L’Américain Mickey Pearson est devenu un important baron de la drogue à Londres. Il a bâti une solide « entreprise », implantée dans tout le Royaume-Uni et il est introduit sein de la haute société. Mais lorsqu’il songe à se retirer et cherche un acquéreur, les choses commencent à se gâter. Un détective privé londonien, originellement engagé par un rédacteur de chef, tente de monnayer ce qu’il a découvert : il rend visite à son homme de main pour le faire chanter… The Gentlemen est un film écrit et réalisé par le britannique Guy Ritchie. Le cinéaste renoue avec le style du film qui l’a fait connaitre, Crimes, arnaques et botanique (1998). Le scénario de cette histoire à tiroirs est bien écrit, avec des dialogues relevés, souvent savoureux. Le rythme est soutenu : un peu dure à suivre au début, l’histoire se clarifie à mesure que les personnages se mettent en place. Doté d’un beau plateau d’acteurs, l’ensemble est réjouissant, assez élégant, sans complaisance pour la violence. Le film fut un succès. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « Guardians of the Galaxy Vol. 2 »
Suite des aventures des Gardiens de la galaxie, ce groupe hétéroclite constitué de Peter Quill, alias Star-Lord, Gamora, la fille adoptive de Thanos, Drax le Destructeur, Rocket, un raton-laveur génétiquement modifié et bébé Groot… Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est un film de super-héros américain écrit et réalisé par James Gunn. Il met en scène les aventures des personnages du comix du même nom. Le film fait suite à Les Gardiens de la galaxie réalisé par le même James Gunn en 2014. J’ai pris beaucoup moins de plaisir à regarder ce nouvel opus. Probablement, la nouveauté pour moi était quelque peu émoussée. Les répliques brillantes m’ont paru moins nombreuses et les combats étirés en longueur. Le public visé reste très jeune, la violence étant assez irréelle. Mais mon avis est minoritaire puisque ce fut un gros succès. Elle: – Lui :
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En Iran, une jeune fille empêchée devenir actrice filme son suicide et fait envoyer la vidéo à une actrice célèbre, Behnaz Jafari qu’elle accuse de ne pas l’avoir aidée. Très affectée, celle-ci part avec un ami réalisateur dans un village isolé près de la frontière turque où vivait la jeune fille… Trois Visages est un film iranien écrit et réalisé par Jafar Panahi, le réalisateur de Taxi Téhéran. Il s’agit d’un film qui défend les professions artistiques dont l’image est malmenée par l’archaïsme de la société rurale iranienne et ses notions sclérosantes d’honneur. La question est d’autant plus aigue qu’il s’agit ici de femmes. Trois générations d’actrices sont représentées, d’où le titre. Avec cette situation originale, Jafar Panahi aborde plusieurs aspects de la société iranienne et souligne la lenteur de son évolution. Elle: Lui :
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Après son divorce, Isabelle, généticienne, tente de reprendre sa vie en main. Elle tombe amoureuse et décide de relancer sa carrière. Mais son ex-mari, James a du mal à l’accepter et lui rend la vie dure dans la bataille qu’il mène pour obtenir la garde de leur fille Zoé. Une tragédie les frappe et la famille s’en trouve brisée. Isabelle décide alors de prendre le destin en main… My Zoé est un film franco-germano-britannique écrit et réalisé par Julie Delpy qui tient également le rôle principal. Le film a été tourné en anglais. Le récit débute sur la bataille à propos de la garde d’un enfant après un divorce, pour évoluer ensuite en drame douloureux, avant de finir avec une prospective dans le domaine de la génétique. Ce dernier tiers, à la limite du film de science-fiction, donne à l’ensemble une ampleur inattendue, explorant, à travers la détermination de cette femme, les dérives possibles de l’évolution de la génétique. Julie Delpy a su insuffler une belle intensité à son récit. Elle: Lui :
