À la fin des années soixante, Amélie est une petite fille belge née au Japon. Durant les deux premières années de sa vie, Amélie est immobile et ne dit pas un mot. Elle est considérée par tous comme un tube digestif inerte. Jusqu’au jour où sa grand-mère lui tend un carré de chocolat blanc. Lorsqu’elle le croque, le miracle se produit… Amélie et la métaphysique des tubes est un film d’animation français réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han. Il s’agit de l’adaptation du roman Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb paru en 2000, roman dans lequel la romancière belge raconte les trois premières années de sa vie au Japon. Elle décrit avec humour la vie de son entourage et sa relation avec sa nounou japonaise. Le film suit le roman d’assez près. Ce récit à hauteur d’enfant montre un mélange délicat d’onirisme, de magie et de découverte. Le dessin est une belle fusion entre l’animation française et japonaise. Une grande douceur se dégage de l’ensemble. Une belle réussite. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d’une de ses vidéos, Magalie s’isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. Une journaliste détenant une information sensible commence à lui faire du chantage… L’Accident de piano est un film français écrit et réalisé par Quentin Dupieux, qui nous livre ici une de ces comédies noires qu’il affectionne. Et, comme toujours, sans en avoir l’air, il met en évidence les travers de notre société, en se concentrant cette fois sur les réseaux sociaux, la bêtise, la cruauté et le manque d’empathie. Les dialogues mordants complètent bien l’humour absurde qu’il déploie. Les personnages sont particulièrement bien interprétés avec une mention particulière pour Adèle Exarchopoulos. Même si ce n’est certainement pas son film le plus réussi, Quentin Dupieux réussit à dresser une fois encore un portrait féroce de notre société. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 3,50 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Durant des fouilles archéologiques non officielles dans la ville du Caire, l’archéologue Christian Robinson a découvert une mystérieuse inscription concernant le trésor du pharaon Khéops. Il est persuadé qu’il s’agit d’indices laissés par Dominique Vivant Denon, directeur de 1802 à 1815 du musée du Louvre. Il pense qu’il aurait rapporté le trésor en France pour Napoléon… Le Secret de Khéops est un film français réalisé par Barbara Schulz. L’ex-actrice signe là son premier long métrage. Elle en a écrit le scénario avec Christophe Turpin. Il s’agit d’une comédie sur une relation père / fille plutôt originale, mais passablement difficile, dont la réalisatrice annonce des inspirations autobiographiques. La comédie prend forme sur un fond de film d’aventures qui a le mérite de se baser sur éléments historiques pour bâtir une hypothèse audacieuse. Le scénario n’est pas parfait et montre une tendance à s’essouffler mais l’interprétation est de bonne qualité. Luchini a ici un rôle qui lui va bien. La critique a jugé un peu sévèrement le film qui n’en est pas moins divertissant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Gavril Dartevelle et Fabrice Luchini dans Le Secret de Khéops de Barbara Schulz.
Remarque : Historiquement, Dominique Vivant Denon a bien accompagné Bonaparte lors de l’expédition d’Égypte en 1798 avant d’être directeur général du musée du Louvre à partir de 1802. Il est considéré aujourd’hui comme un grand précurseur de la muséologie, de l’histoire de l’art et de l’égyptologie.
Claire, une célèbre chanteuse, s’envole au Japon pour un dernier concert à guichet fermé. Lorsque le concert prend fin, sa vie sur terre s’arrête aussi. Une nouvelle vie inattendue s’offre alors à elle : un au-delà dans lequel Yuzo, l’un de ses plus grands fans, l’attend… Yōkai, le monde des esprits est un film franco-japonais réalisé par le singapourien Eric Khoo. Les yōkais désignent des créatures surnaturelles dans la culture japonaise et, plus largement, tout ce qui se rapporte à des phénomènes étranges qui dépassent la compréhension humaine, nous explique le dossier de presse. Effectivement, il s’agit d’une histoire de spectres qui aident et guident les vivants pour surmonter leur chagrin et dénouer les problèmes. Le film a des qualités, il est délicat et serein, mais on peut lui reprocher de n’apporter rien de vraiment original ni de vraiment marquant (1). Catherine Deneuve n’est guère crédible en chanteuse (elle interprète elle-même les chansons, ces scènes sont presque gênantes), ce ne sera pas son plus grand rôle. La photographie est assez belle, souvent avec une faible profondeur de champ. Le film a été bien accueilli par la critique. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Eric Khoo chroniqués sur ce blog…
(1) Si on le compare à Sidonie au Japon d’Elise Girard (2023), qui reposait sur un thème proche, Yōkai, le monde des esprits est loin d’avoir la même profondeur.
