assassinat devient ainsi un aboutissement logique, même espéré. Dans sa forme, L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford se déroule avec une langueur envoûtante, assez beau dans ses images, avec de belles scènes nocturnes. Casey Affleck fait une belle prestation.
Elle: –
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Shepard, Sam Rockwell, Jeremy Renner, Garret Dillahunt, Paul Schneider
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Remarques :
* Un film avait préalablement tenté d’expliquer le geste de Robert Ford (une histoire d’amour étant supposée être le moteur de cet assassinat) : J’ai tué Jessie James (I shot Jesse James) de Samuel Fuller (1949) avec John Ireland et Reed Hadley.
* La chanson traditionelle Jesse James est apparue peu après l’assassinat. Cette chanson a grandement contribué à marquer durablement Robert Ford comme étant un « dirty little coward ». Ce morceau est toujours vivace : Bruce Springsteen l’a récemment repris.

Principaux autres films sur Jesse James :
– Jesse James as the Outlaw de Franklin B. Coates (1921) avec Jesse James Jr (son fils)
– Le brigand bien aimé (Jesse James) d’Henry King (1939) avec Tyrone Power et Henry Fonda
– Adventures of Frank and Jesse James de Fred C. Brannon et Yakima Canutt (1948) avec Clayton Moore
– J’ai tué Jessie James (I shot Jesse James) de Samuel Fuller (1949) avec John Ireland et Reed Hadley.
– Jesse James, le brigand bien-aimé (The True Story of Jesse James) de Nicholas Ray (1957) avec Robert Wagner
A noter en outre, qu’IMDB liste 80 films où apparaît le personnage de Jesse James.

(1) Le fait que Jesse James ait oté ses armes pour aller épousseter un tableau est un fait historique, du moins est-ce ainsi que les frères Ford ont rapporté la scène aux autorités.

3 novembre 2012

La régate (2009) de Bernard Bellefroid

La régateAlexandre, 15 ans, vit seul avec un père violent et mal dans sa peau. Comme échappatoire, Alexandre pratique intensément l’aviron et espère gagner les championnats de Belgique… S’inspirant de son propre vécu, le réalisateur belge Bernard Bellefroid dresse un double portrait, celui de cet adolescent qui cherche à se construire et celui de son père qui a l’impression de ne pas y être parvenu. Il sait éviter tout excès, tout effet de dramatisation, son récit sonne très vrai. Il faut aussi noter les belles interprétations de Joffrey Verbruggen et de Thierry Hancisse, empreintes de force et sans ostentation. La régate est un film fait avec beaucoup de sensibilité.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Joffrey Verbruggen, Thierry Hancisse, Sergi López, David Murgia
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27 septembre 2012

La flûte enchantée (2006) de Kenneth Branagh

Titre original : « The Magic Flute »

La flûte enchantéeTransposer La flûte enchantée, le célèbre opéra de Mozart, dans un univers de guerre de tranchées qui évoque la guerre de 14-18 est pour le moins surprenant. C’est d’ailleurs un peu perturbant au début mais on se laisse gagner rapidement par le spectacle que nous offre Kenneth Branagh. Il fait un usage très abondant d’images de synthèse, de vastes mouvements de camera, de plans vertigineux mais le résultat nous enveloppe et l’ensemble se révèle prenant. Si tout n’est pas toujours réussi, son film a de beaux moments de fulgurance et fourmille d’inventions visuelles. La flûte enchantée En insistant sur le côté noir et tragique de la guerre, il accentue le contraste avec l’idéalisme du récit. Le livret a été adapté et traduit en anglais, ce qui le rend plus accessible, et quelques (courts) dialogues ont été ajoutés. Belle interprétation. René Pape a une belle présence à l’écran et fait un Sarastro très charismatique avec un jeu pourtant peu expansif. La flûte enchantée de Kenneth Branagh a été éreinté assez durement par la critique française. Il méritait mieux que cela car l’approche très originale de Branagh était un pari audacieux et le résultat est un beau et foisonnant spectacle.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Joseph Kaiser, Amy Carson, René Pape
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Autre version :
La flûte enchantée (Trollflöjten) d’Ingmar Bergman (1975)

12 juillet 2012

Dans ses yeux (2009) de Juan José Campanella

Titre original : « El secreto de sus ojos »

Dans ses yeuxEn 1974, à Buenos Aires, Benjamin Esposito enquête pour le parquet dans une affaire de viol suivi de meurtre d’une jeune femme. Vingt cinq ans plus tard, alors qu’il vient de prendre sa retraite, il décide d’écrire un roman sur cette affaire qui l’a marqué durablement… En adaptant un roman d’Eduardo Sacheri, l’argentin Juan José Campanella a réalisé un film policier d’un très beau classicisme. L’histoire de Dans ses yeux est rapidement prenante avec des personnages très proches de nous. Le film est une subtile combinaison, à la fois intimiste et spectaculaire, faisant même preuve parfois de grande virtuosité comme dans cet époustouflant plan-séquence du stade (1). Mais si le film fait montre de beaucoup de perfection, c’est probablement dans le déroulement du récit qu’elle est la plus manifeste, avec des ruptures qui relancent constamment notre intérêt et maintiennent une certaine tension. Dans ses yeux impressionne vraiment par sa réalisation et par son irréprochable dosage.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ricardo Darín, Soledad Villamil, Guillermo Francella, Pablo Rago, Javier Godino
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(1) Le plan démarre par un vue aérienne en approche à 500 m d’un stade que l’on va survoler en rase-mottes alors que le match est en cours. La caméra continue au dessus des tribunes pour « atterrir » juste à côté du personnage principal. C’est époustouflant car aucune coupure n’est détectable. Et ce n’est pas fini car la scène continue par une course poursuite dans les couloirs, toujours sans changement de plan. En tout, ce plan, dont la réalisation est vraiment parfaite, dure 5 minutes ½.
Détails de réalisation sur le site CG Society (en anglais)…

11 juillet 2012

8 fois debout (2009) de Xabi Molia

8 fois deboutJeune femme instable, Elsa passe des entretiens d’embauche et fait des petits boulots au noir en attendant. Elle espère pouvoir regagner le droit d’avoir son fils de 10 ans. Elle rencontre Matthieu, son voisin de palier qui est dans la même situation qu’elle… Le titre est tiré d’un proverbe japonais « 7 fois à terre, 8 fois debout », ce qui laisse à penser que le film de Xabi Molia est plutôt optimiste. Ce n’est pas exactement le cas même si le ton reste assez léger. En fait, l’ensemble paraît être entre deux chaises. En outre, Xabi Molia a pris le parti de ne rien nous dire sur ses personnages. De ce fait, 8 fois debout peut nous apparaître comme un film un peu superficiel dont on reste plutôt en dehors. Julie Gayet est charmante (peut-être un peu trop pour le rôle d’ailleurs) mais cela ne suffit pas…
Elle: –
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Julie Gayet, Denis Podalydès, Mathieu Busson
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