18 septembre 2011

La charge victorieuse (1951) de John Huston

Titre original : « The red badge of courage »

La charge victorieusePendant la Guerre de Sécession, un jeune soldat fuit son premier champ de bataille. Après une errance dans les bois, il rejoint sa compagnie. Quand il faudra repartir à l’attaque, il trouvera le courage de combattre… La charge victorieuse est l’adaptation d’un roman de Stephen Crane, jeune auteur très talentueux (1). Il ne faut surtout pas se limiter à une lecture militariste (ou même antimilitariste), le propos est plus de montrer la réalité psychologique d’un champ de bataille et les mécanismes de la peur. Le film eut une histoire mouvementée. Dès l’écriture du scénario, le film fut l’objet de vives tensions à la tête de la MGM (2). A la fin du tournage, John Huston s’est détaché du film pour aller préparer le tournage d’African Queen. Dépité par les réactions de rejet des publics-test, il laissa ses producteurs faire de larges coupes et ajouter une voix off. Au final, le film fut en bonne partie défiguré et ne durait plus que 69 minutes, une durée trop courte pour une bonne exploitation commerciale (3). Ce n’est qu’avec le temps que La charge victorieuse fut reconnu comme un film d’importance. Bien qu’il paraisse assez décousu, le film brille par la profondeur de son étude psychologique par son réalisme, les scènes de bataille font penser à Griffith (4). L’image est assez belle, avec des côtés bucoliques qui tranchent avec la dureté des combats. Assez paradoxalement, John Huston avait choisi comme interprète principal, Audie Murphy, l’homme qui était connu pour être le soldat le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Audie Murphy, Bill Mauldin, Douglas Dick, Royal Dano
Voir la fiche du film et la filmographie de John Huston sur le site IMDB.
Voir les autres films de John Huston chroniqués sur ce blog…

Remarques :
(1) Stephen Crane est né juste après la Guerre de Sécession et n’avait pas l’expérience directe d’un champ de bataille. Néanmoins, son livre a été jugé très réaliste. Il s’est appuyé sur des interviews et des récits de vétérans.
(2) Louis B. Mayer était opposé à l’idée d’adapter le roman de Stephen Crane, persuadé que ce serait un échec commercial. Dore Schary, alors vice-président chargé de la production, était au contraire partisan de tourner le film. Il alla trouver Nicholas Schenck (président de Loew’s Inc.), homme discret qui avait tous les pouvoirs, et obtint son soutien. Le film fut donc mis en chantier. Mis ainsi sur la touche, Louis B. Mayer en profita pour quitter le studio et prendre sa retraite.
(3) Toute l’histoire de la production de ce film a été l’objet d’un livre de la journaliste du New Yorker Lillian Ross : « Picture : A story about Hollywood ». La version complète du film, tel que Huston le voyait, est hélas perdue. Cette version aurait probablement montré un grand film.
(4) Les scènes de bataille furent d’ailleurs tournées à San Fernado Valley, près d’Hollywood, là où D.W. Griffith avait filmé les batailles de Naissance d’une Nation. Le film de John Huston fait également penser à certains courts-métrages de Griffith.

15 septembre 2011

Les aventures du capitaine Wyatt (1951) de Raoul Walsh

Titre original : « Distant Drums »

Les aventures du capitaine WyattPendant la guerre contre les indiens Séminoles en Floride en 1840, une petite troupe de soldats menée par le capitaine Wyatt est envoyée détruire un fort contrôlé par les indiens. Après avoir réussi, ils sont poursuivis par un groupe de Séminoles dans les marais tropicaux des Everglades… Raoul Walsh utilise une trame très proche de son film Aventures en Birmanie (Objective, Burma !), grand classique qu’il a tourné six ans plus tôt. Le thème de la troupe de soldats poursuivie en terrain hostile par un ennemi est donc transposé d’Asie en Floride. Certes, l’histoire en elle-même est plutôt sans originalité mais Raoul Walsh utilise merveilleusement le décor des Everglades ; il réalise aussi de belles scènes nocturnes lors de l’attaque du fort espagnol et même une belle scène sous-marine. Son héros, interprété avec laconisme par Gary Cooper, est intéressant, personnage assez complexe qui est à la fois en marge de l’armée tout en y étant intégré. Les aventures du capitaine Wyatt est un film assez épuré et droit, sans fioritures ni égarement, très beau à l’oeil.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Gary Cooper, Mari Aldon, Richard Webb, Arthur Hunnicutt
Voir la fiche du film et la filmographie de Raoul Walsh sur le site IMDB.

