Stan et Laurel font du porte à porte pour vendre des cartes de vœux. Ils tentent de consoler une femme éplorée parce que son mari, un peintre, est devenu totalement indifférent. Stanley lui donne l’idée de rendre son mari jaloux et c’est Oliver qui va jouer le rôle de l’amant. Hélas, le mari est un homme colérique et le provoque en duel… The Fixer-Uppers reprend le thème de The Slipping Wives (1927), l’un des tous premiers courts métrages muets de Laurel et Hardy. Le scénario ne montre pas beaucoup de subtilités. On se rend compte après quelques minutes que l’histoire se déroule à Paris car le mari est un peintre français (avec, comme il se doit, moustaches et béret), probablement pour rendre son personnage plus impulsif et tempétueux. Il est interprété avec une certaine exubérance par Charles Middleton. Elle: – Lui :
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La jeune épouse d’un peintre célèbre se plaint auprès d’un ami que son mari ne « l’embrasse plus que les dimanches et jours fériés ». L’ami lui conseille de le rendre jaloux et de payer un homme pour la séduire ostensiblement… Slipping Wives est le deuxième court métrage produit par Hal Roach avec Stan Laurel et Oliver Hardy. Si les deux acteurs sont bien présents dans le même film, le duo n’est pas encore vraiment formé (l’affiche ci-contre est visiblement plus récente) : Oliver n’a qu’un rôle secondaire de majordome alors que Stan Laurel est bien plus mis en avant, jouant le rôle d’un innocent livreur de peinture forcé d’endosser le costume de séducteur. Le film repose surtout sur son incapacité à tenir ce rôle. Le plus amusant est qu’il n’a pas vraiment compris qui est le mari et qui est l’ami. Toutefois, l’ensemble ne montre aucun éclat particulier par rapport aux standards du cinéma comique de l’époque. Le même thème sera repris plus tard par le duo dans The Fixer Uppers (1935). Elle: – Lui :
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En 1938, après l’arrivée des troupes d’Hitler en Autriche, Franz Jägerstätter est le seul de son village St. Ragedund (proche de Braunau am Inn, ville natale d’Adolf Hitler) à s’opposer au régime nazi allemand. Il refuse ensuite catégoriquement de combattre pour le Troisième Reich et devient objecteur de conscience…
Ecrit et réalisé par Terrence Malick, Une vie cachée est un film biographique d’une durée de trois heures sur l’objecteur de conscience autrichien Franz Jägerstätter, aujourd’hui vénéré comme bienheureux et martyr par l’Église catholique. Terrence Malick mêle de nouveau une certaine religiosité avec une célébration de la nature. Au-delà du propos qui nous fait découvrir le parcours de cet homme peu connu et qui lui rend hommage, on peut se laisser doucement submerger par tout un ensemble de sensations avec aussi l’impression de pénétrer les personnages. Le bain de nature de la vie au village est tout en contraste avec le monde dictatorial et militaire qui s’impose à tous. A l’opposé, on peut trouver le film très long, emphatique et être gêné par le parti-pris d’utiliser une focale très courte qui déforme constamment décors et visages. Le film a été plutôt bien reçu par la critique. Elle: Lui :
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Remarques :
* En juin 2007, le pape Benoît XVI a autorisé la Congrégation pour la cause des saints à publier un décret reconnaissant Jägerstätter comme martyr. Celui-ci a été béatifié à la cathédrale de Linz le 26 octobre 2007, jour de la fête nationale autrichienne.
* La citation à la fin du film est tirée de la dernière phrase du roman Middlemarch de George Eliot. Considéré comme le chef-d’oeuvre de cet auteur britannique, le livre retrace l’histoire d’une petite ville à l’époque victorienne. Voici l’extrait : « … car le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et si les choses ne vont pas pour vous et moi aussi mal qu’elles auraient pu aller, nous en sommes redevables en partie à ceux qui ont vécu fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes délaissées. » (Extrait du dossier de presse)
* Après la Seconde Guerre mondiale, Franz Jägerstätter fut en effet largement oublié. Ce n’est qu’en 1964 que le sociologue américain Gordon Zahn publie une biographie qui le fait connaître.
August Diehl et Valerie Pachner dans Une vie cachée (A Hidden Life) de Terrence Malick.
Le film a été tourné avec des focales de 11mm et 16mm…
August Diehl dans Une vie cachée (A Hidden Life) de Terrence Malick.
