Titre original : « The Hayseed »
Autre titre français : « Un garçon séduisant »
Fatty et Buster travaillent au Grimes General Store, Fatty est aussi chargé de distribuer le courrier. Il est très épris d’une jeune fille qui est également courtisée par le shérif du village… The Hayseed est le treizième des quatorze films de la collaboration entre Fatty Arbuckle et Buster Keaton. Il est très réussi, non pas tant grâce à Buster Keaton qui n’a pas vraiment ici un très grand rôle, mais grâce à l’humour bien dosé de Fatty qui paraît ici un peu plus raffiné, moins gamin. Al St. John étant parti tenter une carrière en solo, c’est John Coogan (le père de Jackie Coogan, le gamin du futur The Kid) qui interprète le rôle du méchant. Il y a beaucoup de bons gags et le rythme est assez enlevé. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Papu, un chiffonnier grossier et combinard, se fait renverser par une voiture cossue. Il simule la paralysie des jambes afin de toucher une importante somme d’argent de l’assurance. Il n’a toutefois pas envie de rester toute sa vie sur un fauteuil roulant. Avec l’assistance de sa patronne Sabine, une ancienne prostituée devenue servante de Dieu, il va faire un voyage à Lourdes afin de simuler un miracle. Soupçonneux, l’assureur est aussi du voyage… Inspiré d’une nouvelle de George Langelaan, Le Miraculé est une farce comme Mocky sait si bien les faire. Son propos n’est pas tant anticlérical (les membres du clergé ne sont qu’assez peu présents) mais plutôt une charge contre les religions et surtout contre les croyances. L’humour est de toutes les scènes, rien n’est sérieux. Le film est servi par une brochette d’acteurs qui semblent bien s’amuser eux aussi, toujours à la limite de trop charger leur personnage. Michel Serrault en assureur muet nous fait un beau numéro (quand il « téléphone » à sa femme, Jeanne Moreau doit se cacher le visage pour éviter d’exploser de rire). L’ensemble est irrévérencieux comme il se doit avec Mocky. Les dialogues sont plutôt bons. Un Mocky réussi. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Pour mettre en fuite un voleur qui tente de lui prendre son automobile, Jimmie Jump emprunte le costume de policier du père de sa fiancée. Mais le malfrat tient à se faire arrêter et il le traine jusqu’au poste de police juste au moment où le chef de la brigade rassemble ses troupes pour aller maitriser un forcené… Parmi les films d’une bobine tournés par Leo McCarey avec Charley Chase, Sittin’ Pretty vaut le détour, ne serait-ce que pour une scène : neuf ans avant de filmer Duck Soup avec les Marx Brothers, Leo McCarey avait déjà mis en boite le gag du miroir avec Charley Chase (qui a probablement pris l’idée chez Max Linder dans Sept ans de malheur). Charley Chase joue ce gag avec son frère James Parrott (le vrai nom de Charley Chase est Charles Parrott) mais la ressemblance n’étant pas suffisante, ils sont tous deux affublés d’une barbe touffue. Le gag est très bien réalisé, beaucoup plus fou que chez Max Linder ; il est en réalité assez proche de celui (futur) des Marx Brothers. Charley Chase fera également une variante intéressante du gag du miroir dans Mum’s the Word en 1926. (Muet, 1 bobine, 10′ env.) Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarque :
* Charley Chase, que l’on nomme parfois « le quatrième comique du muet » (derrière Chaplin, Keaton et Harold LLoyd), a tourné ses meilleurs courts-métrages aux alentours de 1924-1925 sous la direction de Leo McCarey.
Charley Chase en policeman dans Sittin’ Pretty de Leo McCarey.
Charley Chase et James Parrott dans le gag du miroir de Sittin’ Pretty de Leo McCarey.
