Lui :
C’est un double portrait que Jean-Pierre Melville nous brosse dans Léon Morin, Prêtre, un double portrait qui pourrait n’en être qu’un seul, tant ces deux personnages se rejoignent, fusionnent. Il est bien entendu surprenant de voir Belmondo, qui sortait du succès d’A Bout de Souffle, incarner un prêtre (et de façon très crédible) mais ce personnage a indéniablement des points communs dans son caractère, son abnégation, sa volonté, avec les personnages de truands solitaires que Melville affectionne. Très belle prestation également d’Emmanuelle Riva. Le film n’est hélas pas sans quelques longueurs.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Lino Ventura en truand décidé à décimer la « bande de cloportes » qui lui a fait porter le chapeau d’un casse lamentablement raté, voilà une bonne base pour un scénario haut en couleur, surtout avec des dialogues signés Audiard. Cependant, le film reste plusieurs crans en dessous des meilleurs du genre, à nul moment nous n’avons des envolées comparables à celles des Tontons Flingueurs ou autres Barbouzes par exemple et le film paraît donc avoir quelque peu vieilli.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Comédie plutôt ratée. Ce film paraît aujourd’hui vraiment kitsch et les gags tombent à plat.
Note :
Lui :
Ce film tombe un peu trop dans le style production multi-nationale et, de ce fait, manque un peu d’esprit. On sent que Peter Sellers met de la bonne volonté mais cela ne prend pas vraiment. Dommage car le scénario était amusant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Cette curiosité anti-conformiste en avance sur son temps met en charpie l’ordre établi et les institutions. Un village, que les allemands veulent faire exploser, se vide de ses habitants… sauf l’asile d’aliénés. Les fous de l’asile envahissent les rues et habitations, se déguisent et recréent les institutions au gré de leur fantaisie. L’idée est originale, les personnages hauts en couleur. Je reprocherai certaines lenteurs et un humour qui a un peu vieilli.
Note :
Lui : Le Roi de Coeur est un film assez étonnant, une sorte de fable anarchiste, antimilitariste ou plus simplement cocasse et farfelue. Une base de scénario assez remarquable permet à Philippe De Broca de recréer une société où les principales institutions et structures sociales sont représentées mais leurs règles ont volé en éclats… puisque la ville n’est tenue que par des « fous ». Et il en découle tout un tas de mini situations farfelues, comme une suite de jeux de rôles, où les fonctionnements habituels des rouages de la société sont détournés, retournés ou simplement ridiculisés. Sorti en 1966, il n’est pas étonnant que ce film ait reçu un mauvais accueil… en revanche, il me paraît plus étonnant qu’il n’ait pas été déterré dans les années soixante-dix.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Elia Kazan projette sa propre histoire dans l’itinéraire de ce jeune émigrant grec vers l’Amérique, terre de toutes les promesses. Son écriture cinématographique est épurée et authentique, débarrassée totalement des clichés hollywoodiens sur le monde oriental. En toile de fond de ce voyage semé d’embûches vers un el dorado improbable, il met en scène les discriminations raciales que firent subir les turcs aux arméniens et grecs. Sa vision de la société orientale est sans fard : les visages sont marqués par la souffrance et le malheur, les femmes ne jouent pas les femmes fatales, la vie familiale est chaleureuse. Malgré quelques petites longueurs, on est saisi par le réalisme et la liberté de ton de ce film.
Note :
Lui :
Il se dégage une forte authenticité de ce parcours d’un jeune grec-turc qui désire aller aux Etats-Unis. Que ce récit soit partiellement autobiographique est visible. En revanche, le film souffre de la longueur de certaines scènes qui manquent un peu d’intensité. L’acteur principal a pourtant une bonne présence (ténébreux, on le sent inspiré par les films de James Dean…) et d’autres personnages sont assez forts, tels le père de sa « fiancée ».
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Il faut tout de même prendre un peu de recul pour regarder ce film de Louis Malle, surtout quand on n’apprécie pas nécessairement le personnage qu’est devenue Brigitte Bardot aujourd’hui. Le réalisateur semble fasciné par l’actrice dont il retrace la vie aux multiples aventures. Les rumeurs de scandale se répandent comme une traînée de poudre et les paparazzi s’échinent à la poursuivre inlassablement. Bardot est assez touchante dans ce rôle de recluse. La chute dans le vide de l’actrice est pathétique et semble infinie. Sur le sujet de la célébrité, le talentueux Louis Malle est parvenu à imposer un style très personnel et sans doute très différent de ce qu’aurait pu faire tout autre réalisateur.
