3 décembre 2014

J’accuse (1919) de Abel Gance

J'accuse!(film muet) Poète et amoureux de la vie, Jean Diaz aime Edith qui a été contrainte par son père de se marier avec François Laurin. Quand la guerre est déclarée, tous les hommes de leur petit village de Provence doivent partir au front où les deux hommes vont se retrouver… Alors que la guerre n’est pas encore terminée, Abel Gance reprend le titre du célèbre article de 1898 d’Emile Zola pour la défense de Dreyfus, pour dénoncer les méfaits de la guerre sur les êtres humains. Il se base sur l’histoire d’un poilu devenu pacifiste pour écrire un grand mélodrame où deux hommes sont amoureux de la même femme.

J’accuse est toujours présenté comme un film pacifiste, ce qu’il est indéniablement mais il l’est d’une façon qui peut nous sembler assez inhabituelle, nous qui avons un siècle de recul. S’il dénonce bien le cortège de morts inutiles, la scène finale éclaire de façon étonnante son propos : si les morts se relèvent, c’est pour venir accuser les vivants de s’être mal comportés en leur absence (femmes infidèles, profiteurs), ils veulent que ceux qui leur survivent soient dignes d’eux, et ainsi ils « ne seront pas morts pour rien ». On peut même trouver que certaines scènes ont une connotation patriotique. Mais en fait, son propos est surtout humaniste, il se place du côté de ces poilus et de leurs vies brisées. Il refuse de faire une approche politique.

J’accuse est un film également remarquable d’inventivité dans la forme. Dès les premières minutes, c’est un festival et cela continue pendant les quelque 2h45 du film : un montage très dynamique, étonnamment moderne, de nombreux effets (différents) de superposition, des scènes de bataille d’un réalisme inégalé, utilisation d’images réelles, utilisation du clair-obscur, nombreuses métaphores visuelles, etc. La célèbre (et inoubliable) scène finale voit sa force décuplée par son traitement. Abel Gance, qui a bénéficié de moyens importants, est alors très largement devant tout le monde. On ne voit pas quel réalisateur (américain ou autre) est à ce niveau de modernisme et d’inventivité. Le succès de J’accuse fut important et international, ce qui permit à Abel Gance de mettre sur pied un film encore plus remarquable et abouti, La Roue.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Romuald Joubé, Séverin-Mars, Maryse Dauvray
Voir la fiche du film et la filmographie de Abel Gance sur le site IMDB.
Voir les autres films d’Abel Gance chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Abel Gance

Remarques :
* Film en grande partie perdu, J’accuse a été magnifiquement restauré en 2007 à partir de plusieurs morceaux de provenances différentes. Alors qu’un DVD est sorti aux Etats-Unis dès 2008 (chez Flicker Alley, le même éditeur que pour La Roue qui n’est à ce jour seulement disponible aux Etats Unis), il aura fallu attendre 7 années (!) pour que le film soit enfin visible en France.

* Arte a récemment diffusé le film avec une musique composée par Philippe Schoeller (concert  du 8 novembre 2014 Salle Pleyel). Ce style de musique conceptuelle ne convient pas du tout à l’esprit d’Abel Gance et (à mes yeux) dénature son oeuvre : elle en accentue inutilement les aspects les plus noirs et atténue l’humanité du propos. J'accuse!Il s’agit plus d’un concert illustré par un film que d’un film accompagné par une musique.
En revanche, il ne faut pas hésiter à se procurer le DVD qui vient sortir chez Lobster Films qui comporte la nouvelle musique orchestrale composée par le toujours excellent Robert Israel (toutes les musiques qu’il compose pour accompagner les restaurations de films muets sont parfaites). A noter que Serge Bromberg de Lobster Films a été l’un des artisans de la restauration.

* Détail terrifiant : Les figurants interprétant les morts de la scène finale sont des soldats qui revenaient de Verdun et qui devaient retourner au front huit jours plus tard. 80% n’en sont pas revenus.

* Blaise Cendrars a été assistant sur la tournage. L’écrivain, qui avait perdu un bras au combat en 1915, est également l’un des morts de la scène finale.

* Abel Gance a refait son film en 1938, alors qu’une autre guerre s’annonçait, une version sonore qui reprend certaines images de la version de 1919 :
J’accuse d’Abel Gance avec Victor Francen (1938).

Lire aussi : article sur le blog Ann Harding’s Treasures … (dont l’auteure est la traductrice du livre de Kevin Brownlow La Parade est passée, livre qui comporte un chapitre de 60 pages consacré à Abel Gance).