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Remarque :
Séminoles est un terme désignant plusieurs tribus indiennes vivant en Floride au XIXe siècle. Après le rachat par les Etats-Unis de la Floride aux espagnols, un traité fut signé avec les indiens leur attribuant une réserve au centre de l’Etat. Peu après, en 1830, le président Andrew Jackson vit voter l’Indian Removal Act, une loi qui prévoyait de déporter tous les indiens à l’ouest du Mississippi. Les Séminoles refusèrent et ce fut le début d’une guerre de type guérilla qui dura 7 ans, la Guerre de Floride (ou Seconde Guerre séminole). Au terme de ce conflit, les indiens obtinrent un nouveau territoire au sud de l’Etat, droit qui leur sera contesté quelque dix ans plus tard. Ce sera la Troisième Guerre séminole qui aura pour résultat la déportation de la majorité des indiens Séminoles plus de  1 000 kms à l’ouest.

11 septembre 2011

Le petit lord Fauntleroy (1921) de Alfred E. Green et Jack Pickford

Titre original : « Little Lord Fauntleroy »

Little Lord FauntleroyUnique héritier d’un comte, le jeune Cedric doit se rendre avec sa mère en Angleterre. Il y fait connaissance de son grand-père. Une nouvelle vie commence… Le petit lord Fauntleroy est un livre pour enfants écrit par l’anglaise Frances Hodgson Burnett. On ne sera donc pas surpris de trouver l’histoire plutôt gentillette et pavée de bonnes intentions. Le jeu de Mary Pickford est, comme toujours, assez exubérant et expressif ce qui a pour effet d’amplifier les aspects très conventionnels du film. Cependant, cette version est assez remarquable car Mary Pickford y interprète deux rôles : celui de la mère et celui du jeune fils de 10 ans Little Lord Fauntleroy (rappelons que l’actrice avait alors 29 ans). Les scènes où les deux personnages sont à l’écran sont assez nombreuses et il a fallu beaucoup d’expertise au caméraman Charles Rosher pour les réaliser (1). De plus, il y a une nette différence de taille entre la mère et le fils (2) qui rend l’ensemble parfaitement crédible. Malgré une histoire plutôt mièvre, Le petit lord Fauntleroy est finalement assez étonnant. (film muet)
Elle:
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Mary Pickford, Claude Gillingwater, Joseph J. Dowling, James A. Marcus
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Remarque :
Jack Pickford est le frère de Mary Pickford. L’actrice l’a fait employer pour lui rendre service mais il n’avait aucune expérience de la réalisation. On peut considérer qu’Alfred Green est donc le seul réalisateur.

Little Lord Fauntleroy (1) Nous sommes en 1921 et il n’est bien entendu pas question d’incrustation. La seule technique possible était alors la double exposition : on filme avec un cache sur une partie de l’image. On rembobine, on place le cache de l’autre côté et on filme une seconde fois. En pratique, cela demandait beaucoup de minutie.
De plus, dans l’une des scènes au début du film, le fils embrasse sa mère, son visage passant alors légèrement derrière celui de sa mère endormie. Le cache devait donc épouser parfaitement le profil du visage maternel pour que ce soit parfait. Il a fallu 15 heures pour tourner ces quelques secondes.

Little Lord Fauntleroy (2) Se grandir pour jouer la mère était facile mais pour jouer l’enfant, Mary Pickford devait paraître plus petite qu’elle n’est. L’actrice est certes réputée pour sa petite taille (1m54) mais c’est encore beaucoup trop pour jouer un enfant qui semble mesurer 1m20. Le réalisateur a donc certainement joué avec les perspectives pour créer l’illusion. Il y a tout de même une scène étonnante où le vieux comte s’appuie sur l’épaule de l’enfant pour marcher, scène plutôt délicate à réaliser.

