Comment la vie de Lydia, sage-femme très investie dans son travail, a-t-elle déraillé ? Est-ce sa rupture amoureuse, la grossesse de sa meilleure amie Salomé, ou la rencontre de Milos, un possible nouvel amour ? Lydia s’enferme dans une spirale de mensonges et leur vie à tous bascule… Le Ravissement est un film français écrit et réalisé par Iris Kaltenbäck qui signe là son premier long métrage. L’histoire est inspirée d’un fait divers résumé en deux phrases dans un journal. Elle n’est guère crédible mais la réalisatrice a surtout voulu évoquer le chamboulement provoqué par la maternité, et plus précisément l’impact qu’elle peut avoir sur une amitié. Elle traite aussi des faux-semblants dans le cadre de la recherche de l’amour. Les personnages restent opaques, et plus spécialement celui interprété par Hafsia Herzi, au centre de cette histoire. C’est assurément voulu mais cela entraîne un certain manque de profondeur et nous restons spectateurs, en surface. Le film a été très bien accueilli par la critique et par le public. Elle: Lui :
Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Nord-est de l’Italie, région Frioul-Vénétie julienne, 1900. Le bébé de la jeune Agata est mort-né et ainsi condamné à errer dans les Limbes. Un homme lui parle d’un endroit dans les montagnes où son bébé pourrait être ramené à la vie, le temps d’un souffle, pour être baptisé. Agata entreprend seule ce voyage et rencontre Lynx, qui lui offre son aide… Piccolo corpo est un film italien co-écrit et réalisé par Laura Samani, son premier long métrage. Il s’agit d’une histoire qui se situe entre la chronique réaliste et le fantastique alimenté par un mysticisme religieux. Le sujet est original mais basé sur des éléments réels : de tels sanctuaires existaient « partout dans les Alpes (en France on en comptait presque deux cents) » (1). L’obstination de la jeune Agata émeut et finit par nous conquérir. La réalisatrice donne également à sa quête une dimension de parcours initiatique vers une émancipation féminine. L’atmosphère est légèrement irréelle et tend à abolir la frontière entre le réel et le mystique (2). Filmé dans les dialectes frioulan et vénète, une certaine nostalgie de l’Italie d’avant son unification est perceptible. Piccolo corpo est un film très particulier qui mérite d’être découvert. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Assez surpris (et, je l’avoue, un peu sceptique) par cette affirmation de la réalisatrice relayée par le dossier de presse, j’ai trouvé cette étude de Jacques Gélis qui précise : « Des milliers et des milliers d’embryons et d’enfants à terme ont été ainsi exposés et ont donné des « signes de vie » entre le XIVe et le XIXe siècle dans des dizaines et des dizaines de sanctuaires en France, en Belgique, en Suisse, en Autriche, en Allemagne du sud et en Italie du nord. » (Techniques et culture, n° 60, 2013/1).
La page Wikipédia sur les « Sanctuaires à répit » cite des nombres précis : 277 en France entre le XIIIe siècle et le début du XXe.
(2) Note d’intention de Laura Samani :
« Dans le film, Dieu ne se trouve ni dans les miracles ni dans les prières, ni même dans les dogmes qui divisent la vie après la mort en paradis, enfer et limbes. Dieu existe à un autre niveau : chez Lynx qui ne croit en rien et n’est donc pas touché par le postulat initial du miracle ; chez Agata qui exploite sa colère afin de redessiner les frontières du possible ; et dans la relation entre ces deux points de vue solitaires qui sont, pendant un instant, moins douloureux. La frontière est ténue entre la vie et la mort, la réalité et la magie, les possibilités que l’on a espérées et le temps qui nous reste. » (Extrait du dossier de presse)
Ondina Quadri et Celeste Cescutti dans Piccolo corpo de Laura Samani.
En Pologne, en 1945, Mathilde est jeune médecin de la Croix Rouge française. Suppliée par une religieuse, elle se rend au couvent de bénédictines voisin pour découvrir que l’une des soeurs va accoucher. Neuf mois auparavant, des soldats soviétiques avaient envahi le couvent et violé les religieuses pendant deux jours. Plusieurs sont enceintes et sur le point d’accoucher mais nul ne doit savoir…
Le scénario est de Les Innocentes tiré du récit authentique de Madeleine Pauliac. Ce jeune médecin à l’Hôpital français de Varsovie a laissé derrière elle son journal intime, aujourd’hui en possession de son neveu. Cette histoire est une série de rencontres où la jeune femme va devoir gagner la confiance de ces religieuses. Anne Fontaine a su la mettre en images avec délicatesse et en exprimer toute la force, tout en laissant poindre le questionnement métaphysique qui traverse son personnage. Le récit monte lentement en intensité et capte toute notre attention. Le jeu des comédiens le rend très authentique, Lou de Laâge est assez remarquable. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Anne Fontaine chroniqués sur ce blog…
Remarque :
* Madeleine Pauliac a trouvé la mort en 1946 en percutant un arbre sur une route verglacée de Pologne en février 1946. Elle était âgée de 33 ans. Elle a activement participé, huit mois durant dans une Pologne ravagée et dangereuse, au sauvetage et au rapatriement des Français blessés retenus sur le territoire envahi par l’armée soviétique. Lire sa fiche sur Wikipédia… et une interview de Philippe Maynial, son neveu…
Agata Buzek et Lou de Laâge dans Les innocentes de Anne Fontaine.