J'accuse d'Abel Gance
Plan très court mais qui se remarque : des soldats alignés pour former le mot « J’accuse ».

Abel Gance salué par David W. Griffith
Abel Gance (à g.) félicité par David W. Griffith peu après la première américaine de J’accuse.

17 avril 2014

Une vie de chien (1918) de Charles Chaplin

Titre original : « A Dog’s Life »

Une vie de chien(Court métrage, 3 bobines, 33mn) Après avoir dormi dans un terrain vague, Charlot essaie en vain de trouver du travail. Il prend la défense d’un petit chien errant et ils deviennent inséparables… Une vie de chien est le premier film de Chaplin pour la First National. C’est aussi le premier film dans son tout nouveau studio de La Brea. Par rapport aux films de la Mutual, Chaplin franchit un pas. Louis Delluc dira de ce film que c’est « la première oeuvre d’art complète du cinéma ». En effet, Une vie de chien préfigure Le Kid de façon étonnante : Chaplin joue toujours sur le registre burlesque mais il prend, plus que jamais, la défense des laissés pour compte. Son personnage n’est pas à proprement parler un marginal, il désire s’insérer dans la société mais n’y parvient pas. Ce contenu social ne l’empêche pas de placer de très nombreux gags : il faut le voir échapper à un policeman, ingurgiter en catimini les beignets du marchand ambulant, la scène la plus mémorable étant celle où après avoir assommé un voleur, il passe les mains sous ses aisselles pour parler par gestes au complice assis en face. Un petit bijou.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Charles Chaplin, Edna Purviance, Bud Jamison, Albert Austin, Tom Wilson
Voir la fiche du film et la filmographie de Charles Chaplin sur le site IMDB.

Voir les autres films de Charles Chaplin chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Charlie Chaplin

Remarques :
* Fin 1917, Charlie Chaplin a signé à la First National pour 8 films de 2 bobines à réaliser en 16 mois. De plus en plus perfectionniste, allongeant la durée de ses films, il lui faudra plus de 4 années pour venir à bout de son engagement. C’est grâce à ce contrat que Chaplin a pu faire construire son propre studio, sur La Brea Avenue dans un champ de citronniers… (Voir l’emplacement actuel sous Google Maps… aujourd’hui, ce sont les locaux de la Jim Henson Co. et le quartier est passablement plus construit…)

13 avril 2014

Charlot soldat (1918) de Charles Chaplin

Titre original : « Shoulder Arms »

Charlot soldat (Muet, 45 mn) Charlot est un soldat qui a du mal à marcher au pas mais qui se porte volontaire pour des missions dangereuses… Sorti quelques mois avant l’armistice, Charlot soldat était initialement prévu pour être un long métrage (1). Le sujet est très délicat : faire rire avec la guerre est périlleux, d’autant plus que certains détracteurs de Chaplin lui reprochaient mon manque de patriotisme. Avec grand art, il parviendra néanmoins à trouver l’équilibre parfait et son film sera l’un de ses plus populaires. Il emploie le thème du héros malgré lui qui, malgré une certaine maladresse, accomplit de vrais exploits. Cela n’empêche pas le film d’être globalement antimilitariste, montrant l’absurdité de la guerre. Charlot soldat est parsemé de très bons gags, à commencer par cette scène hilarante en début de film où on le voit essayer de marcher au pas sans avoir les pieds écartés… Charlot ne rentrera jamais dans le rang !
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Edna Purviance, Charles Chaplin, Syd Chaplin, Henry Bergman
Voir la fiche du film et la filmographie de Charles Chaplin sur le site IMDB.

Voir les autres films de Charles Chaplin chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Charlie Chaplin

Remarque :
En 1918, Chaplin était victime des nombreuses copies pirates de ses films. C’est pour cette raison que l’on peut le voir « signer » son film au tout début : cette signature était censée freiner les ardeurs des exploitants malhonnêtes.

(1) De nombreuses scènes montrant Charlot en famille avant d’être enrôlé ont été tournées mais elles n’ont pas été retenues pour le montage final.