Le jour de son mariage, Jimmie Jump est en retard. Au saut du lit, il va dans la rue sauver une jeune femme dont la voiture à cheval s’est emballée. Il se retrouve au beau milieu de la ville en pyjama et il doit se cacher d’un policier qui le poursuit pour exhibitionnisme… Réalisé par Leo McCarey, Outdoor Pajamas comporte de belles trouvailles : Charley Chase est en pyjama blanc et il va donc chercher tous les endroits où passer inaperçu (comme par exemple au milieu de peintres en bâtiment), le tout entrecoupé de très bons gags (comme celui des menottes). Cette poursuite est le meilleur passage de ce court métrage mais il y a aussi, dans la maison où il se réfugie, un bon enchainement de situations qui viennent s’imbriquer les unes dans les autres. Le rythme est très enlevé. (Muet, 1 bobine, 9′ env.) Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarque :
* Charley Chase, que l’on nomme parfois « le quatrième comique du muet » (derrière Chaplin, Keaton et Harold LLoyd), a tourné ses meilleurs courts-métrages aux alentours de 1924-1925 sous la direction de Leo McCarey.
Charley Chase ne passe pas vraiment inaperçu dans Outdoor Pajamas de Leo McCarey.
Le patron de Jimmy Jump a rendez-vous dans un café avec sa maitresse. Il lui demande de se joindre à lui pour avoir un alibi au cas où il rencontrerait quelqu’un de connu… La situation de départ de Too Many Mammas est assez simple mais le développement est assez remarquable car il est bourré de gags reposant sur les fausses apparences. Le clou du film est une scène où les couples se font et se défont en fonction de qui regarde : le gag est pratiquement inracontable, très visuel, très enlevé. Tout se déroule pratiquement en un seul lieu et pourtant l’ensemble paraît très riche. A noter : l’utilisation d’un visiophone. (Muet, 1 bobine, 9′ env.) Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarque :
* Charley Chase, que l’on nomme parfois « le quatrième comique du muet » (derrière Chaplin, Keaton et Harold LLoyd), a tourné ses meilleurs courts-métrages aux alentours de 1924-1925 sous la direction de Leo McCarey.
La femme du patron a relevé la tête… Too Many Mammas de Leo McCarey.
La petite amie de Jimmy a relevé la tête… Too Many Mammas de Leo McCarey.
(Beth Darlington, Charley Chase, Olive Borden, John T. Prince et ?)
Charley Chase et Olive Borden dans Too Many Mammas de Leo McCarey. Le visiophone est réalisé avec une incrustation d’image dans l’image (double-exposition? ou sans doute par projection, vu le fort vignetage sur l’image).
(Court-métrage de 2 bobines, 16 mn env.) Un jeune prétendant se heurte à l’opposition du père de sa bien-aimée : dès qu’il franchit le seuil de sa maison, il n’a de cesse de le mettre dehors sans ménagement. Heureusement, ce père est très myope… Charley Chase a tourné ses meilleurs courts-métrages à partir de 1925, souvent sous la direction de Leo McCarey. Mais celui que l’on nomme parfois « le quatrième comique » (loin derrière Chaplin, Keaton et Lloyd), a débuté dès 1914 et il a beaucoup dirigé. Si ses premiers films à la Keystone, où il interprète souvent des personnages aux intentions douteuses, n’ont rien de remarquable, ce Married to Order paraît bien plus intéressant. On y retrouve également Oliver Hardy (sous le nom Babe Hardy) qui, malgré ses 28 ans, est tout à fait crédible en quadragénaire irascible. L’histoire et les gags sont très classiques mais bien amenés, on peut déceler les prémices du futur style de Charley Chase. Le comédien (sans sa moustache, qui viendra plus tard) est ici beaucoup plus élégant que dans ses films pour la Keystone. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarques :
* Charley Chase utilise toujours son vrai nom pour signer la réalisation : Charles Parrott.
* Le film a été tourné en juillet 1918.
* Ce film est visible dans le coffret américain (zone 0) de 4 DVD Becoming Charley Chase qui contient plus de 40 courts-métrages.
Charley Chase dans Married to Order de Charley Chase.