Claire est une sage-femme qui vit seule depuis le départ de son grand fils. Un jour, elle reçoit un appel de Béatrice, l’ancienne maitresse de son père aujourd’hui disparu…
Ecrit et réalisé par Martin Provost, Sage femme met en scène deux femmes que tout oppose : Claire est ouverte aux autres, elle a une vie sage et réfléchie alors Béatrice est fantasque et égoïste, son exacte opposée. Le rapprochement de ces deux femmes ne va pas se faire facilement, d’autant que subsiste un lourd contentieux datant de plusieurs dizaines d’années ; mais chacune va profiter du pas qu’elle fera vers l’autre. Il se dégage une indéniable tendresse de ce double portrait. Martin Provost fait preuve de délicatesse et aussi de justesse même si ses personnages pourront sembler trop typés. Le film est une fable, une fable humaniste qui met en valeur le don. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Martin Provost chroniqués sur ce blog…
Catherine Deneuve et Catherine Frot dans Sage femme de Martin Provost.
Remarques :
* Avec son film, Martin Provost voulait rendre hommage à sa manière à la sage-femme qui lui sauvé la vie à la naissance. « Elle m’a donné son sang et m’a ainsi permis de vivre. Elle a fait cela avec une discrétion et une humilité incroyables », raconte-t-il. « J’ai donc décidé de lui rendre hommage à ma façon et de lui dédier ce film, et à travers elle, de le dédier à toutes ces femmes qui œuvrent dans l’ombre, vouant leur vie aux autres, sans jamais rien attendre en retour ». Le réalisateur tient toutefois à préciser que son film n’a rien d’autobiographique.
* Les accouchements montrés sont réels. Catherine Frot y a réellement participé après avoir été formée. Pour cela, Martin Provost a dû tourner ces scènes en Belgique car la loi française ne permet pas de tourner avec des bébés de moins de trois mois.
Reporter vedette d’une chaîne de télévision, Rob est marié depuis sept ans à Micki, brillante avocate qui repousse le moment d’avoir un enfant, au grand désespoir de Rob. Lors d’un reportage, il rencontre Maude, une jeune violoncelliste, qu’il fréquente régulièrement. Quelques mois plus tard Maud lui apprend qu’elle est enceinte…
Sur un scénario original écrit par Jonathan Reynolds, Micki & Maude est une comédie qui exploite les ressorts comiques de la bigamie : Rob va devoir jongler de façon de plus en plus frénétique entre ses deux épouses. Il n’y a hélas rien d’inattendu dans le déroulement de cette histoire dont on peut prédire à l’avance les évènements. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des scènes amusantes mais l’ensemble paraît bien long. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans le Danemark aux alentours de 1930, le luthérien Morten Borgen exploite une vaste ferme avec ses trois fils ; l’aîné est marié, le second traverse une grave crise mystique qui le pousse à se prendre pour le Christ et le troisième désire épouser la fille du tailleur. Les pères s’opposent à cette union du fait de leurs divergences religieuses… Dès qu’il voit la pièce Ordet de Kaj Munk en 1932, Dreyer souhaite la porter à l’écran. Il n’y parvient pas et se fait « doubler » par le suédois Gustaf Molander en 1943 (1). La version qu’il en donne finalement en 1955 est à la fois plus profonde et plus stylisée avec cette belle austérité qui le caractérise. Sur le fond, le film pose la question de la foi et du rapport des hommes à Dieu (sans toutefois que la réflexion ne soit poussée très avant, la foi étant placée comme un idéal absolu) et, en s’élevant au dessus des querelles théologiques triviales, s’oppose aux sectarismes. La forme est, une fois de plus, superbe : la mise en scène de Dreyer est rigoureuse, majoritairement en plans moyens, déroulant lentement le récit. Le climat ainsi créé est fort et prégnant. Les rares plans extérieurs sont très beaux avec tous ces joncs qui ondulent au gré des vents, comme une expression du trouble intérieur du fils illuminé. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)