Masaaki Sakai, Catherine Deneuve et Yutaka Takenouchi dans Yôkai – Le monde des esprits (Spirit World) de Eric Khoo.
En 1871, un ambassadeur de l’Empereur japonais et ses deux gardes du corps traversent l’Ouest américain à bord d’un train qui les mènera à la rencontre du Président des Etats-Unis. L’ambassadeur a pour mission d’offrir à son hôte un objet d’une valeur inestimable : un sabre de samouraï. Malheureusement, le convoi qui transporte également de l’or est la cible de deux bandits sans foi ni loi. Ceux-ci parviennent à subtiliser la cargaison et dérobent par la même occasion le précieux cadeau… Soleil rouge est un western franco-italo-espagnol réalisé par l’anglais Terence Young. Il fait partie de ces coproductions internationales qui ont fleuri au tournant des années soixante-dix. L’originalité de ce western européen est d’introduire un samouraï comme personnage de premier plan. Tout est en effet basé sur la cohabitation forcée entre ce guerrier japonais et un cow-boy certes gangster mais doté d’une certaine éthique. Il rassemble quatre grandes stars internationales. Alain Delon n’a pas le meilleur rôle, il est le méchant qui tue sans état d’âme. Le récit n’est pas des plus palpitants, l’ensemble semble trop long. Ce n’est pas un western spaghetti à proprement parler mais il en est proche. Le film a été tourné en Espagne. La photographie est signée par Henri Alekan qui rend les décors crédibles. En revanche, il est difficile de ne pas sourire quand les indiens (joués de toute évidence par des espagnols) apparaissent. Comme beaucoup de ces coproductions internationales, l’ensemble manque d’unité. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 4,50 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Marseille, début des années 1930. Roch Siffredi (Alain Delon) est un jeune voyou récemment libéré de prison. Il retrouve sa compagne Lola mais, pendant qu’il purgeait sa peine, celle-ci s’est entichée d’un certain François Capella (Jean-Paul Belmondo), truand lui aussi. Après une première rencontre orageuse, les deux hommes vont s’associer et chercher à prendre le contrôle de la pègre… Borsalino est un film policier français réalisé par Jacques Deray. Le scénario est l’œuvre de Jean-Claude Carrière, Jean Cau, Jacques Deray et Claude Sautet, d’après le livre Bandits à Marseille d’Eugène Saccomano. Produit par Alain Delon, le film réunit pour la première fois en tête d’affiche les deux acteurs vedettes du cinéma français (1). Le tournage s’est bien déroulé, sans rivalité (2). Le nombre de scènes et de gros plans sont équitablement répartis. Aucun des deux acteurs ne cherchent à monopoliser l’écran. La reconstitution du milieu de la pègre marseillaise des années 1930 est très bien réalisée et la musique de Claude Bolling est restée célèbre. Plaisant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques : – Borsalino est une marque de chapeaux très populaires dans les années 20, 30 et 40. La compagnie a fourni les chapeaux des deux acteurs et aurait même financé en partie le film. – Les personnages sont inspirés des truands Paul Carbone et François Spirito. Jacques Deray a reçu des menaces de mort avant le tournage parce qu’il voulait utiliser les vrais noms des gangsters. – Le film n’est pas sorti en vidéo avant 2009 à cause d’une question de droits. Pour la même raison, il n’est passé que très tardivement à la télévision.
(1) Les deux acteurs avaient tourné plusieurs fois dans le même film auparavant mais sans partager le haut de l’affiche. (2) La brouille entre les deux acteurs n’est apparue qu’à la sortie du film, Belmondo reprochant à Delon de ne pas l’avoir mis en premier sur l’affiche comme convenu par contrat. La Justice donna raison à Belmondo. Ils resteront brouillés et il faudra attendre 25 ans pour les retrouver dans un même film.
Jean-Paul Belmondo et Alain Delon dans Borsalino de Jacques Deray.
Suite : Borsalino & Co (1974) de Jacques Deray avec Alain Delon mais sans Belmondo.
