31 août 2005

Sommaire d’août 2005

Le Mépris

(1963) de Jean-Luc Godard

All or Nothing

(2002) de Mike Leigh

Les contrebandiers de Moonfleet

(1955) de Fritz Lang

Croix de Fer

(1977) de Sam Peckinpah

Vous ne l’emporterez pas avec vous

(1938) de Frank Capra

Danse avec les loups

(1990) de Kevin Costner

Waterworld

(1995) de Kevin Reynolds

Les Triplettes de Belleville

(2003) de Sylvain Chomet

MASH

(1970) de Robert Altman

L’Homme de la rue

(1941) de Frank Capra

De beaux Lendemains

(1997) d’ Atom Egoyan

Bienvenue au gîte

(2003) de Claude Duty

Les Égarés

(2003) d’ André Téchiné

Créatures féroces

(1997) de Robert Young et Fred Schepisi

La Petite Lili

(2003) de Claude Miller

La Fièvre dans le sang

(1961) de Elia Kazan

Claire Dolan

(1998) de Lodge H. Kerrigan

Nos Meilleures Années

(2003) de Marco Tullio Giordana

Pour le plaisir

(2004) de Dominique Deruddere

Plots with a View

(2002) de Nick Hurran

Good Bye Lenin!

(2003) de Wolfgang Becker

Profession: magliari

(1959) de Francesco Rosi

Solaris

(2002) de Steven Soderbergh

L’Aveu

(1969) de Costa-Gavras

Maine-Océan

(1986) de Jacques Rozier

Du côté d’Orouët

(1973) de Jacques Rozier

Historias mínimas

(2002) de Carlos Sorin

Tanguy

(2001) d’ Étienne Chatiliez

La Ciénaga

(2001) de Lucrecia Martel

Oscar

(1967) d’ Edouard Molinaro

Un Américain bien tranquille

(2002) de Phillip Noyce

Punch-Drunk Love

(2002) de Paul Thomas Anderson

Pour rire!

(1996) de Lucas Belvaux

Nombre de billets : 33

31 août 2005

Le mépris (1963) de Jean-Luc Godard

Godard - Le méprisElle :
Film culte que l’on revoit avec grand plaisir, cette adaptation du roman d’Alberto Moravia est à la fois grave et lumineuse : pendant la préparation du tournage d’un film, « Ulysse », réalisé par Fritz Lang qui joue ici son propre rôle, nous assistons à la lente déchirure d’un couple (Brigitte Bardot et Michel Piccoli). Camille, simple dactylo cesse d’aimer Paul, le scénariste, car elle le méprise ; elle l’accuse de complaisance face à son producteur. Godard fait un parallèle intéressant avec l’histoire de Pénélope et Ulysse. La forme du film est novatrice. Scènes mythiques entre Piccoli et Bardot dans l’appartement où Godard fait glisser sa caméra d’une pièce à l’autre comme pour amorcer la fracture. Couleurs éclatantes et violentes de Capri où la tragédie va se jouer entre les deux protagonistes dans une maison rouge qui domine une mer éblouissante. Camille est un être simple qui ne parvient plus à dissiper le mépris qui l’habite. Paul est complètement désynchronisé dans sa vie par ce rejet brutal. N’oublions pas de mentionner la magnifique musique de Georges Delerue qui accentue l’ampleur du drame de ce couple.
Note : 5 étoiles

Lui :
A mes yeux, Le Mépris est le plus beau film de Godard, sur un couple en position instable, au bord de la rupture, et sur la naissance et l’amplification d’un sentiment de mépris de l’un envers l’autre. C’est aussi une réflexion sur la puissance de l’argent et de sa toute puissance dans le monde du cinéma. Godard parvient à utiliser parfaitement les atouts de ses acteurs, à commencer par Bardot, sans jamais en abuser. De nombreuses scènes sont de véritables petits bijoux et sont d’ailleurs devenues des classiques, à commencer par ce superbe générique de début, très cinématographique, avec ces noms donnés en voix off sur une superbe musique de Delerue. Tout le film est d’ailleurs à la fois un superbe hommage au cinéma et un grand moment de cinéma, de pur cinéma, de grand cinéma.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Michel Piccoli, Brigitte Bardot, Jack Palance, Fritz Lang
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Luc Godard sur le site IMDB.
Voir les autres films de Jean-Luc Godard chroniqués sur ce blog…
Lire aussi  un très beau texte sur le générique et la première scène du film.