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Sam, un jeune homme apathique et oisif, fait la connaissance de sa nouvelle voisine, Sarah. Il en tombe aussitôt sous le charme. Lorsque celle-ci disparaît subitement dès le lendemain, Sam décide de partir à sa recherche et entreprend une enquête des plus surréalistes aux abords de la ville de Los Angeles… Under the Silver Lake est un film américain écrit et réalisé par David Robert Mitchell. Le récit exploite les croyances du type « il y a des messages cachés et codés que seuls certains initiés peuvent voir ». Le réalisateur semble vouloir marcher sur les traces de David Lynch et tente de créer une atmosphère à la Mulholland Drive. Hélas, il s’attache plus à nous montrer le plus grand échantillon possible d’illuminés et de complotistes qu’à mettre en place des pistes éventuelles pour l’avancée de « l’enquête ». On se lasse assez rapidement de cet étalage. La forme est plaisante mais le film est truffé de références à des films, cela peut raviver notre intérêt, mais là aussi il y en a trop. L’ensemble est nébuleux à souhait et pas très intéressant. La critique (française du moins) a montré un enthousiasme étonnant, que le public ne semble pas avoir partagé. Elle: – Lui :
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Nina Kacew, jeune femme juive, actrice, et originaire de Russie, élève seule son jeune garçon, Roman, en Pologne. Elle imagine pour lui une carrière toute tracée d’écrivain et de diplomate, l’empêchant de se consacrer à la peinture où il montre pourtant quelque talent. Dynamique, travailleuse et douée en affaires, elle monte une petite entreprise de mode à la manière de la France, pays qu’elle admire… La Promesse de l’aube est un film français coécrit et réalisé par Éric Barbier. Il s’agit de l’adaptation du roman autobiographique de Romain Gary paru en 1960, déjà porté à l’écran par Jules Dassin en 1970. Il met en scène les relations de l’écrivain avec sa mère ultra-possessive et dirigiste. Le récit suit assez fidèlement celui de l’écrivain. C’est un film au budget important, d’un beau classicisme, porté par une interprétation intense. Charlotte Gainsbourg est remarquable, dans le style « habité par son personnage », souvent au bord du surjeu sans jamais franchir la limite ; elle parvient parfaitement à exprimer le petit degré de folie de son personnage. Pierre Niney est tout aussi étonnant, avec ce mélange de fragilité et de force de caractère. Par son ampleur et son intensité, le film se montre réussi et assez passionnant. Hélas, le succès ne fut pas au rendez-vous. Elle: Lui :
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À trente-trois ans, Mathieu Capelier ne sait pas qui est son père. Un matin, un appel téléphonique du Canada lui apprend que celui-ci, Jean Edel, qui vivait là-bas, vient de mourir accidentellement. Mathieu décide de faire un aller-retour de trois jours à Montréal afin d’en apprendre davantage sur ce géniteur qu’il n’a jamais connu et rencontrer ses frères… Le Fils de Jean est un film franco-canadien réalisé par Philippe Lioret, inspiré du roman Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de l’écrivain français Jean-Paul Dubois paru en 1999. Sur le thème de la filiation, c’est un récit très délicat doté d’un équilibre rare : le cinéaste donne la juste place aux sentiments, à l’émotion. Tous les éléments du récit semblent parfaitement à leur place. Il n’y aucun coup d’éclat et pourtant l’ensemble est intense. Les interprétations Pierre Deladonchamps et Gabriel Arcand sont tout en retenue et en subtilité. Il est rare qu’un film montre une telle harmonie. Elle: Lui :
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Ismaël Vuillard, réalisateur de films, est perturbé par le retour de Carlotta, sa femme disparue vingt ans plus tôt et dont il n’a pas réussi à faire le deuil. Elle s’immisce au sein du couple qu’il forme avec Sylvia, sa nouvelle compagne… Les Fantômes d’Ismaël est un film français écrit et réalisé par Arnaud Desplechin. Il met en scène un cinéaste, natif de Roubaix (tiens donc…), particulièrement perturbé par ses « fantômes » : il y a sa femme disparue qui veut reprendre la place qu’elle a abandonnée, son frère diplomate avec lequel il nourrit un contentieux dont on ne connaitra pas vraiment la nature, son beau-père, réalisateur célèbre face auquel il est un petit enfant et ses cauchemars qui le hantent chaque nuit. L’ensemble apparaît désordonné. Aucun fil n’est vraiment approfondi et les personnages ont fréquemment des comportements excessifs, des emportements et des réactions disproportionnés (le réalisateur a qualifié son personnage principal de « frénétique »). Dans ces moments, Matthieu Amalric a un jeu excessif assez gênant. Il y a bien quelques moments de grâce, quelques beaux passages mais l’impression générale reste plutôt négative. Présenté en ouverture du festival de Cannes 2017, Les Fantômes d’Ismaël été bien accueilli par la critique, un enthousiasme qui ne semble pas avoir été partagé par le public. Elle: – Lui :