Note :
Lui :
Ce film de Louis Malle est une sorte de réflexion, certes pas forcément très profonde, sur la déification des vedettes de cinéma et leur difficulté de vivre une vie à peu près normale. Le doublage de Mastroianni est désagréable et l’ensemble du film manque un peu d’ampleur, restant au niveau du témoignage.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Amusante comédie de boulevard aux parfums de nostalgie des années 60. Gabin en valet de chambre classieux a beaucoup de présence. Les dialogues et situations sont empreints d’humour.
Note :
Lui :
Bonne comédie française : la base du scénario est plutôt originale, l’interprétation excellente ; à cette époque, Gabin n’en faisait pas trop. Bref l’ensemble est particulièrement réussi et surtout il est étonnant de voir comme cela n’a pas vieilli : les ressorts du film fonctionnent tout aussi bien cinquante ans plus tard. Bien entendu, ce n’est pas très profond, mais on passe un réel bon moment.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
J’ai bien aimé la première partie de ce film que je revois vingt ans plus tard. On suit le séduisant Mastroianni dans ses virées nocturnes au cœur de la bourgeoisie intellectuelle romaine. La rencontre avec la belle américaine (Anita Ekberg) fera date avec le bain dans la fontaine de Trévise. Mais ce n’est pas un simple voyage d’agrément pour Fellini. Il pointe le doigt sur le déclin de la société italienne. Il fait le portrait cruel et ironique d’une certaine caste intellectuelle riche, oisive et stupide mais également celui des catholiques. Les plans et portraits noir et blanc sont de toute beauté. Les personnages sont caricaturés et provocateurs. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, ce genre de film était quasiment censuré dans l’Italie catholique conservatrice de l’époque. Cependant, j’ai trouvé le film trop long (3h). Cette observation de la déchéance de ces gens finit par être lassante dans la deuxième partie.
Note :
Lui : Ce film de Fellini, aussi grandiose et merveilleusement provocateur qu’il pouvait nous paraître il y a 20 ou 30 ans, souffre un peu d’être revu avec tout le recul que l’on peut avoir maintenant. Le regard qu’il porte sur cette faune romaine riche et oisive est tout de même un peu trop appuyé et le film se révèle assez long. Les différents tableaux (c’est presque un film à sketches) sont assez inégaux. Il n’en reste pas moins que certaines scènes sont marquantes, assez mémorables et impérissables. C’est un film que j’ai vu de nombreuses fois par le passé et je suis un peu surpris de beaucoup moins l’apprécier aujourd’hui.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Cette comédie d’humour noir à la Audiard rappelle Les Tontons flingueurs mais le scénario est moins riche et comporte certaines longueurs. L’accent parisien et les petits caïds au grand coeur sont de la partie. Les dialogues percutants avec Francis Blanche, Maurice Biraud, Michel Serrault, Mireille Darc sont amusants. Et puis cela rappelle notre enfance…
Note :
Lui :
Ce film est un peu inférieur aux meilleurs films de cette veine policier/humour noir du tout début des années soixante. Il y a tout de même quelques perles au niveau des dialogues qui évoquent Les Tontons Flingueurs ou Les Barbouzes. Beaux numéros d’acteurs, Francis Blanche en fait beaucoup, Louis De Funès est plus retenu ; Maurice Biraud et Mireille Darc sont excellents dans leurs rôles assez stéréotypés de truand et de vamp. Cela reste amusant mais comporte toutefois quelques longueurs.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Je ne suis pas vraiment parvenue à me ré-intéresser au destin mythique de Laurence d’Arabie qui, cette fois, ne m’a paru guère sympathique. Je suis restée hermétique à ses tourments, ses exploits, ses cruautés ; David Lean m’a semblé tenir le spectateur à distance. Le point fort est le grand sens de la mise en scène de David Lean et l’aspect visuel époustouflant du film. Quel talent pour filmer l’immensité des déserts ponctués de minuscules silhouettes humaines ou encore les scènes d’action avec des milliers de figurants et d’animaux !
Note :
Lui :
Dans le genre des grandes épopées, ce film n’a que peu été égalé, une réussite due autant à la réalisation de David Lean qu’à la personnalité très ambigue de Lawrence d’Arabie. La réussite est d’autant plus manifeste dans cette version intégrale, même si le son et les dialogues des scènes ré-intégrées ont été refaits et ne s’intègrent qu’imparfaitement. Les scènes ajoutées permettent cependant de mieux comprendre la situation politique de l’époque et l’attitude assez attentiste et opportuniste des anglais. Sur le plan cinéma, les scènes de désert sont parmi les plus magnifiques jamais tournées, à la fois superbes sur le plan plastique mais aussi terriblement authentiques, nous plongeant ainsi totalement dans cet univers qui nous est si étranger. Parmi les acteurs, c’est peut-être Omar Shariff qui me paraît le plus remarquable. Un film qui laisse des traces.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)