31 mars 2006

Sommaire de mars 2006

Le Roi de coeur

(1966) de Philippe de Broca

Des souris et des hommes

(1992) de Gary Sinise

Terre Promise

(2004) d’ Amos Gitai

Mulholland Drive

(2001) de David Lynch

Philanthropique

(2002) de Nae Caranfil

Happy Together

(1997) de Wong Kar-wai

Le Nouveau monde

(1995) d’ Alain Corneau

Eleni : la terre qui pleure

(2004) de Theo Angelopoulos

Caterina va en Ville

(2003) de Paolo Virzì

A.I. Intelligence Artificielle

(2001) de Steven Spielberg

De battre mon coeur s’est arrêté

(2005) de Jacques Audiard

Alexandre

(2004) d’ Oliver Stone

Le chant de la fidèle Chunhyang

(2000) de Im Kwon-taek

Wilbur

(2002) de Lone Scherfig

Marie-Jo et ses 2 amours

(2002) de Robert Guédiguian

Le Journal de Bridget Jones

(2001) de Sharon Maguire

La marche de l’empereur

(2005) de Luc Jacquet

Le Nouveau Jean-Claude

(2002) de Didier Tronchet

Une pure coïncidence

(2002) de Romain Goupil

La Guerre à Paris

(2002) de Yolande Zauberman

Buffalo ‘66

(1998) de Vincent Gallo

Adorable Julia

(2004) de István Szabó

Sexes très opposés

(2002) de Eric Assous

L’attaque de la Moussaka géante

(2000) de Panos Koutras

I, Robot

(2004) d’ Alex Proyas

Les Temps qui changent

(2004) d’ André Téchiné

Je préfère qu’on reste amis

(2005) d’ Eric Toledano & Olivier Nakache

Le Voyage de Chihiro

(2001) de Hayao Miyazaki

Mille millièmes

(2002) de Rémi Waterhouse

L’impasse tragique

(1946) d’ Henry Hathaway

Le Terminal

(2004) de Steven Spielberg

Italian for beginners

(2000) de Lone Scherfig

Lundi matin

(2002) d’ Otar Iosseliani

Monique

(2002) de Valérie Guignabodet

Riens du tout

(1992) de Cédric Klapisch

Treize Jours

(2000) de Roger Donaldson

Les Démons à ma porte

(2000) de Wen Jiang

A Boire

(2004) de Marion Vernoux

Mon homme Godfrey

(1936) de Gregory La Cava

Les Trois vies de Rita Vogt

(2000) de Volker Schlöndorff

Les Anges Déchus

(1995) de Wong Kar-wai

Spy Game – Jeu d’espions

(2001) de Tony Scott

Mischka

(2002) de Jean-François Stévenin

Fenêtre sur Pacifique

(1990) de John Schlesinger

Les Soeurs fâchées

(2004) d’ Alexandra Leclère

Le Crime de Mrs Lexton

(1947) de Sam Wood

Être et avoir

(2002) de Nicolas Philibert

Pearl Harbor

(2001) de Michael Bay

La Repentie

(2002) de Laetitia Masson

Ghost World

(2001) de Terry Zwigoff

La Vie promise

(2002) d’ Olivier Dahan

Swing

(2002) de Tony Gatlif

America, America

(1963) d’ Elia Kazan

The Last Waltz

(1978) de Martin Scorsese

Nombre de billets : 54

31 mars 2006

Le Roi de Coeur (1966) de Philippe de Broca

Le Roi de coeur Elle :
Cette curiosité anti-conformiste en avance sur son temps met en charpie l’ordre établi et les institutions. Un village, que les allemands veulent faire exploser, se vide de ses habitants… sauf l’asile d’aliénés. Les fous de l’asile envahissent les rues et habitations, se déguisent et recréent les institutions au gré de leur fantaisie. L’idée est originale, les personnages hauts en couleur. Je reprocherai certaines lenteurs et un humour qui a un peu vieilli.
Note : 2 étoiles

Lui :
Le Roi de Coeur est un film assez étonnant, une sorte de fable anarchiste, antimilitariste ou plus simplement cocasse et farfelue. Une base de scénario assez remarquable permet à Philippe De Broca de recréer une société où les principales institutions et structures sociales sont représentées mais leurs règles ont volé en éclats… puisque la ville n’est tenue que par des « fous ». Et il en découle tout un tas de mini situations farfelues, comme une suite de jeux de rôles, où les fonctionnements habituels des rouages de la société sont détournés, retournés ou simplement ridiculisés. Sorti en 1966, il n’est pas étonnant que ce film ait reçu un mauvais accueil… en revanche, il me paraît plus étonnant qu’il n’ait pas été déterré dans les années soixante-dix.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Pierre Brasseur, Jean-Claude Brialy, Alan Bates, Geneviève Bujold, Julien Guiomar, Micheline Presle, Michel Serrault
Voir la fiche du film et la filmographie de Philippe de Broca sur le site IMDB.