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Extrait du dossier de presse (qui personnellement ne m’a pas vraiment éclairé):
Pour Arnaud Desplechin, Les Fantômes d’Ismaël est un film comprenant cinq films. Il développe : « C’est le portrait d’Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n’y rien comprendre. C’est le portrait d’Ismaël, un réalisateur de film qui traverse sa vie sans n’y rien comprendre non plus. C’est le retour d’une femme, d’entre les morts. C’est aussi un film d’espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock. Ismaël est frénétique. Et le scénario est devenu frénétique avec lui ! Pourtant, Ismaël dans son grenier essaie de faire tenir ensemble les fils de la fiction…
Je décrivais ainsi mon projet à un ami : « il me semble avoir inventé une pile d’assiettes de fiction, que je fracasse contre l’écran. Quand les assiettes sont toute cassées, eh bien, le film s’achève ».
Marion Cotillard et Mathieu Amalric dans Les Fantômes d’Ismaël de Arnaud Desplechin.
Samad est détective à la brigade des stupéfiants de Téhéran. C’est un flic obstiné et fougueux à la recherche d’un chef de file de la drogue, Naser Khakzad. Il va tenter de remonter la filière depuis les revendeurs jusqu’au laboratoire… La Loi de Téhéran (traduction du titre original : « Six millions et demi », c’est l’estimation du nombre de toxicomanes en Iran) est un film iranien écrit et réalisé par Saeed Roustayi, jeune réalisateur, juste trentenaire. C’est un film assez étonnant, qui jongle entre le thriller et le documentaire. C’est sans jugement ni complaisance que le réalisateur nous fait suivre le détective et aussi le trafiquant dont il dresse un portrait assez approfondi. En fait, il s’attache plus à nous montrer les hommes et nous fait découvrir un Iran ravagé par la drogue (la loi punit de mort la détention de drogue, que ce soit 30 grammes ou 30 kgs, ce qui a encouragé les trafiquants à jouer gros). Son film est moderne dans son équilibre, avec peu de temps morts mais sans effet inutile. Il montre ainsi une belle intensité. Une réussite. Elle: – Lui :
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Lucky est un vieil homme solitaire dans une petite ville perdue au milieu du désert. A plus de 90 ans, il fait de l’exercice, marche tous les jours en ville pour aller prendre son café, faire ses courses et retrouver des amis dans un bar le soir… Lucky est un film américain réalisé par John Carroll Lynch, la première réalisation de cet acteur habitué aux seconds rôles. Il s’agit du dernier film d’Harry Dean Stanton, l’inoubliable acteur de Paris, Texas (1984). Le film s’inspire de sa vie et de sa personnalité. On retrouve d’ailleurs en partie l’atmosphère du film de Wenders : des grandes étendues désertiques, des personnages un peu étranges et une bonne musique. Il ne faut pas attendre de grandes réflexions philosophiques mais on se laisse gagner peu à peu par cette atmosphère hors du temps, faite de choses simples. Harry Dean Stanton s’y montre sans fard. Autre originalité : la présence de David Lynch (aucun lien de parenté avec le réalisateur) qui a plusieurs fois dirigé l’acteur. Le film n’a eu qu’une distribution limitée mais a été bien accueilli par la presse et le public. Original et dépaysant. Elle: – Lui :
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Remarque :
• Harry Dean Stanton a tourné plus de 200 films mais ce n’est que le second où il a le premier rôle (le premier étant bien entendu Paris, Texas).
• Le co-scénariste Logan Sparks est un vieil ami d’Harry Dean Stanton.
David Lynch et Harry Dean Stanton dans Lucky de John Carroll Lynch.