La guerre de Sécession a vu la victoire des Nordistes, mais le colonel confédéré Jonas ne peut accepter cette fin. Son plan est de former de nouveau l’armée sudiste en volant une importante somme d’argent à un convoi gouvernemental. Une fois l’embuscade réussie, en compagnie de ses fils et de sa maîtresse Kitty, Jonas et sa bande tentent de traverser le pays en dissimulant le butin dans un cercueil… Les Cruels (The Hellbenders aux USA) est un western italien réalisé par Sergio Corbucci. Dans une scène d’attaque au début du film, on reconnait bien le style violent de Corbucci mais la suite est bien plus fade. Dès lors, le chemin emprunté par les personnages paraît bien long. L’interprétation est sans doute en partie responsable : hormis l’américain Joseph Cotten qui assure son rôle (sans éclat toutefois), les acteurs ne sont guère convaincants et nous restons plutôt indifférents aux tensions qui s’installent entre eux. La musique est d’Ennio Morricone. (Vu en version américaine, donc doublée). Elle: – Lui :
Ponce-Pilate lui ayant donné le choix de gracier Jésus ou Barabbas, le peuple de Jérusalem a choisi le brigand. L’ombre de celui qui a péri à sa place hante l’esprit de Barabbas qui va avoir toutefois une longue vie mouvementée… Barabbas est un film italo-américain réalisé par Richard Fleischer. C’est la seconde adaptation du roman du suédois Pär Lagerkvist (paru en 1950), après la version réalisée par Alf Sjöberg en 1953. L’écrivain, nobelisé l’année suivante, avait donné une vie fictive à ce personnage dont l’unique trace est d’être cité par les Évangiles dans le célèbre passage avec Ponce-Pilate. Le film prend la forme d’un péplum à grand spectacle. Même s’il ne peut se comparer aux plus grands du genre, il se montre de très belle facture. Il comporte de nombreuses scènes d’une très grande vigueur. Les scènes de foule et les jeux dans l’arène sont assez remarquables. La reconstitution du travail dans les mines de soufre en Sicile l’est tout autant. Le récit donne une bonne place à l’introspection du personnage principal et à sa progressive prise de conscience. L’interprétation d’Anthony Quinn est l’une des plus puissantes de sa carrière. C’est au final un film assez complet. Il n’eut cependant pas le succès espéré. Elle: – Lui :
Remarque : La scène de l’éclipse durant la crucifixion a été filmée à Roccastrada en Toscane pendant l’éclipse solaire du 15 février 1961.
Anthony Quinn est Barabbas dans le film du même nom de Richard Fleischer.Anthony Quinn et Vittorio Gassman dans Barabbas de Richard Fleischer.Ernest Borgnine et Vittorio Gassman dans Barabbas de Richard Fleischer.
Fanny Brice est engagée comme comédienne et chanteuse dans la revue Keeney’s Music Hall. Elle y fait la connaissance de Nick Arnstein, un gentleman, et de l’imprésario Florenz Ziegfeld. Ce dernier la choisit comme vedette de ses fameuses Ziegfeld’s Follies… Funny Girl est un film musical américain de William Wyler, basé sur la comédie musicale du même nom d’Isobel Lennart, Bob Merrill et Jule Styne créée à Broadway en 1964. Il s’agit de la biographie romancée de la comédienne américaine Fanny Brice (1891-1951), actrice et chanteuse star comique à Broadway dont la carrière avait déjà inspiré un film en 1939, Rose of Washington Square de Gregory Ratoff, avec Alice Faye, Tyrone Power et Al Jolson. La relation houleuse de l’actrice avec l’entrepreneur et joueur Nicky Arnstein occupe une large place dans le récit. C’est en effet un mélodrame appuyé. Personnellement, je dois avouer avoir décroché assez vide et ne me suis guère intéressé à l’histoire. Barbra Streisand, qui interprétait le même rôle à Broadway, se démène beaucoup et bien entendu chante de sa voix puissante (il faut aimer, ce n’est, hélas, pas mon cas). William Wyler ne semble pas très à l’aise avec le genre du film musical, c’est d’ailleurs le seul de toute sa carrière. Le film fut un grand succès populaire avec un Oscar à la clef attribué à Barbra Streisand pour son premier rôle à l’écran (très rare, cela ne s’est pas reproduit depuis). Elle: – Lui :
Omar Sharif et Barbra Streisand dans Funny Girl de William Wyler.
Suite : En 1975, une suite sortit en salles sous le titre Funny Lady avec Barbra Streisand et James Caan dans le rôle du second mari de Brice, l’impresario Billy Rose. Le film fut également un succès commercial.
