Lui :
Par une surprenante coïncidence, deux films américains sont sortis à quelques mois d’intervalle traitant exactement du même sujet : les conditions dans lesquelles Truman Capote a écrit son roman le plus célèbre « De sang-froid ». Abandonnant la vie mondaine newyorkaise pour quelques mois, l’écrivain est allé au fond du Kansas pour écrire un roman basé sur un fait divers, créant ainsi un genre nouveau mais aussi vivant une expérience qui va le marquer pour toujours. Le film de Douglas McGrath est vraiment porté par l’interprétation de l’acteur anglais Toby Jones, pleine de force et d’humanité au-delà de ses apparences superficielles. Il incarne ainsi un Truman Capote haut en couleur mais étonnamment crédible.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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L’autre film sur le même sujet : Truman Capote (Capote) de Bennett Miller avec Philip Seymour Hoffman
(à noter que les deux films sont basés sur des livres différents)
Le roman de Truman Capote a été porté à l’écran peu après sa sortie : De sang-froid (In cold blood) de Richard Brooks (1967).
Titre original : « (Die) Vier um die Frau » ou « Kämpfende Herzen »
Autre titre français : « Quatre hommes pour une femme »
Lui :
(film muet) Cœurs en Lutte a longtemps été considéré comme définitivement perdu. Ce n’est qu’assez récemment qu’une copie a été retrouvée au Brésil ; cette copie a été restaurée et les intertitres recréés à partir des intertitres espagnols (les intertitres originaux en allemand restent à ce jour perdus). S’il s’agit d’un drame de la jalousie, Cœurs en Lutte est très intéressant car il est doublé d’une peinture sociale de la haute bourgeoisie assez mordante où de riches courtiers en Bourse fréquentent la pègre pour écouler fausse monnaie et bijoux volés. En ce sens, il préfigure Dr Mabuse, le Joueur que Fritz Lang tournera un an plus tard. Lang cosigne le scénario avec Thea von Harbou, c’est déjà leur troisième collaboration. L’interprétation est assez puissante tout en évitant les excès. On remarquera la belle prestation de Carola Toelle. Cœurs en Lutte (ou Quatre hommes pour une femme) est bien plus qu’une curiosité, il montre un Fritz Lang qui affirme de plus en plus sa maitrise du récit et de la réalisation.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarque :
1) Le film a été diffusé pour la première fois à la télévison française au Ciné-Club de Patrick Brion, le 27 juin 2010.
2) Marmorhaus est un grand cinéma berlinois, situé sur l’avenue Kurfürstendamm. Ce cinéma avait pour habitude d’avoir des affiches spécialement créées à son seul usage. Il était dirigé à cette époque par un certain Siegrert Goldschmidt, dont le nom figure sur ces affiches.
Lui :
Adapté d’un roman de Geoffrey Household (The Rogue Male), Chasse à l’homme fait partie des films américains pro-interventionnistes du tout début de la seconde Guerre Mondiale : tourné en 1941, il se situe donc avant l’entrée en guerre des Etats-Unis. L’histoire, même si elle paraît peu crédible, offre une belle trame de scénario : un anglais, habitué à chasser les grands fauves en Afrique, parvient à tenir Adolf Hitler dans le viseur de son fusil en Bavière sans avoir l’intention de tirer. Arrêté, il parvient à s’échapper mais il va être traqué par les hommes de la Gestapo qui veulent lui faire signer une fausse confession. Chasse à l’homme a beau avoir été visiblement tourné assez rapidement, il fonctionne merveilleusement bien comme un film au suspense assez puisant, avec une tension qui ne se relâche que rarement. Que ce soit dans la forêt bavaroise ou dans le quartier des docks de Londres, l’ambiance est particulièrement bien restituée. Joan Bennett nous fait une belle démonstration d’accent cockney et Georges Sanders et John Carradine interprète deux vilains plus qu’inquiétants. Dirigé de main de maître, Chasse à l’homme résiste bien aux outrages du temps, ce qui est loin d’être toujours le cas des films de propagande.