17 novembre 2018

Mars IV (2016) de Guillaume Rieu

2053. Quatre astronautes, assistés d’un robot humanoïde, sont en mission de deux ans dans une base souterraine sur Mars. Une découverte imprévue va les mettre face à une grave responsabilité vis-à-vis de la Terre, ils commencent alors à être victimes de soudaines crises d’hallucination…
Mars IV est un court métrage de science-fiction de quinze minutes réalisé par Guillaume Rieu. Son histoire repose sur une idée certes assez simple mais qui laisse une large part au mystère et à l’interprétation. Le film ouvre aussi la question de notre rapport aux robots et à l’intelligence artificielle. Le réalisateur ne cache pas ses inspirations dans certaines scènes, notamment 2001, et parvient à donner une bonne crédibilité à l’ensemble. Il montre une inventivité certaine pour composer avec un budget (probablement) limité : les effets spéciaux sont assez réussis. On aimerait voir tout cela développé plus longuement…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: François Rabette, Muriel Gaudin
Voir la fiche du film et la filmographie de Guillaume Rieu sur le site IMDB.

 

Mars IV

Mars IV

Mars IV
Un bel effet visuel de Mars IV de Guillaume Rieu.

14 novembre 2018

Calmos (1976) de Bertrand Blier

CalmosDeux hommes quittent tout pour aller s’installer dans un village perdu où ils s’adonnent aux plaisirs de la bonne chère et de la paresse…
Bertrand Blier nous propose sa propre version de l’an 01… C’est une vision bien différente où le réalisateur chamboule tout, pratique les retournements et pousse l’humour jusqu’aux limites du bon goût. Sa liberté de ton a profondément choqué à sa sortie et, encore aujourd’hui, beaucoup se cantonnent à n’y voir qu’une fable antiféministe. En réalité, plus que les femmes, ce que les deux compères veulent fuir, c’est surtout la dictature du sexe qui est réduit ici à un simple acte technique sans attrait ou à un puits de vulgarité. Ils fuient également la dictature hygiéniste, toutes les règles pour rester « en bonne santé », et toute forme de règle sociale voire toute forme de règle tout court. Mais Calmos est avant tout une belle et grosse farce, incongrue, surréaliste, où l’humour n’a pas de limites. Tout n’est pas réussi (le final n’est pas du meilleur goût…) mais le film regorge de scènes savoureuses et de dialogues truculents.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Bernard Blier, Brigitte Fossey, Claude Piéplu
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Calmos
Pierre Bertin, Bernard Blier, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle dans Calmos de Bertrand Blier.

3 novembre 2018

3 hommes à abattre (1980) de Jacques Deray

Trois Hommes à AbattreUn soir, Michel Gerfaut découvre un homme gravement blessé dans une voiture accidentée. Il l’emmène à l’hôpital. Il ne sait pas que l’homme a été la cible de tueurs opérant pour le compte d’une grande entreprise marchante d’armes et qu’ils vont se mettre à sa poursuite…
Adaptation d’un roman de Jean-Patrick Manchette, Trois hommes à abattre est le septième film qu’Alain Delon tourne avec Jacques Deray. L’histoire est sans originalité, très manichéenne, un peu simplette même. L’important est qu’elle puisse permettre à Delon d’incarner une fois encore un personnage solitaire, qui se situe en dehors de tout système. Ce n’est pas un redresseur de torts, il cherche simplement à sauver sa peau. Jacques Deray a su s’entourer de très bons professionnels et le résultat est de très bonne tenue, nerveux, très enlevé, parfaitement maitrisé. Alain Delon y montre sa forte présence habituelle, jouant même sur plusieurs registres : on le voit ainsi porter un blouson de cuir, sans doute pour marcher sur les terres de son rival Belmondo… Trois hommes à abattre n’est pas conçu pour être un film mémorable mais pour constituer un divertissement. Ce qu’il réussit finalement plutôt bien et le film connut un grand succès.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Alain Delon, Dalila Di Lazzaro, Michel Auclair, Jean-Pierre Darras, Féodor Atkine, Simone Renant, Pierre Dux
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3 hommes à abattre
Alain Delon dans Trois Hommes à Abattre de Jacques Deray.

Alain Delon
Alain Delon en blouson à la Belmondo dans Trois Hommes à Abattre de Jacques Deray.

1 novembre 2018

Tout de suite maintenant (2016) de Pascal Bonitzer

Tout de suite maintenantNouvellement embauchée par un cabinet de conseil en fusions-acquisitions, Nora, jeune femme plutôt  bourrue, est surprise d’apprendre que ses nouveaux patrons ont connu son père…
Pascal Bonitzer a écrit Tout de suite maintenant avec Agnès de Sacy, une histoire qui se situe dans le monde de la finance (d’où le titre). L’histoire n’est guère crédible et la vision du monde professionnel paraît bien simpliste mais ce n’est finalement pas très important car la construction est en revanche parfaite et le scénario très bien écrit. Ce sont les rapports entre les différents personnages qui créent ce climat à la limite de l’étrange qui finit par séduire. Les personnages les plus âgés  sont les plus réussis, les plus complexes également, bien portés par une interprétation remarquable, Isabelle Huppert en tête. Jean-Pierre Bacri et Lambert Wilson / Pascal Greggory en faux jumeaux ne sont pas reste. Les personnages plus jeunes sont assez stéréotypés et donc moins intéressants. L’ensemble laisse une impression mitigée…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste, Lambert Wilson, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Bacri, Julia Faure, Pascal Greggory
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Tout de suite maintenant
Agathe Bonitzer et Vincent Lacoste dans Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer.