30 août 2005

All or Nothing (2002) de Mike Leigh

All or nothingElle :
Film réaliste social dans lequel Mike Leigh pose un regard authentique et tendre sur trois familles défavorisées. Il dissèque avec justesse les raisons pour lesquelles ces personnages ont sombré dans le pessimisme, la pauvreté, le désamour de soi et des autres. L’alcool, l’obésité, le manque de communication, de convivialité, de respect et d’estime de soi plongent ces gens attachants dans le désarroi et la violence verbale et physique. Une analyse intéressante mais évidemment pas très optimiste.
Note : 5 étoiles

Lui :
All or Nothing est un portrait très authentique et assez sincère dans son approche d’une famille londonienne populaire. Une fois de plus, l’absence de communication et le sentiment de se sentir mal considéré sont montrés comme responsable de relations assez dégradées. Le regard porté est assez sincère car on ne sent ni pitié, ni compassion, seulement un regard fidèle et attendri. Les personnages sont assez attachants et remarquablement interprétés. On peut juste reprocher au film d’utiliser le côté « condition sociale défavorisée » pour un peu exacerber les problèmes, mieux les mettre en avant, car ce sont les mêmes problèmes de communication sociale ou personnelle qui existent à tous les niveaux.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Timothy Spall, Lesley Manville, Alison Garland
Voir la fiche du film et la filmographie de Mike Leigh sur le site IMDB.

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29 août 2005

Les contrebandiers de Moonfleet (1955) de Fritz Lang

Titre original : « Moonfleet »

Les contrebandiers de Moonfleet Elle :
(pas (re)vu)

Lui :
Cette histoire de jeune garçon, qui fait malgré lui irruption dans le monde rude des contrebandiers de l’Angleterre du 18e siècle, permet à Fritz Lang de jouer avec notre fascination pour l’aventure et pour l’étrange. Lang aurait semble t-il plus ou moins renié le film dont le montage lui aurait échappé, pourtant cela n’empêche pas Les contrebandiers de Moonfleet d’être un film très complet, baigné d’un climat fort et étrange en permanence, avec des images assez lyriques (malgré l’aversion de Lang pour le cinemascope). L’équilibre est quasi parfait, il n’y a aucun excès et on se laisse volontiers captiver par l’histoire.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Stewart Granger, George Sanders, Jon Whiteley
Voir la fiche du film et la filmographie de Fritz Lang sur le site IMDB.

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28 août 2005

Croix de Fer (1977) de Sam Peckinpah

Titre original : « Cross of Iron »

Croix de Fer Elle :
Film de guerre adapté du roman de Willi Heinrich. Ce violent réquisitoire contre la stupidité de la guerre et la cupidité des hommes met en scène l’armée allemande sur le front russe. James Coburn incarne un caporal rebelle qui malgré sa haine de l’uniforme reste malgré tout au sein de l’armée, son unique famille. Sam Peckinpah ne s’attache pas à l’aspect historique mais cherche à mettre en scène la violence, les massacres, le mensonge, la couardise, l’appétit de pouvoir et d’honneur. La mise en scène est chaotique et onirique. Le réalisateur ponctue son film de cadavres et de blessés. Malgré quelques longueurs, c’est un film intéressant.
Note : 3 étoiles

Croix de Fer Lui :
Mettant en scène l’opposition de deux officiers au sein d’une compagnie allemande sur le front russe, Croix de Fer nous montre avant tout l’absurdité de la guerre. A ces hommes qui ne croient plus en la grandeur de leur pays ou leur chef suprême, il ne reste qu’une succession de combats implacables, le danger permanent et la volonté de se sortir de ce bourbier. Même si certains personnages sont un peu typés (l’officier aristocrate est pleutre et arriviste à souhait), Sam Peckinpah met parfaitement en place son discours et parvient bien à mettre en évidence la difficulté à garder de l’humanité au fond de soi dans de telles situations extrêmes.
Note : 3 étoiles

Acteurs: James Coburn, James Mason
Voir la fiche du film et la filmographie de Sam Peckinpah sur le site IMDB.