Autres adaptations au cinéma de ce livre pour enfants :
Le petit Lord Fauntleroy (Little Lord Fauntleroy) de John Cromwell (1936) avec Freddie Bartholomew et C. Aubrey Smith
Le petit Lord Fauntleroy (Little Lord Fauntleroy) de Jack Gold (1980) avec Rick Schroder et Alec Guinness

9 septembre 2011

L’ennemi public n° 1 (1934) de W.S. Van Dyke

Titre original : « Manhattan Melodrama »

L'ennemi public n° 1Le destin de deux amis d’enfance, tous deux orphelins : le premier devient procureur tandis que l’autre est un petit gangster vivant du jeu… Manhattan Melodrama est surtout célèbre pour avoir été le film que Dillinger est allé voir avant d’être abattu par la police à la sortie du cinéma. En France (et dans plusieurs pays européens), le titre fut alors changé de Un drame à Manhattan en L’ennemi public n°1. C’est pourtant bien un mélodrame, bien plus qu’une biographie de gangster. Le scénario a beau être écrit par le jeune Mankiewicz, il reste très conventionnel et sans surprise. L’interprétation est l’attrait principal du film : Clark Gable est un gangster plein de charme et de séduction, William Powell voit sa (déjà longue) Un drame à Manhattan carrière d’acteur rebondir, Manhattan Melodrama est le premier film où il apparaît en tandem avec Myrna Loy, ici particulièrement séduisante. A noter aussi la présence du très jeune Mickey Rooney qui interprète l’un des deux gamins au début de l’histoire. Le film fut un grand succès à l’époque… au point de réussir à faire sortir un véritable ennemi public n°1 de sa cachette.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Clark Gable, William Powell, Myrna Loy, Leo Carrillo, Nat Pendleton, Mickey Rooney
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Remarques :
* La M.G.M. aurait demandé à George Cukor de tourner quelques scènes additionnelles après montage, alors que W.S. Van Dyke était déjà occupé à réaliser son film suivant, The Thin Man.
* L’accident du General Slucum montré au début du film est un évènement authentique. Ce bateau qui remontait l’East River pour amener ses passagers à un pique-nique paroissial prit feu et sombra le 15 juin 1904 devant Manhattan, faisant plus de 1000 morts. En nombre de morts, c’est ainsi la plus grande tragédie de la ville de New York après celle du 11 septembre 2001.
* La chanson The bad in every man chantée dans le club par Shirley Ross a été légèrement réécrite peu après pour devenir Blue Moon, célèbre standard repris d’innombrables fois notamment par Django Reinhardt, Billie Holiday, Elvis Presley, Bob Dylan, Rod Stewart et Eric Clapton.

** Ne pas confondre ce film avec L’Ennemi public (The public enemy) de William A. Wellman (1931) avec James Cagney, Jean Harlow.
** Public enemies (2009) de Michael Mann, film qui retrace la vie de Dillinger, comporte quelques scènes de Manhattan Melodrama.

8 septembre 2011

La fille sur la balançoire (1955) de Richard Fleischer

Titre original : « The girl in the red velvet swing »

La fille sur la balançoireStanford White, un architecte connu, marié et presque cinquantenaire, s’éprend une très jolie danseuse de Broadway âgée de 16 ans. Harry Thaw, un jeune millionnaire au caractère très instable, en est également amoureux… La fille sur la balançoire est inspiré d’un fait divers qui a ému l’Amérique de 1906. Les scénaristes n’ont pu coller totalement à la réalité par crainte de la censure et l’histoire est, il faut bien l’avouer, un peu plate. Tous les détails révélés lors du procès sur le petit nid d’amour secret ont sagement été gommés. L’interprétation, retenue et parfois même terne, ne montre guère de flamboyance ; elle est surtout marquée par la noble rigidité de Ray Milland qui fait une belle prestation. La jeune actrice anglaise, Joan Collins, montre surtout la beauté de son visage. Richard Fleischer s’est plus attaché à fournir une belle reconstitution de l’ambiance mondaine du début de siècle, utilisant avec beaucoup de style et de minutie le (nouveau) format Cinémascope et c’est là le point fort du film qui reste assez plaisant à visionner. Le réalisateur souligne également comment les différences sociales sont bien l’un des moteurs du drame.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ray Milland, Joan Collins, Farley Granger, Glenda Farrell
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Remarques :
La véritable Evelyn Nesbit, alors âgée de 65 ans, aurait été consultée pour l’écriture du scénario.