À la fin des années 1880, la guerre des courants oppose les deux géants de l’électricité : Thomas Edison et George Westinghouse. Le premier est partisan de l’utilisation du courant continu alors que George Westinghouse, tout comme Nikola Tesla, préfère l’utilisation du courant alternatif… The Current War n’est pas à proprement parler un film sur Thomas Edison ou sur ses nombreuses inventions. Il se concentre sur la bataille commerciale entre deux hommes pour vendre leur système de distribution du courant dans les grandes villes américaines. Chacun des deux protagonistes s’efforce de discréditer le système de l’autre, sans qu’il y ait toutefois de malversations ou de coups bas. Certes, avec une bataille assez inattendue, le film nous fait revivre un moment important des grandes évolutions de la fin du XIXe siècle mais, en évacuant tous les aspects techniques, le scénario devient finalement assez répétitif et notre intérêt s’étiole. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Produit par Harvey Weinstein, le film devait sortir fin 2017. La première version supervisée par le producteur fut désapprouvée par le réalisateur. A la suite de l’affaire Weinstein, les droits furent repris et le réalisateur put tourner des scènes additionnelles et remonter son film pour une sortie fin 2019. En France, il n’est pas sorti en salles.
Benedict Cumberbatch dans The Current War de Alfonso Gomez-Rejon.
Ancien militaire, Henry Brogan est un tueur à gages avec une solide réputation de sniper. Il travaille pour une mystérieuse agence gouvernementale, la DIA. Alors qu’il décide de prendre sa retraite après un dernier contrat, il découvre qu’il est pris pour cible et poursuivi par un mystérieux jeune agent qui lui ressemble étrangement…
Réalisé par Ang Lee, Gemini Man est un film d’action assez classique. De toute évidence, son point fort n’est pas à chercher du côté du scénario. L’histoire est surtout là pour permettre d’enchaîner des scènes d’action, certes assez efficaces. Le film est principalement remarquable en tant que prouesse technique : l’acteur Will Smith y interprète deux personnages, le second étant un clone du premier, en beaucoup plus jeune. Ce n’est pas une technique de rajeunissement du visage, déjà utilisée par Marvel, mais une recréation totale du visage rajeuni à partir d’une « capture » de l’acteur (1). Cet effet spécial est parfaitement réalisé et le résultat paraît très naturel. Que le résultat procure au spectateur des sensations inédites (comme l’a affirmé l’intense communication autour du film) est plus discutable… Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Ang Lee chroniqués sur ce blog…
(1) En pratique, pour le personnage jeune, Will Smith retournait une même scène en studio avec deux caméras attachées à 20 cm de son visage couvert de points noirs, le but étant d’enregistrer tous les micros mouvements de la peau. Ces mouvements ont été ensuite appliqués à un visage entièrement créé par ordinateur.
Will Smith et Will Smith dans Gemini Man de Ang Lee.
L’histoire de Dick Cheney qui a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l’homme le plus puissant du pays, il a largement contribué façonner un nouvel ordre mondial, notamment en poussant son pays à faire la guerre en Irak…
Après The Big Short en 2015 sur la crise financière de 2008, Adam McKay s désiré traiter une nouvelle fois d’un de ces moments-clés qui ont modifié l’histoire de son pays et du monde. Le scénario qu’il a lui-même écrit, couvre toute la vie de Dick Cheney mais le point central est de montrer comment cet homme politique, pourtant initialement peu ambitieux, a su se frayer un chemin dans les arcanes du pouvoir et s’arroger ensuite des pouvoirs bien au-delà de sa fonction. Le propos est toutefois loin d’être étayé et il est bien entendu difficile de qualifier le film d’enquête. Le ton est plutôt celui de la satire tous azimuts. Le personnage apparaît assez outré, avec une voix rave et trainante digne d’un parrain de la mafia et une grande vulgarité. Sur le plan cinématographique, Adam McKay a une approche originale et pleine d’idées de déroulement, s’appuyant sur un montage haletant qui multiplie les ruptures, bombardant le spectateur d’information, ne lui laissant aucun répit ni de place à la réflexion. Malgré ses aspects novateurs, le film nous apparaît très classique et formaté. Il n’a rencontré qu’un succès très mitigé, que ce soit aux Etats-Unis ou dans les autres pays. Elle: Lui :