27 août 2005

Vous ne l’emporterez pas avec vous (1938) de Frank Capra

Titre original : « You can’t take it with you »

You Can't Take It with YouElle :
James Stewart en fils de riche banquier veut épouser Jean Arthur, fille d’une famille modeste. C’est l’affrontement de deux mondes totalement opposés: l’amour de l’argent contre l’amour tout court, l’amitié et la joie de vivre. Frank Capra nous introduit dans son univers de famille idéale avec beaucoup d’humour et de gaieté. Ses personnages sont drôles et attachants. Un grand classique du cinéma à voir ou revoir avec délectation.
Note : 5 étoiles

Lui :
Vous ne l’emporterez pas avec vous est une comédie pleine de vitalité, de bonne humeur et de bonnes intentions, sur le thème « la recherche de la réussite sociale et financière peut vous faire oublier les valeurs essentielles de la vie ». On peut bien entendu trouver cela trop manichéen, trop idéaliste ou même idyllique, mais personne n’a mieux traité ce sujet en comédie que Capra. Les personnages sont forts et attachants, les dialogues brillants et la mise en scène très précise. Du grand art.
Note : 5 étoiles

Acteurs: James Stewart, Jean Arthur, Lionel Barrymore, Edward Arnold, Mary Forbes, Ann Miller
Voir la fiche du film et la filmographie de Frank Capra sur le site IMDB.

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26 août 2005

Danse avec les loups (1990) de Kevin Costner

Titre original : « Dances with wolves »

Danse avec les loupsElle :
Ce film, qui a marqué le début des années 90 à cause de la beauté des images, de la musique et du sujet, me laisse bien perplexe 14 ans plus tard. Kevin Costner (qui ne m’a pas convaincue depuis en tant que réalisateur) livre un film convenu, long et ennuyeux. Trop fasciné par son sujet et ses belles images à mettre dans la boîte, il nous inflige quatre heures de projection durant lesquelles il ne se passe que très peu de choses. Tout comme notre héros Kevin Costner qui s’ennuie à garder la frontière, on fait comme lui ; on n’est pas loin du sommeil comateux. Malgré les superbes panoramiques de paysages, les jolis couchers de soleil, les chevaux, le loup, les bisons, les gentils indiens, l’inévitable veuve qui veut se caser, la sauce ne prend pas.
Note :

Lui :
Danse avec les loups Danse avec les loups est vraiment un film bourré de bonnes intentions mais aussi de maladresses. Ce sont ces dernières qui sautent aux yeux en premier: une construction brouillonne, une lourdeur extrême dans les clichés, un manichéisme assez outrancier et surtout une lenteur… une lenteur… (d’autant plus évidente que le film était vu ici dans sa version longue de 4h). Malgré toutes ces maladresses, il n’en reste pas moins que c’est l’un des films les plus authentiques sur la civilisation des sioux, juste avant son éradication par le « modernisme » américain. Authentique, parce Costner n’a pas voulu tricher et utiliser les ficelles hollywoodiennes classiques. Et ne serait-ce qu’à ce titre, il y a des bonnes choses à prendre dans ce film et il me paraît difficile de le railler trop durement.
Note : 3 étoiles

Note : Pour être honnête, quand nous avions vu ce film (dans sa version normale, c’est à dire courte) peu après sa sortie, nous avions tous deux beaucoup aimé…

Acteurs: Kevin Costner, Mary McDonnell
Voir la fiche du film et la filmographie de Kevin Costner sur le site imdb.com.

Le film Danse avec les loups existe en trois versions :
181 mn pour la version commerciale cinéma à sa sortie en 1990
224 mn (« Extended version ») disponible actuellement en DVD
236 mn (« Director’s cut ») sortie en LaserDisc NTSC (3 disques) en 1994. C’est cette version qui a été ici visionnée.

Remarques :
L’histoire de Danse avec les loups présente beaucoup de similitudes avec le film de Samuel Fuller de 1957 Run of the Arrow (Le jugement des flèches).