Tout de suite maintenant
Agathe Bonitzer et Isabelle Huppert dans Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer.

29 octobre 2018

L’Opéra (2017) de Jean-Stéphane Bron

L'OpéraUne saison dans les coulisses de l’Opéra de Paris à la Bastille…
Le réalisateur suisse Jean-Stéphane Bron dit avoir été intéressé de filmer une grande institution avec un foisonnement de personnages. Le directeur Stéphane Lissner qui venait d’être nommé a été un peu difficile à convaincre mais le tournage a finalement eu lieu entre janvier 2015 et juillet 2016. Le résultat n’est pas un documentaire classique, ni même un reportage sur la création du début à la fin d’un opéra, mais plutôt un kaléidoscope des multiples talents et des savoir-faire à l’œuvre au sein de cette institution entièrement dédiée à la création. Le film nous immerge totalement : à aucun moment, on ne sent le caractère intrusif de la caméra. Nous assistons aussi bien à des répétitions qu’à des réunions de direction. Le montage est parfait. Jean-Stéphane Bron a réussi à rendre son film captivant ; il n’est pas nécessaire d’être passionné d’opéra pour l’apprécier, il suffit d’être attiré par la création.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs:
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L'Opéra
Stéphane Lissner dans L’Opéra de Jean-Stéphane Bron.

25 octobre 2018

Napoléon (1955) de Sacha Guitry

NapoléonLe jour de la mort de Napoléon, M. de Talleyrand consent à raconter sa vie à quelques amis à la condition qu’il puisse le faire à sa façon…
Le Napoléon de Sacha Guitry est bien évidemment très marqué par la patte du réalisateur. C’est un film historique, certes, mais une grande importance est donnée aux amours de Napoléon et aux petits conciliabules, bien plus qu’aux grandes batailles ou aux joutes politiques. Le film est savoureux par ses dialogues et les mots d’esprits dont Guitry émaille les quelques trois heures du récit. Il a réuni un plateau de vedettes qui réunit, jusqu’au vertige, les grands noms du cinéma français des années cinquante, parfois pour un rôle de deux minutes, quand ce n’est pas pour pousser la chansonnette. Son trait de génie est d’utiliser deux acteurs différents pour le rôle principal : Daniel Gélin pour Bonaparte et Raymond Pellegrin pour Napoléon qui est probablement l’acteur qui aura donné l’interprétation la plus crédible de l’homme. Ce n’est pas un grand film épique qui exalte, c’est un film qui se savoure (à condition de ne pas être allergique au maniérisme de Guitry, bien entendu). A noter que c’est le seul film français à embrasser toute la vie de Napoléon Bonaparte.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Raymond Pellegrin, Daniel Gélin, Michèle Morgan, Micheline Presle, Danielle Darrieux, Pierre Brasseur, Jean Gabin, Jean Marais, Yves Montand, Jean-Pierre Aumont, Serge Reggiani, Dany Robin, Noël Roquevert, Maria Schell, Henri Vidal, Erich von Stroheim, Orson Welles, Sacha Guitry
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Napoléon
Sacha Guitry et Daniel Gélin dans Napoléon de Sacha Guitry.

Napoléon
Raymond Pellegrin dans Napoléon de Sacha Guitry.

21 octobre 2018

L’air de Paris (1954) de Marcel Carné

L'air de ParisAncien boxeur, Victor Le Garrec dirige une salle d’entraînement dans un quartier de Paris. Il rêve de découvrir un futur champion. Il espère l’avoir trouvé quand il rencontre André, jeune homme triste et désillusionné…
Roman de Jacques Viot adapté par Jacques Sigurd et Marcel Carné, L’air de Paris permet au cinéaste de retrouver un certain réalisme poétique avec l’atmosphère des petits quartiers de Paris. L’histoire est assez banale mais Carné sait donner de la profondeur à ses personnages. La direction d’acteur est précise. Arletty est un peu effacée mais Gabin fait une belle prestation, tout en retenue, laissant une bonne place au jeune Roland Lesaffre. On notera la présence discrète du thème de l’homosexualité. Le plus surprenant dans le film est la scène du combat de boxe, filmé sans ellipse, assez confuse et… plutôt ennuyeuse. L’air de Paris n’est pas du niveau des grands films de Carné mais n’est pas anodin pour autant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Arletty, Roland Lesaffre
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L'air de Paris
Jean Gabin et Roland Lesaffre dans L’air de Paris de Marcel Carné.