Voir les autres films de Philippe de Broca chroniqués sur ce blog…

 

30 mars 2006

Des souris et des hommes (1992) de Gary Sinise

Titre original : « Of Mice and Men »

Des   souris et des hommes Elle :
Belle mise en scène et bonne interprétation de John Malkovitch en Lennie. Toutefois, on ressent un certain ennui au bout d’un moment. Le film parait trop léché et les images trop belles. C’est dommage car le roman de Steinbeck est plein d’intensité et d’émotion.
Note : 3 étoiles

Lui :
Cette nouvelle adaptation du roman de Steinbeck est un peu trop travaillée, les décors sont parfaits, la photo est superbe, mais l’ensemble manque un peu d’émotion, et ce, malgré l’excellent jeu de John Malkovich (qui tout de même tendfance à surcharger parfois) et le jeu tout en retenue de Gary Sinise. Finalement, on s’ennuie un peu, et attend l’inévitable évènement tragique que l’on sent venir pendant tout le film.
Note : 3 étoiles

Acteurs: John Malkovich, Gary Sinise
Voir la fiche du film et la filmographie de Gary Sinise sur le site IMDB.

La première version au cinéma date de 1939 et a été réalisée par Lewis Milestone.
A noter également une adaptation-cinéma turque en 1962,
deux adaptations en téléfilm aux Etats-Unis en 1970 et en 1981 ,
une à la télévision canadienne en 1971,
une adapation-cinéma iranienne en 1972,
une adaptation à la télévision turque en 1975,
une adaptation à la télévision suèdoise en 1977.

30 mars 2006

Terre Promise (2004) d’ Amos Gitai

Titre original : « Promised Land »

Terre   Promise Elle :
Il faut un peu de temps avant de se laisser complètement happer par le documentaire fiction d’Amos Gitaï qui nous plonge brutalement dans un trafic odieux de femmes des pays de l’Est. La caméra à l’épaule cahotante qui frôle le corps de ces femmes vendues et qu’on fait passer de club en club durant la nuit, fait participer le spectateur au terrible sort qui leur est réservé. De longs plans réalistes, une ambiance nocturne glauque, des sons ambiants très présents sont là pour immerger le spectateur dans cet univers lugubre et inhumain. La forme du film sert terriblement bien le message véhiculé par Amos Gitaï. C’est ce qu’on appelle du cinéma brut et efficace.
Note : 4 étoiles

Lui :
Amos Gitaï parvient bien à nous faire partager une petite partie de ce que peuvent ressentir ces filles vendues aux enchères et traitées comme des marchandises : on est transbahuté, on ne comprend pas bien où on va, ni ce qui nous attend. Ces filles subissent, sans avoir de contrôle sur ce qui leur arrive. Terre Promise est plus un documentaire qu’un film de fiction,  il témoigne de ces sordides trafics qui existent encore de nos jours.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Hanna Schygulla, Anne Parillaud
Voir la fiche du film et la filmographie de Amos Gitai sur le site IMDB.

Voir les autres films de Amos Gitai chroniqués sur ce blog…

29 mars 2006

Mulholland Drive (2001) de David Lynch

Titre original : « Mulholland Dr. »

Mulholland Drive Mulholland Drive Elle :
David Lynch aime faire vivre à ses spectateurs une expérience qui les entraîne dans un labyrinthe de mondes réels ou imaginaires, des mondes dans lesquels il met en scène ses propres rêves et fantasmes. C’est le cas dans Mulholland Drive avec Betty-Diane, l’actrice ratée et Rita-Camilla, la vamp amnésique. On pense comprendre ce qui les unit malgré quelques scènes énigmatiques. La dernière demi-heure balaie toutes nos certitudes. On ne sait plus ce qui est rêve ou réalité. On a beau essayer de reconstruire le puzzle, il s’effondre car d’autres pistes sont possibles. En ce sens, Lynch est très fort pour manipuler nos émotions et nous prendre à contrepied mais on ressent quand même une certaine frustration de ne pas avoir décrypté le sens du film. Belle mise en scène bien rythmée et très bon duo d’actrices.
Note : 4 étoiles