25 août 2005

Waterworld (1995) de Kevin Reynolds

WaterworldElle : (pas vu)

Lui :
Il y a des bonnes choses dans ce film qui s’était fait profondément laminer à sa sortie par la critique. Il y a la création de cet univers de type post-apocalyptique qui, à défaut d’être réellement crédible, est tout de même assez bien mis sur pied et attrayant par certains côtés. On peut reprocher le tape-à-l’oeil, le scénario vraiment simple et Kevin Costner donne un peu trop dans le style « super héros qui n’est jamais pris au dépourvu »… mais il y a de belles scènes, sous-marines notamment, et l’ensemble se laisse regarder sans déplaisir. Ceci dit, cela ne méritait certainement pas d’être « le film le plus cher de l’histoire du cinéma » (en 1995 du moins)…
Note : 3 étoiles

Acteurs: Kevin Costner, Jeanne Tripplehorn, Zitto Kazann, Jack Kehler, Dennis Hopper
Voir la fiche du film et la filmographie de Kevin Reynolds sur le site imdb.com.

24 août 2005

Les triplettes de Belleville (2003) de Sylvain Chomet

Les Triplettes de BellevilleElle :
C’est au travers de ce dessin animé original, bourré d’humour et de trouvailles visuelles que Sylvain Chomet rend hommage à ses parents, son enfance ainsi qu’aux années 50 et 60. Point besoin de dialogues mais des morceaux de musique de l’époque durant lesquels on reconnaît Django Reinhart, Joséphine Baker, Fred Astaire. Le scénario, un peu faible dans la seconde partie du film, nous présente un petit garçon élevé par une grand-mère aimante. Il deviendra cycliste et se fera enlever par la mafia. C’est avec nostalgie et poésie que le réalisateur évoque cette période. Le modernisme des villes ronge la campagne ; les objets d’autrefois fourmillent de détails ; les références cinématographiques et musicales ornent les murs ; l’ambiance sonore et visuelle souligne les souvenirs d’enfance. Les graphismes, éclairages, animations sont superbes et uniques. Un beau dessin animé nostalgique.
Note : 5 étoiles

Lui :
Beaucoup d’humour et d’invention dans ce dessin animé très personnel, beaucoup de clins d’oeil également, les plus évidents étant à Tati. Il est vrai que l’on retrouve ici ce même sens de l’observation, cette façon de mettre des petits détails au premier plan et de détourner les objets. Le scénario paraît un peu faible toutefois et l’ambiance générale est vraiment sombre, voire morbide. Très bonne musique.
Note : 4 étoiles

Acteurs: –
Voir la fiche du film et la filmographie de Sylvain Chomet sur le site imdb.com.

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23 août 2005

« MASH » (1970) de Robert Altman

MashElle :
Film anti-militariste des années 70 devenu culte pour son irrévérence, son humour noir et son parfum de scandale. Les thèmes tabous comme la liberté sexuelle, l’homosexualité, le suicide, la dénonciation de l’establishment furent abordés dans ce film pour la première fois de manière crue et provocatrice. L’ambiance du film est chaotique et anarchique. Cette folie plane sur l’ensemble mais a tendance à nuire à la cohérence du scénario. J’ai trouvé le film ennuyeux et lourd. Des vrais machos ces types et intolérants en plus ! A trop vouloir chercher la provocation à tout prix, Altman a pris le risque que son film traverse mal les décennies. C’est une grande déception.
Note : 2 étoiles

Lui :
Il est quasiment impossible de regarder ce film aujourd’hui avec les mêmes yeux qu’en 1970: Tout le côté irrévérencieux tombe à plat et l’aspect antimilitariste du film paraît bien faible. Il reste donc un film terriblement brouillon, trop improvisé, vraiment mal monté, où seules émergent quelques scènes mémorables (la scène de la douche notamment) parmi cette succession de blagues de carabins. Le film a marqué les esprits à son époque en chamboulant tous les codes et les interdits, mais a perdu beaucoup de son intérêt 35 ans plus tard. A voir donc pour son côté « historique »…
Note : 2 étoiles

Acteurs: Donald Sutherland, Elliott Gould, Robert Duvall
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Altman sur le site IMDB.

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