Autre adaptations de l’affaire Thaw-Stanford White :
Ragtime de Milos Forman (1981) (l’affaire n’est pas le sujet principal mais elle est largement évoquée)
La fille coupée en deux de Claude Chabrol (2007), l’affaire étant transposée à la période actuelle.

22 août 2011

Sa femme et sa secrétaire (1936) de Clarence Brown

Titre original : « Wife vs. Secretary »

Sa femme et sa secrétaireLa femme d’un séduisant patron de presse devient peu à peu suspicieuse et jalouse de la secrétaire de son mari… L’histoire est particulièrement simple et cette comédie de Clarence Brown serait parfaitement insignifiante sans le charme de ses trois interprètes principaux. La MGM réunit ici trois de ses plus grosses vedettes et ne prend aucun risque : chacun est dans son rôle de prédilection. Clark Gable est l’homme idéal que toute femme voudrait avoir pour mari : attentionné, moderne, brillant et aisé. Myrna Loy est l’épouse idéale, sage et amoureuse. Jean Harlow représente la tentation, séduisante jeune femme au grand cœur. L’ensemble est très sage, aucune connotation sexuelle à l’horizon (on pourra d’ailleurs noter que Jean Harlow est un peu moins blonde que d’habitude), la cible est visiblement ‘tous publics’. Le film était à l’époque fortement connoté de modernisme : les métiers de l’édition Sa femme et sa secrétaire et de la publicité étaient alors les plus modernes et les plus enviables qui soient, d’ailleurs Clark Gable semble toujours s’amuser. Le film reflète aussi un sujet alors très actuel, le dilemme pour une femme entre carrière professionnelle et vie sentimentale. A noter la présence de James Stewart dans un petit rôle ; c’est son 4e film. Sa femme et sa secrétaire a beau être un produit très calibré, il n’en reste pas moins plaisant. Mais il n’est guère plus que cela…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Clark Gable, Jean Harlow, Myrna Loy, May Robson, James Stewart
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21 août 2011

Shutter Island (2010) de Martin Scorsese

Shutter IslandEn 1954, un officier de police fédéral arrive sur l’île de Shutter Island proche de Boston, un asile psychiatrique pénitencier où sont enfermés de dangereux criminels. Il doit enquêter sur une évasion bien mystérieuse… Shutter Island est adapté d’un best-seller de Dennis Lehane sur les traitements psychiatriques opérés sur les criminels dans les années cinquante et sur la paranoïa. L’intrigue est particulièrement bien mise en place, réservant des surprises de taille. Nous sommes constamment déstabilisés, d’abord par certaines images, par le parallèle avec les expériences humaines menées par les nazis, puis par le renversement de nos certitudes. Nous avons l’impression de perdre pied face au labyrinthe mental qui se dévoile peu à peu. La tension est permanente, amplifiée par les images parfaitement maitrisées de Scorsese. Le réalisateur emploie une fois de plus son acteur fétiche, DiCaprio, qui fait ici une très belle prestation, riche et complexe. Shutter Island est un film puissant, assez angoissant mais terriblement prenant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams, Emily Mortimer, Patricia Clarkson, Max von Sydow
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17 août 2011

Frigo l’esquimau (1922) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « The Frozen North »

Frigo l'esquimauDans le Grand Nord, un homme sans scrupule tente de cambrioler un saloon et se comporte avec les femmes avec une certaine brutalité… Dans Frigo l’esquimau (The Frozen North), Buster Keaton se moque de William S. Hart, acteur célèbre de l’époque qui interprétait dans tous ses films un cowboy jouant au dur (1). Il y a beaucoup de belles trouvailles de gags, de nombreux détournements d’objets. L’ensemble est très inventif. Quelques éléments ont probablement inspiré Chaplin pour sa Ruée vers l’Or. L’enchainement des scènes est parfois surprenant mais nous en avons l’explication à la toute fin. On remarquera les petits clins d’œil à Theda Bara et à Erich von Stroheim (Folies de femmes venait de sortir).
(Court métrage de 17 minutes.)
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Joe Roberts, Sybil Seely
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(1) William S. Hart avait publiquement condamné Fatty Arbuckle, ancien partenaire et ami de Buster Keaton, dans l’affaire qui mit fin à sa carrière (une jeune fille avait été retrouvée morte chez Fatty dans une de ses soirées débridées). Keaton avait donc de bonnes raisons de vouloir se moquer de lui.