Au XIXe siècle, le jeune Shingo, expert dans le maniement du sabre, apprend l’histoire qui a conduit à sa naissance. Bouleversé, il offre ses services à un représentant du Shogun… Tuer est un film japonais réalisé par Kenji Misumi, qui a signé de nombreux films de chanbara (films de samouraïs) entre 1954 et 1974. On le connaît pour avoir réalisé six épisodes de la saga Zatoichi et quatre de la série Baby Cart. Ce film est le premier de sa Trilogie du sabre. Il adapte ici un des romans de la série Nemuri Kyoshirō de Renzaburō Shibata. L’histoire est bâtie autour d’un jeune samouraï solitaire, marqué par des origines tragiques. Son idéalisme va se heurter à la haine de ses pairs et aux intrigues politiques entre clans dans un Japon médiéval crépusculaire. C’est une tragédie. La construction du récit est marquée par un certain épurement, avec peu de dialogues et des combats brefs et rapides. J’ai été vraiment frappé par la qualité de la mise en scène et de la photographie : Misumi a un indéniable talent pour nous offrir des plans de toute beauté. Par exemple, la course finale du héros dans des pièces vides pour trouver son maître est remarquable et étourdissante. Elle: – Lui :
Grégoire Duval, respectable pharmacien de la petite ville de Pontarlier, aperçoit une jolie jeune femme prenant un bain de soleil au bord d’un lac, les seins nus. Cédant à une soudaine pulsion, il s’approche et se précipite sur elle pour l’embrasser. Comme elle hurle tout en le repoussant, il la saisit et, pour qu’elle cesse de crier, l’étrangle rapidement… Le Septième Juré est un film français réalisé par Georges Lautner. Le scénario est l’œuvre du journaliste et scénariste Jacques Robert d’après un roman policier de Francis Didelot. Ce n’est pas une comédie. Il s’agit d’un portrait particulièrement mordant de la bourgeoisie de province (plus mordant que chez Chabrol), peinture qui brille par la qualité de son scénario et de ses dialogues. La voix-off de la conscience du personnage principal fait montre d’une grande amertume et d’une indéniable noirceur. C’est aussi une exploration du thème de la culpabilité. L’humour n’est toutefois pas absent, par petites touches, mais il s’agit d’un humour bien sombre. L’interprétation de Bernard Blier est de tout premier ordre et il est aidé par un beau plateau d’acteurs dans les seconds rôles. L’ensemble est assez puissant. Il est assez incroyable que ce film ne soit pas plus connu. J’ai été très surpris par sa qualité. Elle: – Lui :
Chargée de redorer l’image de la NASA auprès du public, l’étincelante Kelly Jones, experte en marketing, va perturber la tâche déjà complexe du directeur de la mission, Cole Davis. Lorsque la Maison-Blanche estime que le projet est trop important pour échouer, Kelly Jones se voit confier la réalisation d’un faux alunissage, en guise de plan B… To the Moon est un film américain réalisé par Greg Berlanti. Pour trouver une nouvelle approche de l’épopée de la conquête de la Lune, le scénariste Rose Gilroy est allé puiser du côté des théories conspirationnistes (sans y adhérer totalement, toutefois, mais en les légitimant) et a enrobé le tout d’une histoire romantique convenue. Bien entendu, mis à part les campagnes de publicités et le sponsoring qui ont bien existé, il n’y a pas une once de vérité dans tout cela. Plus gênant encore : le récit utilise sans originalité les ficelles habituelles du cinéma hollywoodien. A réserver aux fans de Scarlett Johansson qui est de presque tous les plans. Un peu ennuyeux. Elle: – Lui :
Un séminariste allemand, qui a exécuté sur ordre un résistant à la libération de Paris en 1944, se livre à la justice française quatre ans plus tard, en 1948. Cette même année, un jeune français appelé au service militaire refuse de porter l’uniforme par conviction religieuse. Il est emprisonné… Tu ne tueras point est un film français réalisé par Claude Autant-Lara. Le scénario a été écrit par Jean Aurenche et Pierre Bost. Fils de la comédienne Louise Lara qui fut renvoyée de la Comédie Française en 1919 pour ses prises de position pacifistes pendant la Première Guerre Mondiale, le cinéaste désirait tourner un projet intitulé L’Objecteur depuis de nombreuses années mais ne pouvait trouver de producteur. Il dût financer lui-même le tournage. Le scénario est très bien écrit, il pose clairement les problèmes et constitue un excellent point de départ de réflexion. Il s’appuie en grande partie sur des motivations dues à la religion, tout en en s’écartant finalement. Tourné en pleine guerre d’Algérie, le film fut interdit en France (et en Allemagne et en Italie) et ne put sortir de façon très limitée qu’en 1963, soit un an après les Accords d’Evian qui mirent fin à cette guerre. La chanson de Charles Aznavour, « L’Amour et la guerre », qui ouvre le film fut également interdite dès 1960 sur les ondes nationales. Aucune chaîne de télévision ne s’est risquée à diffuser le film dans la cinquantaine d’années qui a suivi. Le film reste encore aujourd’hui très méconnu mais vient de bénéficier d’une restauration. Elle: – Lui :
Remarque : • Le statut d’objecteur de conscience (avec accomplissement d’un service civique de deux ans en remplacement du service militaire d’un an) n’a été créé en France qu’en 1963, accompagné d’une interdiction de diffuser des informations le concernant.
Horst Frank et Laurent Terzieff dans Tu ne tueras point de Claude Autant-Lara.
