(Court métrage parlant, 20 mn) Sous la neige, par un froid glacial, Stan et Ollie tentent de gagner quelques sous en jouant dans la rue mais les passants généreux sont bien rares…
Il est inhabituel qu’un film de Laurel et Hardy ait si ouvertement une dimension sociale. Below Zero se situe dans la veine des films de Chaplin mais le duo comique n’a pas le même talent pour évoquer la pauvreté, notamment en hissant très haut leurs personnages comme le fait Chaplin. Les gags sont plutôt tristes, paraissent même cruels quand ils ne sont pas de mauvais goût comme dans l’épilogue. La seconde partie dans le restaurant évoque encore plus Chaplin : impossible de ne pas penser à la scène du restaurant de The Immigrant (1917). Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
En 1996, Richard Jewell fait partie de l’équipe chargée de la sécurité des Jeux d’Atlanta. Il est l’un des premiers à alerter de la présence d’une bombe, sauvant ainsi de nombreuses vies. Son statut de héros ne dure cependant que trois jours car le FBI estime qu’il a le profil d’un poseur de bombe et l’information fuite dans les médias… Le Cas Richard Jewell s’inspire de l’histoire de l’agent de sécurité Richard Jewell qui a réussi à limiter une attaque terroriste durant les Jeux olympiques d’été de 1996 avant d’en être suspecté. Le scénario a respecté scrupuleusement les faits sur certains points tout en brodant sur d’autres. Le FBI n’est guère montré à son avantage mais la charge la plus sévère est à l’encontre des médias, capables de détruire la vie de personnes. Comme souvent, Clint Eastwood ne donne pas dans la nuance, les gentils et les méchants sont faciles à identifier. Le film a suscité une petite polémique outre-Atlantique par la façon dont la journaliste Kathy Scruggs (aujourd’hui décédée) fait parler un agent du FBI en échange de rapports sexuels. L’ensemble est un peu trop long mais reste prenant grâce à l’interprétation très humaine de Paul Walter Hauser. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Un manchot empereur de l’Antarctique n’arrivera jamais à rien s’il ne sait pas chanter, et le pauvre Mumble est sans conteste le pire chanteur du monde. Son talent à lui, c’est les claquettes, qu’il pratique en virtuose, avec une ardeur confondante…
George Miller, réalisateur de la série de films Mad Max, a surpris tout le monde en réalisant Babe, le cochon dans la ville (1998) puis ce Happy Feet, deux films destinés aux enfants. Ce film d’animation est produit par Warner Bros. Il surfe sur la vogue des manchots à la suite de l’énorme succès de La Marche de l’Empereur (2005) et reprend de nombreux principes de Madagascar (2005) de Dreamworks. Les manchots parlent, chantent et dansent, l’anthropomorphisme est poussé très loin. Les scènes de groupes sont les plus spectaculaires. Contrairement aux productions Dreamworks et Pixar, il n’y a que peu de clins d’oeil, hormis musicaux bien entendu. Le propos repose sur l’habituel Think outside the box ; cet éloge de la différence est émaillée d’une note écologique dénonçant la pêche industrielle. L’ensemble est plaisant mais donne souvent l’impression de tourner en rond. Gros succès commercial et une suite : Happy Feet 2 en 2011. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « The Scarecrow »
Autre titre français : « Les Ruses de Malec »
(Court métrage muet, 35 min env.) Buster et un ouvrier agricole partagent la même maison où, grâce à de nombreux mécanismes, toutes les pièces tiennent en une seule. Ils sont tous deux amoureux de la fille du fermier…