Lui :
David Lynch et Naomi Watts Mulholland Drive est un film qui ne se livre pas au premier abord : après l’avoir vu une première fois, il faut y réfléchir pour faire le tri entre la réalité, le rêve, le fantasme, recoller tous les morceaux, essayer de donner un sens à tout ce que l’on a vu pendant 2h30 et ce processus, cette impression de rassembler un puzzle à plusieurs dimensions, est une partie non négligeable du plaisir que peut procurer ce film et une source de réflexions somme toute assez intéressantes. Les facettes sont d’autant plus nombreuses, qu’étant originellement conçu comme un pilote pour une série télé, le film comporte bon nombre de fils, de pistes, de personnages qui auraient pu être développés par la suite. La maîtrise de Lynch dans la mise en scène est une fois de plus flagrante : chaque scène est un véritable bijou, un ensemble parfait, un délice pour l’oeil, un cinéma très doux, velouté pourrait-on dire, mais aussi très fort, puissant et surtout extrêmement riche. L’humour est toujours très présent, d’abord dans certaines scènes mémorables (le mafiosi avec son expresso, l’exécution par le tueur à gages qui tourne mal, …) mais aussi distillé par petites touches qui soulagent le spectateur de la tension générée par d’autres scènes. Seule la musique semble un peu en retrait dans cette oeuvre presque parfaite. David Lynch est vraiment un grand cinéaste.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux
Voir la fiche du film et la filmographie de David Lynch sur le site IMDB.

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28 mars 2006

Philanthropique (2002) de Nae Caranfil

Titre original : « Filantropica »

Philanthropique Elle :
C’est sous la forme d’une comédie grinçante que Nae Caranfil a choisi de nous montrer l’état de la société roumaine, dix après la chute du mur de Berlin. Son protagoniste principal, un professeur sans le sou cherche à gagner de l’argent facile par l’intermédiaire d’un papy grigou qui le manipule. Escroqueries dans l’univers des restaurants chics de Bucarest, rues jonchées de mendiants et d’artistes à la dérive, chiens errants, publicités tapageuses. Les symboles de la société de consommation occidentale sont montrés du doigt alors que les plus pauvres continuent de s’enfoncer dans la misère et que les valeurs du travail et de l’école ne sont plus à l’ordre du jour. De bonnes idées et de l’humour malgré tout mais certaines longueurs gâchent cette peinture virulente.
Note : 3 étoiles

Lui :
Philanthropique est une comédie assez amusante de Nae Caranfil et en même temps un certain portrait de la société roumaine. Si la présentation de la mendicité organisée, hissée à l’état d’un art, est sans doute un peu exagérée, c’est la vision d’une société à deux vitesses qu’il nous présente, une vision assez inquiétante. Beaucoup de situations sont vraiment originales et amusantes mais le film souffre tout de même de quelques longueurs dans sa seconde partie.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Mircea Diaconu, Gheorghe Dinica, Mara Nicolescu
Voir la fiche du film et la filmographie de Nae Caranfil sur le site IMDB.

28 mars 2006

Happy Together (1997) de Wong Kar-wai

Titre original : « Cheun gwong tsa sit »

Happy   Together Elle :
Les passages sombres, les appartements étriqués, les bars, des vies sans avenir dans une ville d’Argentine au son du tango. On trouve déjà les thèmes et des éléments de mise en scène des films récents de Wong Kar wai. Cependant, après moult efforts, je ne suis pas parvenue à m’intéresser aux tumultes amoureux de ces deux homosexuels qui passent leur temps à se séparer et se réconcilier.
Note : 1 étoile

Lui :
Si la forme est particulièrement intéressante et novatrice, avec ses cadrages surprenants et sa photographie saturée, le scénario du film l’est beaucoup moins (intéressant et novateur), du moins à mes yeux. Le titre est un clin d’oeil à la chanson du groupe The Turtles, contrepoint ironique placé à la fin du film.
Note : 1 étoile

Acteurs: Leslie Cheung, Tony Leung Chiu Wai
Voir la fiche du film et la filmographie de Wong Kar-wai sur le site IMDB.