Oliver Hardy et Rosemary Theby dans Married to Order de Charley Chase.
Alléluia ! Après des années d’attente, le chef d’œuvre muet d’Abel Gance, Napoléon, est enfin disponible dans une version digne de ce nom. L’historien Kevin Brownlow s’est attaché sa vie durant à ressusciter ce film mythique, visible ici dans une version de 5h30. Le résultat est à la hauteur des attentes : le spectacle est grandiose !
Ce qui frappe en premier, c’est la modernité et le dynamisme de l’ensemble. Aucun cinéaste, y compris dans l’Avant-garde des années vingt, n’a été aussi loin dans l’inventivité qu’Abel Gance. Cela passe en premier par les mouvements de caméra. Abel Gance veut libérer la caméra de son trépied : il invente une cuirasse pour accrocher la caméra (ancêtre de la steadycam), il fabrique une caméra sous-marine, attache la caméra sur tout ce qui bouge, la suspend à des câbles, l’accroche à un pendulier géant, lui attache des têtes gyroscopiques pour accomplir des mouvements complexes. C’est stupéfiant. Mais le dynamisme vient aussi de l’importante figuration, particulièrement crédible et toujours en mouvement. Tous les récits rapportent qu’Abel Gance avait un charisme et un talent pour mener une foule de figurants, y compris lorsque les conditions étaient difficiles (la prise de Toulon a nécessité quarante jours de tournage sous une pluie battante). Tous semblent pris d’une grande ferveur dans un large mouvement collectif. Et cette ferveur est contagieuse.
Mais le plus spectaculaire est bien entendu le fameux triptyque : trente minutes avant la fin, l’image s’élargit et couvre trois écrans juxtaposés pour un final d’un lyrisme inégalé. L’image finale en bleu, blanc et rouge est d’une puissance indescriptible. Sur le fond, Abel Gance insiste sur la grandeur de Napoléon, ses capacités presque surnaturelles de meneur d’hommes. Il arrange la réalité historique pour renforcer la légende. Gance paraît moins à son aise lorsqu’il s’agit d’évoquer des sentiments personnels : les scènes où Napoléon fait la cour à Joséphine sont les plus faibles. L’interprétation est puissante, d’une grande présence. La musique symphonique de Carl Davis est absolument superbe, une merveille : elle colle à l’image avec une justesse étonnante et vient appuyer avec panache les envolées lyriques.
Six mois après la sortie de Napoléon, l’arrivée du parlant balaya tout sur son passage et toute l’inventivité et la créativité d’Abel Gance tombèrent aux oubliettes. Et bizarrement, après avoir créé trois immenses films muets (J’accuse, La Roue et Napoléon), Abel Gance ne tournera plus que des films plus communs. Ce Napoléon est en tous cas vraiment enthousiasmant, d’un lyrisme époustouflant. Assurément, c’est l’un des plus grands films de tous les temps. (film muet) Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques : * Le coffret DVD est édité par BFI (British Film Institute). Les droits sur le film et sur sa musique sont assez disputés entre BFI (musique Carl Davis), Francis Ford Coppola (musique de Carmine Coppola, son père) et la Cinémathèque Française (musique de Marius Constant). On ne le trouve guère en France. Il faut donc le commander directement sur le site internet de BFI ou sur un site de vente anglais comme Amazon UK. A noter que les intertitres sont bien entendu en anglais et n’ont pas de sous-titres. Les suppléments non plus.
* Ce coffret DVD est sorti fin décembre 2016. Les DVD disponibles avant cette date étaient au mieux la version américaine de Coppola de 220 minutes ou autres versions incomplètes, au pire un assemblage de différentes versions.