Après One Week, réalisé quelques mois auparavant, Buster Keaton reprend le thème de la maison mais, ici, il cherche à créer une maison idéale. Dans l’esprit des créations du dessinateur Rube Goldberg, d’astucieux mécanismes permettent d’économiser l’espace et rendent tous les objets accessibles. La scène du petit déjeuner est une merveille, elle a de toute évidence demandé une précision extrême dans les enchaînements. Le reste du film manque un peu de liant mais comporte de belles trouvailles de gags qui se suivent sans aucun temps mort. Malgré le manque d’histoire forte, The Scarecrow fait incontestablement partie des meilleurs courts métrages de Buster Keaton. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le matin du 11 septembre 2001, des passagers embarquent à bord du Vol 93 United Airlines à l’aéroport de Newark. Quatre terroristes d’al-Qaïda montent également à bord de cet avion. Pendant ce temps, le Q.G. de la Federal Aviation Administration (FAA) est informé que le contact avec le vol 11 American Airlines de Boston vers Los Angeles a été perdu… Vol 93 un film franco-britanno-américain réalisé par Paul Greengrass cinq ans après les faits. Il retrace en temps réel les 90 minutes qui se sont écoulées entre la perte de contact du premier avion jusqu’au crash du dernier. Il nous fait suivre le 4e avion, celui qui n’a pas atteint sa cible, parallèlement au suivi par le contrôle aérien au sol. Le film a été conçu dans le plus grand respect pour les victimes et c’est ainsi que les passagers du vol ne sont pas individualisés comme dans un film-catastrophe classique. Il joue plutôt avec l’intense succession des évènements. Une grande partie du film se déroule dans les locaux de la FAA et au centre de commandement militaire. Les militaires sont montrés totalement inefficaces ou, au moins, impuissants. L’action à l’intérieur du vol 93 a été reconstituée à partir des appels des passagers à leur famille. Comme à son habitude, Paul Greengrass pratique un découpage rapide et des mouvements de caméra nerveux voire erratiques. Toujours dans l’esprit de ne pas individualiser les victimes, il n’y a pas d’acteurs connus. Certaines personnes impliquées ont interprété leur propre rôle à commencer par le manager des opérations de la FAA. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, le film n’exploite pas le drame, il montre même une certaine retenue dans la reconstitution des faits. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « Charlie Chan at Treasure Island »
Dans l’avion qui les emmènent d’Honolulu à San Francisco, Charlie et Jimmy Chan parlent avec leur ami l’écrivain Paul Essex avant que celui-ci reçoive un message et s’éclipse, l’air sombre. Peu avant l’atterrissage, il est retrouvé mort à l’arrière de l’appareil. Il tient à la main le message dont la teneur est bien mystérieuse…
Ce troisième film de la série Charlie Chan avec Sidney Toler colle à l’actualité : l’histoire prend place en grande partie au sein de l’Exposition internationale du Golden Gate qui a lieu en 1939 sur l’île artificielle de Treasure Island à San Francisco. Cette exposition célébrait l’ouverture récente des deux principaux ponts enjambant la baie de San Francisco, le Bay Bridge et le Golden Gate Bridge. L’intrigue se déroule dans le monde de la magie et du paranormal. Ce n’est pas la première fois mais, ici, le dénouement laisse à penser que certaines personnes ont réellement des capacités qui défient la science. De façon très inhabituelle, ce ne sont pas la logique pure et la déduction qui permettent à Charlie Chan de démasquer le meurtrier. Charlie Chan et l’Île au trésor est donc un épisode assez surprenant dans la série des Charlie Chan. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Norman Foster chroniqués sur ce blog…
Wally Vernon, Sidney Toler, Pauline Moore, Douglas Fowley et Cesar Romero
dans Charlie Chan et l’Île au trésor (Charlie Chan at Treasure Island) de Norman Foster.
(1) Treasure Island est une île artificielle de la baie de San Francisco, située entre San Francisco et Oakland, au beau milieu du Bay Bridge. Elle est reliée par un isthme à Yerba Buena Island, qui est elle une île naturelle. Treasure Island a été créée en 1939 pour l’Exposition internationale du Golden Gate par l’extraction de matériaux de la baie, et du tunnel creusé à travers Yerba Buena Island.