13 septembre 2013

Le Lys brisé (1919) de David W. Griffith

Titre original : « Broken Blossoms or The Yellow Man and the Girl »

Le lys briséUn jeune chinois quitte son pays pour aller convertir les européens au bouddhisme. Il échoue dans le quartier populaire de Limehouse à Londres où, totalement désillusionné, il tient une petite boutique. Non loin de son échoppe, une jeune fille vit très pauvrement avec son père, un boxeur coléreux qui la terrorise et la bat. Il va tenter de lui venir en aide… Loin de ses grandes productions précédentes, Griffith tourne Le lys brisé au lendemain de la guerre avec un tout petit budget, en seulement 18 jours et 18 nuits (1). Adapté d’une histoire écrite par Thomas Burke, il s’agit d’un grand mélodrame qui oppose le bien et mal, la beauté et le sordide, la cruauté et l’innocence. Sur le fond, il faut en outre noter que le film est sorti aux Etats-Unis à une époque où sévissait un fort sentiment antichinois, la crainte du « péril jaune » ; il faut donc certainement voir dans le propos de Griffith un message de tolérance. Sur la forme, le réalisateur s’est plus attaché à l’atmosphère qu’à la richesse des décors qui sont peu nombreux mais dotés d’une belle force évocatrice. Si le jeu de Donald Crisp est certainement un peu trop marqué, ses expressions étant parfois proches de la grimace, celui de Lillian Gish est assez phénoménal. L’actrice montre d’étonnantes qualités de pantomime et ces scènes où elle utilise ses doigts pour forcer son sourire sont restées célèbres. De son côté, Richard Barthelmess est particulièrement crédible en chinois, le film sera un tremplin pour sa carrière. Le lys brisé culmine d’intensité dans son dénouement avec la scène du placard où Lillian Gish est absolument terrifiée (2) ; une scène très angoissante. Tourné rapidement et simplement, Le lys brisé n’en est pas moins l’un des films les plus remarquables de Griffith. Le misérabilisme appuyé et le jeu marqué des acteurs peuvent le faire apparaître vieilli à nos yeux modernes mais il faut se laisser gagner par son atmosphère et sa puissance évocatrice pour l’apprécier. (Film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lillian Gish, Richard Barthelmess, Donald Crisp
Voir la fiche du film et la filmographie de David W. Griffith sur le site IMDB.

Voir les autres films de D.W. Griffith chroniqués sur ce blog…

Remarques :
Le lys brisé* Au moment du tournage, Lillian Gish était très affaiblie par la maladie. L’actrice avait été touchée par l’épidémie de grippe espagnole qui, à cette époque, fit de très nombreuses victimes. Sa performance n’en est que plus admirable.
* Le film fut produit par D.W. Griffith pour être distribué par Adolph Zukor. Ce dernier fut mécontent du film une fois fini et le refusa. Griffith le racheta alors à Zukor le double du prix du tournage pour le distribuer avec sa toute nouvelle compagnie United Artists. Ce fut financièrement très judicieux car le film connut un très grand succès.
* D’après Lilian Gish, le film était si bien planifié et répété que le montage fut réduit à couper le début et la fin de chaque scène avant de les mettre bout à bout. On peut toutefois s’étonner de cette affirmation quand on voit le montage alterné de certaines scènes et les flashbacks.
* Broken Blossoms est tombé dans le domaine public et, de ce fait, les copies disponibles sont très variables en qualité et en durée. Le film fait initialement 90 minutes, certaines scènes sont teintées : bleu, rose/rouge ou couleur or.

Remake :
Le lys brisé (Broken Blossoms) de l’anglais John Brahm (1936) avec Dolly Haas et Arthur Margetson.

(1) Les scènes avec Donald Crisp étaient généralement tournées de nuit car il dirigeait lui-même un autre film pendant la journée (dans toute sa carrière, Donal Crisp a joué dans 173 films et en a dirigé 72).

(2) On raconte que les cris de Lillian Gish lors du tournage de la scène du placard auraient attiré des passants qui cherchèrent à entrer dans le studio pour venir la secourir.