Baptiste, imitateur professionnel, est engagé par Pierre Chozène, un romancier célèbre qui a besoin de calme pour terminer son nouveau livre. Il propose à Baptiste de devenir sa voix au téléphone pour éviter que ses problèmes personnels ne viennent le déconcentrer…
Le Répondeur est une comédie française coécrite et réalisée par Fabienne Godet, adaptation d’un roman de Luc Blanvillain. L’idée de base est originale et amusante mais le danger était dans le développement. L’histoire évite toutefois d’être prévisible, elle évolue de façon plaisante sans tomber dans la facilité. L’alchimie entre les deux acteurs n’était pas évidente mais elle fonctionne parfaitement. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
A Rouen, en pleine campagne électorale, le commissaire Verjeat et son adjoint Lefèvre mènent l’enquête sur la mort d’un colleur d’affiches. Elle les conduit à Pierre Lardatte, homme politique influent et maire de la ville. S’attaquer à lui pourrait signifier la fin de leur carrière… Adieu poulet est un film français réalisé par Pierre Granier-Deferre. Ecrit par Francis Veber, le scénario est adapté du roman de Raf Vallet, publié en 1974 et inspiré par l’affaire de la « fusillade de Puteaux » (1). Il s’agit donc d’une affaire politique et l’enquête est menée par un commissaire et son adjoint. Le duo Ventura / Deware fonctionne bien, chacun aux antipodes de l’autre mais se complétant parfaitement. La réalisation est solide et l’ensemble est assez prenant. Le film s’inscrit dans la vague des films sur les affaires politiques des années soixante-dix. Elle: – Lui :
Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 3,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
(1) En 1971 à Puteaux pendant la campagne municipale, un colleur d’affiches socialiste de 31 ans est tué par un ou des partisans de Charles Ceccaldi-Raynaud (RPR), alors maire. Le procès a eu lieu en 1974 et a fait la une des journaux. Comme des employés de la mairie se trouvaient impliqués, Charles Ceccaldi-Raynaud est jugé au civil responsable de la fusillade et est condamné à verser plus de 200 000 francs de dommages et intérêts à la partie civile. (source Wikipedia) L’affaire avait déjà inspiré (en partie) André Cayatte pour son film Il n’y a pas de fumée sans feu (1973) avec Annie Girardot et Robert Fresson.
Patrick Dewaere et Lino Ventura dans Adieu poulet de Pierre Granier-Deferre.
Vincent Rousseau dirige pour la première fois une colonie de vacances et se retrouve plongé pendant trois semaines dans l’univers des colos avec petites histoires et gros soucis à la clef! Vincent est confronté à la vie mouvementée du camp, de ses animateurs plus ou moins professionnels et des ados pas toujours évidents à gérer… Nos jours heureux est un film français écrit et réalisé par Éric Toledano et Olivier Nakache. Les deux réalisateurs ont été eux-mêmes animateurs en colonies de vacances, c’est même à cette occasion qu’ils se sont rencontrés. Ils avaient déjà traité le sujet en court-métrage, Ces jours heureux en 2001 avec Lorànt Deutsch, qui ne montrait que le départ des enfants en car et l’arrivée. Ils ont rajouté tout le séjour et développé les personnages en se basant, disent-ils, sur leurs souvenirs. Ils n’évitent pas les stéréotypes et les exagérations mais le film convainc par sa bonne humeur, sa bienveillance et son humour. Le film a été bien accueilli par le public et a servi de tremplin pour la carrière des deux réalisateurs et celle de Jean-Paul Rouve et d’Omar Sy. Elle: Lui :
Lecteurs : (4 note(s), moyenne : 3,75 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Marilou Berry, Lannick Gautry, Jean-Paul Rouve, Joséphine de Meaux, Omar Sy et Guillaume Cyr dans Nos jours heureux de Olivier Nakache et Éric Toledano.
Wisi, en quête d’emploi à Bordeaux, se fait passer pour un sans-papier auprès de Marina, une humanitaire au grand coeur. Il rencontre Jérôme, un SDF passablement raciste, qui découvre sa ruse et décide de profiter de la situation, compliquant ainsi les plans de Wisi… Pourquoi tu souris? est une comédie française écrite et réalisée par Chad Chenouga et Christine Paillard. Le premier est un acteur passé à la réalisation, la seconde est une scénariste qui signe là son premier long métrage. Ils ont réuni un beau trio d’acteurs qui attirera les spectateurs (ce fut notre cas). Hélas, le scénario est décousu et, malgré quelques passages assez réussis, l’humour fonctionne mal et génère même parfois une certaine gêne. L’interprétation n’est pas en cause, les trois sont excellents. Abandon à mi-parcours. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)