A Londres dans les années 1950, le couturier Reynolds Woodcock dessine les vêtements des gens de la haute société : stars de cinéma, héritières et même la famille royale. Il travaille avec sa sœur Cyril et les femmes vont et viennent dans la vie de ce célibataire aussi célèbre qu’endurci, lui servant à la fois de muses et de compagnes soumises. Jusqu’au jour où la jeune et déterminée Alma ne vienne prendre une place centrale. Mais cet amour va bouleverser une routine jusque-là ordonnée au millimètre près…
Paul Thomas Anderson a réalisé, écrit et officié en tant que directeur de la photographie sur Phantom Thread. Le personnage de Reynolds Woodcock est inspiré par le grand couturier espagnol Cristóbal Balenciaga (1895-1972). Le film est assez séduisant dans sa forme : il est élégant et raffiné. En revanche, l’histoire n’est finalement pas très intéressante, c’est le moins que l’on puisse dire ; elle ne repose essentiellement que sur l’originalité de la relation entre les deux personnages principaux. L’histoire est relevée in extremis par une pointe de suspense lointainement inspiré de Rebecca d’Alfred Hitchcock. Pour son excellente interprétation, Daniel Day Lewis semble s’être inspiré de Jeremy Irons. L’acteur a annoncé arrêter sa carrière après ce film. La critique unanime a parlé de chef d’œuvre et le public a suivi. Personnellement, je le qualifierais de « beau mais un peu vide et ennuyeux ». Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A Paris, Petrov, un danseur classique passionné par le jazz et les claquettes, tombe amoureux d’une jeune danseuse en regardant des photos d’elle. Il parvient à la rencontrer en se faisant passer pour un Russe. Alors qu’elle décide sur un coup de tête de rentrer aux Etats-Unis, il la suit et embarque sur le même bateau qu’elle…
De la dizaine de films que Fred Astaire et Ginger Rodgers ont tournés ensemble, Shall We Dance est sans doute l’un des plus mémorables. Pourtant, ce septième film semble recycler des situations déjà utilisées dans les précédents (notamment Top Hat) et les personnages secondaires interprétés par Edward Everett Horton et Eric Blore sont calqués sur ceux qu’ils ont déjà joués de nombreuses fois. Si le film est mémorable, c’est certainement plus pour ses chansons que pour ses morceaux de danse qui sont finalement peu nombreux. Les chansons « They Can’t Take That Away From Me », « Let’s Call the Whole Thing Off » sont passées à la postérité. Paroles et musique sont sublimes. Il faut aussi mentionner l’étonnant « Slap that bass » and « They all laughed ». Ce film est l’une des rares collaborations directes des frères George et Ira Gershwin avec le cinéma hollywoodien. Le succès populaire fut au rendez-vous mais il fut moindre qu’attendu, révélant une certaine lassitude du public. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Fréquemment attaqués par une troupe de bandits qui les rançonnent, les habitants d’un petit village du Mexique embauchent des tireurs professionnels pour les repousser… Les Sept Mercenaires est un western de John Sturges grandement inspiré du grand film japonais Les Sept Samouraïs réalisé par Akira Kurosawa en 1954. L’histoire est simplifiée : le code des samouraïs a laissé la place à une sorte d’humanisme désintéressé, les caractères des différents personnages sont en partie effacés. La première moitié, le recrutement des mercenaires, est la plus intéressante, la seconde étant plus centrée sur l’action. Avec sa faible quantité de dialogues et l’accent mis sur les affrontements silencieux, c’est un western assez moderne qui inspirera les westerns italiens de la décennie à venir. Le casting réunit des stars établies comme Yul Brynner et des étoiles montantes comme Steve McQueen (qui a utilisé un subterfuge pour s’extraire temporairement du tournage de la série Au nom de la Loi). Ce dernier a constamment cherché à voler la vedette à Yul Brynner par de petits mouvements divers pour attirer l’attention ce qui provoquera une brouille durable entre les deux acteurs. A sa sortie, le film fut un petit succès aux Etats-Unis mais un très grand succès en Europe et dans le reste du monde. Il est aujourd’hui considéré comme un classique et même parfois qualifié de chef d’œuvre. Elle: – Lui :
Lecteurs : (3 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Yul Brynner, Steve McQueen, Horst Buchholz, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter et James Coburn.
Photo posée publicitaire pour Les 7 mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges.
Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York. Ashleigh a en effet obtenu de pouvoir interviewer un réalisateur en vue pour le journal de son université. Gatsby, originaire de la ville, a prévu de l’emmener dans plein d’endroits mais rien ne va se passer comme prévu…
A plus de quatre-vingts ans, Woody Allen n’a rien perdu de son talent pour écrire des comédies romantiques douces et élégantes. Celle-ci a beaucoup de légèreté et, indéniablement, moins de profondeur que la plupart de ses films récents. Elle est marquée d’une certaine candeur. Bien entendu, le cinéaste s’en donne à cœur joie pour trouver les lieux qui rendent sa ville de prédilection la plus plaisante de toutes. Un jour de pluie à New York est un petit délice bien agréable. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Un jour de pluie à New York est le troisième film de Woody Allen produit avec Amazon studios. Amazon a décidé de ne pas distribuer le film aux Etats-Unis en raison des accusations portées par la fille adoptive de Woody Allen et Mia Farrow. Néanmoins, le long-métrage est sorti dans le reste du monde.
Timothée Chalamet et Elle Fanning dans Un jour de pluie à New York (A Rainy Day in New York) de Woody Allen.