Remarque :
Il est probable que la version de 17 minutes qui est parvenue jusqu’à nous soit une version incomplète. Il manquerait 3 minutes.

16 août 2011

La noce de Fatty (1917) de Roscoe Arbuckle

Titre original : « His Wedding Night »

La noce de FattyFatty est employé dans un drugstore de campagne qui vend de tout, fait office de bar et de station à essence. Il est amoureux de la fille du patron mais un rival est bien décidé à l’empêcher de l’épouser… Le thème de l’amoureux qui doit se battre pour épouser la femme qu’il aime est un thème assez récurrent dans les films de Roscoe Arbuckle. La noce de Fatty est très classique, sans grand attrait particulier, mais on y voit Buster Keaton (c’est sa quatrième apparition dans un film), certes dans un rôle assez réduit. C’est l’un de ses très rares films où on peut le voir sourire largement
Elle:
Lui : 1 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Roscoe ‘Fatty’ Arbuckle, Al St. John, Buster Keaton
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Remarques :
* Lors du tournage de l’une des scènes de bagarre, Al St. John ne se releva pas. Il fallut de longues minutes pour qu’il revienne à lui. Il ne se rappelait de rien. En regardant les rushes attentivement, ils s’aperçurent qu’un des extras l’avait volontairement assommé. Lors d’une nouvelle prise, Buster Keaton et Al St John prient soin de l’importun qui resta à son tour de nombreuses minutes sur le sol. Cette anecdote témoigne de l’âpreté des tournages de bagarre à cette époque.
* Détail amusant : quand Fatty sert de l’essence, on peut remarquer que le prix est fixé non pas à la quantité réellement servie mais au « fill-up » (remplissage du réservoir). Ceci dit, les réservoirs semblaient être très petits à cette époque.

15 août 2011

Monsieur Wilson perd la tête (1940) de W.S. Van Dyke

Titre original : « I Love You Again »

Monsieur Wilson perd la têteLors d’une croisière transatlantique, un homme, de nature ascète et pingre, prend un coup sur la tête. Il n’a plus aucun souvenir de sa vie récente mais retrouve la mémoire qu’il avait perdue neuf ans auparavant : il était alors un escroc spécialiste des arnaques. Il décide de profiter de la situation… Monsieur Wilson perd la tête, I Love You Again, est une bonne surprise : il s’agit d’une comédie dans la meilleure veine des screwballs (1) des années trente. Pas moins de cinq scénaristes ont participé à l’écriture, avec de très bons résultats puisque le déroulement de l’histoire est habile, complexe tout en restant  simple. Monsieur Wilson perd la tête L’histoire est surtout totalement farfelue. L’humour est continuel, aucune scène n’en est dépourvue. Cet humour est bien équilibré entre les situations, inattendues et drolatiques exploitant merveilleusement toutes les possibilités de l’amnésie, et les dialogues vifs et relevés. Le couple Myrna Loy / William Powell fonctionne ici très bien. W.S. Van Dyke les connaît bien puisqu’il a réalisé plusieurs films de la série des Thin Man. Le flegme de William Powell fait une fois de plus des merveilles. De fort belle facture, Monsieur Wilson perd la tête est un délicieux divertissement.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: William Powell, Myrna Loy, Frank McHugh, Edmund Lowe, Donald Douglas
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(1) Screwball = genre de comédie américaine qui fut très populaire entre 1934 et 1942, reposant sur des situations saugrenues, de dialogues vifs et utilisant les rapports homme/femme comme ressort de l’humour (personnalités marquantes : Frank Capra, Howard Hawks, Cary Grant, Ernst Lubitsch, etc.)