Homonymes : Tu ne tueras point, court-métrage de Louis Feuillade sorti en 1909 ; Tu ne tueras point, (The Trap), film muet de Robert Thornby sorti en 1923 ; Tu ne tueras point, film de Claude Autant-Lara sorti en 1961 ; Tu ne tueras point, film de Krzysztof Kieślowski sorti en 1988, 5e film au sein de son Décalogue ; Tu ne tueras point, film de Marie Fortin sorti en 1991 ; Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge), film de Mel Gibson sorti en 2016 ; Tu ne tueras point, film de Jérémie Guez sorti en 2018 ; Tu ne tueras point, téléfilm de Leslie Gwinner sorti en 2022.
Autrefois fils préféré de son père décédé, Fella est réduit à être l’homme à tout faire de sa belle-mère et de ses deux méchants demi-frères. Alors qu’une princesse s’apprête à faire une visite aux États-Unis, la belle-mère organise un bal où sont invitées toutes les personnes les plus riches de Los Angeles. Fella n’est bien-sûr pas invité mais un bon génie va lui venir en aide… Cinderfella (les distributeurs français n’ont visiblement pas réussi à trouver un jeu de mots à la hauteur du titre original) est un film américain réalisé par Frank Tashlin. L’idée de base est pour le moins inattendue car Jerry Lewis n’est pas le premier acteur qui vienne à l’esprit pour interpréter Cendrillon ! Les sexes sont inversés (sauf la mère tyrannique), mais la trame globale reste celle du conte. Jerry Lewis ne joue pas sur la maladresse cette fois-ci, son personnage est plutôt habile. Hélas certaines scènes (notamment celles avec le bon génie) paraissent bien trop longues. Le meilleur du film réside dans les scènes musicales où Jerry Lewis a une gestuelle et une chorégraphie très fouillée synchronisée avec la musique de Count Basie. Ces quelques scènes sont un vrai délice. Elle: – Lui :
Voir les autres films de Frank Tashlin chroniqués sur ce blog…
Remarque : – La remontée-express du gigantesque escalier a conduit Jerry Lewis à l’hôpital. Ce fut sa première crise cardiaque.
Jerry Lewis dans Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella) de Frank Tashlin.Count Basie (à gauche) et son orchestre dans Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella) de Frank Tashlin, Jerry Lewis est au centre (en rouge).
Pour son troisième long métrage, le documentariste Frederick Wiseman filme le travail quotidien de la police de Kansas City dans le Missouri. La plupart des scènes sont filmées dans le quartier noir de la ville. Le titre Law and Order fait référence à un slogan de Richard Nixon (une scène où le futur président en campagne le clame dans un meeting est insérée vers la fin du film). Mais le cinéaste n’a pas une approche partisane, il observe et montre sans commentaire ni intervention un ensemble de scènes du quotidien des policiers. On y voit des scènes de violences policières, telle celle d’une arrestation musclée où un policier en civil immobilise par étranglement une prostituée qui ne semblait pourtant pas opposer beaucoup de résistance (la présence d’une caméra n’a visiblement pas eu pour effet de tempérer le policier, on peut se demander si elle n’a pas agi au contraire dans l’autre sens). Mais le documentaire de Frank Wiseman ne s’arrête pas à ces dérives : il décrit le fonctionnement d’une institution. Il montre ainsi comment la police est écartelée entre son rôle répressif et son rôle de service public. De plus, plusieurs séquences montrent son impuissance quand elle est appelée pour des cas qui relèvent de la sphère privée. La police ne fait alors que temporiser. Le montage est différent de ses films ultérieurs, beaucoup de séquences sont courtes donnant un aspect très fragmenté à l’ensemble. Elle: – Lui :
L’américain Bernard Lawrence (Tony Curtis), correspondant de presse dans un grand magazine à Paris, a trois fiancées, une française, une anglaise et une allemande, toutes trois hôtesses de l’air dans des compagnies différentes. Leur emploi du temps fait qu’elles ne rencontrent jamais. Son ami Robert (Jerry Lewis) en est très envieux mais l’arrivée d’une nouvelle génération d’avions plus rapides vient tout bouleverser… Boeing Boeing est un film américain réalisé par John Rich. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce du français Marc Camoletti, une pièce à succès créée en 1960 qui détient le record de la pièce française la plus jouée dans le monde (25 000 représentations). Les origines théâtrales se ressentent dans le film : la plupart des scènes se déroulent dans l’appartement du séducteur avec, bien entendu, de nombreux chassés-croisés et de claquements de porte. L’humour est un peu daté et sans grande surprise, bien fourni en clichés. C’est l’un des premiers films où le public a pu entendre la vraie voix de Jerry Lewis : son rôle étant ici plus « sérieux », il ne la travestit pas. Le film n’eut pas le succès escompté. Elle: – Lui :
Remarque : • Tony Curtis et Jerry Lewis exigeant tous deux être en premier au générique, leurs noms furent placés en X sur l’affiche. Dans le générique de début, ils sont habilement placés en cercle.
Tony Curtis, Jerry Lewis, Suzanna Leigh et Dany Saval dans Boeing Boeing de John Rich.