L'air de Paris
Arletty et Jean Gabin dans L’air de Paris de Marcel Carné.

L'air de Paris

19 octobre 2018

Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause! (1970) de Michel Audiard

Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause!Germaine, femme de ménage curieuse, a trois employeurs. Ses bavardages vont entrainer une situation bien étrange…
L’idée de départ de chantages croisés est amusante, les dialogues sont souvent jubilatoires, l’interprétation excellente, et pourtant l’ensemble nous laisse sur une sensation de film bâclé, à la réalisation imprécise. Il y a toutefois des scènes assez mémorables. A sa sortie, le film fut souvent jugé vulgaire, le côté amoral des personnages heurtant alors certains esprits ;  pourtant (ou à cause de cela), le film connut un grand succès… Il permit à Annie Girardot d’avoir accès à des rôles très populaires.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Annie Girardot, Bernard Blier, Mireille Darc, Jean Le Poulain, Sim, Jean Carmet, Robert Dalban
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Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause!
Quand il joue au petit chimiste, Bernard Blier n’a pas que des bonnes intentions dans Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause! de Michel Audiard.

17 octobre 2018

Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages (1968) de Michel Audiard

Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvagesA la suite d’un hold-up, une cargaison de lingots d’or passe de mains en mains. La jeune délurée Rita croit parvenir à s’en approprier une partie mais elle s’est associée à Charles qui ne s’avère pas fiable du tout. Pour le récupérer, elle fait appel à sa tante Léontine dont les méthodes expéditives sont craintes de tous…
Après avoir signé de nombreux scénarios et dialogues, Michel Audiard décide de passer derrière la caméra. Le scénario est bien entendu de son cru, écrit avec l’aide d’Henri Viard et de Jean-Marie Poiré. Le titre à rallonge (novateur pour l’époque) Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages annonce bien la couleur : l’histoire est totalement farfelue et tout ce petit monde va passer son temps à se tirer dessus, joyeusement et avec du style. Michel Audiard parsème le tout de ses dialogues hauts en couleur pour notre plus grand plaisir et nous apprend au passage la différence entre une métaphore et une périphrase (1). Françoise Rosay réussit une composition pleine d’humour assez inattendue et Marlène Jobert, ici dans l’un de ses premiers rôles, campe une jeune femme aussi sexy qu’amorale. La réalisation est un peu brouillonne sans que cela soit gênant. L’ensemble reste savoureux cinquante ans après sa sortie, avec un fort parfum de fin des années soixante du meilleur effet.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Françoise Rosay, Bernard Blier, Marlène Jobert, André Pousse, Paul Frankeur, Robert Dalban
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Remarques :
(1) (Bernard Blier) – Attention ! J’ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier ! L’aigle va fondre sur la vieille buse !
(sbire 1 à sbire 2) – C’est chouette comme métaphore, non?
(sbire 2) – Ce n’est pas une métaphore, c’est une périphrase.
(sbire 1) – Oh ! Fais pas chier!…
(sbire 2) – Ça, c’est une métaphore.

Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages
Bernard Blier et Marlène Jobert dans Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages de Michel Audiard.

Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages
Françoise Rosay et Bernard Blier dans Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages de Michel Audiard.

11 octobre 2018

Les distractions (1960) de Jacques Dupont

Les distractionsReporter-photographe, Paul Frapier vient en aide à son ancien ami Laurent recherché pour meurtre. Ils furent tous deux parachutistes en Algérie et restent liés par une indéfectible amitié…
Adapté d’un roman de Jean Bassan, Les distractions a été tourné quelques mois seulement après A bout de souffle et force est de constater qu’il présente bien des similitudes avec le film de Godard qui a manifestement servi de modèle. Jean-Paul Belmondo y interprète de nouveau un jeune type amoral et blasé, très égocentrique dans ses rapports avec les personnes qui l’entourent, notamment les femmes. Le film est centré sur ce portrait, l’intrigue policière passant au second plan ce qui ne laisse à Claude Brasseur que bien peu de place. Jacques Dupont, se laissant porter par la Nouvelle Vague, ne montre pas une grande originalité dans sa réalisation et se perd un peu dans les méandres des misères sentimentales que son personnage occasionne. On retrouve toutefois avec plaisir l’atmosphère du Paris de 1960 avec quelques images nocturnes du meilleur effet.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jean-Paul Belmondo, Alexandra Stewart, Sylva Koscina, Claude Brasseur, Mireille Darc
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Remarque :
* Les Distractions est le second (et ultime) long métrage de Jacques Dupont, auparavant spécialisé dans les courts métrages ethnographiques sur l’Afrique.

Les distractions
Jean-Paul Belmondo et Alexandra Stewart dans Les distractions de Jacques Dupont.

Les distractions
Alexandra Stewart et Mireille Darc (son premier rôle au cinéma) dans Les distractions de Jacques Dupont.