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Alors qu’il a près de trente années de carrière d’acteur derrière lui, Charles Laughton passe derrière la caméra pour un film assez unique en son genre. Grand habitué des rôles de personnages cyniques ou machiavéliques, Charles Laughton va tout mettre dans La Nuit du Chasseur où un assassin psychopathe déguisé en pasteur traque deux jeunes enfants pour une histoire de magot caché. L’extraordinaire réussite du film tient aussi bien de l’atmosphère, onirique et angoissante, que de la performance d’acteur avec au premier plan Robert Mitchum qui semble parfait pour le rôle : sa nonchalance naturelle rend son personnage dix fois plus terrifiant et implacable, c’est indéniablement son meilleur rôle à l’écran. On ne compte plus les scènes marquantes de La Nuit du Chasseur, celles dont les images restent imprimées en nous ; certaines scènes sont même absolument époustouflantes, alliant une beauté onirique et même poétique à une angoisse lancinante. Une certaine influence du cinéma muet a souvent été soulignée, l’expressionisme allemand pour l’image (dans les scènes de nuit) et aussi un hommage à D.W.Griffith (impression accentuée par la présence de Lillian Gish, actrice fétiche de Griffith). Il est stupéfiant que Charles Laughton ait formé un ensemble si parfait dès son premier essai de réalisation. Hélas, ce sera aussi son dernier : La Nuit du Chasseur n’eut aucun succès à sa sortie et fut même méprisé. Ce n’est qu’avec le temps qu’il a été reconnu à sa juste valeur, c’est-à-dire comme l’un des films les plus originaux, les plus créatifs de l’histoire du cinéma.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Avec Carlos, Olivier Assayas se lance dans un genre plutôt inattendu de sa part : le film est d’abord produit comme une série de télévision en trois volets, soit 5 heures 30 en tout. Il est ensuite dérivé en une version réduite de moitié environ, soit 2h45, pour une sortie en salles. Cette longueur serait justifiée par le sujet : traiter du terrorisme des années 70 et 80 par le truchement d’une biographie romancée de Carlos qui retrace ses méfaits sur deux décennies. Olivier Assayas montre comment des militants gauchistes deviennent des mercenaires au discours imprécis allant jusqu’à se vendre au plus offrant. Le film dénonce le terrorisme d’état, montrant du doigt le FPLP, l’Irak, la Syrie et la Lybie. Malgré un budget limité (par rapport à un “vrai film”), la mise en scène d’Assayas est assez enlevée, utilisant largement une bande sonore rock pour donner du rythme, alignant sans cesse les scènes d’action… qui finissent par paraître un peu répétitives. La prise d’otages à la conférence de L’OPEP est notamment décrite dans le moindre détail. Le derniers tiers, au moment où Carlos commence à devenir encombrant et se fait lâcher par ses commanditaires, est plus intéressant. Le plus remarquable est certainement la prestation d’Édgar Ramírez, cet acteur (vénézuélien comme Carlos) montre une énorme présence à l’écran et Assayas parvient à créer avec lui des images fortes. La version TV paraît un peu longue, il n’est pas impossible que la version cinéma de Carlos soit mieux équilibrée.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarques :
Carlos, le vrai, a été condamné à être emprisonné à perpétuité en France (pour le triple meurtre de la Rue Toullier, il n’a pas encore été jugé pour les différents attentats). Il a tenté d’intenter une action en justice contre la production du film. Son vrai nom étant Ilich Ramírez Sánchez, il a également prétendu dans un interview que l’acteur Édgar Ramírez avait toutes les chances d’être un parent éloigné…!
Lui : (Film d’animation) En adaptant ce roman de Diana Wynne Jones, Hayao Miyazaki va toujours plus loin dans l’imaginaire visuel. L’histoire du Château Ambulant est assez belle en soi et joliment complexe. L’histoire démarre très rapidement et semble se développer en étoile à l’instar de son château ambulant, objet et lieu fantasmagorique au-delà de toute probabilité. Miyazaki explore plusieurs fils narratifs, exploitant ainsi une vraie richesse de récit qu’il met en images avec force trouvailles visuelles. Spectacle féérique, Le Château Ambulant nous charme, nous émerveille et nous captive.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Chieko Baisho, Takuya Kimura
Voir la fiche du film et la filmographie de Hayao Miyazaki sur le site imdb.com.