* La Cinémathèque Française promet sa propre version pour 2018. Lire un article à ce sujet sur le site de la Cinémathèque, article qui liste bien les différentes versions et promet une version avec de nouveaux éléments. A noter que la musique de Marius Constant n’a pas reçu de très bons échos (voir un exemple avec dans les commentaires la réaction du chef d’orchestre) ; cette partition est basée en partie sur l’originale d’Arthur Honegger. Faire mieux que Carl Davis paraît en tous cas bien difficile mais comme le dit Napoléon, « impossible n’est pas français! » (1)
Le triptyque est utilisé par Abel Gance soit pour créer une image très large offrant ici une vue sur ses 3000 figurants… … soit pour placer trois images différentes.
* Ce Napoléon d’Abel Gance était prévu pour être le premier d’une série de six films sur Napoléon. Il couvre la période de sa jeunesse et de la Révolution française jusqu’au début de la Campagne d’Italie en 1796.
* Napoléon apparaît dans près d’un millier de films (cinéma et télévision). C’est le personnage le plus traité, deux fois plus que Jésus Christ. L’historien Hervé Dumont analyse ce phénomène dans un livre : Napoléon, l’épopée en 1000 films.
Le ténor russe Alexandre Koubitzky fait un Danton très imposant dans Napoléon de Abel Gance.
Edmond Van Daële est un inquiétant Robespierre dont la seule vision fait froid dans le dos dans Napoléon de Abel Gance.
On ne pourra accuser Abel Gance de s’être réservé le meilleur rôle puisqu’il interprète le sinistre Saint-Just dans son Napoléon.
* Abel Gance fera une version sonore en 1935 sous le titre Napoléon Bonaparte. Ce n’est pas toutefois une sonorisation du film de 1927 : la structure narrative est totalement différente, de nombreuses nouvelles scènes sont tournées. Cette version de 1935 servira de base au Bonaparte et la Révolution produit par Claude Lelouch en 1971.
La caméra Debrie sur cette photo est motorisée. Elle est placée sur une luge qui va dévaler une pente (scène de la bataille de boules de neige). (De g. à d.) Simon Feldman (directeur technique qui veille sur les batteries de la caméra), Jules Kruger (directeur de la photo), Alexander Volkoff (assistant-réalisateur), Abel Gance (lunettes de soleil) et un assistant. Photo de tournage de Napoléon de Abel Gance.
Cette photo montre le harnais/cuirasse porté par Jules Kruger. Un cable relie la caméra Debrie motorisée aux lourdes batteries situées plus ou moins loin en arrière, ce cable pouvant être très long. Photo de tournage de Napoléon de Abel Gance.
Le directeur technique Simon Feldman (à droite) contrôle l’installation périlleuse d’une caméra sur un cheval pour la séquence corse, des mécanismes complexes servant à la stabiliser (un peu). Photo de tournage de Napoléon de Abel Gance.
Pour le triptyque de la Campagne d’Italie, trois caméras Debrie motorisées (motorisation synchronisée) étaient montées sur le même trépied. Parallèlement, les images étaient également tournées en couleurs pour un effet 3D (visible avec des lunettes spéciales). Abel Gance a trouvé l’effet saisissant mais a préféré ne pas retenir les images de ces essais de peur que cela distraie les spectateurs du contenu. Photo de tournage de Napoléon de Abel Gance.
Pour cette difficile image de la maison natale de Napoléon (en réalité cette ruelle d’Ajaccio fait à peine 3 mètres de large, le recul est très limité), Abel Gance et son directeur de la photographie Jules Kruger ont inventé un objectif grand angle 14mm, le Brachyscope. « C’est comme un télescope que l’on prendrait par le mauvais bout » expliquait Gance. On remarque la déformation des lignes sur les bords (« effet de barillet ») caractéristique des grands angles. Marcel L’Herbier utilisera cette invention pour certaines scènes de L’Argent.
(1) A ce sujet, dans les suppléments du DVD, Carl Davis raconte dans son long interview une anecdote amusante : lors des projections-concerts à Londres, lorsque Napoléon dit « Impossible n’est pas français! », le public ricanait et riait… En revanche, lors d’une projection-concert à Paris, quelle ne fut pas sa surprise de voir que la réplique était accueillie par une ovation du public !