18 mai 2013

The Mystery of the Leaping Fish (1916) de John Emerson

The Mystery of the Leaping Fish(Muet, 24 minutes) The Mystery of the Leaping Fish (= Le Mystère du poisson gonflable) est une petite curiosité. C’est un film vraiment étonnant à la fois par son côté totalement farfelu et débridé mais aussi par son générique : le scénario est signé Tod Browning (futur réalisateur des films avec Lon Chaney entre autres), les intertitres sont d’Anita Loos (qui deviendra ensuite l’une des plus grandes scénaristes d’Hollywood) et l’interprète principal est Douglas Fairbanks. Il s’agit de la prétendue enquête d’un détective qui se prénomme Coke Ennyday (= « de la coke tous les jours »). Le détective porte constamment une ceinture garnie d’une dizaine de seringues d’héroïne et aspire la cocaïne par poignée. Utiliser ainsi la drogue comme ressort burlesque est rare : en 1916, nous sommes à une époque où la censure n’existait pas, ou très peu (1) et il faudra attendre ensuite les années soixante-dix pour pouvoir parler de la drogue avec autant de légèreté. La drogue était déjà répandue dans le milieu du cinéma et c’est une satire outrancière de la dépendance qui est faite ici. De plus, le détective va découvrir un trafic d’opium (inutile de dire qu’il va vérifier lui-même qu’il s’agit bien d’opium). Il y a de bonnes trouvailles (notamment dans son bureau, et il faut voir sa voiture…). Irrévérencieux, absurde, The Mystery of the Leaping Fish est indubitablement assez unique en son genre.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Douglas Fairbanks, Bessie Love, Alma Rubens
Voir la fiche du film et la filmographie de John Emerson sur le site IMDB.

Voir les autres films de John Emerson chroniqués sur ce blog…

(1) La « moralisation » n’interviendra vraiment que quelques années plus tard, notamment à la suite du scandale impliquant Fatty Arbuckle (1921), une jeune fille ayant trouvé la mort lors d’une « fête de débauche » chez l’acteur. C’est à partir de moment que, sous la pression du public, les studios créeront la Motion Pictures Producers and Distributors Association (future MPPA) et mettront l’avocat Hays à sa tête.

20 avril 2013

Le Trésor des Musgraves (1912) de Georges Tréville

Titre anglais : « The Musgrave Ritual »

The Musgrave Ritual(Muet, 18 minutes) Bien que le personnage de Sherlock Holmes ne soit pas parfaitement adapté au cinéma muet, les adaptations des enquêtes imaginées par Conan Doyle furent assez nombreuses dès les débuts du cinéma. Parmi les toutes premières, on trouve une série danoise interprétée par Viggo Larsen en 1909-1910 et une série jouée et réalisée par le français Georges Tréville pour la Société Française des Films Éclair en 1912-1913, avec une production franco-anglaise. Un film a été récemment retrouvé : Le Trésor des Musgraves. Cette enquête du célèbre détective utilise des décors intérieurs et extérieurs. Les plans sont fixes. Dans la construction, on remarquera la présence d’un flashback de plusieurs minutes où le coupable raconte son forfait. Georges Tréville est assez crédible en Sherlock Holmes même si, dans l’ensemble, le jeu des acteurs reste très théâtral (caractéristique de l’époque) et l’on a peu de mal à deviner le coupable dès son apparition! C’est un plaisir de pouvoir voir ce Trésor des Musgraves, bel exemple des toutes premières adaptations de Sherlock Holmes au cinéma.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Georges Tréville
Voir la fiche du film et la filmographie de Georges Tréville sur le site IMDB.

Remarques :
* A la même époque, Georges Tréville a également interprété Arsène Lupin.
* Georges Tréville est à gauche sur la photo ci-dessus.

16 septembre 2012

By indian post (1919) de John Ford

By Indian Post(Muet, 20 mn) La plupart des courts métrages muets que John Ford (qui signait Jack Ford à cette époque) a tournés au début de sa carrière sont aujourd’hui perdus, hélas. Ceux qui restent se comptent sur les doigts d’une main et c’est donc un évènement quand l’un d’entre eux est retrouvé. Ce fut le cas dans les années 2000 pour cet By Indian Post qui refit surface chez un collectionneur qui avait malencontreusement détruit les 7 premières minutes. Seules les 13 dernières minutes sont donc visibles aujourd’hui. C’est un western : le cowboy Jode est amoureux de la fille de son patron. Il lui écrit une lettre d’amour mais se la fait voler par un indien qui va la porter à la bien-aimée. Le père fait arrêter Jode qui n’abandonne pas pour autant… L’humour est assez présent, l’ensemble est bien enlevé, on remarque l’intérêt de Ford pour les relations à l’intérieur du groupe et la solidarité, pour la traque (où l’agilité des acteurs dans le maniement des chevaux est manifeste). C’est toujours intéressant de voir ainsi les débuts d’un grand réalisateur. John Ford avait 25 ans. By Indian Post serait son 24e film.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Pete Morrison, Magda Lane
Voir la fiche du film et la filmographie de John Ford sur le site IMDB.