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27 mars 2006

Le nouveau monde (1995) d’ Alain Corneau

Le nouveau   monde Elle :
Un petit village près d’Orléans dans les années 50 et une base américaine proche ; un amour d’enfance que deux enfants se promettent mais mis à mal par la rencontre de l’univers américain : jazz, voitures clinquantes, objets de la société de consommation. On sent Alain Corneau fasciné et nostalgique d’une époque qu’il a sans doute vécue. Evidemment, on n’échappe pas à quelques clichés et longueurs. Corneau sans doute passionné de musique, soigne particulièrement la mise en scène d’un groupe de jazz inspiré de Miles Davis.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le Nouveau Monde est surtout une évocation d’une certaine époque, aux alentours de 1960, et de cette fascination que pouvait exercer une base américaine sur des adolescents. Le principal moteur de cette fascination est la musique, le jazz en l’occurrence. Si le côté musical est assez bien retranscrit et recréé (avec notamment des acteurs qui jouent vraiment de leurs instruments, ce qui est rare au cinéma), le contexte général n’est qu’effleuré et le film manque un peu de substance. Il reste assez plaisant tout de même.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Nicolas Chatel, Sarah Grappin, James Gandolfini, Alicia Silverstone, Guy Marchand
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Homonyme (sans aucun lien avec ce film) :
Le Nouveau Monde de Terrence Malick (2005)

27 mars 2006

Eleni : la terre qui pleure (2004) de Theo Angelopoulos

Titre original : « Trilogia I: To Livadi pou dakryzei »

la   terre qui pleure Elle :
(pas vu)

Lui :
Le cinéma de Théo Angelopoulos n’est plus hélas inspiré et comme poussé par une flamme. Eléni, premier volet d’une trilogie qui va couvrir tout le XXe siècle, n’apparaît que comme une suite de longs plans séquences, interminables, chargés de tristesse et de désolation. L’image est sombre, dans tous les sens du terme. Peu de paroles, peu d’évènements historiques si ce n’est pour apporter encore plus de malheur. Eléni est interprété sans grande inspiration et pleure toutes les larmes de son corps. Un cinéma rigide et hélas sans émotion, avec néanmoins quelques beaux plans graphiques, notamment quelques beaux ballets de barques.
Note : 1 étoile

Acteurs: Alexandra Aidini, Nikos Poursadinis
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26 mars 2006

Caterina va en ville (2003) de Paolo Virzì

Titre original : « Caterina va in città »

Caterina   va en ville Elle :
Ce film est une très agréable surprise qui commence sur le ton d’une comédie légère avec l’arrivée de Caterina, une petite provinciale, dans la grande ville de Rome où son père la pousse à rencontrer des filles de riches ou de gens haut placés. C’est petit à petit que se dessinent les portraits de familles déstructurées par les divorces, la démission parentale, les rêves de célébrité ou de reconnaissance avortés, la télévision de Berlusconi qui formate la pensée, la corruption politique. Paolo Virzi fait un portrait acerbe et inquiétant d’une société italienne qui se délite au niveau de sa jeunesse livrée à elle-même. Il réussit son pari en mêlant de façon bien dosée humour et drame et nous fait partager avec émotion les atermoiements de la jeune Caterina qui a bien du mal à trouver son chemin au milieu de sa famille déstabilisée et de ces lolitas en mal d’affection.
Note : 5 étoiles

Lui :
On retrouve dans ce film un peu du souffle qui animait les grandes comédies italiennes. Caterina va en ville est bien plus qu’une comédie : il nous offre un portrait de la société italienne, ou du moins romaine, et met en relief une certaine fracture entre les “élites” et les “gens normaux”. Et c’est là que réside le tour de force du film : introduire un contenu sociologique assez fort sur un ton général de comédie assez plaisante. Le choix de montrer tout cela en centrant le film sur une adolescente qui se retrouve parachutée dans un “collège de riches” est pour beaucoup dans la réussite de ce périlleux équilibre. Au final, on ne s’ennuie pas une seconde et l’on peut juste lui reprocher certains côtés un peu manichéens. Je trouve particulièrement injuste que le film ait été boudé par la Critique.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Alice Teghil, Sergio Castellitto, Margherita Buy
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