(Film en 3 parties de 80 minutes environ chacune) Un groupe de quatre jeunes américains, deux reporters, un employé et une secrétaire, fait tout pour déjouer un complot qui a pour but de tuer les habitants de l’Union Soviétique… Inspiré d’un récit d’aventures de la romancière moscovite Marietta Chaguinian (publié sous le pseudonyme Jim Dollar) et produit par les studios privés Mezrapom, Miss Mend répond à une demande officielle du gouvernement soviétique de créer un art nouveau apte à conquérir les masses. Pour ce faire, les jeunes Boris Barnet (24 ans) et Fyodor Otsep (30 ans) vont s’inspirer des films américains, plus particulièrement des serials, ces films à épisodes d’aventure/espionnage très en vogue outre-Atlantique et en Europe depuis le milieu des années dix. Tous les ingrédients d’un serial à l’occidentale sont bien là : des personnages très typés, un suspense dosé, un rythme assez soutenu avec moult poursuites utilisant tous les moyens de locomotion. Le scénario n’est pas très élaboré, un peu simpliste, marqué par une obsession du complot capitaliste qui fait sourire. Sur le plan filmique, Miss Mend ne montre pas la même inventivité que les films des grands cinéastes soviétiques mais se révèle assez moderne par la mobilité de la caméra dans certaines scènes et par des angles de caméra parfois inhabituels. Le montage est rapide dans les scènes d’action pour rendre le climat plus prenant. A sa sortie, Miss Mend a été condamné par la presse soviétique comme exemple de divertissement décadent de style occidental (c’est un excès de zèle puisque le film avait la bénédiction du gouvernement). Le film a néanmoins rencontré un grand succès populaire. Elle: – Lui :
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Remarque :
* L’arme chimique (utilisée pour la première fois de façon massive dans une guerre dix ans auparavant) était alors objet de recherches dans plusieurs grandes nations, y compris en France.
Boris Barnett, Natalya Glanet et Vladimir Fogel dans Miss Mend de Boris Barnet et Fyodor Otsep.
Un soir de tempête de neige, dans une auberge isolée, le comte russe Vronsky fait la connaissance d’une femme à la fois mystérieuse et très belle qu’il tente de séduire de force. Elle le repousse. Quelque temps plus tard, lors d’une réception organisée par le député Karénine, Vronsky est présenté à l’épouse de celui-ci, Anna… Au cours de sa trop courte carrière, Greta Garbo a interprété par deux fois Anna Karenine. Ce film muet d’Edmund Goulding est la première. Il s’agit d’une version très simplifiée du roman de Tolstoï, avec même une fin en happy-end (une version avec une fin dramatique sera toutefois distribuée à l’international). Le film est bien entendu surtout remarquable par la présence du couple Greta Garbo / John Gilbert. Ce dernier fait un Vronsky très séduisant, très prévenant. Greta Garbo, qui sortait d’un bras de fer de plusieurs mois avec la MGM pour obtenir un meilleur contrat, est magnifique, remarquablement filmée par la caméra de William Daniels. Lorsqu’elle soulève sa voilette pour la première fois, nous sommes, à l’instar de Vronsky, nous aussi suffoqués par sa beauté. Garbo est unique. Il lui suffit d’esquisser un demi-sourire pour exprimer une quinzaine de sentiments. En revanche, elle moins convaincante quand elle joue beaucoup : sa crise de nerfs lorsque Vronsky chute de cheval est à la limite du grotesque. Malgré la simplification de l’histoire qui perd beaucoup de son caractère dramatique, cet Anna Karenine montre une certaine intensité grâce à ses deux interprètes. (Film muet) Elle: – Lui :
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Greta Garbo et John Gilbert dans Anna Karenine de Edmund Goulding.
Remarques :
* Le titre américain fut choisi pour donner « John Gilbert et Greta Garbo in love » sur les affiches, une trouvaille du service des relations publiques de la M.G.M.