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Lui :
Ariane, la jeune et charmante fille d’un détective privé parisien, vole au secours d’un riche playboy américain menacé par un mari jaloux. Tombant elle aussi sous le charme, elle va lui faire croire qu’elle a déjà eu beaucoup d’aventures. Elle espère ainsi se mettre à son niveau… Il s’agit de la seconde adaptation au grand écran du roman de l’écrivain suisse Claude Anet (plus connu pour être l’auteur de « Mayerling »). Avec Ariane, Billy Wilder met en scène une comédie romantique qui n’est pas sans rappeler Sabrina, tourné trois ans plus tôt, si ce n’est qu’Ariane a une dimension dramatique sous-jacente plus forte et qu’il ne comporte pas ses notes habituelles de satire sociale : Billy Wilder semble ainsi avoir un peu perdu de son mordant… Le film fut un échec commercial, les critiques reprochant à Gary Cooper d’être trop âgé pour le rôle (1). Le reproche est plutôt justifié même si, il faut bien le reconnaître, son charme est toujours intact. Le film, quant à lui, reste plaisant mais n’est pas vraiment au niveau des meilleurs films du cinéaste.
Note :
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(1) Gary Cooper avait alors 55 ans. Gary Cooper fut assez affecté par les critiques sur son âge. Détail amusant : Billy Wilder avait d’abord offert le rôle à Cary Grant qui avait refusé, s’estimant trop âgé pour le personnage. Trois ans plus tôt, pour Sabrina, Cary Grant avait refusé le rôle pour les mêmes raisons.
Précédente adaptation du roman Ariane, jeune fille russe : Ariane (version allemande) de Paul Czinner (1931) avec Elisabeth Bergner et Rudolf Forster Ariane, jeune fille russe (version française) de Paul Czinner (1932) avec Gaby Morlay
Lui :
En 1944, dans le Pacifique, un Marine et une jeune nonne particulièrement dévote se retrouvent isolés sur île par moments infestée de japonais. Le sujet de Dieu seul le sait peut paraître guère attrayant et pourtant John Huston a su éviter tous les clichés que l’on pouvait craindre. Bien au contraire, il fait preuve de beaucoup de subtilité et de délicatesse dans ce face à face surprenant, où deux tempéraments à priori opposés sont forcés de cohabiter. Le film fait entendu penser à African Queen que le réalisateur a tourné quelques années plus tôt et le résultat est tout aussi enthousiasmant, tout en se situant sur un registre plus discret, d’une grande pudeur. Les dialogues sont simples mais d’une écriture parfaite. Le déroulement du scénario est tout aussi parfait, sans aucun moment faible ni excès, John Huston semblant toujours avoir trouvé le ton juste. Belles interprétations de Robert Mitchum et de Deborah Kerr, tous deux semblent avoir été faits pour le rôle. Dieu seul le sait est vraiment un très beau film, une belle histoire traitée tout en délicatesse, un film qui n’est habituellement pas estimé à sa juste valeur.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarques :
John Huston déclare dans mémoires : « On mentionne rarement Dieu seul le sait quand on parle de mes films et cependant je le considère comme l’un des meilleurs films que j’ai jamais fait ». On le comprend, c’est vraiment étonnant que ce film soit oublié à ce point. De son côté, Robert Mitchum aurait déclaré que c’était là son plus beau rôle.
Lui :
Alors que deux policiers détectives traquent un tueur en fuite, ils se trouvent en chemin sur les lieux d’un crime qui vient de se produire, une vieille dame assassinée dans son magasin. L’un deux se voit forcé d’enquêter sur cette affaire qui va se révéler être plus ténébreuse qu’il ne le croyait. Le troisième film de David Mamet est un film qui trompe son monde, il est lui aussi bien plus complexe qu’attendu : alors qu’il démarre comme un film policier, il se transforme rapidement en introspection de son personnage principal, un questionnement sur ses racines. A l’image du titre (« Homicide » peut être pris dans son sens premier mais aussi dans le sens « home-icide », tueur de racines), tout le film est à double lecture : on peut y voir un simple film sur le racisme anti-juif à l’intérieur de la police newyorkaise mais c’est aussi un film sur la recherche d’identité, les angoisses et les fantasmes qui virent à la paranoïa. David Mamet nous lance sur beaucoup de pistes (un peu à la manière de David Lynch) mais la tromperie est un élément-clef de son cinéma d’alors et l’on n’aura pas toutes réponses, loin de là. La fin est en tout cas très sombre et effroyablement pessimiste. Comme toujours chez David Mamet, les dialogues ont un rôle de tout premier plan, à la fois très réalistes et écrits avec beaucoup de rythme et de soin. Homicide est un film qui peut dérouter mais démontre les grandes qualités d’un réalisateur qui évoluera ensuite sur un terrain un peu différent.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)