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Un brillant architecte est tourmenté à la suite de l’accident qui a coûté la vie à sa fiancée, la veille de leur mariage. Sa culpabilité est amplifiée par le fait qu’il est persuadé d’être victime de malchance du fait d’une série d’incidents. C’est alors qu’il rencontre Ellen, venue visiter sa tante… The Second Woman est un film à petit budget très peu connu. Un peu difficile à classer, il s’agit d’un suspense psychologique qui évoque quelque peu Rebecca ou encore Suspicion d’Alfred Hitchcock. Le scénario est habile, il a été écrit par Mort Briskin et Robert Smith qui sont tous deux producteurs. Si l’histoire est assez prenante et convaincante, l’ensemble nous laisse sur l’impression qu’il aurait pu avoir une toute autre dimension entre les mains d’un plus grand réalisateur et doté d’une distribution plus remarquable. Les prestations de Betsy Drake et de Robert Young sont toutefois tout à fait honorables. Le film mérite d’être découvert. Elle: – Lui :
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En 1959, un homme cache son butin dans le plancher d’une chambre de motel. Dix ans plus tard, en 1969, plusieurs voyageurs se retrouvent au El Royale, un hôtel esseulé sur les rives du lac Tahoe. La frontière entre la Californie et le Nevada passe en plein milieu de de ce lieu jadis très fréquenté… Sale temps à l’hôtel El Royale est le second long-métrage de Drew Goddard, surtout connu dans le domaine des films d’horreur. Il l’a écrit et réalisé. La mise en place de ce thriller est brillante. Toute la première moitié du film est séduisante car elle nous surprend et nous intrigue par sa construction élégante. Hélas, la suite et surtout la fin le sont beaucoup moins, sombrant plus dans la facilité. L’ensemble évoque furieusement les films de Quentin Tarantino (notamment Les Huit Salopards) mais il manque la verve. La plus belle trouvaille est incontestablement le décor de ce huis-clos, un hôtel (fictif bien entendu) conçu pour exploiter la frontière qui le traverse. Elle: – Lui :
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Charlie Chan et toute sa famille sont partis à l’hôpital pour assister sa fille qui se prépare à donner naissance à son premier petit-fils. Resté à la maison, le fils « numéro deux », Jimmy, intercepte un appel de la police et décide d’aller enquêter lui-même sur un meurtre commis à bord d’un cargo s’apprêtant à accoster… Charlie Chan à Honolulu est le premier film de la série Charlie Chan avec Sidney Toler. Après la mort de l’acteur suédois Warner Oland, la 20th Century Fox a testé trente quatre acteurs avant de choisir l’américain Sidney Toler. Parallèlement, le fils « numéro un », qui était interprété par Keye Luke, est remplacé par le fils « numéro deux » personnifié par le jeune américain d’origine chinoise Victor Sen Yung. Hormis ces changements, cet épisode s’inscrit tout à fait dans la lignée des précédents, Sidney Toler reprenant bien entendu tous les tics et habitudes du personnage. Le dénouement, un peu trop rapide, est toutefois assez confus. A noter la présence d’un personnage particulièrement comique, interprété par Eddie Collins (surtout connu pour avoir prêté sa voix à Dopey dans Blanche-Neige et les sept nains de Disney), doté ici d’un compagnon pour le moins inattendu. Elle: – Lui :
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De passage à Monte Carlo, Charlie Chan et son fils Lee se retrouvent fortuitement au centre d’une enquête : un meurtre commis dans le milieu de la haute finance… Charlie Chan at Monte Carlo (il n’y a pas de titre français car le film n’est pas sorti en France) est le dernier film de la série Charlie Chan avec Warner Oland. L’acteur suédois est mort d’une pneumonie quelques mois plus tard pendant une tournée dans son pays natal, la Suède. Car Warner Oland était en effet suédois, il affirmait juste avoir quelques racines en Mongolie pour expliquer ses traits un peu asiatiques. Bien que ne présentant aucun défaut majeur, le film manque un peu de brillance, paraît plus anodin. Contrairement à l’habitude, le dénouement ne surprend guère. Keye Luke a tendance à surjouer son personnage de fils turbulent mais Harold Huber mérite une mention particulière car il apporte beaucoup d’humour et de panache au personnage du policier français. La série continuera avec l’acteur Sidney Toler. Elle: – Lui :
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