* La version avec la fin Tolstoïenne (dramatique donc) fut distribuée à l’étranger. Aux Etats-Unis, les exploitants avaient le choix et il semble que les exploitants de la Côte Est et californiens choisirent souvent la fin dramatique, alors que les exploitants de l’Amérique profonde choisirent la fin heureuse.
* Actuellement, la version la plus courante de ce film est l’enregistrement d’une projection publique à l’Université de Los Angeles dans les années 2000 avec un grand orchestre accompagnant en direct. Le seul problème est que l’on entend parfois les réactions du (vaste) public, des ricanements ou gloussements qui surviennent, et c’est là le plus étonnant, à des moments vraiment inattendus, parfois dramatiques même. Le public était sans doute très jeune. C’est assez gênant parce que cela déconcentre mais la solution est facile à trouver : il suffit de baisser la musique… A noter que cette version est celle qui se termine bien (les enfants ont dû être contents).
* Certaines affiches du film Love utilisent une photo du film précédent du couple Garbo/Gilbert : La Chair et le Diable ! (voir exemple ci-contre) Il est vrai que John Gilbert porte le même costume dans les deux films.
* John Gilbert peut être considéré comme co-réalisateur car Greta Garbo refusait de passer à la scène suivante tant que la précédente n’avait pas été validée par John Gilbert.
Photo de tournage : Edmund Goulding, Greta Garbo et John Gilbert dans Anna Karenine de Edmund Goulding.
Photo de tournage plus étonnante : l’acteur aux côtés de Greta Garbo est n’est pas John Gilbert, c’est Ricardo Cortez, le caméraman est Merritt B. Gerstad, le réalisateur au centre est Dimitri Buchowetzki. La MGM débuta en effet le tournage de Anna Karenine avec Ricardo Cortez dans le rôle de Vronsky. Mécontent du résultat, Irving Thalberg changea toute l’équipe.
Adaptations du roman de Tolstoï : Love de Edmund Goulding (1927) avec Greta Garbo et John Gilbert Anna Karénine de Clarence Brown (1927) avec Greta Garbo et Fredric March Anna Karénine de Julien Duvivier (1948) avec Vivien Leigh Anna Karénine de Aleksandr Zarkhi (1967) avec Tatyana Samojlova Anna Karénine de Bernard Rose (1997) avec Sophie Marceau Anna Karénine de Joe Wright (2012) avec Keira Knightley
Un riche pacha turc, sur le point d’être arbitrairement arrêté, s’enfuit avec sa fille à l’étranger et s’embarque pour remonter le Danube sur un navire marchand commandé par Michael Timar. Sur le point de mourir, le pacha lui confie sa fille que le capitaine va épouser après avoir mis la main sur la fortune du défunt. Mais c’est un mariage de convenance, sans amour… Hongrois avant d’être naturalisé anglais en 1931 et d’écrire certaines des plus belles pages du cinéma anglais, le producteur Alexander Korda a réalisé dans son pays natal de nombreux films dont extrêmement peu sont parvenus jusqu’à nous. En 1919, le jeune réalisateur de 26 ans, qui s’appelait encore Korda Sándor, s’inspire d’un grand classique de la littérature hongroise, L’homme en or de Mór Jókai (1872). Le film durait quatre heures. Seules 80 minutes ont survécu dans une version allemande, Der Rote Halbmond. Il y a donc inévitablement des sautes dans le récit, certains épisodes manquent mais l’ensemble reste très compréhensible même si l’histoire est assez complexe. Les intertitres sont assez nombreux. La réalisation est assez classique pour l’époque, le jeu des acteurs est plutôt théâtral, assez appuyé. De nombreuses scènes sont tournées en extérieurs et le Danube tient une grande place dans cette histoire. Une nouvelle bande-son originale, signée par le compositeur et clarinettiste allemand Michael Riessler, accompagne cette version restaurée. (Film muet). Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)