Voir les autres films de John Ford chroniqués sur ce blog…

2 mai 2012

The Dream (1911) de Thomas H. Ince

The Dream (muet, 11 minutes) Un homme fêtard rentre chez lui passablement éméché. Il est très désagréable avec sa femme et s’endort sur le canapé. Il fait un rêve où les rôles sont inversés. Il voit sa femme se comporter comme un soudard avant de sortir pour aller festoyer avec un homme… The Dream est un film étonnant car il met en scène le propre couple de Mary Pickford ! Dès ses débuts au cinéma, l’actrice est tombée amoureuse de l’acteur Owen Moore. Elle l’épouse en secret alors qu’elle n’a pas même 19 ans. Aussitôt après le mariage, Owen Moore se révèle être odieux, alcoolique et fêtard ; la vie commune tourne au cauchemar. Le scénario de The Dream aurait été écrit par Mary Pickford elle-même pour tenter de lui faire prendre conscience de son comportement égoïste. Le film n’eut, hélas pour elle, aucun effet sur son couple. Ils finiront par divorcer en 1920. Cette fable moraliste est l’un des premiers films de Thomas Ince. Il n’a rien de remarquable sur le plan de la mise en scène mais l’ensemble est plutôt amusant quand les rôles sont inversés car la femme y va fort…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Mary Pickford, Owen Moore
Voir la fiche du film et la filmographie de Thomas H. Ince sur le site IMDB.

Remarque :
La jeune femme du début, compagne de beuverie d’Owen Moore, est Lottie Pickford, la jeune soeur de Mary Pickford. Elle a beaucoup tourné avec sa soeur entre 1909 et 1912.

23 avril 2012

M’Liss (1918) de Marshall Neilan

M'LissDans les collines de l’Ouest américain, Melissa est une petite sauvageonne qui vit avec son père, ancien chercheur d’or ruiné qui a sombré dans l’alcool. Ils ne soupçonnent pas qu’un complot se trame contre eux pour une histoire d’héritage… M’Liss a été écrit par Frances Marion, grande scénariste et amie de Mary Pickford, d’après une courte nouvelle de Bret Harte. Le western est un genre assez inhabituel pour l’actrice. On notera tout de même certaines similitudes dans l’environnement avec celui de La fille des Monts (qui se déroule pourtant dans les Appalaches) que l’actrice tournera l’année suivante. L’histoire est simple mais, comme toujours, l’actrice montre un naturel et une spontanéité désarmante. Les intertitres sont souvent amusants et le film peine quelque peu à devenir sérieux quand la tragédie pointe. Le film est plaisant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Mary Pickford, Theodore Roberts, Thomas Meighan, Charles Ogle
Voir la fiche du film et la filmographie de Marshall Neilan sur le site IMDB.

Voir les autres films de Marshall Neilan chroniqués sur ce blog…

Précédente version :
Mliss (1915) de O.A.C. Lund avec Barbara Tennant (film perdu)
Remakes :
The girl who ran wild (1922) de Rupert Julian avec Gladys Walton
Mliss (1936) de George Nichols Jr. avec Anne Shirley

21 avril 2012

The Massacre (1914) de David W. Griffith

The Massacre(Muet, 30 minutes) The Massacre marque une transition dans le parcours de David W. Griffith : c’est le moment où, après avoir tourné près de 500 films d’une ou deux bobines en six ans, le cinéaste aspirait à réaliser des œuvres plus longues et plus ambitieuses. Si ce film ne fait que trois bobines, les suivants en feront le double. The Massacre démarre assez faiblement par une proposition en mariage mais ensuite le film nous montre longuement deux batailles, l’une répondant à l’autre : le massacre d’un village indien par la Cavalerie et, plus tard, l’attaque d’un convoi de colons par les mêmes Indiens. Griffith ne porte pas de jugement, puisque le second massacre est clairement montré comme un acte de représailles. On peut même se demander si le terme de « massacre » du titre ne s’applique pas plutôt à la première attaque qui paraît totalement injustifiée (du moins aucune raison ne nous est donnée). En réalité, Griffith s’applique plutôt à montrer l’horreur de ces batailles et le terrible coût en vies humaines. Il signe des plans étonnants comme ce gros plan sur la mère et son enfant derrière un pistolet en pleine action (voir photo ci-contre) mais le plus étonnant est certainement cette vue de la file de chariots du haut de la montagne avec au premier plan deux loups chassés par un ours.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Wilfred Lucas, Blanche Sweet, Charles West, Alfred Paget, Lionel Barrymore
Voir la fiche du film et la filmographie de David W. Griffith sur le site IMDB.

Voir les autres films de David W. Griffith chroniqués sur ce blog…